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Full text of "La chymie charitable et facile, en faveur des dames. par damoiselle M.M."

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|f7 f lie 16 - 

I LA CHYMIE 

P CHARITABLE 



ET FACILE, 



En faveur des Dames. 

Irar Damoifelle M. 




A PARIS, 
ru'é des Billettes, où il 
pareilles Affiches. 








A MADAME 


tA COMTESSE 

DE GVICHE- 

) 

Âh^i-tüji que je me Çuk ré¬ 
solue k Idijjer fortir ce Livre de 
mes mains , ^ay efîê in^irée de 
vous en faire un facrifice. Mon 
ceeur tout tran^orté , Jans faire 
lefexion fur la grandeur de vo- 



EPISTRE. 

Jîre mmte, &‘fur les défauts de 
mon Ouvrage , y a confenti avec 
ioye : la raifon rn a youlu faire 
connoiflre ma témérité ; elle m'a 
fait un Portrait de vos perf- 
Bions f éclatant, que ienay pu 
confderer yofre illufre Naijfan- 
ce y yofre grande ï^ertu , ^ 
vefre rare Beauté , qu'avec un 
rejfeél meflé de crainte ^ de ye- 
neration. Elle m'a reprefenté les 
fervices que y os Jncefres ont 
rendu a la France , la conduite 
du Connefahk -de Lefdiguieres , 
Cÿ* la fige adminifration du Duc 
de Sully , que le plus grand de 
tous les ,t^îonarques ne fe con^ 
tenta pas de gratifier de la charge 

de Premier Minifire, od de celle 


EPISTRÊ 

de Grand Mdijîre de ï*Àrtille^: 
rie ytnais youlut encore honorer de 
Jon alliance par le mariage de 
AiademoifelledeCounenay, Elle 
rna fait yoir cjueVousefiespetite-^ 
Fille d'un Chancelier le plus ac- 
tcomply qui ait iamais pofede cet^ 
te charge ; file d'un Duc & 
Pair , belle-jîlle d^un Adarefchal 
de France , ^ femme d'un des 
plus yaillans Capitaines de l'V- 
ni'vers. Toutes ces c'onfderations 
Madame-, m'eu fent oblige de 
garder leflence fans une puiffan- 
ce fuperieure , qui rn a donné 
Pafeurance que la Grandeur-ejloit 
genereufe Ja N ohlejfe oblige ante y 
la Beauté douce ^ ajfahle 5 gy* 
que yofre "Bonté confidereroit 


EPISTRE. 

plutofl mon intention refpéîuettp 
ijue ma prefomption. Appuyée fur 
ces fondement ie prens ta libertés, 
Madame» vous prefenter 
ce petit fruiB de mes veilles i il 
s^interejfe a la conferVation de 
voflre famé, puis ejuilvcus don-^ 
nera ejuantité de remedes pour y 
çontntuer. S’il a l^honneur de 
vous plaire , ie vous puis djfeurer 
quil eft véritable ^ fidelle 5 
que ma plus grande pafion ejî 
de vous témoigner ayec quelle foti- 
mifton ie fuis, 

MADAME, 

Voftrc très-humble , & 
très- obcïflante Servante, 
Ma R. IB MEVRtkRAe, 




A 

mademoiselle mevrdrac, 

SurfonLivre de Chymie, dediéà 
Madame la ComtefTe de 
Guiche. 

SONNET. 

l ’Admire ta doBrine, ton fameuxOuvr^tge 

Doit eftre des Sfavant l’entretienfrecieux: 

Tout brille dans ce Livrée ^lafretn erepage 
Montre un objet qui charme à'ies cœurs, ^ les 
jeux, 

llfpait joindre aux bedutex, la qualité de fage; 

Il donne de l'amour me fine aux plus envieux; 

St les plus beaux SJJritspar un commun fuffrage, 
Hifent qu'en ce modelle on voit l'effort de s deux. 

C'efi de ton choix iUuftre une marque bien jnffe 
D’avoir pour FroteBrice une Ferfonne auguHp, 

^e la Terre (ff le Ciel contemplent àplaiffr. 

J>es fublimes vertus Minerve eBant amie. 

Sans doute elle t'apprit l'art de fi bien choifin 
Car cefecret nleBpoint de ceux de la Chymie. 



A 


MADEMOISELLE MEVnDRAC, 
Sur la dédicacé de fon Livre. 

■ S I X A I N. 

Q V avivons auriez par vas Ouvrages 
Obtenu tous les avantages • ; 

G)iit forstjuïlemet daus aux.fruits de vofire ej^rit. 
Vous n‘ auriez jarriais eu de fi haute loiiange 
^ue lors que vous avez confacrécet efcrit 
A celled qui l'on voit les qualitezd'u» Ange, 


AUGÎLKiVE SaLERHI. ■ 


A 

mademoiselle'mevrdrac, 

Sur fa Chymie Charitable 
& facile. 

SONNET. 

C ^fez,., peuples , cepz d’élever des Autels 
 ceux e^iif vous ctvoient donné quelquepetn" 

Des fecrets quen fonfein renfermoit la Nature. 

■ £t ne les mettezplus au rang des Immortels; 

Non, non, c eBoitatort qu’on les tenoitpour tels. 
Fuis qu'ils nous ont voilé a Une nuiB ves-obfcure 
Ce que Dieuavoitmis dans chaque créature. 

Four /’ ufage commun du refi'e des mortels. 

Nous te douons Mevrdr ac bien plutofl lés 
hommages 

6^'autrefois oritrendu Us Anciens à leurs Sages ;, 
lis nous cachoientleur art d'un foin trop affedé 

Et toy tu nous fais voir qu'il n'efiplus diJfîcHe, 

Et par un eS^ri tplein de generoftté 
Enfin tu nous U rends charitable ^facile. 


P.D.L., 


a.v/ 



PROSOPOPE'E D’APOLLON^ 

Sur l’Ouvrage de Madcmoifelîe 

Mevrdrac. 

SONNET. 

L AMeitecine "vient âe mon invention, 

'Et je [ms, apres 'Dieu, V Dferateur dustionder 
MafuiJfancenapointnuUefart de fécondé. 

X.t toute chefs naifi de ma feule a^ien. 

Lesherhes ^ les fi-uiSsfont ma produBionv 
Zes animaux dans l’air.fur la terre, ^ das l’onder 
le fais les minéraux par ma vertu fécondé. 

Et le Koy das métaux en fa-petfeBion, 

ïay parmy les Mortels pour Compagnes deux- 
femmes. 

Dont l’illuBre de G v i c H E en dérobant mes^ 

Efclatte dans la Cour comme un autrtçSoleil 

Et la doBe Mevrdrac dans fin genre £écrixei 
En imitant mon Art partage mon Empire;' 

Etpas un de nous trois ne trouve fonpareifi. 


I. D. S. N. 


A 

MADEMOISELLE MEVRDRAC, 
Sur fon Livre de Chymie. 
SONNET. 

/^'Ent fois fay célébré les f lusfublimes faits 
y^VesùnfignesHéros que l'Hiftoire nous vante: 
Mais quand il faut farter d‘une illuflre Sfavahte, 
Ou je parle en tremblant, Meyrixrac , <>« je me 

Ton livre nous fait voir de merveilleux effets, 
ejui des plus envieux ontfurpaJféV attente-. 

Ou fait que ton eS^rit imite, ou qu’il invente,. 
le curieux y voit la fin de fes fouhaits. 

6jue nosHeveux un jour te donneront de gloire'. 
Et four dire le vray l’on aura peine à croire 
G^'une femme jamais ait eutant defpavoir. 

Des fecrets que ton Livre explique en chaque 
page. 

Tour ne te rien cacher ,je ne voudrois avoir 
Sjueeeluy de loüer dignement ton Ouvrage,. 


Dt PilIETieiS. 

â vj 



SONNET;' 


D ites-nom quelESprit, ou quelle Dette, 

Inspire le ffavoir qu onvoit envolire Ou¬ 
vrage , 

Et qui vous a àormé ce bel art en.fartage 
Defrolonger les jours, rendre la fanté? 

Vous ffavez,, dites-vous, anferver la beautés 
Et des défauts du tein réparer le dommage ; 

Mais duSexegaland je vous promets l’hommage,. 
Sivousavéz trouvé ce fecret fouhaité. 

Non qu il.eSjereavoir, cettedelicatejfe 
^‘on voit briller au tein de l'aimable Comtejfe, 
A qui vous dediez, cet Ouvrage parfait. 

La plus vaine de nous fe fouhaite moins belle,. 
Et vosf lus beauxfecrets auront ajfez, d’effet ^ 

S’ils font fuivre de loin cet illuiîre Mcdelle ., 


D.L. 



TABLE 


DES CHAPITRES. 


P R E MI E R E PARTIE . 

A V AWT-PROPO S. 


D TSel, pag.i 

Dft Soufre, 

Dh Mercure, 

Des operations de Chymie, 

Des diftiHâtions, 

Difiillation per afeenfum, . p 

Difiillation aux limailles, fables ^ cen¬ 
dres, 12 '. 

Diflillation au Bain-Marie, rj 

Bain vaporeux, t. 4 - 

DiflilUtion^ct mediumcornutum, if \ 
D.ft.Uation per defeenfum, , 17 

Sublimation,. 


00 «Il 



Table des Chapitres. 


MeSlificatio», 

t9 

Calcinatîont 

20 

CehehatioK, 

20 

CoaguUtion, 

2 t 

Filtration, 

22 

Dejîceatio^, 

22 

Dulcoratien, 

22 

Inclination, 

^3 

jimalgamation. 

23 

Digeftien, 

H 

latrefaBion, 


Jllenfirfiè, 


Fermentation, 

^5 

Circulation, 

26 

Défaillance, 

2r7 

Réverbération, 

27 

Précipitation, 

27 

Eau marinie. 

2 t 

Stratification, 

It 

'Torification, 

29 

Decrepitation, 

30 

Feces, 

30 

Tefie morte. 

3t 

Des vtüjfeaux. 

31 

Du lut des vaijfeaux. 

33 

Des feux. 

^5 

Des fourneau». 



Table des Chapitres» 

ï)es caractères Chymiquest sS 

Des poids de la Chymiey 4 $ 


SECONDE FARXIE. 
Avant-propos» 

De la vigne, 4 ^ 

' Del’ejpritdevin, 48 

De lefprit de tartre, 5 Z 

Crefme, on Cri fiai de tartre, j j 

Huile de tartre par defatUancc, 54 

E’inaigre difiillé, 5 / 

Des fueilles, pépins cendres de la vi- 
gne, 

Da refimarin, 

De rèjfence de rofinarin, 5 S’ 

De l'eau de rofinarin, 5 P 

Teinture, ou extraiCl de rofinarin, jp 

Dufilderofmarin, (Str 

De la fauge, 6 o 

De l’ejfence de fauge, St 

De l’eau defauge, St 

Teinture, ou extraiCt de fauge, Sz 

Sel de fauge,. SZ 

De l'hyfipe, S$ 



Table des Chapitrés, 

iPi? l'ea» d’hyfope, 63 

Teinture , 0» extrait d'hyfopej 64 

Sel d’hyfope , dc^, 

Z>e la tauejte, 64 

De l’ejfence de tanejtè, 

DeVeau de tauejte, ^5 

Teinture ou extrait de tanejie, 66 

Sel de tanejie, 66 

Du, thim, 66 

Du fenouil, 67 

De la menthe i ou haume^ 6S 

De la rüe, 6S 

De la marjolaine, 6g 

La maniéré d’extraire les ejfences , les 
eaux, teintures çfr fels de tous les Sim- 


pies. 

70 

De la betoine. 

73' 

De la celidoine, 

7’4- 

De la morelle. 

75 

De la melijfe. 

75 

De l’aluine, ou, abfnthe. 

75 

Du mille-pertuis. 

77' 

Desfueslles (fr racines de welette. 

78 

Du, pourpier^. 

77 

Deda laiBu ë. 

79 

De, la cichorée. 

80 

Du^fraifer,, 

So 




Table des Cbapitres. 


De la bourrache C 5 “ bHgloJfe, 8 o 

De l'ezieille, 8 't 

Du chardou-benit, 8 / 

De la mauve y. S 2 

De la guimauve y 8 s 

Pe la partetere, 8j 

Delà furne-terre,. S/f- 

Du plantain, 8 s 

Du 'cer fueil ,, . 8 S 

Du perfily. 8 <î 

De la joubarbe, Sa 

Des rofes, 87 

De Veau de rofes, 88 

De la teinture de rofes, 8 ? 

De la conferve de rofes, 50 

De Vhuile rofat, pt 

De la violette, pz 

De l’eau de violette, P 2 

Du fyrop violart, pi 

Du miel violart; P 4 . 

Eau clairette de violette, P 5 

Des fleurs de neiiuphar, 

Des fle ers de bourrache & buglofe,^ ^6 
Des fleurs de pefcher, pj 

Des fleurs de pavot rouge, ou rheas, çy 
Des fleurs de camomille, 98 

Des fleurs de fureau, 5 ) 9 , 



Table dès Chapitres. '' 

Des fleurs de fiucp 

Des fleurs de bmilloM-hlanc, jqo : 

Des fleurs d’orange, loi 

De Vhaile de fleurs jd’orange, loi | 

Des fleurs de ^afmin, loi | 

Des fleurs de febves’, ^^ loi ■ 

Des fleurs de mflle-pertuü, roz 

Des femmes de reinette, 104 

Des fraifes, ta$ 

Des foires dr femmes de coin, 10^ 

Des grofeilles rouges, 106 

l^es noix vertes, J06 

Des fruits d'^lchic 
Des noifettes rouges, 

Des melons , citrouilles, 
courges. 

Des meures. 

De la teinture de r 
De la teinture de fenné. 

De la teinture eu fecuhs d'agaric, 

De la teinture de fafran, 

De la teinture d'elebon- noir. 

De lateinture de coloquinte. 

De la teinture d’alo'ù. 

De la teinture de gomme-gutte. 

Du cloud de girofle. 

Des vertsM de l'elfence du cloud d 




- Table des Chapitres. 

refte, 

De U canelle, iza 

De la mufcade, ut 

Dh poivre & :^ifiz,emère, tz2 

De U therebentine, 124. 

Des fleurs de bef7foaitt, /ij 

Tablettes pour le poulmou, ' 12^ 

De la myrrhe & encens, 11 j 

De l'huile de gaiac, 128 

De l'huile de l'ècorce de frefne, jip 

De l'huile de buis, 119 

pécules de briene, 130 

Pécules d’Aarou, tsr 

pécules d'iris, rst 


TROIS lE SME PARTIE. 

Avant-propos, 

Du fang humain, tss 

Mugijlere du crâne humain, tiS 

De l'huile des os'il'hommes, 140 

Eau de chapon, 

Autre eau de chair, 142 

Rejlauratif de chair excellent, 142 

De l’extrait de foye de veau , & ratte 
de beuf, . t4^’ 



Table des Chapitres. 

I>.e l'huile d'œnf, ' 145 

J)e l’ejprit, huile ^ teinture de mieî'çi^S 
De l'huile de cire, 

De l'huile de heure, 149 

De l’huile de cheveux, ijo 

De l'e^rit de lai£l, i) r 


^ATRIESMS PARTIE. 

Avant-propos. 15} 

Du vitriol, 155 

De l'ejprit de nitre, t;g 

Du crifM minerai, 

De l'efprit de fel-marin, KjI 

Del' ejprit de^fiufre, 1 (jJ 

Syrop de fleurs de foufre, 16 5 

De l'huile des Philofophes, 

De l'ejfence de carahé, ou ambre, kSS*- 

De la teinture du corail, 168 

Du magiflere de corail, 169 

Du fel de corail, 170 

Du crocus d’antimoine, 171 

De l’antimoine dupheretiyue, vj^ 

Del’huileou fyrop d’antimoine, 174 

De la teinture d’antimoine, 175 

Tu crocus de Mars,' . 17 7 




Table des Chapitres. 


jiHtre crocus de Mm apéritif, 17? 

D U vitriol de Mars, t 79 

T)» vitriol de Fettus, 180 

’Dufeloufucre de Saturne, i8z 

Magtfiere de Saturne, i8j 

De l huile de Saturne, 184 


CIN^IESME PJRTJE. 

Avantpropos. ]8j 

Eau contre les douleurs de la tefte, 18 S 

Eau pour les yeux troubles (ÿ* chargez,.187 
Eau. contre l’infammàtion des yeux , (ÿ- 
yui les fortifie, 188, 

Eau pourlesfifiules lachrymales, iSS- 

Eau facile a faire pour le mal des yeux. 
Eau pour la fur dite, i ÿ o 

Eau pour lafurdité, 190 

Eau contre la douleur des oreilles, i ,i 

Eau contre les palpitations de cœur , e-r 
contrôles ajfeiliensdelaratte, igi 

Eau contre la melancholie, 192 

Eau yuifortifie l’eflemac, 19 z 

Eau qui provoque l'urine fupprimée, çfr 
qui fait vuiderlefable des reins, 193 

Sm qui dijfout lapierre, lafait vuider 



Table des Chapitres. 

far les urines, 194 

Eau ^ui guérit lagravelle, 194 

Eau contra lapefie, i;5 j 

Eau Jpecifiçine contre la pefie, 19^ ^ 

Eau qui guérit les pafles couleurs, . 

Eau qui fait venir les purgations, 197 I 

Eau qui arrefie les purgations immode' ! 

rées les pertes defang, 197 

aiutre eau qui arrefie les pertes de fang^i^jS 
Eau qui facilite les accouchements, 198 
Eau qui purifie la matrice, & qui arrefie 
lesfujfocatiens, ^ s99 

Eau contre l’hjdrop fie, 200 , 

Eau contre les tremblsmens de la tefie, & 
des mains, 200 

Eau qst ’fa t venir le laid:aux rtsurrices, 
zoi 

Sjrop de mercuriale, 202 

Syrep pour faire dormir, 2-}$ 

Syroppourlepoulmon, 204- 

Syrop centre rhy drop fie, 204- 

Syrop contre la douletir de tefie, & purga¬ 
tif, 20^ . 

Syrop violât purgatif, 206 

Syrop de rofes mufeades, -20 S 

Syrop qui arrefie la diarrhe,& ladyfen- 
; terie, é’fiux defang, 207 



Table des Chapitres, 

SyroppourladjJènterJe, sot 

Syrof pour fort fier l’.efiomac, 207 

Syrop pour faire venir les pargatiom ,çfr 
gHerirlespafeseouleurs, ^ ’ 20S 

Syrep de pommes purgatf, 
ylutre fyrop purgatif, sop 

Ttifane psiYgative, 2I0 

jiutre ptifanepurgative, 211 

Ptifane rafra chijfarite<fr.apcritive, m 
Ptifane cjui purifie le fang, 213 

Ptifane ejui dijfipeles enflures du ventre é" 
des ijamhes.tjui refient apres la fièvre 
Ptifane rafraichijfante, 214 

Ptifane peur le poulmon, zr^ 

Ptifane(ju! defopile la ratte, zss 

Pt fane fortifie ,c^jirrefie la diarrhée 
& dyfemerie, iië 

Ptifane cjui guérit les galles, ny . 

Pillules pour purger le cerveau, 217 

^utresp Unies qui purgent le cerveau, 11^ 
Pillules qui purgent la melancholie, zi 9 
Pillules aperiüves, zia 

p ilules contre la pefie, 22a 

Pillules contre Pafihme (jr toux invétérée, 

2H. 

Pdlules qui purgent les eaux des hydropi- 
ques, 222 

Pillules cotre ks fujfomios de matnee, ut 




Table des Chapitres. 

TMules qmarrefientlesdyjenteries , (ÿ* ^ui 
fortifient y 

PUlules contre lagravelle, 124 

PiUules purgatives, 2 > 4 

Autres pillulespurgatives, 225 

Pillulesmiverfelles, 225- 

P.Uules pour faire dormir, 22(î 

Baume de la Magdelaine, 227 

Baume contre les douleurs de la tefie pro¬ 
venantes deblejfures, 230 

Baume tpu* arrefle le tremblement de la 
tefie, des bras, (jr des mains, 230 
Baume contre la paralyfie, 23 r 

Baume contreles d eu leurs de lafcjatique, 
233 . 

Autre baume pour lafcyatisjue, 233 

Baume ou pommade contre les brufiures, en¬ 
contre les marejués delà pet. te verolle, 234 
Baumeyntfaitréprendre lesplayes, 234 
Baume contre les douleurs de la goutte, fait 
de caufe chaude ou froide, 23 j 

Baume contre les douleurs de la goutte 
froide, ^ ^ 

Baume yui arrefie la diarrhée & flux de 
fang, .237 

Baume ou pommade qui guérit les hémor¬ 
roïdes externes, 237 



! Table Jes Chapitres. 

^ Baume contre la jurdité, 238 

1 Baumefouverain four guérir toutes fortes 
de play es, 239 

Baume contre la douleur des dents, 239 
Emplafiredefavon, 240 

Émplafire de Minium, 241 

Emplafire contre les dartres vives, 242. 
Emplaflre qui fait fortir le fer, le bois, 
les efquilles des os de dedans les play es, 
Emplaflre qui fait meurir toutes fortes de 
bubons , charbons, (jr apoflhemes, 244 
Emplaflre contre les douleurs des dents, 
Emplaflre qui guérit les play es de la tefie, 
246. 

Emplaflre cotre les dureteTfde la ratte, 2 47 
Emplaflre qui leve les chairs mortes, & 
arrefle la gangrené, 248 

fmplaflre contre les coupures ,gerfures, (fr 
fijfures, ijo 


SIXIESME -PARTIE. 
Avant-propos. I 251 

Des eaux fimplesdifiillèespour l'embellif- 
fement du vifage, 

Eau de la Reine de Hongrie, 

Eau de chair pour le vifage, . 




Table des Chapitres. 

EdUfoarcenferverleteins, zS9 

Antre eau^oHr conferver le teint, ‘259-' 
Ean pour cenferverçft^embellir les teins, 
260. 

Ean pour blanchir les teins, - 2(3 o 

Eau de lard, z6i 

Eau pour rafraîchir (^' blanchir le vifage, 
162. 

Eau contre les rougeurs du vifage, (ÿ- ^ui 
' nettoye le cuir, , i6i 

Eau pour les teins grojfîers, 2(35 

Autre eau pour les teinsgrojjiers, 265 

Autre eau pour les teins greffiers, 264 

Eau qui leve te haie ojie les rougeurs, 
î<î4- 

Eau contre les dartres farineufes , (fr âpre¬ 
té de la peau. , 265 

Eau contre les tannes du vifage, 

Eau centre tes roujfeurs c^- lentilles, i6<S 

Eau contre les rides, x66 

Eau pour les teims jaunes (jr bilieux, z6j 
Eau qui efie tes rougeurs du vifage, î6 7 
Eau qui fait pâtr, 2^8 

Autre eau pour le mefme, 268 

Eau contre les cicatrices.d;- marques de la 
petite verolle.,. 2^9 

Eau qui blanchit le vifage, 27o 



Table des Chapitres. 

Ëau contre le) roujfeurs rongeurs, 170 
Eau contre les dartres, ' 171 

Eau contre les roujfeurs, iji 

Eau cjuileve les cicatrices, 172 

Eau qui fortifie (jr erabellit le corps, 272 
Eau contre les teins greffiers, contre les 

tannes, , 273 

Eau pour laver &noHrir les teins qui au¬ 
ront efié corodeS^par l’eau precedente,!-/^ 
Huile de talc, 275 

uiutre huile de taie, 277 

Autre huile de talc, 278 

Eau de talc, 279 

Pommade de chevreau, 280 

Pommade pour tenir le tein frais & uni , 

. 282. 

Pommade pour nourrir le tein , (je contre 
les marques de la petite verolle, 28J. 
Pommade excellente qui fe fait dans le 
mois de May, 285 

Pernmade de pieds de mouton^. - 28^ 

Autre pommade excellente, 288 

Autre pommade extellente, 288 

Autre pommade,. zpo 

Pommade contre les dartres vives, 251 
Pommade contre les dartres farineufes, 25) i 
Pommade contre les âpretep;J,e la peau, 25s. 




1 


Table des Chapitres. 

Antre pommade pour le mefme, 

Pommade contre le haie. 
Pommade contre les rides. 


293 

i;î 

294 


Autre pommade contre les rides, 294 
Autre pommade pour le mefme, 295 

Pommade contre les lentilles & roujfeurs -, 


295. 


Autre pommade contre les lentilles rouf- 
feurs, 296 

Pommade contre les fentes qui viennent 
auxlévresc^r aux mains, 297 

Pommade contre le haie du foleil, & 'du 
froid, - 298 

Pommade contre les taches qui viennent au 
vifage, ^ 109 

Rougepourlevifage,-appelle'Carmin, 299 
Autre rouge pour le vifage, 501 

Autre rouge, 301 

Autre rouge, 302 

Mouchoirs pour le vifage, 301 

Fiel de bœuf comme on le préparé à Mont¬ 
pellier, 30 J 

préparation de verijus, 30<î 

Des doublures de mafques, 30 7 

Autre doublures, 308 

Cornettes jaunes de jour, 309 

Autre fapon de jaunir les cornettes, 309 






Table des Cbapitrei;/ 


loutre façon, ^69?' 

Four faire cornettes de miEl, jio 

Aütre maniéré four cornettesy 311’ 

FaficfoHr les mains, 31Z 

Autre pajle pour les mains, 313 

Autre paftepBurles mains, 313 

Autre pafle, 3 14 

Pommade qui hlanchit les ma 'ns, 3 r4 
Pommade pour le vif âge , é" pour les 
mains, 315 

Autre pommade pour les mains, 315 

Antre pommade, 317 

Pommade contre les fentes cÿ“ crevaffesqui 
viennent aux mains, 317 

Savon pour blanch ries mains, 3 8 

Eau pour blanchir les mains, 319 

Ptifanepourengraijfer, 3Z0 

Autre ptifane qui engraijfe fait dor¬ 
mir, 320 

Autre ptifane pour le mefme, 321 

Maniéré de purifier cirer desgans, 322 
tAutre maniéré pour lésgans, 323 

Autre pour les gans, 32^' 

Eau pour blanchir les dents, fortifier 
les gencives, 324 

E au pour les dents gafiées, 325 

Eafions pour blanchir Us dents, 3 25 

e 


Table des Chapitres. 

Optât pour(tlattchirc^ conferverles dents, 

, -, 

^mreopUt, iiS i 

Foudres pour les dents, jij j 

FJprits ou ejfencespour les dents, 318 ‘1 
Pour préparer les racines '& bois pour fret- j 
ter les dents, 318 1 

Teinture pour faire le poil blond, 319 i 

^utrepour le poil blond, 319 

Teinture pour faire le poil noir, s^o ' 

Pafle pour teitrdre lepo.len noir, 331 

Leffive pour faire croiflre & revenir les 
cheveux, 331 

Pommade pour fa re venir les cheveux , ■ 

331. 

ê au pour faire tomber le poil, 332 

Eau de chaux pour le mefme effell, 3}S 

Pommade pourofier la farine qui vient à i 

la racine des cheveux, 334- ; 

Eaupour faire frifer les cheveux, 334. 



Extrait du Privilège dHRoj. 

P A R grâce & Privilège du Roy , il 
eft permis à Damoiiellc Marie 
Mevrdrac de faire imprimer un 
Livre qu’elle a compofé , intitulé La 
Chymie Charitable & facile,c^c. pendant 
rcfpace de dix années : avec defcnfcs à 
tous autres de l’imprimer, ny vendre 
pendant ledit temps , fous les peines 
portées par ledit Privilège. Donné à 
Paris le 20. Décembre 1 66^. 

Signé D E Qjr i g y. 


j 4 pprobatie» des DeBeurs en Medecine. 

N Ovsibus-fignez DocteursRegens 
en la Faculté de Medecine à Pa¬ 
ris, certifions avgirveu& leu un Livre 
intitulé La Chymie Charitable & faci¬ 
le : Compofé par Damoifelle Marie 
Mevrdrac; dans lequel nous ne 
trouvons rien qui ne puiiTe eftre utile 
au public. En foy de quoy nous ayons 
foulTcrit. Fait ce 10. Décembre 
Signez Le Vi g non Doyen. 

De Caen. De Bovrges. 




AV ANT P RO POS. 


® V A N D j’ay cômcncé ce petit \ 
Traitéjç’a efté pour ma feule 
fatisfadion , & pour ne pas ' 
perdre la mémoire desc.on- ' 
noiîTances que je me fuis acquifes par 
un long travail, & par diverfes expé¬ 
riences pliifieurs fois reïterées. le ne 
jiuiscelerque le voyant achevé mieux 
que jen’eulTeoféefpercrjj’ay eftéten¬ 
tée de le publier : mais fi j’avois des 
raîfons pour le mettre en lumière, j’en 
avois po-ur le tenir caché .ne le pas 

expofer à la cenfure^encralc. Dansce 
combat fe fuis demeurée prés de deux 
ans irrefoluc : je m’objeftois à moy- , 
piefmeque ce n’eftoit pasla profcflîon 
d’une femme d’enfeigner ; qu’elle doit 
demeurer dans le filcnce , écouter Sc 
apprendre , fans tefmoigner qu’elle 
fçait: qu’il eft au deflus d’elle de don¬ 
ner un Ouvrage au public, Sc q^ue cctt& 




Jv/int-propôs. 

repntntion n’eft pas d’ordinaire avan- 
tageufe, puifque les hommes méprifent 
& blafment coufioursles produdions 
qui partent de l’efprit d’une femme. 
D’ailleurs, que les fecrets ne Ce veulent 
pas divulguer 5 & qu’enfin il ferrouve- 
roit,peut-efl:re,dansma manière d’é¬ 
crire bien des chofes à reprendre. le me 
fiattois d’un autrecoftédeccque je ne 
fuis pas la première qui ait mis quelque 
chofe fous la PrelTe ; que les Efprits 
n’ont point de fexc, & que fi ceux des 
femmes eftoient cultivez comme ceux 
des hommes , & que l’on employai! 
autant de temps & de dépenfe à les in- 
ftruire, ils pourroient les égaler: que 
noftre fiecle a veu naiftre des femmes 
qui pour laProfe.Ia Poëfic, les Lan¬ 
gues, la Philofophie , & le gouverne¬ 
ment mefme de l’Eftat , ne cedent en 
rien à la fulfirance, &à la capacité des 
hommes. De plus,quecctOuvrageeft 
utile, qu’il contient quantité dereme- 
des infaillibles pour la gucrifon des 
maladies , pour la confervation de la 
fanté, & plufieurs rares fecrets en fa¬ 
veur des Dames j non feulement pour 


Avant-propùs. 

conferver, mais auffi pour augmenter 
les avantages qu’elles ont reccusde la 
Nature; qu’il eft curieux, qu’il enfei- 
gnc fidellement & familièrement à les 
pratiquer avec facilité -, & que fe fçroitj 
pécher contre la Charité de cacher les 
connoiflances que Dieu m’a données,! 
qui peuvent profiter à,tout le monde. 
C’eft le feul motif qui m’a fait refoudre ; 
à lailTer fortir ce Livre de mes mains: 
j’efpere du public-qu’il m’en fçanragré,. 
& qu’il ne s’arrefbera pas tant à glofer 
fiulapolitefle de mon ftile, que Icfujet | 
que je traite nepourroit fouifrir, qu’à 
profiter de mes préceptes , pour bien 
r eiiflir, & fc rendre exad dans les ope¬ 
rations qu’il fe donnera la peine de 
pratiquer. le demande encore cette 
grâce à ceux qui les voudront entre¬ 
prendre,qu’ils diftnbuent libéralement 
aux pauvres les rcmedes comme j’ay 
fait jufquesà prefent, puifque je leur 
apprensle moyen de les faire prefquc, 
fans dépenfe ; & puis qu’il eft iufte en¬ 
fin que je profite de mes veilles, je les 
conjure pour toute reconnoift'ance, de 
fe fouvenir de moy dans les chariteas 




qu’ils feront de me faire partici¬ 
pante du mérité de leurs bonnes oeu¬ 
vres ; impétrant pour moy du Ciel par 
. leurs prières, &par celles des pauvres 
. qu’ils foulageront, de nouvelles lu¬ 
mières , & des connoiiTances encore 
plus utiles que ie puifle derechef leur 
communiquer. Pour ce qui cft des Da¬ 
mes qurfecontenteront dcfçavoirfim- 
plcrocnt, fans vouloir prendre la peine 
de faire les operations qu’elles iugeront 
Icureftre neceffaires, àcaufedu temps 
qu’il y faut employer, & des diiferen- 
tes fortes de vaifleanx, & autres uftan- 
cilles dont on a befoin, on qui crain¬ 
dront de ne pasreiiffir,iem’expliquc- 
ray de vive voix quand on me fera , 
l’honneur de m’en communiquer , & 
ptendray foin de faire moy-mefme ce 
que l’on pourra fouhaiter de ce que 
j’enfeigne. l’ay divifé ce Livre en fix 
Parties: dans la première, ie traite des 
I principes & operations , yailTcaux, 

1 luts , fourneaux , feux , caraderes & 

|, poids; dans la féconde,ie parle delà 
I vertu des Simples , de leurs prepara- 
! tions, 6c de la maniéré d’en extraire les 



~1 

Avam-propûs. 

fels, les teintures, les eaux & les efTctif' 
ces:la troifiefme cft des Animaux j la 
quatriefme des Métaux •, la cinquiefme i 
la maniéré de faire les médecines com-]j 
pofées , avec plufieurs remedes tousj 
expérimentez : la fixiefme eft en faveur- 
des Dames ; où il eft parlé de toutes les 
chofes qui peuvent conferver & aug- , 
menterla beauté, l’ay fait ce que j’ay 

Î û pour me bien expliquer, & faciliter 
CS opetations ; je n’ay point voulu 
paiTer mes connoiftanccs, & puis afteu- 
rerque tout ce que j enfeigne eft véri¬ 
table , Sc que tous mes remedes font 
expérimentez; dont ie loue Sc glorifie 
Dieu. 



LA 





rPREMIERE ^JRTIE. 


Des Principes, OpERAxioisrs, 
Vairtcaux , Lues, Fourneaux, 
Feux , Caractères iô Poids de 
U Chymie. 


Chapitre premier, 
D» Seh 

Chymie a poutobjciîl le» 
M] ,|®^^Corps mixtes entant que di- 
^ ■'ifiblcsSc rcfolubicsjfur Icf- 

quels elle travaille, pour cft 
extraire Us trois Principes, qui font 
Sel, Soufre te Mercure; ce qui fefait 
par deux operations generales, fçavoic 
Solution, & Congélation. Première»- 
ment nous parlerons du Selcommedo 
père de la generation, puisqu’il ferabîè 



i Lâ chymie 

que c’eftiuy qui contribue le' plus à la 
produdtion. Il s’en trouve de trois for¬ 
tes dans chaque corps. Le Fixe, le 
Nitre, et l’A r MO n I a c , IcC- 
quels ne procèdent que d’un, & font 
diverfifiez par le mélange des deux au¬ 
tres principes. Le Sel Fixe eft celuy 
qui eft rendu vifible par l’Art , & qui 
contient en foy une vertu balfamiquc. 
Ilfe dilToutdansfcau ,il fccondcnfcau 
chaud J & après plulïcurs diflblutions 
& purifications il eft rendu fufiblc 
comme métal, & comme baume j & en¬ 
fin, il a la vertu de conferver toutes les 
chofes où il domine, il les purifie, & dif- 
fipe leur humidité fupcrfluc;c’eftpour- 
quoy félon le mixte duquel il eft ex¬ 
trait, il fait des operations admirables. 

Le Sel Nitre tient le milieu entre le 
Fixe & l’Armoniac: il s’attache au Sou¬ 
fre , il eft en petite quantité , il n’eft 
point vifible , & conferve la vertu de 
fonCujeâ:. S’il eft extraiéld’im Purgatif, 
il purgera; d’un Diurétique, il fera uri¬ 
ner , Sc ainfi du refte. C’eft luy qui don¬ 
ne le gouft Sc l’odeur au Soufre. 

L’Armoniac eft ccluy qui paifeavcc 




Chmtahle & facile. 3 

refpnt&: l’eau és dütilIationsTSansIuy 
les eaux d.ftillées nefe pourroietucon- 
fetver fans fe corrompre ; & files yaif- 
feaux dans lefquels ont les mec ne font 
bien bouchez, il fe pcrd& diiîîpa, & 
elles fe pucrifient. 


Chapitrb II. 

Dh Soufre. 

L e Soufre,fécond principe faitru- 
nion de l’efpn't & du corps, c’eft 
pourquoy il eft appelle par quelques 
autheurs Ame. II en cil de trois for¬ 
tes , grofficr f, mpyeri , & fubti|,. Le 
grolîïcrfc joint au Sel Fixe, le moyen 
au Sel Nitre, Sclefubtilà l’Aimoniac, 
Le grofficr eft en petite quantité , 6c 
c’eft luy ncantmoins qui donne la ver¬ 
tu balfamiquc au Scl Fixe. 

Le Soufre moyen eft compofe de 
parties gralTes, chaudes, & huileufes ; 
il brûle facilempnt , il eft vifible pat 
fes effeds, il donjinc le Scl Nitre, 6 c 
fe joint avec luy. 

Ai) 



4 Là Chymie 

Le Soufre fubtil s'unit au Sel Ar- 
moniac ; c’eftiuy qui facilite fon clcva- 
tion , & qui fait que les Efprits s’en¬ 
flamment. 

Les parties huileufcs & graflcSjquc 
nous appelions Soufre , ne fe tirent 
pas d’une mefme partie du mixte , & 
ne font pas en tous également. Aux 
uns, elles font aux racines & cfcorcesj 
aux autres, aux fleurs, fueillcs ou fruits; 
à quelques-uns,aux fcmenccs. Ce Sou¬ 
fre cfl; de facile corruption , dautaht 
qu'il domine le Sel Nitre : cclafcvoid 
dans les huiles tirées par exprcflîon, 
lefquellcs s’engraifTcnt ^ Sc fe purrifient; 
ce qui n'arrive- pas aux eflenccs diftil- 
lécs, dautant qü-cllcs font aidées & 
corrigées par le feu. 


Chapitre III. 

D» (JiLercure. 

T Ovtes les chofes qui font au 
monde proviennent d’ùn, & cet 
un en produit trois: ce qui nous peut 




charitable é" facile. j 
donerunc idéedumyftcrc adorable de 
la tres-faincc Trinité. LaChymie rions 
en prefenre un crayon , puis qu’elle 
trouve une trinitè non'feulement dans 
chaque fujer, mais dans chaque prin¬ 
cipe. Nous avons veu dans les Cha¬ 
pitres precedens , de trois' fortes de 
Sel, & de trois conditions de Soufre; 
il eft auffi afleurcment de trois diffe- 
rens Mercures ,lcfquels, comme j’ay dit 
au Chapitre des Sels, ne procèdent 
que d’un , ne font diverfifiez que 
par le mélange des deux autres prin¬ 
cipes. 

Il fc trouve dans le Sel Fixe joint au 
Soufre greffier un Mercure pefant, re¬ 
belle, & de difficile élévation, qiti ne 
quitte qu’à force defeu. Nous voyons 
cela dans la diftillation du Sel des SiiB- 
pics, duquel le Mercure ne fc tire que 
par un long &preflrant feu. L’efprit de 
Sel n’eft donc autre choGs qu’un Mer¬ 
cure pefant uni au Sel Fixe , qui con¬ 
tient en foy un Soufre greffier, où le 
Soufre & le Mercure font dominez 
par le Sel Fixe. 

Le fécond Mercure, le Sel Niite, 
Aiij 


6 La chyme 

le Soufre moyen s’unifient Sc fc joi¬ 
gnent enfemble , comme eftans d’une 
mefme nature. 

Le très- fubtil Mercure , le Soufre 
fiibtil, & l’Armoniac ou Volatil palTent 
enfemble dans les diftillations , ainfi ' 
nous voyons dans chaque principe une 
Trinité tres-unie , Icfqucls trois prin¬ 
cipes font produits par un, & chacun ; 
en produit trois. 

Vn nomi;ire infini de Philofophes 
ont écrit du Mercure félon leur fenri¬ 
ment, & chacun en particulier a plû- 
toft fniyi fon inclination que la rai- 
fon. Quelques-uns veulent que le Mer-, 
cure des fimples & des animaux foit 
coulant & lucide comme ccluy des mé¬ 
taux ; ce qui ne peut eftrc, y ayant une 
différence tres-grande entre les trois 
règnes. D’autres veulent qu’il foit 
fubtil-, diaphane , tranfparent & infî- 
pide ; ce qui n’a aucune apparence. le 
demeure d’accord qu’il doit eftre tres- 
clair , tres-fubtil, & détaché de toute 
acrimonie, mais non pasinfipidc, puif- 
que c’efl: cet efprit de vie, qui efl: d’au¬ 
tant plus penetraat qu’il cfi: plus déca- 




charitable d* facile. 7 
ché de la partie terreftre, & dont la pu¬ 
reté augmente la force. Nous expéri¬ 
mentons cette vérité dans la dépuration 
de l’Efprit de vin, qui devient ü fub- 
til, qu’à peine le peut-on conferver dans 
quelque vaifleau que ce foit. Le Mer¬ 
cure n’eft donc autre chofe que l’Efprit 
<ievic, feparé des parties groilîercs, & 
rendu par la main de l’Arrifte tres-fpi- 
rituel, & qui efl: en plus grande ou plus 
petite quantité félon le mixte. Ce n’eft 
pas que l’on le puifle réduire à fon pre¬ 
mier principe ; car il eft ippoflible de 
divifer une chofe qa’ellé se participe 
des trois j la nature cftant lî fage ou¬ 
vrière , & faifant fi parfaitement foa 
mélange, qu’il n’eft pas en noftre pou¬ 
voir de divifer entièrement ce qu’elle 
a conjoint, mais feulement d’aflemblet 
lesfpirituelles avec les fpirituelles, les 
moyennes aux moyennes, 8 c les grof- 
fiercs avec lesgrofficres, non toutefois 
fans quelque fpirituaîité dans chacu¬ 
ne, puis qu’autrement il fe trouvefoit 
deux principes dcmiez dcpuilTance. 

Les trois principes font plus diffici¬ 
les à tirer des Animaux que des Vege- 
 iii; 


8 Ld chyme 

taux, & des Minéraux & Métaux en¬ 
core dauantagc. Ceux qui ont écrit de 
ces matières fc font moins attachez à la 
demonftration qu’à la fpcculation , en 
quoy bienfouvent L’on eft trompe 5 car 
la Théorie & la pratique font pour 
l’ordinaire differentes j&rl’aftion nous 
inftruitbien davantage que la contem¬ 
plation. 


Chapitre I Y. 

Des Ojeratiens de Chymie. 

I L eft necefTaire qu’un Artifan fçaehe 
parler en termes defon Art, & qu’il 
connoiffe les outils , & les uftanCilies 
donc il fe doit fervir. Nous parlerons 
premièrement des Operations, & par¬ 
ticulièrement des Diftillations. 

Les Chymiftes font de trois fortes 
de Diftillations , qu’ils appellent, Ver 
eifie^fum , Per medium cornumm , Ver 
defeenfum. Per afcenjfttm'c&. une Diftil- 
lation qui élève les efprits en forme 
de fumée , oà he trouvant point de foc- 



ChdfitAhle ^ fitetle. ÿ 

tîe, ils fe condcnfent en eau, & tom¬ 
bent parle canal du chapitcaa. Per me¬ 
dium cornutum efl: un moyen ou milieu 
pour Icschofes qui ne peuvent pas s é- 
îever facilement. Per defeeufum pour 
les chofes pefantes. Mais pavions de 
chacune de ces Diftillatvons en parti¬ 
culier. 

D'tJiilUtmn fer ajcenjùm. 

L a Diftillation fer afeenfum fe fait 
en pluficurs maniérés, félon 1;^ cho- 
fe que l’on veut diftiller. Si c’eft Efprit 
devin, clic fedoit faire au Bain, Si ce 
font des EiTences aromatiques , com¬ 
me R ofmarin , Sauge, Hyfope, Fenouil, 
Anis, &c autres de pareiUe nature, cet¬ 
te diftillation ne fepeut faire que dans 
un Alambic de cuivre , dautant qu’il 
faut un feu violent, quantité d’herbes 
pour tirer une once d’Eflcncc, &r«n 
ne trouve point de vaiffeaux de ver¬ 
re alTcz grands, & qui ayent de tuyau 
refrigeratoire, bien qu’il foit ncceflai- 
re de rafraîchir pour empefeher la per¬ 
te des cfprits. C’eft pourquoy ceux 
qui oat dît qu’U «e falloir point abf®- 


lo La chymte 

lumentfefervirde cuivre ont eu tort, 
dautant qu’il eft irapoffible de le pou¬ 
voir faire autrement. Déplus, chaque 
diftillation cftfi peu à fe ftire dans ces 
vaifleaux, que les fimples n’en peuvent 
recevoir aucune mauvaife qualité, puif- 
que trois heures fuffifent pour cet ef- 

fe£l:.Leraifonnementferoitcroire,com- 

me les Aromats font de nature chau¬ 
de , que la chaleur du Bain bouillant 
feroit fuffifante pour élever leurs Ef- 
fenccs, veu que toutes chofes fc portent 
devers leur centre ; mais l’cxperience 
nous apprend qu’il ne s’élève que fort 
peu d’ElTencc dans le Bain. 

Pour obferver l’ordre que j^c me fuis 
preferit, je continueray, & diray que 
pour faire cette operation, il faut pren¬ 
dre les fueilles'& les fleurs de fAro- 
matique, que l’on voudra diftillcr, & 
remplir l’Alembicjufqu’â quatre doigts 
prés de l’embouchure , fi elles font 
vertes; fi elles, font feiches, il faut laif- 
fer fix doigts ; Verfez de l’eau par deflus 
fur les feches, parties égales; & furies 
vertes, deux doigts audeflbus defdiccs 
àerbes, auttfinoent letoutfc brûlcroit. 




Chmtahle & facile. l î’ 

& fentiroit l’empyreume , & ftiefme 
toute l’humidité qui en fortiroit fcroii 
confommécpar laforce du feu. Voftrc 
vaiflcau cftant rcmplydelaforte, vous 
le mettrez fur un tripied, ou fourneau , 
& luy adapterez fon chapiteau, auquel 
vous joindrez un tuyau refrigeratoire, 
lequel palTera au travers d’un tonneau 
rempli d’eau , le petit bout penchant 
pour faciliter la fortie des efprits, au¬ 
quel vous mettrez unRecipientj& bou¬ 
cherez bien les jointures, & donnerez 
un feu de flamme jufqu’à ce que vous 
voyez diftiller dans voflrc Récipient. 
Alors il faudra modérer voftrc feu, de 
peur que le tout ne gonfle. Si voftrc 
Alembic tient deux féaux ou environ, 
quand vous aurez diftillé cinq pintes, 
ceflez, &VOUS aurez l’eau & l’clTencc 
de voftrc Ample mélcésenfemble.Vous 
les feparerez par le vaifleau feparatoi- 
rc, quieft un Entonnoir de verre que 
vous emplirez , & boucherez le bouc 
d’en bas de voftre doigt, toute l’Eflen- 
ce s’élè vera au dcfliis, & lors qu’il n’en 
montera plus , faites ouverture de vo¬ 
ftrc doigt, Si lajflcz palTcr toute l’eau 
A yj 


Î2, La Chymie 

doucement, & rebouchez quand vous 
verrez l’Eflence. Vous la mettrez dans 
«n autre vailTcau que vous boucherez 
3vec un bouchon de verre -, au defFaut 
vous y mettrez de la veflîe de pore 
mouillée. Si vous voulez que voftrc 
eau foit fpirituelle, vous la reâifircz 
trois ou quatre fois au Bain. Pour le rc- 
fidu quife trouve dans l’Alcmbic, vous 
rexprimerez, & filtrerez pour en faire 
l’Extrait, ou Teinture, & mettrez la 
malTc fccher, de laquelle vous pourrez 
extraire le Sel. 

If 'tJiiUaùen as fable , Umiües 
cendres, 

C E T T E maniéré de diftiller eft 
pour les chofes qu’il faut poafTct 
par le feu. Vous mettrez un doigt de 
fable, limailles de fer, ou cendres dan* 
une terrine , & mettrez voftre pot 
d’Alcmbic de verre deflus, dans lequel 
feront les fucs des herbes que vous vou¬ 
drez diftiller , ou les herbes mefmes 
avec leur menftru'é, & le couvrirez de 
fon Chapiteau à bec , auquel vous 


ChdrUabU & ftcile. 
joindrez un Récipient -, le tour eftant 
bouché , vous poterez la terrine fuc 
un tripied , fourneau , ou rechaud. 
Vous mettrez la hauteur de trois o» 
quatre doigts de fable au tour de vo- 
ftre potd'AIcthbic, & ferez feu par dc- 
grez. La limaille de fer eftle feule plus 
chaud ; le fable fuit, celuy de cen¬ 
dres eft le moindre. 

Vijlillatton m Bdin Mme. 

C Ett E Diftillation cftappclléedii. 

nom de celle qui Ta inventée, qui 
eftoit la fœur de Moyfc, Marie fur- 
itommée la Prophetelfe, laquelle a fait 
le'Livrc intitule des trois Paroles. El¬ 
le fe fait en cette forte. Vous prendrez 
«n Chaudron , au fond duquel vous 
mettrez un Cercle ou petit Tripied de 
la hauteur de deux doigts pour empet» 
cher que voftre vailTeau ne,touche con¬ 
tre le fond du Chaudron; vous pofe- 
rez deiTus voftre pot d’AIembie rem- 
plyjufques aux deux tiers de la liqueur 
que vous voulez diftiller,& mettrez foa 
Chapiteau deflus,auhaurduquel vous 
attacherez une hcelle que vous ferez 


J4 La chymk 

tenir aux deux anecs du Cliaudroh, de 

f eur que le poc d’Alembic ne nage fur 
eau ; vous mettrez un Récipient, 
boucherez bien toutes les jointures, & 
ferez le feu félon la chofe que vous vou¬ 
drez diftiller. Sic’eftdcl’Efprit devin, 
que l’eau du Bain foie tiede ; de l’eau 
Rofe j qu’elle foit chaude > du Vinaigre, 
qu’elle foit boiiillanre. Le jugement de 
celuy qui travaille fair ces. difeerne- 
mens. Il y a des Chaudrons faits ex¬ 
près pour cet nfage appeliez Bains Ma¬ 
rie , dans icfquels l’on, peut faire plu- 
fieilrs diftilkripns tout à la fois. Il cil 
à obfcrver que l’eau du Bain foit bord 
â bord de la matière contenue dans le 
VailTeau : & lors qu’elle diminuera, il 
en faut mettre de chaude, de peur d'e 
calTer les vaifleaiix. 

£>» BAtn VAyoreuü. 

L e Bain Vaporeux cfl: pour hume(!î:er 
les matjeres calcinées, & celles qui 
font troRfeches, dcfqucllcs l’on veut 
faire expreffion. il fe fait en cette for¬ 
te. Prenez les chofes, foit calcinées, 
BU fcches , apres avo« «lie pilées , dff 


Charitahle é" facile. ij 
les mettez-dans de petits fachets; fufl 
pendez les fur la vapeur d’un Chaudron 
plein d’eau bouillante pour hlimeûer 
lefdites chofes, & les tournez jufques 
à ce qu’elles foient tout à fait imbi¬ 
bées. Vous mettrez les calcinées en lieu 
froid fufpenducs, un vaifleau delTous 
pour recevoir ce qui en fortira : cecy 
j’appelle par defaillace. L’huile deTar- 
tre cale iné fe fait en cette matière. Poug 
les matières que vous voulez tirer pas 
expreifion , vous les mettrez fous h 
preflcj c’efl: ainfî que l’on tire l’huilc 
de Noix J celle des Amandes, 5c celle 
des quatre femences froides. 

J)iJlillation fer rnedifim 
mnutum. 

C Ette Operation tient le miîieti 
entre les deuxextremitez. Elleeft 
qirour les chofes extremément rebelles 
decondenfées: l’onfe fêrt de pluficurs 
maniérés pour faire le feu. Le feu ou¬ 
vert cft lé plus laborieux, dautantqu’îl 
eft pour les M incrauxSc Métaux qu’il 
faut calciner auparavant que de les di- 


i6 Ld Chimie 

ftiller. L’humidité fuperflac eftaut diC- 
fipce, il ne rcftc plus que l’humidi ré ra¬ 
dicale, qui n*cn fort qu’avec difficulté ; 
c’cftpourquoy il faut un grand feu, & 
violent , qui neantmoins foit par de- 
grez , de peur de cafler les vaifTeaux. 

Vous prendrez deux Cornues ouRe- 
tortes, dans l’une defquelles vous met¬ 
trez ce que vous voudrez diftillcr, foie 
Sel decrepité. Vitriol calciné, Salpêtre, 
Alun, ou autre chofe. Vous la rempli¬ 
rez jufques à la moitié, ou pour le plus 
|ufques aux deux tiers, te / adapterez 
une autre Cornue, ea forte que celle 
qui céi. lent la matière entre dans cel¬ 
le qui fert dre Récipient ; il faut que 
celle qui reçoit foie de beaucoup plus 
grande que celle qui contient, afin que 
les cfprits ayent le moyen de circuler. 
Pour la diftillation des Eaux fortes , on 
fc fert pour Récipient d’un grand Ma- 
tras à col court, autrement appelle Bal¬ 
lon. Il faut biçn luter les deux vaif- 
féaux enfemble , & donner le feu par 
degrez, tant & fi fort que requiert la 
matière que l’on veut diftillcr. Au dé¬ 
faut d’un Fouri^a» l’on peut 




thâripahle & facile. ly 

fett à la Cheminée avec des briques , 
& approcher le feu de temps en temps. 
Ce feu s’appelle de Roüc. L’on peur 
auflî diftiller par la Rctorte au fable , 
limailles & cendres , le Vinaigre, la 
Cancllcj le Clou de girofle, laTere- 
bentine, & autres ; obfcrvant l’ordre 
comme il a cfté dit aux diftiilacions 
precedentes. 

Difiillttm per defeenfum. 

C E TT E Operation eftfortpeu ufi- 
tée, dicn’eft que pour les Gom¬ 
mes Raifineufes &: pcfadtes, defanelles 
l’on tire la liqueur en cette nil;l?ere. 
Il faut avoir on pot de terre vernifl’é, 
large de eul, & percé fort prés après 
de petits trous, comme pour pafierun 
grain de bled ; vous le remplirez à moi¬ 
tié de la Gomme que vous voudrez di- 
ftiller, & le couvrirez d’un couvercle 
que vous luterez, 5c mettrez une ter¬ 
rine fous ledit pot. Entourez voftre 
terrine de terre, mettez des charbons 
allumez fur le couvercle, augmentez le 
feu jufquesàce que le tour du potqui 
fera vuidt foit entoure \ & lors que votw 


i8 LaÇhymie 

n’entendrez plus d’ebullitiori l’opera¬ 
tion fera faite. Il faut laifler refroidir 
le vaiiTeau dans fon feu ; & quand il fe¬ 
ra froid, il faut prendre ce qui feradi- 
ftillcdans la terrine, & le redifier par 
la Cornue. L’on peut diftdler des Ro- 
fes de cette forte par un feu doux. 

Sublmatîon. 

P Lvsievrs ont confondu la Di- 
ftillation avec la Sublimationj ilcft 
bien vray qu’en toutes lés deux il fc fait 
élévation en l’une des parties fluides 
& liquides , c’eft pourquoy cllceftap- 
pelléc diftillation, dautantquc les fu¬ 
mées qui s’élèvent, tombent en eau : il 
ri’cn eâ pas de mcfmé de la Sublima¬ 
tion, car ce font les parties les plus fpi- 
rituelles , Icgcres , & feches qui sՎ 
lèvent & adhèrent au col du vaif- 
feau. Il eft à remarquer qüc quand oh 
fiiblime chofes minérales ou métalli¬ 
ques, les parties les plus élevées com¬ 
me follefannefont veneneufes, & que 
la Médecine défend abiolument de 
s’en fervir. 

La Siiblimationfc fait Ample, ou par 




charitable é" facile] 19 
addition. La fimple e'ftlors'qucla ma¬ 
tière fe fublime feule, l’autre quand il 
fautadjoûter de la limaille de fer. Sel 
prépare, ou des Cailloux calcinez pour 
arrefter les parties les plus terreftres & 
groffieres. Le vaiffeau de Sublimation 
eft un Matras ou haute Cucurbite, avec 
un Alembic aveugle percé à la cime, ou 
un vaiiTcau de verre appelle Aludel: le 
feu doit eftre de fable, limailles ou cen¬ 
dres dans une Terrine, comme il a cfté 
dit. Sou.venez-vous qu’il cft neceflaire 
en toutes Operations de garder les de- 
grez du feu, 

Re&ificatkn. 

Et TB Operation eft fortnece/Tai- 



pour rendre les cfpritsplus purs 
& plus fpirituels, &c pour les détacher 
de ce qu’ils pourroict avoir encore d’im¬ 
pur &:deterrcftre, apres avoir cfté di- 
ftillez foit par la Rctortc ou par l’A- 
lembic. Vous reélifirez au Bain Marie 
à feu doux ou boiiillant, félon la nature 
de la chofe. Plus vous reélifirez, plusil 
faudra diminuer le feu; caries parties 
qui s’élèveront feront plus fpirituelles-. 


20 Lit Chymte 

Cdtifiation. 

] L cft de deux fortes de Calcination; 

l’une fifnple , l’autre corrollvc s & 
toutes les deux ne font que pour IcsMi- 
neraux& Métaux. La fimplcfe fait en 
mettant voftre mctailou minerai dans 
imCrcqfct, Seluy donnant un feufort 
jufq«es à ce que vous ayez réduit ledit 
Metail, ou Minerai en poudre, impal¬ 
pable. La corrofive fe fait par les eaux 
fortes J laquelle réduit les .Métaux en 
chaux. Le nom de Calcination cft fort 
mal donné à cette Operation, dautant 
que Calcination eft deftrudion; & l’or 
& l’argent ne font point détruits par les 
eaux fortes , mais feulement corrodez 
& altérez ,• puifqu’ils reprennent corps 
à feu violent,ce n’eft point Calcination', 
mais feulement diflblutionimparfaite. 

Cohêiaticti, 


C O H O B E R n’eft autre chofe que 
mettre cequiferadiftilléfur ce qui 
refte au fond du vailTcait diftillatoire, i 
•afin que la partie O-itituelle pénétré ; 
plus facilement la malfc, & qu’clles’au- 




cljmtahle & facile. ii 
gmentc en vertu. Cette Operation fc 
fait plus au Bam qu’autrement. Celle 
qui îc fait à la Cornue, le feu doit cftrc 
deux, de peur de rendre les çhofesdi- 
ftillées de mauvaife odeur. 

Coagulation. 

C Oagvier eft rendre une chofe 
liquide, en confiftcncc ferme telle 
fefaitendeux façons, l’une parlefeu, 
l’autre par le froid : celle dufeu eftlors 
que vous aurez extrait quelque teintu¬ 
re j vous en ferez évaporer Vhumidité 
dans une Terrine ouvaifleau de verre 
jufques à confiftcncc de Miel ou Ex¬ 
trait:, fclôl’ufagc auquel vous voudrez 
vousenfervir. Celle qui fc fait au froid 
eft des Sels difloiids, lors que vous au¬ 
rez fait evaporer les deux tiers de l’eau , 
& qu’il fe fait au deftus une petite pelli¬ 
cule , vous mettrez voftre vaifleau aû 
froid à^a cave , Sc une partie fc coagu¬ 
lera en Cnftaux, lefquels vous achève¬ 
rez de fcchcr dans un Creufet, & gar¬ 
derez dans un vaifleau bien bouché: 
faites evaporer comme deflus, & met¬ 
tez au froid jufques à ce qu’il nefcfalTe- 
plus decriftaux. ^ 


11 . 


Lét Chymie 
FiltrAtiojn. 

F 1 1 T RE R €n termes vulgaires, c’eft 
pafler, ou couler une chofe pour la 
rendre plusclaire & plus nette. Elle fc 
fait parle papier gris, ou la chauflfe ■ 
d’Hypocras, ou par la languette, tant de ] 
fois que çeluy qui opere foit fatisfait. j 
CetteOperation cftfort ncceflaire pour 
r extradion des Teintures & des Sels. 

Deficâtm. 

C alcination & Defficatioft 
fo nt prcfque uncracfme chofe, i la 
referve du plus ou du moins. Delïîca* 
don eft pour dcflechcr & rendre la ma¬ 
tière capable d’impregner la liqueur qui 
luy feraappoféc, ou s’imprégner de la¬ 
dite liqueur pour eftre plus facile s 
broyer & piler. 


Dukoration. 

D V L c 0 R E R. eft laver la Chaux 
des Métaux pour en ofter lacerro- 
fion que les eaux fortes leur p ourroienc 
avoir cômuniquécs. Elle fertauffi pour 
dulcorerle Soufre des Métaux 5c Mi- 


Chariuble é" facile. ij 
ncraux qui pourroient eftrc corrofifs 
par l’addition qui aupit cllé faite pour 
avancer leur calcination. Les Pomades 
& chofes molles, mefmc la Tcrebenti- 
ne fe peu vent dulcorer. 

Inclination. 

L ’Inclination fe fait lors que 
la chofe cft lavée & dulcoréc , ic 
qu’elle eft raffife au fond du vaifleaujon 
verfe par inclination l’eau de dclTus, la¬ 
quelle fe feparc de la matière facile¬ 
ment. 


AmAÎgamation. 

S ans chercher l’origine de ce mot ^ 
lequcifelon quelques Auteurs, n’eft 
que pour le mélange de l’argent vif avec 
la Chaux des Métaux; je dis qu’amal¬ 
gamer cft mêler, incorporer, & broyer 
une mafle avec une liqueur tellement 
qu’elles ne fe puiflentfeparer. 

Bîgefiien. 


L a Digéftion s’explique d’clle-mef 
me. Elle n’eft autre choie qu’une 
chaleur douce êc pénétrante & dige- 




14 Chymie 

rente, quifcfaicen cette façon. Prçne 
la chofe que vous voudrez digerer, foit 
Végétal ou Animal, & luy donnez un 
Mcnftruë s’il eft ncccfîairc, & le mettez 
dans un Matras,ou Cucurbite bien bou¬ 
chée avec un Alambic aveugle; vous U 
mettrez au fumier de Cheval, ou Bain 
Marie, tant & fi peu que le requererf 
la matière que vous voulez digérer. 
Cette Operation ne le fait que pour dé¬ 
tacher plus facilement les parties pures 
d’avec les impures, & lc$ fubtiles dV 
veclesgroffiercs. 

Pumfddt'm- 

P Vtref ACTION , & Digeftion 
nefontqu’une mcfmechole,àla re- 
ferve que l’une eft plus longue que l’au¬ 
tre , & qu’elles ont» deux fins. La Di¬ 
geftion eft unecoétion, & la Putrefa- 
étion une pourriture, afin que la matic- 
rechangedegouft,d’odeur,& de cou¬ 
leur pour produire une chofe plus par- 
faite,&dépoiiillée de toutes fesanauvai- 
fes qualitcz;& ccttePutrefaéf ion eft une 
difpofition aune nouvelle génération. 
Elle fefait dans le fumier ou au Bain, y 
adjoûtant 



CharitaUe & facile. 
adjoûtant un Mehftnië ,s’ilëtt necef- 
fàirc pour la toironipré. 

\jkenjlme. 

M e N s T R V E efl: une liqueur qui 
fcrc poürafder à tirer, & extraire 
toutes fortes d’efprits, cflences, tein¬ 
tures,Tels' ; digérer, & corrompre tou¬ 
tes les chofes qui ont befoih d’huniidi- 
tc. il en eft de plufîeurs fortes, ; félon la 
nature dela'ctiofe que l’on veut extrai¬ 
re ou corrompre, on fe fert d’cfprit 'de 
vin , efprit de rofée , d’eaux fortes , 
fucs de limon, vinaigre diftillé , eau 
commune ou eau diftillée ; félon que 
l’Artiftc le juge à propos. 

Termenuiion. 

P R E N E ï les chofes que vous vou¬ 
drez fermenter i & les pilez iî elles 
font vertes ; & fi elles font feches, il les 
faut arroufcr,& les mettre dans un vaif- 
feau de verre que vous boucherez, &: 
mettrez à la cave dans du fable i vous 
l’y laiflerez jufqucs à ce qu’elles com¬ 
mencent à s’aigrir, puisqu’elles feront 
alors afiez fermentées pour les diftiller. 

B 


lé La chjmie . . 

Cette operation fe fait pour rendre Ie$ 
efprits faciles à s’élever & à fc déta¬ 
cher des parties plusgroffieres'. 

Cireulation. 

C I R c y 1 4,T I q N eft pfqpremçnt 
monter, ^ defcendre.. Cettçope^ 
ration ,nc fctt qu’à rendre les-chofes 
fpirituelles plus parfaites. Prenez.deux 
Matrats de grandeur convenable, qui 
ayét le col court,dans l’un derquclsvous 
mettrez les chofes que vous voulez faii 
te circuler : lutez bien les deux v^t 
féaux enfemble, & les mettez dahs.îc 
fumier de cheval, on au Bain-Marie. Il 
faut qu'il n’y ait que le Matras dans le¬ 
quel eft la matière, quifoit entouré de 
fumier, ou d’eau -, le refte eftant décou¬ 
vert , afin que les efprits puiflent cir¬ 
culer, & par lafraiçheur del’air fecon- 
denfer en eau, & fe.romber en bas. Le 
Pélican eft un vaifleau fort propre! 
cette operation,, & -s’appelle commu¬ 
nément vaifieau circulatoire ; au defaut 
duquel on fefert de Matras, comme j’ay 
dit. 




Chmtahle facile. %j 



I ’Ay parlé cy-devant de la Défail¬ 
lance en l’article du Bain Vaporeiu, 
c’efl: pour les chofes calcinées, & hu- 
nTeél4es , qui fe dilTolvent au froid i 
lefquelles tombent par défaillance, & 
pour celles qui s’exprimer fous la preiTe. 

fieverberatio». 

A réverbération eft comrne la cal- 



l.^cinarion , excepté que la reverbe- 
ration fe fait dans un vaifleau clos, la 
calcination â feu découvert. L’on fe 
fert de cette operation à deux fins ; 
l’une , afin que les efprits fe calci¬ 
nent avec les corps ; & l’autre, afin 
que la chofe que l’on veut calciner 
ait plus de force , & foit plus par¬ 
faite. 


FreeifîtAtieH, 


P récipitation eft une opera¬ 
tion, de laquelle on ufe après que. 
l’oii afait dilTolution de quelque meta! 
par l’eau forte , & qu’i| eft réduit en 
chaux. Ou fefert d’eaumarinée, pour ' 



affoiblir la force de ladite eau, ic pré- i 
cLpirer le métal en bas, pour l’adoucir J 
apres par dulcorations d’eau fimplc. i 


Eau marinée. 


L ’E a V marinée n’eft autre chofe que D 
de l’eau commune dans laquelle on | 
à mis difibudre du fcl commun autant | 
quelle en aura pu prendre. Elle fett à \ 
précipiter la chaux des metaujt, comme > 
ilaeftéditcy-delTus. 



S TrAtifier, eftmettre unecho- I 
fe enferme de lia dans un vaifleau, | 
&: mettre une autre chofe deflus , & ] 

recommencer lia fur lia jufques à ce | 
que toutes vos matières foient mifes. | 
Elle fe fait dans deux differens vaif- ! 
féaux , fçavoir creufet & cucurbite. Le 
creufeteft pour les chofes minérales; k 
cucurbite pour eellcs queFon veutdi- 
ftiller ou mettre en digeftion. LesChy- 
miftes appellent cette operation. Stra¬ 
tum fuper ftratum. 



churitahk & facile. 
Torrifcation. 

L O RS qu’il faut torrifier un mixte, 
c’eftqa’il a de l’impureté que l’on 
veut corriger , en diffipant l’humidité 
fuperfluë ou dangercufe, dontil abon¬ 
de. On faitainfi.Reduifez les matières 
que vous voulez torrifier , ou pluftoft 
purifrer & deficcher en poudre lî elles 
le peuvent piller , ou coupez-les par 
franches , & les mettez dans un vaif- 
feau propre, c’eft à dire d’eftainj parce 
qu’il ne peut refifter à une chaleur vio¬ 
lente, & qu’il en faut une tres-doucci 
vous le mettrez fut un rechaud, & re- 
murez toujours jufqucs à ce que vos 
matières ne rendent plus de fumée ; 
donnez-vous de garde de cette fumée, 
car elle eft dangercufe. Pourl’Opion, 
l’Ellebore, la Scamonce, l’Antimoine, 
& quelques autres, ils fe préparent de 
differentes maniérés. L’on fe fert à quel¬ 
ques-uns de la flâme du Soufre pour 
torrifier, en mettant les drogues dans 
de petits quarrez de papier que l’on paf- 
fepar deflus jufques à ce qu’ils ne fu¬ 
ment plus : quelques - uns les portent 


JO La Chymie 

fur eux dans de petits fachets', & pat 

long-temps les defechent. 

Decrepitatien. 

/^Ette operation n’a qu’un feul 


V-jobjed, quieftleSel, Senefepra¬ 
tique que pour le purifier.Dans toutes 
fortes de Sel, il Ce trouve des efprits 
fougueux , Icfquels ne peuvent s’aflu- 
jetir, ils s’emportent, & font un bruit 
très-grand, lors qu’ils font enfermez, 6c 
caflenttout ce qui s’oppofe à leur vio^ 
lence 5 mais la Chymie évité tous ces 
accidens, en purifiant les Sels.de leurs 
méchantes qualiteZà Cette operation 
fe fait dans un vaifleau de terre qui rc,- 
fifte au feu, dans lequel vous mettrez 
le Sel que vous voudrez decrepiter , & 
poferez fur des charbons ardansle pot 
couvert avec quelque chofe de fi pe- 
fant, qu’il puific refifter, il fe fera un 
grand bruit : lors qu’il fera appaifé, laif- 
fez refroidir voftre Sel il fera dccrcr 
pité & préparé. 


Fcces. 


’O N appelle Feces ce qui refte an 
fond des vaifleaux après les diûil- 




charitable df fjcile. 51 
ktions, & qu’clics font demeurées fe- 
ehes: l’on peut les brûler pour en ex¬ 
traire les Sels. 


Teje morte. 


L Ateftemorteeft unechofe quin’eft 
propre à rien, infipide , fans gouft 
&fans faveur , de laquelle l’on ne peut 
rien extraire j c’eft pourquor elle cft 
appclléetefte morte, terre damnée ou 
GondamncCi 


Chapitre V. 

Des vaijfeaax. 


Es vaifleaux propres pou ries diftif- 



X-/lations ferafceKffit>t,(oax.VSXemhic 
de cuivre avec fa cape & tuyau r«frigc- 
ratoire, le Récipient s’appelle Marras. 

Pour difliller au Bain-Marie, & aux 
feux de cendre , fable , limaille & fu¬ 
mier, il faut une courge ou cucurbite de 
verre aveefon chapiteau à bec , & fon 
Récipient qui eft un Marras à col long. 

Pour diftiller fer medium cornutum , 


B iiij 



ji, La chym'ie, 

il faut deux cornues, ou bien une cori 
nue , & un grand Récipient appellé 
Balon. 

Pour fublimcr, il faut un Matras ou 
cucurbite avec fon chapiteau troiié en 
haut, ouun Aîudcl. 

Pour circuler, il faut deux Matras, on 
un Pélican, au defaut une petite courge 
avec un Alembic aveugle. 

Pour la digeftion & putrcfaâ:ion il 
faut des courges avec leurs chapiteaux 
aveugles i & lors que la putréfaction ou 
digeftion eft faite, fi l’on veut diftillcr, 
l’on n’a qu’à changer le chapiteau aveu¬ 
gle , & mettre celuy à bec avec fon Ré¬ 
cipient. 

Pour calciner, il faut un creufet ou un 
potquirefifteaufeu. 

Pour réverbérer, il faut deux creu- 
fers, ou deux pots bien lutez les uns fut 
les autres. 

Pour decrepiter, il faut un pot cou¬ 
vert. , , 

Pour terrifier un vaifleau d’eftain. 

Il eft encore neceflaire d’avoir des ter¬ 
rines , des cruches , & des fioles. La 
quantité des vaifteaux ne fait pas l’ha- 



ChmtahU &fndle. 
bilfr Artiftc, ic ne contribue que peu 
à la pcrfcdion des temedcs : plus un 
ouvrier eftfçavant, plus il trouve de fa¬ 
cilite d faire fon ouvrage, Sc eftmoins 
embarafle •, c’eft pourquoy ces grands 
laboratoires , Sc ces nouvelles inven¬ 
tions de verre & de fourneaux, nefer- 
vent que de montre & de parade. 


Chapitre VÎ. 

D» Lut des vaijpaux. 

P L^sievrs onteferitdesLutsdes 
vailTeaux , Sc les ont compofé de 
tant de drogues, que huit jpurs ne fuffi- 
loient pas pour les faire ; pour moy, fui- 
vant ma fimplicité ordinaire, voicy ce 
que je vous confeîlle. 

Prenez de la terre à potier feche, Sc 
réduite en poudre fubtile, que vous dé¬ 
layerez avec des blancs d’œufs bien bat¬ 
tus , un peu de boutre ouverte, de la li¬ 
maille de fer bien déliée, ou du fable, 
&unpeu d’urine, petriflez'le touten- 
femblc en confiftcncc de pafte molle. 



54 Chymie 

&:en lutèz vos cornues & marras,; où 
autres vaifleaux que vous laiirerez fe- 
cherdouccmenr à l’air fans fea, ny So¬ 
leil. Ce Lurrefifteaufeu. ; 

Pour refaire les vaiffeaux caflez, vous 
réduirez la chaux vive en poudre, & dé¬ 
layerez avec du blanc d’œufivous trem¬ 
perez un linge bien délié dedans 
l’appliquerez promptement furies caf- 
fures. 

Pour luter les Recipicns & les Cour¬ 
ges avec leurs chapiteaux, il ne faut que 
de l’empois & du papier. 

Ayant enfeigné à luter les vailTeaux,’ 
il eft jufte de donner la manière de les 
rogner ,& de les percer. 

Pour les percer, faites fondre du Sou¬ 
fre dans un creufet, trempez une ficelle 
dedans, & la roulez de la grandeur que 
vous voudrez percer le vailTeaù, met- • 
tez-y le feu, & lors que la ficelle fera 
prcfque brûlcc,/errez un peu d^eau dçf^ 
fils, le morceau de verre tombera. ■ 

Pour caffer le col des yailFeaux, ex- 
p6fez-Ics fur la flame dé'là chandellé-^' 
tournez jufques a ce qu’ils ïbiërit bicrt 
chauds;, & les trempez dans l’caU' pai 


Chmtdble é" facile. jy 
l’éndroit chaufc ils caflcrom; on peut 
les unir avec les dents d’une clef. 


Chapitre VII. 

Des Feux. 

I L eft de plulîeiirs fprtes de feux ; il 
en eft de naturels & d’artificiels. Le 
premier eft 

Le feu du S oleil, auquel on expofe les 
ehofes faciles à diftbudre ou refoudre. 
II fautobferver en ce feu, que les vaif- 
feaux ne foient jamais pleins,parce qu’ils 
caffent. 

Le feu de fumier de pigeon, qui fert 
pour les digeftions & putrefaàions., 
doit eftrc excité parle fumier de cheval. 
Le feu de fumier de cheval fert poiif 
les mefmes ehofes : il veut eftre renoa- 
yellé tous les trois jôurs. 

Lé feu de lampe eft le feu égal . 

Le feu de charbon, pour îcsdiftilla- 
tions par la cornue , & le feu de, bois, 
pour l’Alembic refrigeratoire. 

Il eft'abfolumenc neceflaire de fja- 
B v), 



3 5 ta Chymïe 

voir conduire fon feu, d’en garder les 
degrez , & de l’aiigmenter ou dimi¬ 
nuer félon le befoin, puifqucde la con¬ 
duite du feu dépendent la perfedion 
de l’ouvrage , & la confervatiôn des 
vailTeaux. 


Chapitre VIII, 
Des fourneaux. 

L ’Vfage des fourneaux n’efl: pas per¬ 
mis à toute forte de perfonnes,pour 
quelques confiderations particulières, 
ce qui eft caufe que plulîeurs font pri¬ 
vez défaire les operatiôs Chymiques/c 
perfuadans que l’on ne peut pas travail- 
, Ier fans fourncaux:pour les defabufer de 
cette erreur, & leur donner deJafaci- 
' lité, je dis que les fourneaux ne font 
point abfolumenE neceflaires, piiifqae 
l’on peut faire toutes les operations fur 
un tripied entouré de brique, ou fur uil 
rechaut, ou au coin de là cheminée jil 
,cft bien vray que l’on depenfe un par 
plus de boi» & de charbon. Ceux qui 






Chmtâhle ^ facile. 57 
feront tncnagers, & qui auront pouvoir 
d’avoir des fourneaux, les pourront bâ- 
tif lefen Icurdcfir i la fymmetrie n’e- 
ftant-^oint réglée, un chacun les fait â 
fa volonté. 

Les matières pour faire les fourneaux,' 
font de la terre à potier, & du fable •, il 
faut couper la terre par petits morceaux, 
puis larrouferd’eau,&la lailTer imbi¬ 
ber peu à peu-,lors qu’elle fera en conlî- 
ftcnce de pafte molle,il faut mêler avec, 
en diverfes fois, les trois parts de fable 
qûi aura cfté face ; il faut pcftrir le tout 
enfemble jufques à ce que le fable ne 
paroifle plus, & que la parte ne s’atta¬ 
che point aux mains, à lors l’on pourra 
faire lefdits fourneaux; quand ils font 
faits, il les fautlairter fecher doucement 
à l’ombre, & les mettre tuii e au fpur de 
potier,fs’il fe peut, au defaut les cou- - 
vrir de braife, ou les entourer de mot¬ 
tes à Tanneur, aufquellcs on mettra le 
feu. 

Quelsques-uns au lieu de fable fe 
fervent de pots à heure réduits en pou¬ 
dre; il y a de la peine à la faire, auifi eft- 
dlc meilleure que le fable. Il faut mefler 


38 La Chymie 

bien peu de terre avec, dautant qu’ily 

cn adesja ünepart. 


Chapitre I X. 

Des CmSleres Chymiqm^ ! 

L e s Philofophes ont fait toût ce ^ 
qu’ils ont pu pour ne pas rendre t 
leurs operations cômunes. Ils ont caché 1 
fpas de-certains caradcrcsfenom delà j 
matière des operations , &? des vaiC- 
féaux , ce qui a efté ca'ufc;que, plufieurs' 
fecrets h’ont pas efté pratiquez. C’eft 
pourquoy j’ay. voulu les expliquer en 
faveur de ceux qui liront ce Livre, pouf 
leur faciliter toutes fortes d’operations,; 

& pour lés exempter de chercher ailj 
leurs leurs explications. - ' 





Chdfitahle é" facile. 35 

f /îgnific Antimoine, 

Mercure, ou vif argent. 

^ Les fept Métaux. 

O^Mars, ou Fer. 
ç Venus, ou Cuivre. 

^ Saturne, ou Plombi 
^ lupiter, ou Eftain. 

La iLune, ou Argent." 

Q Le Soleil, ou Ot- 
«y» Le Belier. 

O Le Lyon. 

^ Le Sagittaire. 

La Balance. . 

ÿ^^Le Verfeur d’eau^ 

TT Les Gémeaux. 

^ L’Efcrevicc. 

Le Scorpion.'' 

•yQ Les Poiflbns. 

Le Capricorne. 

Le Taureau. , . 



fffLa. Vierge. 
çf’Lo leur. 
^ La Nuiifc.. 
L’Heure, 
pi Le Mois, 
L’Année. 
^ Le Feu. 


40 tâ chymie 

V L'Eau. 

ÎZÎS L’Air. 

La Terre. 

L’Amalgame. 

L’Arfenic. 
ü Alun commun.’ 

.■^îlff^Alun de Plume. 

^ i^rament ou Vitriol rougi. 

V Azur. 

>©• Airain. 

nu Atramentjou Couperofe blanche 
Aymanr. 

D Briques en poudre. 

Borax. 

4l Cerufle. 

Chaux vive. 

^^^Cinabre. 

' —E Cendres communes. 

^ Cendres grayelées, 

? Eau Forte. 

Eau Royale. 

Fleurs d’Antimoine. 

^ Fleurs d’Airain. 
o% Huile. 

Litarge. 

Limaille de MarS.^ 

^ Laton. 



charitable ér facile. 41 

lîr Mercure de Vie. 

U Minium. 
c/^Magnefie. 

^Mercure fublimé. 
^^^I^ÊLMarcaflite. 

^ Mercure précipité. 

^ C! Orpiment. 

)§i Poudres. 

^ Realgar. 

jQ). Soufre en canon. 

Soufre vif. 

^ Sel Armoniac. 

0 Salpetr*. 

0 Sel marin. 

Ç Tartre. 


Tutie. 

Talc. 



.xy~< Soude. 

Vitriol commun.' 
Vrinc. 

Vinaigre diftillé. 

! J—L Vinaigre rouge. 
P y Vin blanc. 


OsCornuc. 
f/i Stratification. 


‘ La Chjmk 

V Efprit vin. ' 

Efprit en general. 

© Vert de gris. 

© Feu de roue; 

Sel Gemme. 

R Sel Alxali. 

^ Soufre des Philofophes. 
^ Creufer. 

3C Alambic. 

Camphre. ' 

Y Meche. 

© Mort,outeftcraort?e. 

^ Signifie, Prenez. 

^ Grain pcfant. 
p'^-Demy Scrupule. 
gd’Vn Scrupule. 

^ADemi Drachme. 
3*I”Vne Drachme. 

Demi'Once. 

3 ‘I-Vne Once. 
dybiVne Livre. 

Awa Quantité égale. 
CKSS^fante quantité. 

Manipule. 

•T • Pugille. 




charitable & facile. 43 

L’obfervation des poids eftant nccef- 
faire en la Mededne, je les ay voulu 
infereràlafinde cette Partie. Voicy 
leur explication. 

Legrain vaut le poids d’un gros grain 


d’orge. 


j Le demy Scrupule vaut dix grains. 

Le Scrupule vingt grains. 

' La demy Drachme eft de jq, grains... 

La Drachme cft de 60 . grains. 

La demy Once eft de 4. Drachmes. 

L’Once de huit Drachmes. 

La livre de Médecine eft de douze 
onces. 

Ana fignifîc parties égales de plufieurs 
drogues difFcrentes qui entrent dans 
la compofition d’un remede , qui 
font écrites devantcc mot Ana. 

Manipule fignifîc ce qiie l’on peut con¬ 
tenir dans la main. 

Pugitle cft ce que l’on peut tenir avec 

trois doigts , ou pinicée. 



44 



SECON'DE PARTIE, 


A V A N T-PR O P O S. 

Bts Végétaux. | 

B I je voulois efcrire toHS les 1 
avantages du Végétai , & I 
toutes les prérogatives, j’au- ^ 
rois une ample matière , & j 
je ferois connoiftre qu’il doit eftrepre- ' 
ferc & à l’animal & au minerai. La Ge- 
nefenou» apprend que le Vegetalfut le 
premier créé pour les délices, & le fer- 
vice de l’homme dans fon cftat de Gr⬠
ce. Il contribua à fes plaifirs par l’em- 
bellifTement du Paradis terreftre, dont 
il eftoit tout l’ornement ; & depuis fa 
(difgrace , il en eut befoin comme de 
médicament: ce qui au precedent fem- 
bloit n’avoir elle fait que pour fonplai- 
hr, devint par fa faute tellement necef- 



Chmtàhk & facile. 4 y 
faire, qu’il a cfté depuis impoffible de 
s’en pouvoir paffer. Auffi n’eft- ’il pas 
vray, que dans le Végétal il fe trouve 
dequoy fatisfairclcgouft des plus déli¬ 
cats. Il nous fournit dequoy faire de di- 
verfes fortes de pains. LcsboilTonS les 
plus delicieufes en proviennent. Il nous- 
donne un nombre infini de differens 
fruits & en diverfes faifons. C’eft l'uy 
qui produit les huiles, le fucre, les cfpi- 
cetics, le bois, le charbon , & quanti¬ 
té de chofes utiles & hccelTaires pour 
l’entretien de la vie. Les animaux met 
me ne peuvent fubfiftcr que par luy, 3c 
ne vivent que de luy. Nous remarquons 
encore que dans Ibn ufage, il fc trouve 
moins de corruption que dansccluy des 
animaux. Nos premiers Pcres, qui n’a- 
voient pour nourriture que les Simples^ 
l’ont expérimenté j la longueur de leur 
vie , la vigueur & force de leur corps 
auffi-bien que la vivacité de leur efprit 
nous le font cpnnoiftrc.La fainâre Efcri.» 
turenous donne encore un puilTantté,- 
moignageide leur avantage,quand Dieu 
voulut purifier la terre de fes crimes par 
une inondation univerfellc, le Vc§ptal 


4.^ La Chymîe 

ne participa point à cette punition,pyiÇ. 
que tous les Amples parurent après ce i 
dcfaftre plus v-erds qu’ils n’eftoient au¬ 
paravant. Le rameau d’olive que la Co¬ 
lombe apporta témoigne leur viétoirc 
furies autres régnés, & la neceffité que 
îeshomrnes en dévoient avoir. Mais il 
paroift dans tous ces rencontres quelle 
eft leur utilité pour la cpnfervation de 
la vie Scdelafanté. Il ,eft pareillement 
véritable qu’ils ne «le font pas moins 
pour la rétablir, quand elle eft altérée, . 
L’on eftafleuré d’y trouver un prompt ' : 
& véritable fecours dans tontes fortes 
de maladies. David nous le confirme, 
lors qu’il dit, Seigneürlavcz-raoy d’hy- 
fope, & je feray nettoyé,- defirant que 
foncorps, quiavoit contribucàfo-n pé¬ 
ché ,fuftrenouvellé en force auflî bien 
que fpn ame en Grâce, Ifaye guérit le 
Prophète Ezechias par un cataplafmc j 
de figuier. Le Samaritain qui defeédoit j 
de yierico compofa fon remede de | 
deux Amples pour guérir le blefiequ’i| ^ 
trouva à fpn chemin. Il femblc raefmc 
que Salomon n’auroit pas eu avec Iot . 
flice le nom de Sage, s’il n’avoit poifede 





Chântahk& facile. 47 
parfaitement |a içonnoiffahcE: des fim- 
ples.L’Efcriture fainélc nous en afleurc, 
en mettant entre fes éloges l’avantage 
d’avoir connu depuis le Cèdre du Li¬ 
ban jufques à rhy.fope> Si les hommes; 
s’eftoient appliquez avec ifoin-à leuo 
connoiflatiçojleur vie en {croit pluslon^ 
guc & moins languidante. Les deferfs 
delà Paleftineontvcuun nombre infi- 
ny de fainébs Hermites palTer le terme 
que le Prophète donc à la vie de Thom- 
me, & vivre dps cçnt & fe 
fans prendre autre nourriture que celle 
dtes (impies. ]^ous voyons encore tous 
les jours des Religieux & Religicufes 
mourir tous chenus de yieillclTe, qui 
n’ont vefeu quede légumes. Concluons 
donc , que, l’on doit.prcfçrer avec jn- 
ftice le Végéta,! , St ià L’Animal, & aii 
Minerai pour les remedes, comme auffi 
il le peut difpüter à l’Animal pour la 
nourriture. Mais comme toutes les cho- 
fes qui font au nionde ont participe à la 
punirionde l’homme, elles ont bcfqiii 
de préparation ,.afin d’en retrancher leS 
mauvaifes qualitezpour reünit les prin¬ 
cipes purs & nets de toute corruption^ 


4 » Ld Chymie 

pour porter la fanté à la part Jé lmalacJe; 
C’cft cequefaitia Chimie,eufaifant là 
divifion des fubftanecs, & rendant les 
medicamens purs , & ouverts , & ca¬ 
pables de pénétrer juf^ues à la plus 
cachée & intérieure partie de noftre 
corps. Voicy plufîcurs manières de les 
préparer avec leurs proprietez 5c 
vertus. 


G H A P ITR E I. 

De ld vigne. - 

1 E commence par le Végétal le pluà 
parfait & Je plus nccclTaire à la vip I 
de l’homme, qui eft la vigne. La' diftil- " 
lationdc fonvin doiteftte abfoluifient | 
faite auBaiin-Marie, dans desvaiffeaux 
de verre, dautant que le vinà beaucoup ^ 
d’efprits ,& qu’ilabondeen Vitriol; il | 
ne peut cftre mis en aucun vaiJTeau de | 
métal, ou terre plombée, fans àlterer 
le vaiJïeau, ou eftrealtéré luy-mcfmc, ; 

tant il adcfympathie avec les métaux, j 
Ce qe’a bien remarqué un Phil ofophc, ï| 






chmiahle (jr facile. 49 
lequel defend mcUntdefaircle Sel de 
Tarcre dans aucun vaiflfeau plontibé , 
ny de métal ; il faut donc fefervir de 
vaiffeaux de verre. Vous prendrez fix 
pintes d’excellent vin , & les mettrez 
dans la cuqurbite , & la couvrirez de 
Ton chapiteau avec fon Récipient , le 
tout bien luté ; & diftillcz au Bain à feu 
douXs & lors que vous aurez une pinte' 
de diftillée, changez de Récipient,•& 
y en mettez un autre pourtireiTc phle- 
gme qui reliera dans voftre vailTeau, & 
lors que vous verrez qu’il commencera 
à monter de l’aigreur, ,oftez ^e qui fe- 
ràdans voftre Récipient & le remettezj 
faites boiiillir voftre Bain, il diftillera 
un vinaigre ,• qui fera parfaitement bon, 
lequel vous pourrez redifier pour le 
rendre plus fort; les feces reliantes après 
la diftillation du vinaigre ne font pro¬ 
pres arien,quoy que plufieurs Autheurs 
ayent écrit, qu’il falloir tirer lé Sel des 
fcces; fans fe donner cette peine, le Sel 
& crcfmede Tartre ont plus de force, 
& il s’en tire plus grande quantité ; c’elt 
pourquoy je n’àpprouve point cette 
operation eftant pénible, longue , &r 


O La chymie 

inutile. Pour l’huile elle n’eft point ne- 
ceflTaire à la Medcdne, & je n’ay point 
trouvé d’Autheurqui rraite de fcs ver¬ 
tus. Pour perfectionner rEfprit de vin 
que vous avez cy-dcvant diftillé, met- 
tcz-Ie fur deux pintes de bon vin dans 
voftre vaifleau , &diftiîkz à feu doux, 
comme a eftc dit cy -dcvant, & lors que 
vous aurez retiré voftre pinte, ceflez; 
réitérez cette operation fix oufeptfois, 
en adjoutanttoufiours de nouveau vin, 

& vous aurez un Efprit de vin anime 
tres-parfair. Vous pourrez à chaque 
fois tirer voftre vinaigre, fi vous n’ai¬ 
mez mieux mettre tous les refidus; cn- 
femble, & les dephlegmer & diftiller 
tout à la fois. Pour rendre voftre Efprit 
de vin plus fpiritucl, vous le mettrez 
circuler au fumier, ou au Bain , dans des 
vaifleaux propres à cet effet, comme il 
aefté dit à l’article de la Circulation. 

Les vertus de cet Efprit font incom- ■ 
parables, tons ceux qui en ont écrit lujr 
attribuent des effeCts prodigieux. Ru- ' 
peciftaréleve jufquesau Ciel, & enfait ' 
fon or potable. Il eft à croire que c’eftoit 
de cetEfprit que les Poctès entendoicnç 



ChmtfihU & facile. 
parler.par le neétar, qüife beuvoit à la 
table de leurs faulTes divinitcz.Remond 
Lullelefairpaffer pour un Spécifique à 
toutesfortes de maladies, &luy donne 
des eloges fur iefqucls on ne peut en¬ 
chérir. Il eûvray, qu’il cil fortnecelTai- 
ce à laMedecine ,quoyquelamédifan' 
cjs puifle dire contre luy. rancpour cor¬ 
riger, cuire, & extraire les vertus des 
fimples, animaux, minéraux & métaux, 
que pour fortiderles membres affoiblis, 
priçeri petite quantité dans un véhicu¬ 
lé propre au mal : Il réjoiiit le cœur,for¬ 
tifie les efprits vitaux, réveille la mc- 
thoire.., aiguife l’entendement, aide à 
ladigellion, guéritl’hydropifie, & fait 
plufieurs autres effeélsjc’eft avec cet Ef- 
prit que fe pratique l'eau de Bellcgar- 
de, &c’eftavccccmefme Efprit que ce 
fait celle de la Reine de Hongrie, quia 
eu la force de rajeunir cette vcnerable 
Princeffe , & qui fert aujourd’huy à 
conferyer lafanté à plufieurs perfohnes, 
& contribue àl’cmbelifiement des Da¬ 
mes. Les vertus de cet Efprit merite- 
xoient un Volume entier , mais com¬ 
me plufieurs Autheurs en ont écrit , 


yi La Chymie 

le Ledeur y peue avoir recours. 

De îEJprit de Tartre. 

L e vin produit un Tartre, ou Sel qui 
s’attache aux paroifts des vaiffeaux 
dans lefquelson met le vin. Le Tartre 
du vin blanc eft le meilleur. Ceux qui 
ont /ics vertus & perfedions de 
la vigne, difent que le vin blanc eft le 
raafle,& que le ronge eft la femelle. le 
ne fçay fi c’eft pour cetic taifoa que le ' 
Tartre blanc eft préférée Prenez du Tar¬ 
tre blanc de Montpellier, que Vous pil¬ 
lerez très-délié, & mettrez dans une 
cornue , que vous remplirez pour le 
plus à moitié. Vous y adapterez un 
grand Récipient : diftiHez à feu de roüe, 
& gardez les degrez du feu , rEfprit 
fortira le premier, après une huile; & 
lors qu’il ne diftillcra plus rien, lailTcz 
refroidir vos vaifleaux , & feparez l’hui¬ 
le d’avec l’Efprit par levailTeaufepara- 
toire, vous cohoberezl’Efprit deux ou 
trois fois fur les feces à feu de cendres. - 
Cet Efprit eft fort pénétrant, il inci- 
fe les humeurs Seules deterge, il eft a- 
pcricif & diurétique; la dozeeft d’une 



charitable & facile. 

Drachme jufqu’à deux, prife dans quel¬ 
que eau convenable au mal : il eft nc- 
eclTaire auparavant que de s’en fervir de 
fe purger avec de la CafTe » ou de la 
Rheubarbe. , 

L’huiJe ne s’applique que par dehors 
pourmondifier, &defecher lesplayes. 
Crefine ou Crifid de Tartre. 

P Re n ê .z du Tartre, comme il à efté 
dit',. & le mettez en poudre fubtilc, 
fur laquelle -vous verferez-de l’eau dans 
un v^aifleau de verre de la hauteur de fix 
doigts. Faites bouillir ladite eau demie- 
heure , & la ve.rfcz par inclination dans 
un autre yaiffeau de verre ; retnettez 
d’autre eaq ftir le Tartre reliant au fond 
du vaifleau j faites boiiillit^ ^ & rever- 
fez comme il a efté dit. Réitérez juf- 
ques à ce que voftre Tartre foit tout 
diflout ; prenez toutes ces çaùx, & les 
faites bouillir jufques à diminution des 
trois quarts. La partié reftahrt, vous la 
tncttrezrdans dn lien froid , en douze 
heures de ;temps fe formeront des cri- 
ftaux fur lafuperficie que vous lèverez 
avçc une cuillier d’argent, & les delTe- 
C iij ' 


54 L 4 Chymie 

cherez dans un creufet, puis les garde- i 
rcz dans un vafe de verre que vous bou- ! 
cherez. Faites reboüillir ladite eau, & 
la mettez au froid , & prenez les cri- 
teux & defechez, comme il a efté dit, 
ccnt niiez jufques à ce qu’il ne fe forme 
plus de criftaux. Cette operation s’ap- 1 
pelle Criftàl de Tartre , dautant qu’il 
cft blanc, clair & diaphane comme le ' ' 
Ci iftal, on le doit appellcr avec plus de ; 
raifon Scifixeduvin. 

Les Chymiques appellent ce médica¬ 
ment par excellence Medecine benite, ; 
& luy donnent laperfeébion d’cftre pro-’. 
pre à toutes fortes de maladies. La do¬ 
re cft d’une Drachme prife dans un 
^qüillon, ou autre liqueur. Il fe fait un' 
magifterç du Tartre , lequel je paflè' 
fous filencc, trouvant les deux opera¬ 
tions cy-deflus préférables. 

Huile de Tartre far defdÜAnce. 1 

P renez, du Tartre , .pillez , & lé' 
mettez dans uncrcufccfut deschar-| 
bons ardans,remucz de temps en temps, 

& continuez un feu fort, jufques à ce 
que le Tartre devienne blanc. Cette 




Charitahlè ^ facile. jj 

operation eft Ionguc,vous pomrezinet- 
tre une partie de Soufre pillé avec- 
que,pour aider à faire brûlerie Tartre; 
quand le Soufre fera confommé, vous 
en remettrez d’autre, & continurez juf- 
ques àce que le Tartre foie en cendre 
blanche , ou grife, alors vous le mettrez 
dans un fachet que vous fufpendrez à 
la cave, & mettrez deflbus un vaiflèau 
pour recevoir la liqueur qui tombera, 
par défaillance. Cette huile fert pour 
mondificr les playes : Elle guérit les 
brûlures ; il la faut appliquer avec un 
plumaceau: elle fert auffiàfaire preci- 
piterj les dilTolütions des magifteres , 
comme il fera dit en quelques articles 
cy-apres. 

Du Vinaigre cf de fes vetttu. 

L e vinaigre fe diftillc àla façon qu’il 
aefté dit au commencement de ce 
Chapitre , ou bien vous prendrez du 
vinaigre blanc ou rouge, &.le diftille- 
rez au Bain-Marie, ou à la cornue, en 
laiflant la troifiéroe partie des vaiffeaux 
vuides depeurqueles Efprits ne mon¬ 
tent avec le phicgme, dephlcgmez àfeii 
C iiij 


yô La Chymîe 

doux , & augmentez le feu lors qu’il s 
montera de l’aigreur , & diftillez juf- 
ques àce qu’il ne vienne plus rien..Vous 
pourrez redifier tant de fois qu’il vous - 
plaira, &dephlegmez à chaque fois. Il 
cft à remarquer, que toutes chofes aci¬ 
des font froides,& qu’elles ont un phle- 
gme infipide, qui vient le premier. L’on | 
peut auffi tirer du vinaigre une huile , \ 

, Sc un fel, lefquels j’obmcts pour n’en 4 
connoiftre point les vertus. 1 

Le vinaigre diftillé fert pour extraire | 
les teintures, il dilTout les perles, & les 4 
coraux. Le vinaigre blanc & diftillé eft i 
pour decrafler les teiftts gras & huil- i 
leux. 

Des fueiües, pépins ér cendres 
de la 'Vigne. 

L a vigne nous fournit encore des 
fueilles & des tendrons utiles à la 
Médecine, pillez enfemble guerilTcnt 
les douleurs de la telle appliquez fur le 
front, & les temples; mis en cataplafme 
furl’eftomac le rafraichifsét; l’eau diftil- 
léc defdites fueilles, & tendrons arrefte 
les dyfcnteriss & crachements de fang, 




ChâriuUe & facile, 
en beuvant un verre le matin; les larmes 
delà vigne, quand on la coupe au Prin¬ 
temps netcoye le cuir,' éclaircit la veu'é 
au matin; prife avec partie égale devin 
blanc faitfortir le gravier de la veffie. 

Les pépins des raifins réduits en pou¬ 
dre, meflez avec lés trois parts de cen¬ 
dres de ferment dilayées avec vinaigre 
& huile rofaten confiftenccdcboiiillic 
diffipét les tumeurs & durerez qui vien¬ 
nent au fondement,appliquées dans un 
Cachet; mis à la telle appaifent les dou¬ 
leurs de la Migraine. 


Chapitre IL 
Des Aromaîs & de leurs vertus. 
Du Rojmarm. 

C E n’eftpas fanstaifon que lesPhi- 
lofophes ont donné au Rofmarin 
l’avantage fut tous les autres végétaux-; 
il s’accommode aux infirmitez des hom¬ 
mes, il échauffe les froids, tempéré les 
chauds, te tient eneftat les modérez. 



j8 La Chymie 

Rupeciffâ le met au rang des chofés 
tempérées: Avicenne,Marhiolc, Dio-> 
fcoridc, Dalechamps & autrps, luy don-) 
. nent des puiflances & des facultez capaî- ' 
blés de regenerer l’homme & de luy^ 
donner des forces nouvelles. La pluf- 
part de ces Autheurs ont ignoré les pré¬ 
parations des (impies,&Ies ont ordônez- 
tous crus , ou cndecoétions groflîcresi 
mais s’ils cri difent tant de merveilles 
. citant mal apreftez, qu’en pou vonsnous 
eferire&alTurcr, eftant bien préparez, : 
purifiez, & détachez de leurs mauvaifes 
qualitcz. 

Vri Philofophe moderne a eu rai(bn 
de dire , quc'tout homme qui aimoit la 
vie devoir avoir de rç/Tcnce de Rofma- 
rin en fa maifon, comme un Antidote 
univerfel à toutes fortes de maux. le 
m’en fuis fervie heureufement, & en ay 
fait des cures admirables. L’on peut 
prendre de foncifence depuis fix goures 
jufque Z dix dans du vin,o.üdâs une cuil¬ 
lerée d’eau fucrée le matin a jeun. Elle 
preferve de tout air infedfévguerirla ' 
jau nilTe, i ncife 1 es humeurs crades, - rc- 
jouïe le cœur, chalTe la meiancholic ^ . 


ChmtAhle éf facile. 
defopile la rate, guérit de l’Apoplexie, 
Efquinancie,Litargie fur le champ; rend 
l’haleine douce , & faille teint vermeil, 
conforte l’cllomac, aide àla digcftion, 
prife comme deflus. 

De tenu de Rofnarin. 

C Ett E eau a prefqiie les mefmcs 
vertus que rcffencej mais il en faut 
prendre en plus grande quantité : la do- 
ze cftdecinq aux cuillerées. Les bains 
faits d’eau de Rofmarin, côtinuez quin¬ 
ze jours après avoir cfté purgé guerif- 
fent la Paralyfie pour vieille & invete- 
tee qu’elle foit , ralongc les nerfs ra- 
courcis , ofte rengourdiflcment''âes 
membres, & les fortifie , en baffinant 
les parties affligées de ladite eau tiede, 
& les enveloppant d’vn linge trempé 
dedans, il faut renouvefler trois ou qua¬ 
tre fqisle jour. 

Teinture ou extrait de Rejmarin. 

E l L E fe prend en pillules le poids 
d’uneDrachme pour faire mourir les 
vers; eftenduëen forme d’onguent fur 
un morceau de cuir guerirdes douleurs 
C vj 


éo La Chymie | 

qui proviennent de caufe froide. Cet 
cmplaftrc nefe doit point lever, il faut 
le laifler tomber de luy-mcfmc ; eftant 
aiguifé de trois ou quatre goûtes de fon 
eflenceil eft meilleur, & cftbojj pour 
les Rheumatifmes, applique fur les par¬ 
ties douloureufes. 

Z)» Sel de Rojmmn, 

S O K ufage eft pour les eftomacs foi- f 
blés, & debiles, s’en fervant pour ' 
aftaifonner les viandes au lieu de fel 
commun ; il provoque l’vrine, tue les i, 
vers , excite les fueurs,, & purifie le 
fang. 

J>e lit Sauge, \ 

T A Sauge eft un fimple qui a telle 
A_>fympathie avec toutes lespartics de 
noftre corps, quelle les peut renouvel- 
1 er & rendre vigoureufes : ce qui a fait 
dire aux> Dodeurs de Salerne avec aflii- 
rance, qu’ilss’cftonnoientqu’un hom¬ 
me fuft moi tel qui avoir delà Sauge à 
fon jardin. Diofeorideluy attribue une 
vertu univerfelle, voicy ce que mon 
expérience m’en a appris. 



charitable & facile, fi 
De l'Ejfence de la Sauge. 

E l L E eft un fpccifiqucpour toutes 
les maladies du cerveau ; elle arre- 
fie , & détourné toutes fortes de flu¬ 
xions j elle fait fortir le fruit mort, & 
aide la nature à le poufler dehors ; la 
dofe eft de fix goûtes jufqu’à dix dans 
une cuillerée d’eau de vie, ou eau fu- 
crée j elle fait concevoir la femm6fl:eJ 
rile en prenant huidb matins de fuite, 
comme il a efté dit, & s’abflenant pen¬ 
dant ce temps de la compagnie de fon 
marjr. 

De Peau de Sauge. 

C E T T E eau mondifie les playes, fî 
on les en lave; elle noircit les che¬ 
veux» en faifant Icflîve, fortifie le cer¬ 
veau & les membres, arrefte le fang ti¬ 
rée par tenez, guérit les picqueurcs, 
foulage le mal des dents , referre les 
genfives, en lavant tout ce que deflus 
de ladite eau un peu chau de. 


il La Chymie 

T>e UTeinturemextrait} de Sauge', 

C Ette Teinture cft bonne contre 
les douleurs'froides jettee fur des 
charbons ardans. Lafutnée prife par bas 
arrefte les pertes de fang des femmes. 
Le poids d’unefeu pris en pillules arre-. 
ftele vomiffement. Lamefme dofe di-- 
layée dans demy verre de vin blancjbüe: 
par trois matins à jeun, guérit la fievr® 
quarte. 

Le Sel de Sauge. 

C E Sel doit eftrcappelle Bénit pout; 

les biens qu’il produit; ilcftuni- 
yerfel pour routes fortes de maladies 
pris dans un véhicule (Convenable au 
mal. La dofe eft d’un fcrupule jufques 
àdeux: il aies mefmes vertus que î’ef- 
feiàcc, l'eau & la teinture; reünilTez tou¬ 
tes les quatre parties cnfemble,&adjoû- 
tez un peu demoiiellc de cerf, mettez 
le tout dans un vafe de verre, duquel 
le tiers fera vuide, & bien bouche,- expo-, 
fcz-Ie un mois au Soleil, & vous aurez 
un Baume pour toutes fortes de playes 
#c_de douleurs. 



Chmuhle é" facile. gj 
^ ' De l’Hyfife. 

L e Vegetal crt un des plus necefTai- 
res à là Médecine , parciculicrê*- 
ment pour les maladies dès femmes , 
lieantmoins il s’en trouve peu de pré¬ 
paré comme il îauf. 

De L'EjJènce, 

L ’Eflence eftfouveraine pour les ma¬ 
ladies dupoulmonprovénantei d« 
caufes froides -, elle guérit les paflcscou- 
leurs des filles, & leur fait venir leurs 
purgations; elle fait vuiderrarrierefaix, 
qui refie après raccouchsmeiit;elle ai¬ 
de à la refpiration, & donne des forces; 
la dofe eft de huiék à dix goûtes prife 
dans fon eau, ou vin blanc. 

De reau à'Hyfife. 

E T T E eau fert de véhiculé à fon 



Eflence-, elle eft propre pour toutes 
les maladies fufdites. La dofe eft d’un 
demy, verre jufques à vn verre. 


^4 Chymie 

J3e laTeinture ou extrait de l'Hyfift. * 

I L Ce fait des pillules de cette Teintu“ 
re aiguifée de dix ou douze goûtés de 
fon^flence. Vue Drachme de fel de 
Mars, une demie-Drachme de pithyme, 
une goûte d’Effence de clou de girofle, 
deux de canelle, quatre grains de tein-' 
turc de Safran, le tout incorpore dans 
trois Drachmes de teinture, defquelle» 
l’on fera quatre prifes. Elles font reve- 
nirlcs purgations de long-temps arre- 
ftées en ies-prenant le matin, ilfaut con¬ 
tinuer jufqu’à guçrifon. 

Du Sel d'Hyfife, 

I L a lesmefmes vertus quefonElTen- 
ce, l’eau & la teinture. 

De U Tanefie. 


L a Tanefîe eft prefqucinconnu'c en 
France, quey^qu’cllc ait des quali- 
tez tres-particulicrcs. L« Alemans & 
les Grifons s’en fervent comme de Thé¬ 
riaque contre toutes fortes de maladies j 
jel’ay experimentei toutes les maladies 
fuivantes. 



Charitahle & facile. 6^ 

De l^Ejfence de Tanejèe, 



L L E facilite les accouchemens des 


JZ femmes, puifc de dix à douze goûtes 
dans deux cuillerées d’eau de canelle j 
quatre goûtes prifes dans deux cuille¬ 
rées de pan eau fait mourir & fortir les 
vers. La mefme dofe prife en eau de per- 
fil fait vriner facilemerit , diffout ôc 
rompt la pierre. 

De l'eau de Tanejîe. 

C E T T E eau n’eft point defagrcable, 
quand on a mis du miel deNarbon- 
ric dedans,' elle fait fortir les vers des 
petits enfans, leur en donnant à boire le 
matin quatre ou cinq cuillerées, trois 
ou quatre jours de fuite dans le decours 
de la Lune. Au défaut dcl’ ElTence l’on 
peut donner un verre de cette eau à la 
femme en travail d’enfanc j elle facilite¬ 
ra fon accouchement; & fi l’on prend 
huiél matins de fuite Un verre de cette 
eau, avant que d’accoucher, & que l’on 
fc promene une heure dans la chambre, 
l’on accouchera heuteufement ôc faci¬ 
lement. ; : . 



66 


L4 Chymie 
Teinture de Tanefie '. 

C Et TE Teinture cftenduë fur un 
morceau de cuir applique fur le 
ventre des enfans, fait mourir & fortit 
les vers. 


Du Sel de Tanejie. 

L e Sel aies mefmes vertus que deC- 
fus J pris dans un œuf ou boiiülon 
le poids d’un demy-ScrupuIe, jufquesà 
un Scrupule. 


Du Thim, 


G A 111 E N donne des proprlerezi 
la feule deco6lion du Thim très- ! 

. grandesjàplusfôrtëraifonicpureftant fi 
feparc de l’impur , on en doit efpeter 1 
d’heureux effeds. Prenez une Drach- i 
me d’eflcnce, deux livres d’eau, deux ' 
Drachmesde Teinture, une Drachme 
dcScI, meflez le tout dans une livre de 
vinaigre diftillé, faites diffbudre de¬ 
dans du miel blanc àdiferetion. Cere- 
medeeftpour les Afmatiques, &pour 
ceux qui ne peuvent refpirer; il aide à 
cracher la pourriture qui eft dans kpoi- 



CharitAble & facile. Cj 
trine, il fait refoudre les tumeurs & en¬ 
flures froides. Il refout le fang caillé , il 
cft bon aux toiles invétérées, fl guérit 
duhaut inal en continuant d’en pren¬ 
dre un mois entier le matin à jeun. La 
: dofe eft d’un demy verre.L’Efl’ence feu¬ 
le eft bonne appliquée au dehors pour 
! les feiatiques, & goûtes froides. 

j Du FenouiU 

I T ’E SSEk CE du Fenouil, prife cinq 
1 A-/ou fix goures dans un demy verre de 
j fon eau fortifie la veuë, & fait fortir les 
I vents. 

1 ' L’eau cft bonne pour laver les yeux 

[ malades, pour faire les infufions de 
Rheubarbe, & de Séné. ' 

La Teinture ptife enpillules fait for- 
tir les vents, & fortifie i’eftomach, dé¬ 
layez la groffeur d’une noifette dans 
.. «nechopinédefon eau, & un Scrupu¬ 
le de fon Sel, ce fera un lavement ad¬ 
mirable pour les coliques.ventcufes. ■ - 
- So‘n Sel eft cxcélfent pour aflaifonner 
les viandes de ceux qui ont des vents. 



L* Chymie 

De U Menthe ou Bmme. 


Ï L cft de plufîeurs fortes de Baumes i 
ou Menthes, de rouges, blanches, | 
cultivées &: fauvages j mais.fans faite ] 
leurs difcernemens, je diray de quelque I 
façon qu'elles foient^ que-l’ElTence en i 
eftchaude,qu’elle rend l’halcine dou- * 
ce & agréable, prifecinq oufix goûtes j 
le matin à jeun dans une cuillerée d’eau ^ 
de Canelle ; deux ou trois goûtes tirées * 
par le nez font revenir l’odorat perdu jy 
’bn eau chaude fortifie les membres re¬ 
froidis & affoiblis, les en eftuva.nt un 
peu trois ou quatre fois le jourl'efpace 
de qui nze jours. 

Le Sel, l’eau, l’ElTenec & la Teinturc 
réunis enfemble, mis dans une phiole, 
expofez un mois au Soleil, deviennent, 
un vray Baume pour toutes les playes ,! 
particulièrement pour celles de la telle.. 

De la. Rué. 


fo 


L ’Essence de laRuëeftunfpecifique ' 
pourfe garantit de la pelle, en pre-' 
nant dans le temps de pcftc.tous les ma¬ 
tins cinq ou lîx goûtes dans unecuille- 


charitable ^ facfle. . 
rce d’eau de vie ; elle chalTc les vents; 
elle defleche & incifc les grofles'hu¬ 
meurs , prife dans un bouillon cinq à 
fix goûtes. 

Son eau appaife les douleurs de la poi¬ 
trine,conforte lavcuc, cnbeuvant uâ 
demy verre le maifh à jeun. Vn demy 
verre de fon eau, & fept ou huid goû¬ 
tes de fon ElTencc purgent doucement 
le phlegme. 

Sa Tcititure appliquée en forme de 
cataplafme fuir les cuüTes appaife les 
douleurs qui^ proviennent de laffitude, 
t>e taMarjolaine,' , 

L ’E s s E NC E de laMàrjolainc eft ex¬ 
cellente pour appaifer les douleurs 
de teftc, prife hiiid àdix goûtés dans 
une cuillerée d’eau roîe; deux ou trois 
goures tirées par le nez fait le melme 
effet. 

Son eau un peu chaude conforte late- 
j fte,i& guérit les douleurs des aureillcs, 
i lavant léfditcs parties d’icelle. : 

I De fa Teinture méfiée avec efprit de 
j Therebentirie &’cire ncufvc,ils’enfaic 
k un amplàftre pour les douleurs des han- 




T 


70 La Chym 'te 

ches, & dcsreins^ il s’applique. fur du* 
cuir. . ' i 

Scs feiiilles fcchées à l’ombre redui-* 
tes en poudre , prifes par le nez font [ 
cterniier doucement, & déchargent le j 
cerveau. : j| 




Chapitre III. 

Maniéré de Mplier toutes fortes it\ 
Sim fie s Aromatiques y d* tendrés..^ ^ 

I ’Av rcfolu pour le foulagemcnt du 
Leébeur de reïterex la méthode de di- 1 
ftiller les Simples Aromatiques,& 
pies tendres, &:la maniéré d’en extrai--! 
re les Teintures & Sels.Pour diftillerles 
Aromatiques , il eft necelTairc de leur 
donner un Menftrué, dautanr que dans 
leur bois il fe trouve de l’Eflence, & 
les bois ne fe peuvent piller, de plus ils 
n’ont pas tant d’humidité que les Sim» ‘ 
pies tendres. Vous les diftillerez dans j 
î’Alembic de cuivre par le Réfrigéra- ' 
toire, comme il eft diç aU; ptemieri ar¬ 
ticle delà diftillation, .. 

\ 



ChmtihU & facile. 71 
Pour les herbes tendres, fi elles font 
vertes, vous les pillerez dans un mor¬ 
tier de marbre,ou de pierre, & les met¬ 
trez fermenter trois ou quatre jours à 
la cave dans unva;fleau de verre, ou à 
fon deffaut dans des vaifleanx de terre 
vernifez, vous en exprimeréz le fuc par 
Ia,prefleque vous filtrerez, & diftillc- 
rez au Bain, faifant le feu félon que l’eaa 
aura de la facilité à s’élever, lors qu’il 
ne montera plus d’eau, ceffez, ce qui 
reftera au fond du vaifftau s’appelle 
Teinturc ou Extraiél, lequel vous ferez 
evaporer jufques àeonfiftençc de via 
cuit, ou miel, ou bien vous y adjoûterez 
du fucre pour en faire du Syrop, corne il 
Ce fait de Bugloire,Bourrache, Dendive, 
& autres, lefquels ont tous leurs pro- 
prietez particulières des Exrraiâ;s ou 
Teintures. Vous vous en pourrez feryir 
xformerdes pillules, & faire des lave- 
mcns,>Vous prendrez gros comme une 
noifette de chacun deceux quifont pro¬ 
pres pour cet cfFeâ:, que vous delairez 
dans quelque eau convenable, & i’ai- 
guiferez des Sels dcfdits fimples , & 
vous verrez que cette difiblutien aura 


71 LétChymk 

des efFcâis tous autres que les decoftios y 
ordinaires defquelles on fait les lave- / 
mens. | 

Pour les herbes feches, il les faut ar- 1 
roiifer, foit pour les diftiller, ou pour j- 
en extraire la Teinture. L’eau depluye 1 
diftillce cft la meilleure au deffaut de . 
l'eau cômune de riviere,la quantité doit 
eftre égale aux herbes, vous n’en tirerez ; 
que kfixiéme partie de l’eau que vous f 
y aurez mife : toutes les Tcintures ne fe f 
tirent pas avec (de l’eau, il faut un Men- 
ftruë, félon leursfacultez j auxAftrin- '• 
genres il faut du vinaigre diûillé, aux . 
diurétiques du vin blanc, aux laxatifs? « 
de l’eau de Bourrache, Buglofle, ou Ci- ■ 
chorée ; aux fudorifiques du Chardon :j|. 
Bénit. II fe trouve des corps rebelles, & ; 

qui ont des ^ualitez veneneufes qu’il 
faut pénétrer & corriger par l’Ecrit 
de vin, ou des eaux aromatiques. 

Des Sels. 

P Qvr faire du Sel, il faut avoir des '.j 
cendres -, c’eft pourquoy Frcre Ba- 
file Valentin a dit dans fon Traité des 
douze Clefs, fi tu n’as point de cen- 


Charitahle é‘ facile. 7^ 

tjres J tu n’auras point de Sel ; il faut 
' brûler les fimples, & les rendre en cen¬ 

dres blanches, & en tirer le Sel par lef- 
lîve que vous ferez encette forte. Vous 
. ferez chaufer de l’eau plus que tiède, 
& la verferez fur vos cendres, quelle 
furnag,e de fjx doigts, 8c la'iflercz re-- 
froidir, puis filtrerez 82 feress evaporer 
jufque'sà confiftenec dé Sel. Si voftre- 
Sel n’eft a;{Fez blanrc, faites-te deCrept^ 
i ter daflsuncreufct, 8iîCedifroHdre'dans^ 
fon eau, ou eau commune ; filtrez, 8fe- 
I. defIcÇhcz ^ comnïfc il à efte- dit tarit de 
, fois',que vous foyezlatisfâiti à lâ fe^t 
, ouihuiâfiémefoisiifejStfUfiblc. 


Chapitre IVC 
es fimples tendtes, & km s vert ml 
Betoine. 

L ’E a V diftillce de la Betoine tous 
les matins bue à jeun le poids d© 
quatreonces'fortifie la veuc, confort© 
l’cftomac , fait vuider le-Tang meurtry 
& caillé', 8c les eaux des Hydropiques, 




1 '. 


74 La chymie 

motidifiela poitrine, adoucit les dou¬ 
leurs de la ratte, purge les ferofitez de 
la tefte , & fortifie les membres. Elle 
ofte la rougeur des yeux fi on les en la- i 
ve, nettoye les dents, & appaife la dou- i 
leur, reflèrrcles genfives,s’cngarga- 
rifant la bouçhe eftantun peu tiede. 

La Teinture meflée avec un peu de 
cire pour luy donner corps , eft mer- 
veillcufc pour les playes de la tefte :ellc - 
fait fortir les cfchilles, & diflbut le fang 
racUttry. 

Se^ racines infnfée^ dans du vin blanc 
du foit au matin font vomir j c’eft pour-i 
quoy il fatit ofter les racines des tiges ' 
lors que l'on veut diftiilcr, autrement 
l’eau lcroitvomirive. ,, 

Chelideine. 

C E T T E eau a la vertu de faire vui- \ 
der les humiditez fupcrfluës, qui ! 
font entre le cuir & la chair. Elle defen- 
fle les membres biie un mois tous les 
ihatins un demy verre avec partie,égale ^ 
devin blanc. Elle mange les rayes des ■ 
yeux, mais il la faut corriger avec une 
part d’eau de plantain ou lait de femme, 


Chdritahk facile. 7j 
& en mettre trois dû quatre fois le jour, 
furla taÿe. ■ - - ' ' 

Sa Teinture lève les chairs mortes, 
& mondifie les vlceres, incorporée avec 
delacirc-enformed’empl^ftre. . 

• LMufelle. . - ; : 

G E T T> ■ è'iu 'éft rafrf ichiiÇiante 6 c 
aft'ringehte; elle arrefie toutes for¬ 
tes dc’cO’ürs de ventre , les fleurs blau- 
chèSjdefs pbrtéâ de .fang des-fer^mcjs biie 
foif&^msjtîo'ÿî’atré onces à ç'h'âqu.e; pri- 
fe; Ufaurcoïîtïtïtier jufc:{'d’'à guerifbn. Scs 
fueÜIes pillées & |neflées avec cendres 
de ferment en confifteqçc..:dc.boüiIIie 
en' fiiifé frbntcau entre deux lingesjap-; 

la dqqièur de tçflc qui provient 
^"‘C^aLétif .^provoqué doucement le 
dbrhiir-.'* ■ ' , 

•‘'sk •T’éîhtùre'àiguifecdç.tbn'Sel, ap- 
plfqüee futiles excroïfl'ance.s. de, chair , 
dtflrpè'&gucrit.' . ' i;.; 

C T t T'É' eau à dc^ pr'®?^^^ 

-v'étfeiks i SCeftiwile en toutes for¬ 
tes de maladies^ pârtifculîercmént elle 
D i; 


J 6 La chymie 

réjouit Je cœur, difïïpe la melancholic I 
purifie le fang, arrefte le battement de 
cœur,aide à la digcftion,afFermit le cer¬ 
veau , tient le ventre libre,prife tous les 
matins le poitis de trois à quatre onces. 

Sa Teinture prife en pillules(arrefte 
le devoiment: mdlce aveefon Tel, & de 
la charpifi, guérit les écrouelles j il faut 
mettre par deflus une cmplaftre de dia- 
palma,âc changer foir & matin de char¬ 
pie: fondue en, forme d’onguent!, ap- 
paifeles douleurs de la gquct^-|qn,froe. 
tant douccniéntla partie uialadç. 

Aliitm ^ott Ahfinthe.. - } 

L ’Eautirédde cette herbe, eo,nf 9 fW 
l’eftomac, rend l’halcine agréable,, 
excite l’àjpétlt, 'pfovoquërvrine,faib' 
venir Icÿpurgàtibttsàuxfillés', foulage 
les Hydropiques , deropile laratte. La 
dofe eft de deux onces jufqu’à trois, 
dans uri demy verre de vin blanc biielc 
matin, il faut continuer un mois. 

Sa Teinture a les mefraes , vertus que 
l’eau, prife en pillules le,matin ,• ^ une 
heure devant fotiper le poids d’une 
Drachme à chaque fois. 





Charitdle facile. 77 
Son Sel guérit de'la pelle , prife 
«n eau de rue ; il fait vuidet les eaux des 
Hydropiques,dilTout dans du vin blanc. 
La dofe cil de vingt à trente grains. 

Mille-fertuü. 

’Éau qui fe tire des fleurs & des 



jL-< fucilles de Mille-pertuis, guérit les 
abcès qui viennent dans le corps, em¬ 
pêche la corruption, fait fprtir, 5c mou¬ 
rir les vers, & cmpefche qu’il ne s’en 
forme pour l’advenir , lî l’on en boit 
foir & matin deux onces deux fois la 
fcmaine -, elle guérit du haut mal en bu- 
jrant un an de temps tous les matins 
quatre onces de ladite eau, 5cfe pur¬ 
geant d’agaric toutes les femaines une 
fois. Elle fortifie les Paralytiques,s’ils 
en ufentlong-temps, 5c s’ils frotent les 
parties paralytiques d’Effence de RoC- 
marin, ou de l’eau de la Reine de Hon¬ 
grie -, cilearrefte le crachement defang, 
ïneflee partie égale d’eau d’hyfope avec 
du miel blanc. 

Sa Teinture dans laquelle 0 n aura di- 
layc de la poudre de c haux vive, arrefte 
Ja gai^rene , 5c fepare lâchait morte 


B iij 




dont on panfc les playes, les prefervt Ü 


de gangrène : de fes fleurs avec hiiik 'i 
d’OIive & elprit de Terebentinc fc | 
fait un Êaume, qui guérit les coupures * 
&meurtrifleurcs. 

Son Sel a mcfmes vertus que Téau & 
teinture ; dilTout dans Ton eau le poids 
d’une Drachme , le mefme poids'dif- 
fout dans qn verre de vin d’Efpagne 
guérit foiidain la pleurefîe. 


Violette. 


’Eau de fneilles, & racines de 'Vio- ; 



-^lette tempere les ardeurs de la cole^ 
rc ; elle rafraichit jfait dormir, appaife j 
.les douieursdp refte,adoucit les ardeurs i 
delà poitrine, dcfaltere, & deropiie le . 
foyc 5 guérit la jaunifle en buvant matin 
& foir un grand verre, dans lequel on 
diflbudra un peu de fpere. 

Ses racines , infuféès une nuiStdans ' 
un verre de vinblanç, exprimé &fau:ie 
matin,purgent doucemenr.'j 

Sa graine réduite en poudre le poids 
d’une demie-once, prife dans.un verre 
de fon eau fait faire trois ou quatre fe^ 
les fans trancjiées. 


Chariuhle & facile. 79 
SaTeinture cft bonne pour allier îfs 
poudres , defquelles on veut former 
des pillulcs, & pour delayer dans des 
lavements rafraichiflants. L’on la peut 
auflî appliquer fur les parties OÙ il y 
aura inflammation , meflée auec les 
quatre farines, & en faire caraplafme. 

Pourpier. 

C Et^e eau eft fort rafraichiflan- 
te ; elle dcfaltcre ceux qui font 
travaillez de la foif v dans les fleures ar- 
dantes, elle fait dormir. Son ufage doit 
eftre modéré ; car elle eft nuifible à 
l’cftomac. La doze eft de deux à trois 
cueillerces dans un verre d’eau com¬ 
mune. 

Lai Plue. 

] L faut fc fervir de cette eau avec 
grande circonfpe^Hon , & corriger 
fa froideur par le fucre, ou par quelque 
aromatique. Elle eft dangereufe , prife 
en trop grande quantité. Elle rafraî¬ 
chit beaucoup, & fait dormir. 


Cichorêe. 


C Et T E eau a dp grandes avantagés', \ 
elle vafraiehit & fortifie l’eftor 1 
mach, cxeice le fommeil doucement, | 
rcioüit le cœur, purge la ratte,tient le 
ventre libre. Elle eft excellente à faire \ 
les infufions de Séné & de Reubarbe, 
mejGiée avec partie égale de Fenouil. ^ 


Fraijîer. 


L ’Eav de fiietlles & racines dé 
Fraificr eft cordiale & rafraichif- ' 
fante, &peut eftrebeüec'nrout temps, 

& en routes' maladies où il y a ardeur 
-du foye. Elle n’a aucune mauvaife 1 
qualité, conferve l’embod-point, for- j 
tifie& tient le teint frais. 


Bourmhé" Buglsjjè. 


C E s deux herbes ont beaucoup de 
rapport entre-elles: Elles ont les 
mefmes vertus, & font mifes au nom¬ 
bre des cordiales. Elles rafraichiffent 
fans accident , fortifient & purgent 
doucement. La dpfe eft de trois à qua¬ 
tre onces,beüc le matin. 


charitable & facile. Si 
Ozeille 

’Vs A GE de cette eau 3 la vertu de 



X-/guérir les Catarres de quelque na - 
turc qu’ilsfoient; ilenfauc prcndre le 
matin quatre onces, & continuer utr 
mois de temps. Il faut la faire chauffer, 
& diffoudre dans chaque prife une 
cuillerée de miel blanc: Il faut viiffe 
de régime pendant ledit temps, & fé 
purger deux ou trois fois, félon le lieu, 
oala partie malade. 

Charden hemt. 

n'eft pas faas fujet que cette 


Vw-/Herbe porte la bcnediél^on avec 
elle. Son eau eft confortâtîve ,• elle 
poufTe les mauvaifes humeurs au de- 


liors par les fueurs, renouve^c les for¬ 
ces. E’onën peut prendre depuis qua¬ 
tre iufqucs à fix onces. Il efï bon d’en 
dexmcr à ceux qui ont la fiéure, & qui 
ont peine à fuer à la fin de leur accès. 

SonSclcftfudorifiquc-, une drachme 
difTour dans un verre de fi>n eau , fait 
iUet abondamment. 


Mauves.. 


C Ette eau efc bonûe pour des pcç:- 
fonncs enroüées ,qui ont peine à 
parler. Il en faut.boire le matin un ver-! 
reavec dufucre ; & le foir, deux heures 
apres le repas autant. Elle aide les femr 
mes dans leurs accouchemens, fi elles 
en prennent quatre onccsavec une 'on-. 
ce d’hiiile d’amande douce.-Elle appaife- 
ladouIeurdesaureilles,;& guérit de la 
fourdiré nouvellement arrivée , fi roH' 
la mefle avec jus. d’oignon , & eau de 
Morelle, partie égale. Il la faut chauf¬ 
fer, & mettre trois Ou quitréf gouttes 
dans l’aureille, & tremper immorccau 
de coton, &le mettre delfiis le foiren' 
fe couchant. Il tie fe faut pas eoucher; 
fur le coiléoùl’on a mis lé remede.-En. 
cas que toutes les deux aurciilcsfuirenc> 
malades, l’onmertra le foirà l’uhel, 
le foir fuivant à l’autre. Il fe, fait une; 
emplaftrc de fa Teinture, de-celle dei 
boisdeSault, therebentine de Yenife, 

partie, égale, aveenn ,peu de cire; pjbuè 
les play es où il y a^.inflammation , il' 
fiiut. délayer gros comme^une noifette. 



charitable é“ facile. 83 

de (a Teinture dans la dccodliîon des 
tavemens. 

Guimauves, 

’E A V des fueillcs 3 c des racines 



JL./ de cette herbe, le poids d’une onec^ 
avec une once d’huile d’amande douce, 
beiic le matin un mois de temps, appai- 
fc les ardeurs de l’urine, & fait fortir 
le fable qui fe trouve dans la Veffie. Ses 
fueilles cuites dans du gros vin, avec 
une once de miel en confiftencc , un 
peu époilTé-, étendue fur de la filafle 
rouffie, appliquée fur les mammelles 
enflées Sc dures, les amollit Sc refout 
les apoftemes. Il en faut- appliquer 
trois ou quatre fois le jour, ôc conti¬ 
nuer. 

Pariétaire.. 

T ’E A V de Pariétaire eft rafraichif- 


tLfante,büele poids de deux à trois 
onces jlafchc l’urine fupprimée, guérit 
Jes échauffurcs qui viennent en la bou¬ 
che , appaife la douleur des dents, fî 
OH la tient dans la bouche, vn peu- 
chaude. 


D vj. 


§4 Chymie 

C'Y T^#pÎ fl r/à <« ty 


Sa Tcinturé meflée avçç gf^ilTe de 
chapponguérit lesbriifliircs, lien faut 
appliquer trois ou quatre fois le jour 
avec une plume. Elle refout les apo- 
ifemes des maramelles ,.di(fipe les in- 
^amrnations,arrellc les douleurs de la 
colique, appliqucevfur les, raammelles 
& ventre, comme deflus. 

Son Sel pris le poids d’une drachme 
dans unboüillon, provoque les fucurs. ' 

Fume-terre. 

’E 4 V de Fume-terre eft' laxativ^v 



JLopurge la bile, fortiSe le foye» & le , 
defopiîe -, guérit les fleures bilieufes,. 
diflîpe les humeurs colériques & adu- 
lîes 5 conforte les membres, & les affer¬ 
mit, prife le poids de quatre onces le 
matin daôs un bouillon. Elle nettoye le 
cuir de toute galle & rougeur, éclaircit 
Icsyeuxfi onlcsenlave. 

Sa Teinture en confiftencede pillu- 
Ics, prife le poids de. deux drachmes, 
purge la bife. 

Son Scldiffout dansun.biOÜtllonils 
poids d’une drachme , fait le naefme 
effeél:. 



, chântahk cf façite. 

PUmain. 

L ’E A V de Plantain guérit les opi¬ 
lations d^ foyc,&de la ratte. Elle 
rafraîchit le fang échauffé , referre Te 
ventre , preferve des hémorroïdes , 
guérit les ülceres dupoulraon,arrefte 
le çtàchemenc de fang , chafTe les fié- 
ures tierces, en beuvant trois ou quatre 
matin, depuis quatre iufques à lix on¬ 
ces. Elle guérit & defleiche les playc» 
nouvelles , en les lavant trois fois le 
foat de ladite eau ; appaiCe les douleurs 
de labruflure, mettant un linge trem¬ 
pé dedans fur la partie bruflée , qu’il 
fandrafoavent renouvellcr. 

Sa Teinture en confiftcnce d’extraift, 
animée de fon Sel, appliquée fur upe 
playç nouvelle, pourveu qu’clle^ne fait ; 
profonde que d’un deniy-doigt, leS ; 
guérit en cinq jours» 

CtrfeuiL 

C ExTKeau putificlefang, fait vui- 
der les; eaux des hydropiques, 
paife les douleurs de codé, fait fortir 
la pourriture de dedans îc corps, tue 


86 Lâ Chymîe . ^ 

les vers, fortifie l’eftomac, büerfe matin < 
un grand verre. Il eft neceflairc de fc 


promener modérément apres Tavoir 
biic. 


Ferjîl. 


L ’Ea V de Perfileff admirable pour 
décharger les reins, & faite vui- 
der le fable : Il en faut boire un verre 
le matin,dans lequel on mettra deux 
gomcesd’efprit de vitriol. Ellenettoye 
écctmfortc Tcilomac, & tient le ventre 
libre. 


leubarhe. 


C ’Ette eau eft fort froide' : elle- 
^amortit les ardeurs de la fiéurc 
chaude ; guérit lesulceres'des boyaux, 
.appaife fa douleur dé tefte, arrefte tou¬ 
te forte de flux j prifc ie poids de qua¬ 
tre à cinq onces. ' 

Sa teinture repercute les apoftemes. 
chaudes , appaiic les douleurs de la 
goutte' provenante de chaleur j'njcllée 
avètfhuile rofat, guérit les bruftures. 





chmtahle (è‘ facile- 87 


'G H A E I T R E V. 

Maniéré de difiiller les Vleurs d'es' 
Sm^les.:. 

Des Rofes. 

I L eft de plufieurs fortes de Rofes, de 
rouges, d’incarnates.', de blanches, 
defauvages, ^pellées Rofes de chien; 
Icfquelles ont toutes leurs proprietez 
particulières. La façon de les diftiller 
eft commune;: chacun en ufe comme il 
luy plaift; pour moy voicy ma méthode. 

Prenez des Rofes à difcrction,& les 
^çttqyéz de toutes, fortes d’ordures , 
que yojis, pillerez dans un mortier de 
marbre , o.u de pierre ; & les mettrez 
dans; unjyafe dc'verre hiçn bouche 
fermenter huit ou dix jours dans la ca¬ 
ve ,jufqu’à ce qu’elles comméncênt a 
ç’aigrit; Alors c^eprimez, lefditçs Rofes 
ifousla preftb jdapsuHifaçde toile bien 
fort? : ftkteÈ: ladite, ex preftî.Qnrj & la. 
diftil.lez,ajU:;bain , dcdutt.eZîctQ.utes jes: 



tS La chyme i 

iointurcs (îcVosvai{reaux,& faites un ' 
pctitfcuau commencement; carlapre- , 
mierc eau qui môfc n’eit que phlegmc, : 
Sc n’eft pas odoriférante , mais bien 
celle qui tient le milieu. Mettez lapiez- ^ 
miere,fécondé, & troifiémeàpart,8c i 
vous verrez que la fécondé a plus de 
force & d’odeur. Pour ce qui refte au 1 
fond de voftre vaifleau, en confiftencc 
de fyrop , eft une Tcinture qui a les 
mefines facultez que le i^rop de Rofes. 

Il fegarde pluiîeuts années fans fe g⬠
ter, bienqu’il fdit fans fiicie, l’ay ex¬ 
périmenté plafieuti' fois, qu’il eftoit 
pJas purgatif que le fyrap vulgaire; 
Pour voftre Eau-rofe, vous la pourreï 
xeâaâer fur de nouveau fuc de Rofes, 

££ la faise circuier y comme l’efpm de 
vin, pourfecendceplus fpititüeHe. 

Prenez-lemarc desfufditesRofes, &r 
le petuettea dans le vaiffeaii de verrey 
& verfêz par deffiisde l’eau commune ,■ 
qu’elle fumage de deux doigts ; & bou* 
eherez & mettrez fermenter à la cayei 
quinze jours : puis exprimez, filtrez 
diftd’laz’ comme au precedent ,&vouO 
auteisfencore de meilleure Eau-rofeqae 



Charitahle & facile. 
ccHe qui fe v-rndcommunément. Faites 
fecher voftre" marc, & le bruflez, pour 
jen tirer le Sel par Jeflive, & ranimerez 
voftre Eau dudit Sel. Elle fe gardera & 
confervera plufteursannées. 

Cette Eau a dcsqualiteztres-utilesr 
Jl fe fait peu de médicaments dans Icf- 
quels elle n’entre en compolîtion t 
fon ufage frequent fait connoiftre fes 
vertus. 

De la Teinture de Rofes. 

C E qui eft-refté au fond de vo- 
ftte vaifléauapres vos diftillations , 
eft une Teinture , laquelle cft purga¬ 
tive, Il eft une autre forte de Tein- 
.turc de Rofes, laquelle cft fort commu¬ 
ne. Elle fe fait en cette fiçon. Prenez 
une once de Rofes rouges fechesj ver- 
fez deffus deux liures d’eau dans un 
va)Seau de verre,ou de grais : adjoCuez- 
y une demy drachme d’efprit de fou- 
firCjOU de vitriol; couurezvoftrevaif- 
feau,&le mettez infufer fur des cen¬ 
dres chaudes, dans quatre heures vous 
aurez une Teinture fort rouge , que 
vous filtrerez par le papier broiiillart^ 


jfc La Chymie ' 

oA chaiifTe d’hypocras, & diflbudrèz ■ ■ 
aufucreàdifcretion, p- 

CetteTeinturc eft bonne pour tou- -ï 
tes les maladies dn foye , aax fiéures ï 
ardantcs, aux exceflives chaleurs j aide 
à la digeftion, confervc l’embon-poinr, 
purifie le fang, en beavW deux ou trois • 
verres par jour. 

Conjèrve de Rojès, 

P renez des Rofes de Provins, les • 
boutons à demy ouverts rcouppez - 
les ongles avec des eifeaux, & les pilez 
dans un mortier de marbre , tant qu’ils 
deviennent comme de la pâte: Par cha¬ 
que livre mettez deux livres de fucre, 
-OU caflbnade en poudre ; incorporez 
bien le tout enfcmble & puis les met¬ 
tez dans uncCucurbitc de verre, que 
vous couvrirez d’un Alembic aveugle; 
lutterez 6icn les jointures , que vous 
laiflerez fccher ; puis mettrez vos vaif- 
fcauxdans du fable en la cave, &lesy 
laiflerez quarante jours: apres Icfquels ; 
vous retirerez vos vaifleaux , & rnet- 
trez voftre Conferve dans des vafes 
propres poat la garder. 



Chafitahle & facile. 

Sa vemi eft unrcmede pour toutes 
Jes maladies du poiilmon : Elle confor¬ 
te rcftomac, aide à la digeftioa, pfo- 
,voquc doucement le dormir. Il en faut 
prendre foir & matin gros comme une 
noix. 

i)e l'huile de Rejes. 

V Ov'5 prendrez des Rofespafles, 
que voas'ferez fechcr à demy en¬ 
tre, deux fachets ; puis les mettrez infu- 
fer au foleil dans une phiole de verre, 
avec de l’huile d’oliue qui foit claire, 
&■ fans odeur,qu’elle fumage la hau¬ 
teur de quatre doigts; & les laiffez in^- 
fufer quinze jours r puis tirez voftre- 
ditc huile, •& Rofes, &rles exprimez, 
&. remettez, d'é nouvelles Rofes dans 
voftre phiole au foleil, le plus- qu e vous 
pourrez; & verfezvoftrc fufdite huile 
deffiis, & remettez au foleil:' reïterez 
cette operation jufques à trois fois; 82 
lailTcz voftrc phiole au foleil , le plus 
que vous pourrez. Il faut qu’il y ait 
i’efpace de quatre doigts de vuide à 
voftrc phiole,& que le bouchon foit 
de parchemin ,percé de trous d’épin- 


^4 La chjmie 

gle, afin que les phicgmes fe diffipent. 

Ses vertus font affez connues , c’eft 
pourquoyjc les pafle fous filence. 

Le Miel-rofat fe fait comme le vio¬ 
lât j dont il fera parlé cy-aprcs. 

De U Violette. 

P renez vos fleurs de Violettes,& Tes 
épluchez, comme pour faire fyrop j 
que vous pilerez, ferméterez,exprime- 
fez, & filtrerez cômc les rofesj &diftil- 
lerez au bain jufques à ce qu’il ne mon¬ 
te plus ^ien. Deux cueillcrées de cette 
fau,mife dans un verre d’eau d’orge, 
rafraichiffent plus que deux onces d& 
fyrop violât. Elle fortifie- l’eftomac, 
CHgraifle,fait dormir. Elle eftbonne â 
toutes fortes d’âges-, &' de perfonnes. 
L’on peut changer dé véhiculé. On la 
peut prendre dans un bouillon, ou dans 
duvin-, fcJon la difpofiti'on & tempé¬ 
rament de la perfonne. Vous pour¬ 
rez remettre de l’eau fur voftre marc, 
que vous mettrezfermenter cinq ou fix 
jours -, puis diftillerez comme au pre¬ 
cedent. Cette eau n’a pas tant de force 
que la première : aufli elle fe prend 


charitable & facile. 95 
feule avec un peu de fuere. Il en faut 
hdire le matin un verre. 

Sa Teinture ,reftcc au fond du vaif- 
feau, eft une maniéré de fyrop i auquel 
on peut adjoufter du fucre pour le ren¬ 
dre plus agréable. Deux cueillerces' 
purgent doucement.^ 

Il eft de plufieuts fortes de fyrops 
vioJats, que je fopprime : je me conten¬ 
te d’écrire la maniéré de lé faire fans 
feu. Vous prendrez des Violettes bien 
épluchées, qàê vous pillerez dans un 
njqrtfor de niarbrè, avec partie égale. 
de fucre fin. Lofs que tout fera Wen 
incorporé enfohible , vous lé mettrez' 
dans unMattas, auquel vous en join¬ 
drez un autre, de forte que ccluy dans 
lequel font vos Violettes entre dans ce- 
luy qui doit fervir de récipient. Lut- 
tez-les' bicii cnfefrvblé, avec dû p.ïpiàr 
Sedela colle, & les lailTez fecber. Vous 
les. mettrez trois jours fermenter dans 
la cave ;& puis les expofcrez au foleil, ' 
endiciioù il- foit la plus grahde partie, 
du jouf,Replacez vosvaifleanx dé fa¬ 
çon qu’ils foient en penchant, afin que 
le firop puifle tomber dans celuy de 



} 

54 Chymïe 

dcfFous. Le fuçre & le fuc des fleurs j| 
diftilleronrenfetnble doucement; & le 
fÿrop fe cuira au foleil dans quinze . 
jours. L’operation fera faite; le marc 
reliant au fond , eft propre pourfaire 
du miel. . ■ : ' 

Miel Vielit. • 

V O VS prendrez.voftrë malFe, ou' 
leséplucheurcs de vosViolett.es,. 
que vous mettrez dans telle quantité de. 
miel qu’il vous plaira, que,vous.aurez) 
premièrement fait bouillir, & ecumej; 
Vous les ferez bouillir .enfembfe envi-) 
ron un quart d’heure ; puis les palTerez ■ 
tous chauds dans un linge,& l’expri-, 
merez fous la prefle , &: l’cxpofercz.' 
quinze jpu.rs au foleil. . Vous vous len’l 
fetvirczàfçnufagc., ; , , , ■ À 

.11 s’eiçrraiâ auflî une Xejnturc dc*i , 
Violettes parl’efprjt defoufte, ou d«'; 
vitriol , dé la mefme façon que celle, 
dés rofes. 

L’huile Violât fe,fait-Gonifner l'huiI*' 
Kofar. ^ .'j.. 



Charitaile & facile. 

Bau cUirettt dt Violette. 

P renez de rcfpric de vin > dans le¬ 
quel vous mcttrczûnfufer des fleurs 
de Violettes bien cpluchccs, & nettes, 
dans un vaifleaude verre;q[uc refprit 
de vin fumage de quatre doigts les 
fleurs: faites infufer au Bain jufques à 
ce que les fleurs dévietynent blanches ; 
volirc efpric fera rouge , que vous €lu, 
trerez par la chauiTe d’hypocras, & le 
remettrez fur de nouvelles fleurs, cdm^ 
ipè deflus. Vous adjoufterez un fachec 
de linge, dans lequel il y aura de là ca¬ 
ndie concalTce. A cette fécondé infu- 
fion , voftre efpric deviendra violet, 
que vous filtrerez comme au prece- 
dd«. Vous diflbudrez du fucre à dif- 
cretion dans de l’eau-rofe ; puis le met¬ 
trez avec voftre efprit, que vous expo- 
ferez au foleil l*e plus long-rcmps que 
faire fe,pourra. Cette eau a la vertu de 
conforter l’eftomac, d’aider à faire cra¬ 
cher les phlcgmcs , & d’appaifer la 
toux. Sadofccftd’unecucillerée. • 


9& 


La chymie ù 

J 

Fleurs de N enuphar. i 

L ’E A V de fleurs de Nénuphar ra- 1 
fraichit -, elle fait dormir; elle efl; ? 
bonne aux ardeurs de la fièvre ; deux 
cueilletces picflées dans un verre de 
ptifanne. Elle arrefte la dilFcnterie, 
les fleurs blanches , bue le poids de 
quatre onces, trois matins de fuite. Elle 
app^ife les gouttes qui proviennent dey 
ca u fcs chaudes y & foulage læ douleur' 
de telle. 

Sa T ein ture, en c onfiflen ce d’extmtr 
avec de la cire, fait une emplaftrepàur 
les inflammations , ràfraichir les par¬ 
tes repercute les humeurs. 

L’on fait du miel de fes fleurs , pour 
les lavemens rafraichilïàns, qui fe fait 
comme le violât. 


de Bourrache , ér de 


L e s eaux des fleurs ont quelque 
chofe dephts fpirirucl, & de déli¬ 
cat, que celles qui le tkenti des fueilles, 
tiges & racines : Celles des fleurs de 
Bourrache & Buglofle font meilleures 
que 



Charitdlle ô' facile. 97 

que celles de leurs fueillcs. Elles font 
cordiales , ftomacales , & tiennent je 
corps en bon eftac. Elles purifient le 
fang , ouvrent l'appetit , excitent les’ 
fueurs, diffipentla bile, enbeuvant u» 
verre une fois on deux la femaine. 

Leurs teintures prifes le poids de deux 
drachmes, lafehent le ventre doucemét. 

T leur s de Pejeher. 

’Eav diftillée des fleurs de Pef- 



J-'cher, purge autant quefon fyrop; 
mais il en faut prendre en plus grande 
quantité. 

La dofe eft de trois à quatre onces. 
Vne drachme de fa teinture, en confî- 
ftence d’extraiét, purge la bile & les 
ferofitez : fi l’on brufle fon bois & fes 
fueilles pour en faire le Sel, pour rani¬ 
mer fon eau, furune pinte demie once 
dudit Sel, elle en fera plus purgative. 

Pleurs de Pavot Rheas rouge. 

O V s émonderez les fueilles de 



V vos Pavots, que vous pillerez & 
diftillcrez au Bain , comme les prece¬ 
dentes. Cette eau appaife les douleurs. 



58 La Chymie 

&fait dormir, prife le poids d’une on¬ 
ce : appliquée fur les, inflammations, ' 
elle les amortit , & rafraîchit les par- B 
tics. Elle appaife la douleur de telle, | 
provenant de fièvre chaude. 

Sa teinture fait dormir, prife le poids 
d’une drachme. 

Fleurs de Camerniüe. 

V Ovs ofterez feulement lesqueücs , 
de vos fleurs , que vous pillerez 
& diftillerez comme les autres. Les ver¬ 
tus de cette eau font admirables pour . 
les ulcérés , apofthemes, & douleurs 
intérieures , bue le matin & le foir un ’ 
verre. Elle mohdifie les ulcères exté¬ 
rieures, appaife les douleurs des mem- . ' 
bres, aflfouplit les nerfs tendus, l’appli¬ 
quant deflusun peu chaude, & enve¬ 
loppant les parties malades d’un linge ' 
trempe dedans, le plus chaud que l’on 
pourra foufFrir: & lors qu’il refroidira, . 
ilfaut lerenouvcller. < 

Sa teinture, en confiftence d’extrait, • 
prife par la bouche le poids d’une 
drachme,a le mcfme effet 5 & appliquée 
par le dehors en cataplafme, appaife les 




Charhahle é‘ facile. 99 
douleurs des nerfs & des jointures: 
délayée dans les lavemens avec de la 
.teinture de. Mille-pertuis , guérit les 
ulcérés des boyaux. 

Son huilefe fait par infufion, com¬ 
me celle des rofes. 

Fleurs de Sureau. 

C Ette eau a la vertu de faire vuider 
les eaux des hydropiques, en beu- 
vant matin & foir le poids de quatre, 
onces un mois entier. Elle excite les 
fueurs en prenant trois onces , en fe 
mettant au liél j & purifie lefang. 

Sateinture, en confidence de pillu- 
les, le poids de deux drachmes, dans 
lequel on incorporera trente grains de 
lalap , purge les hydropiques, & leur 
fait vuider les eaux. Ils doivent fe pur¬ 
ger fouvent. 

FliU s de Souey. 

C Ette eau eft excellente pour for¬ 
tifier , éclaircir, & oller la rougeur 
des yeux , appliquant une comprefle 
trempée dedans le foir,& luy laiflant 
toute la nuit. Il faut continuer neuf 
E ij 


100 


La chyme 


jours. Elle appaife la douleur des mam- 
melles pat fomentation. 

Sa teinture, mellée avec huile d’oli¬ 
ves & beurre-frais, partie égale, mife 
dans une phiole de verre, expofée par 
quarante jours au foleil,eft un baume 
pour toutes les douleurs de membres, 
de nerfs, &: de jointures. Elle s’appK- 
que tiede. 

fleurs de BomUon-hUnc. 

I L faut piller les fleurs de Boüiîlon- 
blanc,& les imbiber de vin blanc, 
qui les fumage de trois doigts , & le» 
mettre fermenter à la cave trois femai- 
nes, puis il les faut exprimer, filtrer, 
& diftiller au Bain. Cette eau appaife 
les douleurs de la goure, & de la poda¬ 
gre. Il en faut boire le matin un verre, 
ôcen bafliner la partie malade, le plus 
chaud que l’on pourra. De la mefme 
eau , mife un peu chaude dans la bou¬ 
che, appaife la douleur des dents. 

Sa teinture eft aftringente : elle ar- 
refte le devoiment; & délayée dans des 
lavemens, referre. 





chantable & facile. loi 

Fleurs à'Orange. 

V Ovs mettrez vos fleurs d’Orangc, 
fans autre préparation, dans une 
Courge de verre, & les preflcrez un 
peu, afin qu’elles ne tiennent pas tant 
de place. Luttez bien le Chapiteau & le 
Récipient, de peur que lescfpritsnefe 
perdent : diftillez au Bain boiiillant, 
jufques à ce qu’il ne monte plus rien. 
Tirez le Sel de la maiTe, & ranimez vo- 
ftre eau, & l’expofez au foleil, bouchée 
d’un parchemin percjé , comme il a 
cfté dit. 

Cette eau arrefte les fuffbcations qui 
proviennent de la matrice . L’on en peut 

f »rendre une once jufques à trois,, dans 
ecomniencement del’accès. De plus, 
elle provoque les vomiflèmens fans 
efifort. 

Huile de fleurs d’Orange. 

Ovs ferez infufer des fleurs d’O- 



V range dans de l’huile de Ben, d’a- 
raandes douces, ou des quatre lêmen- 
ces froides,, tirée fans feu dansun vaif- 
feau de verre j que.l’huile fumage de 



îoz La Chymte 

quatre doigts lefdites fleurs. Bouchez 
voftre vaifleau ,& faites voilre infufion 
au foleil, ou au Bain tiede trois ou qua¬ 
tre jours: apres lefquels vouspaflerez , 
& expriirjerez voftre huile du marc de 
A^os fleurs,& en remettrez de nouvelles, 
& ferez comme au precedent. Reïterez 
trois ou quatre fois, jnfques à ce que 
voftre huile foit très - odoriférante. 
Vousl’expoferezau foleil,comme il a 
cfté dit de l’huile de Rofes. 

Fleurs de lafmin. 

L ’Eav & l’huile de fleurs de lafmift 
fe fait comme.celle de fleurs d’.O- 
ranges. 

Fleurs de Mille~pertuès. 

C E T T E eau fe tire comme les deux 
precedentes. L’huile fe fait auffi de 
mefme ,à la referve qu’il faut à celle- 
cy de l’huile d’olive. Ses vertus font, 
efcrites au Chapitre des Simples ten¬ 
dres. 

Fleurs de Fehws. 

T ’E A V des fleurs de Febvcs fe fait 
comme ilaeftè dit de la fleur d’O- 





CtJauuble & facile. 103 


Chapitre VI. 

Ves Eaux de fruits , & la maniéré de 
les dijliller. 

Pommes de Reinette. 

I L cft jufte de commencer ce Chapi¬ 
tre par la Reine des fruits. Ce n’eft 
pas fans raifon que nos Anciens luy ont 
donne le nom de Renette. Elle a des 
vertus tres-particulieres pour l’entre¬ 
tien de noftre fanté, elle contribue à la 
rétablir. Vous coupperez vos ponfmcs 
par tranches très- minces, & en ofterez 
les pépins, & les mettrez liét fur li< 3 : 
dans une Cucurbitc de verre, que vous 
remplirez pour le plus des deux tiers. 
Luttez la Cape & le Récipient, & di- 
ftillez au Bain boiiillant, & continuez 
jufqu’à ce qu’il ne monte plus rien.Cet¬ 
te eau cft agréable : elle rafraîchit, & 
humede : elle cft amie du, poülmon : 
elle conferverembon-point jfait dor¬ 
mir , defaltere, & tient le corps en bon 
E iiij 



104 La Chymîe. 

cftar. L’offy peut adjoufter du fucre » & 
en faire une Limonade. L| dofe n’eft 
point limitée; car elle n’cfl: point nuifi- 
ble. Elle ofte les inflammations des 
yeux fi on les en lave. 

Les feces,reftantes apres la diftiîla- 
tion, cuites en confiftencc d’extraid, & 
meflées avec partie égale de miel,font 
avancer les bubons, & apoftemes, 

Syroy de pommes de Renette crues ^ 
tirées Jans feu. 

P renez ;des pommes de Reinet¬ 
te, pelez-les , èc les couppez par 
tranches très-minces, & les rangez dans 
un plat baflîn. Couvrez-lcs de fiicre 
pillé , & les arrofez d’un peu d’eau- 
rofe. Mettez le plat en lieu humide, & 
le placez de façon qu il foit en pan- 
chant! Mettez un vailTeau deflbus pour 
recevoir la liqueur qui en dégoûtera : 
en douze heures tout le fyrop lèra tom¬ 
bé. Il eft excellent pour les maux de 
gorge, & pour les maladies du poul- 
mon. Il humeâe & rafraichit les cha¬ 
leurs de la bouche , provenances des 
ardeurs delà fièvre. 






charitable & facile, loy 
Fraifes. 

E s Fraifes fc diftillenc en daftxma- 



-Lnieres,au Soleil,& au Bain. Pour 
les deux operations, il faut piler le fruic, 
& le mettre fermenter à la cave. Celles 
que vous voudrez diftjller au Soleil, 
vous les mettrez dans des vailTcaux, 
comme il eft dit à l’Article du Syrop 
violât tire fans feu. 

Cette eau eft bonne pour conlèrver le 
teint, & pour ofter les taches du viiage. 
L'autre manière dediftillercftau Bain. 
Cette eau eft bonne contre toutes fortes 
de venir». Elle provoque les purga¬ 
tions, fortifie l’eftomac , fi l’on en boit 
un deiny verre au matin. Si on lave les 
yeux larmoyeux de cette «eau , apres 
âvoir efté purgé, elle les defleche, & 
arrefte la fluxion. 

Des boires pommes de Coin. 

E T T E eau fe tire comme celle des 



V^'pommes de Reinette.Elle eft aftrin- 
gente : elle arrefte la dyfenterie, & la 
diarrhée. Elle conforte l’eftomac, aide 
à la digeftion. L’on peut faire marme- 


E y 


I06 


La, Chymie 


Iddc de ce qui rcfte au fond du vaiflcau. 
Apres la diftillation:, il.y faut mettre du. 
fucre , & Iiiy faire faire un ou deux 
bouillons. Elle eft bonne pour les maux 
d’eftomac. 

Groif illcs rouges. 

’E À V de Groifelles fç fair comme 



X-icelle deFraifes. Il faut fermenter, 
exprimer , filtrer diftiller au Bahi 
boiiillant. Si yOus mettez quatre pin¬ 
tes de fuc d^ns la Cucurbite, vous en 
tirerez deux par la diftillation :& dans 
les deux auti-esreftantes, vous mettrez 
du fucre cuit, & vous aurez unebelle 
&: excellente gelée. La vertu de l’eau 
eft de rafraîchir, & de defalterer. Elle 
excitelefommeil, & humedclc poul- 
mon.Elle eft bonne aux fièvres ardan- 
rcs, & fort mileïi dans les grandes cha¬ 
leurs. 


Noix 'vertes. 


C OvpPEZ lesNoixvertespartran- 
ches,& les mettez liét.fiirlfét dans 
voftre Cucurbite , que vous,remplirez 




charitable 1^“ facile. 107 
Bain bouillant, jufqu à ce qu’il ne mon¬ 
te plus rien. Mettezl’eauau Soleil,bou¬ 
chée d’un parchemintroiiéd’épingles, 
pour difliperje flegme. Le temps de 
faire cette eau eft dix ou douze jours 
apres la Saint lean. Cette eau eft un 
fouverain rcmede contre la pefte , & 
contre les maux d’eftomac, & de cœur. 
Elle provoque les fueurs : elle diminue 
l’ariieur des fièvres chaudes : elle gué¬ 
rit le mal caduc, les vertiges, ow tour- 
noyements de tefte, la paralyfie. Elle 
rafraichit le foye , chafte les eaux des 
hydropiques, büc avec le vin blanc, Sc 
un peu de crefme de Tartre. Si on con- 
tinué fonufage durant trente jours, elle 
détache les phlegmes, & humeurs vif- 
queufes des imeftins, & chafle les ven- 
fofitez. Elle tué les v£rs,cn gargarifmc. 
Elleofte la corruption desgenfives, &: 
la pourriture des dents ; & rend l’halei- 
nc bonne extérieurement. En frottant 
les tempes, elle provoque le fommcil. 
Elle eft un fouverain remede pour les 
playes , ulcérés, contufions, & contti- 
. buë à embellir levifage,& ofte les ta¬ 
ches du cuir: & l’on tient mefme quelle 
E vj 


io8 La thymie 

eft admirable pour les abcès, apofthe- 


mes, & fiftules du dedans du corps. Sa 
dofe, pour l’ordinaire , eft de deux i 
trois cuillerées. 

FruiBs Dalchkhange. 

V Ovs prendrez les fruitsd’Alchi- 
change qui font enfermez dans 
une petite cloche ; vous les pillerez, 
fermenterez,exprimerez, filtrerez,& 
diftillerezau Bain, jufquesàcc qu’il ne 
diftilleplus rien. C’eft un afteurc reme- 
de pour faire forcir l’urine fupprimcc. 
Elle fait vuider le fable des reins, & de 
fa veiEc.Sa dofe eft de deux onces juf- 
ques à trois, dans un verre de vin 
blanc. 

Sa teinture,enconfiftence d’extraiét, 
prife le poids de deux drachmes, fait les 
mefines effets de Teau. 

Noijèttes reages. 

Ovs cafterez vos Noifettes , &:en 



V prendrez les fruiéts , que vous 
pillerez, & mettrez diftillcr feules, fîi 
elles font vertes. Si elles font feches, 
vous leur donnerez pour menftruc ds 



chmtAhle ^ fmle. 109 
l’eau <î« Noix vertes diftiHécs, & le» 
ferez infufer vingt-quatre heures au 
Bain. Apres, diftillez jufqués à ficcité. 
Exprimez les feccs qui refteront au 
fond £bus la prclTe , pour en extraire 
l’huile. 

Cette eau cfl: un afleiué remede 
contre la courte-haleinc , en prenant 
matin & foir deux cuillerées avec ua 
peu de fucre Rofar. 

L’huile empefehe les cheveux de 
blanchir, &c les teint en bland, h on les 
en frotte plulieursfois. 

Melons, Cttromlies, Cûnrges,(^ 
Concombres^ 

L e s eaux qui fe tirent de cesquarre 
fruits, onr les mefmes quahtez Sc 
vertus. Elles fc diftillent d’une mefme 
maniéré. Vous lescoupperez par tran¬ 
ches, & en ofterezlesfemences,&di- 
ftillerez comme les pommes. Ces eaux 
font rafraic.iiflantes. Elles aneûent 
toutes fortes de üux ,fonc dormir. El¬ 
les font bonnes pour tremper le vin. 
dans les grandes chaleurs , & ne font 
pas ü nuihblesque la glaccJBlies fervent 


iio Lâ chymîe 

à laver 8c purifier les gans i pour tenir 
les mains fraîches. 

Meures. 

V O VS procéderez à ladiftillàtion 
des Meures, comme à celle des 
Fraifes. Cette eau eft pourles maux de 
gorge, & pour laver les ulcères de la 
bouche. Elle affermit les dents, &ref- 
ferre lesgenfives. 

' Sa teinture,avecdufucre,arrefte le 
dévoyerrfent.. La dofe eft de trois ou 
quatre cuillerées. • 


Chapitre VIL 

Des Teintures é^ extraiBs. 

Teinture de Reuharhe, 

P R E N E Z de bonne Reubarbe, & la 
couppez par petites tranches , & les 
mettez dans un uaifleau de verre. Ver- 
fez deflus de l’eau de Cichorée , ou 
d’Endive , qu’elle fumage de quatre 
doigts. Bouchez voftre vaifleau, & le 



charitable éf facile. iri 
mettez en digeftion au Bain, jufqu’à ce 
que voftre eau foit teinte, Verfez par 
inclination voftre teinture , & mettez 
de nouvelle eau deifus ce quirefte dans 
vofter vaiffeau. Faites infufer comme 
au precedent, & continuez jufqu’à ce 
que voftre eau ne fe teigne plus. Prenez 
toutes vos Teintures, & les filtrez, & 
les mettez dans une Cucurbite : retirez 
l’eau par diftillation au Bain; la Tein¬ 
ture demeurera au fond , que vous gar- 
•derez pour vous en fervir. Si vous en 
voulez former pillules, vous la ferez 
evaporer en confiftence d’extraidb. 
Qtmy que les Teintures foient plus pu¬ 
res que les chofes d’où elles font extrai¬ 
tes ; elles doivent neantmoins eftre pri- 
fes le mefme poids que devant leurpu- 
rification ,• dautant que plus les remè¬ 
des font purifiez, & moins ils font vio¬ 
lents. 

Les vertus de cette Teinture font de 
purger la bile, & la pituite tartarce Sc 
vifqueufe du ventricule , & des par¬ 
ties voifincs. C’eft un fpecifique pour 
le foye. Il guérit la jaunille, & fortifie 
apres avoir purgé, c’eft pourquoy l’on 



lit Ld Chpntt 

s’cn fcrt avec heureax facccs dans les 
dyfentcTks , diarrhées, & autres flux 
oùÜfaut de l’aflritStion. 

Teinture âe Senne. 

T Ovtes les Teinturess’extrayeut 
d’une mefmc façon ,par infuiions 
^ digeftions5 mais les menftrues font 
^lifFerêtes pour extraire celles du Senne. 
Prenez de l’eau deFenoüil, Anis, Bu- 
glofle,Bourrache,ou Cichorée, com- 
iiae il vous plaira. Il n’eft que trop con¬ 
nu que le Senne cft le plus ufitc de tous 
les remedes purgatifsi mais il eft plus 
iîngulier de fçavoir qu’il purge les ho- 
ineurs bruflees & careufes, la bile & la 
pituite, Ibk dans le cerveau, ou dans 
Jefoye. ou la rarte , & raefme par un 
«làge continu ,lcs parties les plus eiloi- 
gnecs. Il excite quelquefois des tran¬ 
chées : il eft à propos de le corriger 
avec de la Canelie, ou du Zingenvre. 

Teinture^ou Feeuh d'Agaric. 

C Ette operation fcdoitpluroftap- 
peller Pécule que Teinture , dau- 
fanîtju’il ne rend aucune Teinta e 




charitable & facile. 113 
a fort peu de liaifon.ElIe s’extraid com¬ 
me celle de Reubarbe , avec efprit de 
vin. Scs vertus font de purger la pitui¬ 
te fubtile , Sc les humeurs vifqueufes de 
tout le corps; mais principalement des 
poulraons , du cerveau, & du mezen- 
tcrc. 

Teinture de Safran. 

O VS extrairez cette Teinture 



V comme la precedente, avec efprit 
de vin, -Elle cft amie du cœur, & du 
poulmon. Elle a une grande familiarité 
avec tous les autres vifcercs, & particu¬ 
lièrement avec la matrice. Elle ouvre, 
digere , & ramolit : appaife les dou¬ 
leurs, excite le fommeil, provoque les 
mois , & aide à faire fortir l’enfanr. 
E’ufage de cette Teinture eft tres-fre- 
ejuent dans l’apoplexie, les vapeurs de 
la matrice, la jaunifle.l’afthmç, & dans 
toutes les maladies veneneufes, & ma¬ 
lignes. La dofe eft de cinq à fix gouttes 
dans quelque eau convenable. 


114 Là Chymie 

: Teinture d'Elebere noir. i 

L ’O N fe fert d’efprit de vin pour ex¬ 
traire les Teintures des Mixtes difHr 
ciles àpenetrer.L’Elcborcabefoin d’un 
menftruë pénétrant, c’eft pourquoy il 
faut que l’efprit fait bon. Vous coup- . 
perez le bois par petites pièces, & pra¬ 
tiquerez coramè vous avez fait cy-def- 
fus. Ses vertus font de purger toutes les 
humeurs melancholiques, & par con- 
fequent toutes les maladies qui en pro¬ 
viennent, comme font fa manie, la fo¬ 
lie , les paffions hypochondriaqiies, les 
vertiges, les cancers, la fièvre quarte, 
lapoplexie, l’epileptie , les galles & 
gratelles noires, & autres maladies de" 
mcfme genre : Mais il faut confiderer 
la force des malades auant que de s’en 
fervir. Il eft à propos de confultcr un 
prudent Médecin, dautant que le re¬ 
mède eft violent. 

Teinture de Coloquinte. j 

V Oys coupperez les pommes de ! 

de Coloquinte, & vous vous fer- 
virez pour menftruë d’eau de Rofma- 




chantable é" facile. iiy 
rin. Faites digérer au Bain comme aui 
operations precedentes , jufqaes à ce 
que vos pommes foientdiflbultes >quc 
vous exprimerez ,& retirerez au Bain 
voflre eau de Rofmarin , la Teinture 
reftera au fond du vailTeau. -Elle a la 
vertu detircr la pituite grofliere & vif- 
queufe des parties les plus profondes 
&efloignées du corps, comme du cer¬ 
veau, des nerfs,Sc des jointures.Et pour 
cet efFe6t elle cft ordonnée aux verti¬ 
ges, aux migraines, à l’apoplexie ,& à 
l’cpilepfie.Ladofe eftdc fix grainsjuf- 
quesàdoiize. Son ufagcn’eft que pour 
les perfonnes fortes & robuftes , par¬ 
ce qu’elle cft ennemie du ventricule, 
&des inteftins. 

Teinture à^Aloes. 

M ETTEzvoftreAloësdans un vaif- 
feau de\rerre:vcrfezdeirus quel¬ 
que eau aromatique,ou efpritdcvin, 
& procéderez comme aux autres Tein¬ 
tures. Sa vertu eft de purger & defle- 
chcr. Elle eft chaude, à caufe dequoy 
elle provoque les mois, & les hémor¬ 
roïdes : elle, fortifie le ventricule, tue 


La Chymie 


les vers,& les^chafle dehors; empef»- 
chc ia pourriture & corruption. Elle 
nettoye.'confolide, & fortifie. Ellc.<ll: 
un infigne reincde pour les playcs. 

Teinture de Gomme-gutte. 

O VS extrairez cotte Teinture 



V comme dcflus ,avec efprit de vin. 
Elle a la vertu de chafier les ferofitez 
par haut & par bas, qu’elle tire de tout 
le corps , & les humeurs vifqueufes & 
pourries. C’eft pourquoy l’on s’en fert 
dans les hydropifics, & aux fièvres lon¬ 
gues , aux galles & gratelles. La dofe 
cft depuis fix grains jufqucs à quinze. 


Chapitre VIII. 

LMiniere d’extraire Taux^Ljpnces^ 
Teintures ^ cf Sels des E^keries. 

Du Cloudde Girefjle, 

L Es eaux&eirenccsduCIoudde Gi«' 
roffle, & de Canelle, fe tirent' d’u- 
Jic mefmc façon. Voicjr la naanierc de 



charitable é" facile. 117 
les extraire. Vous prendrez lequel il 
vous plaira, & le concaiTerez grofGerc- 
ment, & le mettrez dans une Cornue. 
Verfez de l’eau comipunc dciTus, qu’el¬ 
le fumage de quatre doigts, & que le 
tiers de voftre vaiffeau demeure vuidc > 
lequel vous boucherez, 5c mettrez en. 
infufion au Bain trois jours : apres le¬ 
quel vous joindrez un Récipient 3 
voftre Cornue, de telle forte que voftre 
vaifleau qui diftille entre librement de¬ 
dans, 5c donne au milieu.Luttez bien 
le]rout ; éc lors que le lut ferafec, diftil- 
iez au feu de fable, 5c gardez les de- 

F rez du feu : lors que les trois parts de 
eau que vous aurez mife deftus feront 
diftillces , ceflez voftre operation, 5c 
laiflez refroidir vos vaiiTeaux. Puis fe- 
parez l’huile d’avec l’eau par l’enton¬ 
noir. Laquelle huile eft au contraire de 
celle de Sauge 5c de Rofmarin. Elle 
demeure au fond par fa pefanteur : elle 
, vient la première par le vaifleau fepa- 
1 ratoirc. Vous la mettrez dans une phio- 
le , que voUs boucherez. Pour l’eau 
I vous la rectifierez au Bain , dàutant 
quelle ne vient pas claijce, àcaafe que 




ii8 La Chymie 


la diftillation par la Cornue eft tou-! 
jours plus violente j parce que les cf- 
prits n’ont pas eu le temps de circuler. 

Vertus de tMjfence du Cloud de 
Gtnffle. 

’E s s E N C E de Giroffle fortifie la 



Xj nature affoiblie , foit pour'l’avoir 
trop furchargée par les excès du boi¬ 
re ou du manger, ou pour l’avoir fait 
pâtir , en ne Tuy donnant point d’ali¬ 
ment. Elle travaille par la digeftionde 
l’un, & reftaure les forces & chaleur 
naturelle, & donne de la vigueur qui 
feroit affoiblie par le manque de l’autre. 
De toutes fortes d’âges l’on peut tom¬ 
ber dans ces deux extremitez : c'eft 
pourquoy elle eft bonne aux vieux, & 
aux jeunes , lors qu’ils manquent de 
chaleur naturelle, &àtoütes les maU- 
dies froides. La dofe eft de trois à qua¬ 
tre gouttes dans du vin, ou en eau de 
Bugloffe , Bourrache, Melifle , Char- 
don-bcnit,ou en foncau propre. Elle 
fortifie les membres refroidis , & les 
ranime. Elle aflbuplit les nerfs : elle fert 
à faire de l’Hypocras, en mettant une 



charitable dr facile. 119 
goutte fur une pinte devin, & autant 
d’eflencc dccanelle, & dufucrc à dif- 
crction. D’une livre de clond , quand il 
eft bon, & qu’il n’a point efté altéré, 
l’on en peut tirer deux onces d’eflence.- 

L’eau de Girofïle a les mefmes efFcds 
que l’Eflence. Elle fe prend en plus 
grande quantité , dautant qu’elle n’a 
pas tant de force. Sa dofe eft d’une de¬ 
mie cuillerée jufques aune cuillerée. 

Sa Teinture, qui eft reftée au fond de 
voftrc vaifleau,a plufieursvertus.Elle 
peut ranimer les patties déniiées de 
chaleur naturelle, l’appliquant -deffus. 
Elleeftbonne ponrlesgouttes froides 
& feiatiques, & pour toutes les dou¬ 
leurs qui proviennent de froideur. Il 
s’en fait un baume avec de l’extraiclde 
Mille-pertuis,& therebentine de Ve- 
nifej le tout mis dans une phiole de ver¬ 
re double, bien bouchée, le quart de 
vuide , expofé quarante jours au So¬ 
leil. Ce baume guérit toutes les ulcérés ; 
guérit la gangrène. Pour l’appliquer il 
le faut chauffer. 

Vous tirerez du Sel de voftrc Cloud,. 
comme celuy des autres Simples. Son 




12-0 La Chymie ! 

ufage eft bon pour les vielllesperfon- i 
nés , pris le poids de trois à quatre 
grains deux fois la femaine, dans quel¬ 
que véhiculé , comme bouillon, vin, 
ou fyrop. 

î De U Caneüe. 


L ’Essence deCanelleeftfouveraine 
^pour le cœur : elle le réjouit, & 
chalTe lamclancholie,prife deux gout¬ 
tes dans deux cuillerées d’eau de Me- 
lifle, une fois tous les mois. Elle facilite 
les aCcouchemens, & provoque les pur¬ 
gations des femmes ,prife cû eau d’Hy- 
Kjpe. Conforte le cerveau, rend l’halei- 
ne douce & fuaue en eau de Rofes j cuit 
le phlcgmegrofficr, &lefait jetter de¬ 
hors : guérit les toiles provenances de 
froidure : fait revenir de fyncope,prife 
dans demy cuillerée de fon eau. 

L’eau de Canelleaiesmefmes vertus 
querEirence.Comme elle eft plus com¬ 
mune , & qu’il fe tire peu d’Eftencc, 
ellefupplcra.aii defaut. 

Là teinture,lefel, l’eau & l’elTen- 
ce réunis enfemble, avec un peu de the- 
^tebentine} le tout mis dans une phiole, 
& expofé 




charitable é" facile. , iii 
&-cxpofé un mois au foleiljeft un bau¬ 
me qui canfolide toutes fortes de 
playes, appliqué fur reftoinaclc forti¬ 
fie. D’unelivrede CanelIe,ron nepeuc 
tirer que fix gros d’eflence tout au plus. 

De la Mufiade. 

L AMufeade ne fe diftille point, fes- 
éfprits font condenfez enfsmble, & 
n’ont point de facilité pour, s’élever. 
Ce que l’on-appelle efiencede Mufea- 
de ,eft plutoft une teinture qu’une ef. 
fcncc.- Elle s’extraiâ: en cette forte. 
Couppez partranchc voftre Mufeade,. 
& la mettez dans une Cucurbite de 
verre, &verfez del’cfpritdc vin deflus: 
puis mettez un Chapiteau aveugle, & 
faites digerer au Bain à feu tiede, juf- 
ques à ce que voftre efprit foit colore. 
Alors verfcz-le par inclination, & re¬ 
mettez d’autre efprit fur les feccs re- 
ftantes au fond du vaifleau. Réitérez 
jufques à ce que voftre efprit ne tire 
plus de teinture. Prenez toutes vos 
teintures, & retirez v.oftrc-efprit par la 
diftdlation du Bain 5 l’eftcnce , ou plu- 
toft la teinture demeurera au fond. 



12,2, La chymte . 

L’on fait extraftion d’huile deMufca- 
dc par l’exprcffion , comme l’on fait 
celle des Noix •, mais il s’en tire fi peu, 
que je neconfeille à pcrfonne de faire 
certe operation. Pour la teinturefufdi- 
te, elle a quantité de vertus-: une gout¬ 
te prife dans une cuillerée d’eau fil¬ 
etée ,fortifie la veüc &l’eftomac;prife 
avcceaudeSaulge ou dcFenoüil, elle 
chafleles vents ; en eau de Câpres elle 
diflîpe l’enflure de la ratte; en eau de 
Rofes, ou Meliflc elle corrige les puan¬ 
teurs de l’halcinc j en eau d’Alchcchagc 
elle fait uriner; appliquée par dehors 
clic cft fingiiliere aux douleurs des 
nerfs & jointures ; elle diffipe les dure- 
tez qui proviennent de froidures. 

Du Poivre Zinz.emhre. 

L e Poivre efl: un frui(a,& le Zin- 
zembreune racine,defquels il ne 
fe tire que fort peu d’huile par la difti- 
lation , non plus que par expreffion; 
mais bien par imprégnation. Vous pil¬ 
lerez voftre foivre groflîerement , & 
coupperez voftre Zinzembre, &mct- 
icez lequel il vous plaira infufer dans 



Chdritahle S‘ facile. iij 
de l’huile d’amandes douces, ou huile 
d’olives,dans une phiole de verre au 
foleil, ou au Bain, & l’y laiflerez juf- 
ques à ce quevoftrfe huile air attiré le 
gouft,&l’odeur de la choie que vous 
yaurezmifc. Si la première fois ne fuf- 
fit, vous en remettrez d’autre, & con¬ 
tinuerez jufqu’à ce que vous foyez fa- 
tisfait. Vous prendrez vofti'e Poivre,ou 
Zinzembre imbibé d’huile, & le diftil- 
Icrez par la Retorte;il en fortira une 
huile qui afleurément aura le gouftde 
la chofe fur laquelle elle aura efté mife: 
Vous expoferez cette huile au foleil. St 
elle eft tirée du Zinzembre , elle elfe 
chaude à l’eftomach, & le fortifie, & 
fa chaleur n’efl: point violente. Son 
ufage eft meilleur que celuy du Poivre. 
Il faut ufer de l’un & de l’autre modé¬ 
rément. Ils ne fervent que decorredfeifs 
pour les remedes internes j & par le 
dehors, ils échauffent les membres re¬ 
froidis , & font meurir les bubons àc 
apofthemes. - 


1X4 


Là Chymie 


C H A P I T R E I X. 

Des Gemmes & Raijines. 
Thcrehenüne. 

T Ovtes les Gommes & Raifînes fc 
didillent per Defce»fum, comme il 
cft dit jcn fon lieu. De quelques-unes 
l’on en extrait la reinturc en la maniè¬ 
re que j’ay ditenrextradiondes Tein¬ 
tures. De toutes les Gommes raifîneo- 
fes, il n’y a que la feule Thercbcntine 
qui fe diftille par la Cornue en cette 
manière. Prenez de la Therçbentine de 
Venife j la plus blanche cft la meilleure, 
& la mettez dans une Cornue; verfez 
de l’eau par delTus,qu’elle fumage de 
deux doigts ; que voftre vaifleau, pour 
le plus , ne fait remply qu’à moitié. 
Adaptez une autre Cornue^ & luttez 
bien les jointures ; diftillez à feu doux, 
depeur que lamatierc ne gonfle: con¬ 
tinuez voftre operation jufques à ce 
que yous voyez monter une huile rou- 






charitable & 'facile. 1 1 j 

gc. Alors changez de Récipient , éc 
augmentez voftre feu, jufques à ce qu’il 
ne monte plus rien dans voftre premier 
Récipient ; vous aurez une eau, ■& uric 
efTence que vous feparerez parmi cn- 
tônoir; l’eflence demeurera «ieflus.T oU- 
tes les deux ont méfme faculté, mais 
les dofes font differentes. L’effence fe 
prend jufques à vingt gouttes •, & l’eau 
d’une demy cuillerée à une cuillerée. 
Elles lafclient l’urine fupprimre , def- 
chargent les reins-, Sc clics font bonnes 
pour les indifpofitions de poitrine. El¬ 
les appaifent la colique, aident à la di- 
geftion, prifes dans.un véhiculé conve¬ 
nable, comme vin blanc, & eau d’Hy- 
fope. ■ 

Pour l’huile rouge, qui eft venue fa 
dernière, c’eft un baume pour les playels 
nouvelles : il les confolidc, il fait affou- 
plir& ralonger les n«rfs racourcis, & 
retirez par froideur. Il aidcl la dig'e- 
ftibn mis fur l’eftoinac. 

lleurs de Berijoüin, 

P R T NI Z la quantité de Benjdiim 
qq’ilvüUs plairA, & le mettez dans 
F iij 


né ta Chymie 

un Creufet qui foit de grandeur con¬ 
venable : accemmodez un cornet de 
papier gris deffiis, de façon que le 
Creufet foit entouré par le haut dudit 
cornet. Pofez voftrc Creufet fur un re¬ 
chaut , & faites un feu doux. Et lors 
que voftre papier jaunira par bas , celTez 
Toftre operation , & oftez voftre cor¬ 
net , vous .trouverez les fleurs fubli- 
jnecs au haut : abbattez-les avec une 
plume. 

Scs fleurs font bonnes pour les touxs 
invétérées : il en faut former tablettes 
èn cette forte. Prenez une demie livre 
de fucre, faites-la cuire enconfiftence 
de tablettes, &y mettez une once de 
fleurs } puis jettez fur le marbre , & 
avec un couteau coupez vos tablettes 
enferme de lofenge. 

' Autres Tablettesyeur lepeulmert. 

F aites cuire du fucre corne il a efté 
dit,&yadjouftezIes chofes fui van¬ 
tes réduites en poudre fubtile; fleurs de 
Rofesde Provins demie once,Mufcade, 
Iris de Florence,&Regliffe,de chacune 
une drachme : demie drachme de fleurs 





Charttahk dr facile, 117 
de Benjoüin, & trois drachmes de fleurs 
de Soufre. Vfez de toutes ces chofes , & 
en prenez foir & matin. 

De la Myrrhe & Encens, 

L ’O N peut tirer de ces deux GoM^ 
mes une liqueur à laquelle on don¬ 
ne le nom d’huile. Vous prendrez des 
œufs frais, que vous ferez durcir, puis 
les couperez par la moitié, & en ofte- 
rez le jaune, & remplirez leurs places 
de Myrrhe, on d’Encens pillé, & ré¬ 
joindrez les deuxmoiticz enfemble,& 
mettrez vos œufs ainfi remplis dans un 
vaifleau de verre , que vous mettrez 
quarante jours dans du fumier de che¬ 
val: à la fin dcfquels vous deffairezvo- 
ftrevaifleau, & ofterez tous les œufs, 
& prendrez la liqueur qui fera au fond, 
que vous filtrerez Cette liqueur a la 
vertu de conferuerde pucrefaélion, & 
eft fouveraine pour les douleurs. L’on 
en peut former paftillc qui rend une 
odeur fort agréable. 


La Chymte 


tiS 


Chapitre X. 

Maniere deprepArer, é" d'extraire les 
huiles des Bois , Bfcorces 
d* Raeines. 

Huile de Gaïae. 

C O V P E Z le bois de Gaïae par pe¬ 
tits morceaux , que vous mettrez 
dans une Cornue : verfez defTus de 
l’eau commune,qu’elIe fumage de deux 
doigts le bois; que la Cornue pour I» 
plus ne foit remplie qu’à moitié : met¬ 
tez en digeftion au Bain par trois jours, 
puis diftillcz à feu de rôtie, & gardez 
les degrez du feu; l’eau & l’huile diftil- 
Icrontcnfemble : vous feparerez l’huile 
d’avec l’eau par le vaifTeati feparatoire. 
Toutes les huiles des Bois, Efcorces 
Racines s’extrayent en cette manière; 
quand on Icsdiftilleverdsil n’eft point 
neceflairc de leur donner de mcnftruë. 
Les vertus de cette huile font d’exciter 



Chdritahle & facile. Ti9 
les faeurs, prifes par la bouche ; & au 
dehors il efl: fouverain aux vieilles ul¬ 
cérés eftimces incurables. 

V € 7 tm de L'hmle & ejcorce de 
Frefne. 

’H VI L E d’efcorce de Frefne atte- 



JL. nue, confomme & ramolit les du¬ 
rerez de la ratte; elleeftdiutetique <SS 
chafle le fable des reins, prife dans un 
véhiculé approprié au mal.Ladofc eft 
de dix à douze gouttes. 

V€ 7 tui de l'hmle de Buis. 

/^Ette huile eft narcotique , ou 


V_-aflbnpiflante : pour cet effet l’on 
s’en fert aux douleurs violentes des 
dents ,'fen appliquant une goutte à la 
racine de la dent malade avec un cure- 
dent ; foit qu’elle foit gaffée par eorro- 
fion, ou par des vers. Il y en a qui s’en 
fervent auffi contre l’epilepho. 



La chymie 


ÏJO 


Chapitre XI. 

Maniéré’de yreparer lès Pécules, 

Pécules de Brione,. 

P Rekez des racines de B donc, &: 

Jes coupez,puis les pillez dans un 
mortier de marbre , & les exprimez 
fous la preflè ; il en forcira, une eau 
efpoifle & blanche, que vous mettrez 
dans une terrine douze heures à la cave; 
toute la blancheur defeendra au fond 
de là terrine. Verfez l’eau de deflus par 
inclination , & faites feicher la matière 
Hanche à douce chaleur.Si vos Racines 
font fciches quand vous les pillerez, 
vouslesimbibcrezd’eau commune, & 
ferez comme deflus . Toutes lesfecules 
fc préparent de cette forte. Les vertus 
de celle cy font de purger les humeurs 
fereufes & pituiteufes ; elle dégagé les 
, obllrudïions du foye, & de la ratte; fait 
vuider les eaux des hydropiques par 
haut & par bas ; provoque les mois. 



Chântahle & facile. 131 
empcfchc les fuffocations de matrice, 
foulage les afthmatiqucs , & fert à la 
goutte, employée dedans & dehors. La 
dofe eft de dix grains jufqu’à vingt, 
dans un bouillon, œuf, ou conferve. 

Fecule d'Aaroit, ^ de Jès 'vertus. 

E l L E purge la pituite vifqueufe Sc 
gluante, & l’une & l’autre bile par 
le vomiffément, & quelquefois par bas, 
mais avec quelque forte de violence. 
Elle ouvre les obllrudlions de larattc, 
du foye,& de la velïîe du fiel,& les 
chafle parles urines. La dofe eft.dc fis 
iufqu’à douze grains. 

Fecule d'Iris de fis •vertus. 

L ’On fe fert principalement de l’Iris 
de Florence, qui eft chaude & fechc 
aufecond degré, pour faire Fecule. Elle; 
incife & atténué les humeurs ; digère », 
deterge & amolit ; aide à dégager la 
poitrine par les crachats; fait fortirle» 
humeurs vifqueufes Sc gluantes des 
poulmons ; c’eft pourquoy l’on s’enfert 


13 L chjmie 

à l’afthme, à la toux, aux mois arreftex, 
aux tranchées de ventre des enfans; elle 
nettoyé & ofte les taches & lentilles de 
la peau, mcllée avec Elebore & inici: 
il corrige la puanteur de l’haleine. La 
dol'e clt de dix j ufques à quinze grains. 





charitable & facile, 



TKOISIESME ^AKTIE. 

Des Animaux. 


A V A N T-PR O P O s. 

a E S Animaux auflî - bien 
que les Simples contri¬ 
buent àrentrctiendc la vie 
de l’homme ,& à la Confcr- 
vation de fa fantc ; & mefmc aident à 
la rétablir quand elle eft afFoiblie. L’ex- 
perience nous le fait connoiftrc, puis 
qu’ils nous fourniffent des remedes 
pour cet eflFeét: S’ils nous caufcnt des 
infitmitezpar noftre mauvaifecondui- 
le, ils nous fer vent d’antidote pourles 
détruire. Dieu par une prévoyance ad¬ 
mirable a voulu que le reraede full; 
proche du mal. Si la Viue picque,& 
fait Une playe dangereufefon foye eft 



134 Chymie 

un rcraede afleuré au mal qu’elle a faû 
eftant appliqué delTus. Ccluy qui efli 
ofîenfé de la Vipere, s’il en mange, il 
cft venge & guery. Si le Scorpion,la 
Fourmis, & la Mouche à miel font écra^ 
fées fur les picqueures qu’elles ont fai¬ 
tes , elles guerilTcnt auffi-toft. Les Ani - 
maux fourniflcnt non feulement des 
temedcs aux maux qu’ils ont caufé, 
mais auffi à quantité de maladies auf- 
quelles ils n"ont en rien contribué. 
N’eft-il pasvray qu’vn Poulet couppé 
tout vif par la moitié, & appliqué fur 
la tefte, fortifie le cerveau, & arrcfte 
les extravagances qui proviennent 
d’une fièvre violente? Le fang de Pi¬ 
geon, picque fous l’aifle,empefchelcs 
marques de la petite vcrolle, fi l’on en 
applique trois ou quatre fois le jour fur 
la verolle avec une plume,quand elle 
commence à fortir, ôc que l’on conti¬ 
nue jufques à ce que les petites peaux 
tombent. Les petits Chiens vivans ap¬ 
pliquez fur l’eftomac, aident àladige- 
ftion , fortifient, & appaJent la dou¬ 
leur de la colique. L’Archange Raphaël 
fefcrvicdu field’unpoifibn pour réta- 


charitMe ^ facile. 13^ 
blic la veüe du vieil Tobie : & du foyc 
du mefmc animal il chafla le démon 
homicide,qui'faifoit mourir les maris 
de Sara. Les Animaux nous fourniflenE 
non feulement des remedes topiques, 
maisauffi des médicaments tres-necef- 
faires, tant pour nourrir, fortifier, 6c 
reflaurer les forces abbatuës, que pour 
purger les humeurs corrompues. Il 
femble , comme nous fommes d’un 
mcfme genre, qu’ils ont plus de fym- 
pathie avec noftre tempérament. le 
laifle ce jugement à faire aux expéri¬ 
mentez , ôc me contente d’eferire la 
manière de préparer les remede^ qui 
s’en tirent. 


Chapitre premier. 

Du Sang humain. 

P Lvsievrs ont eferit la manière 
de diftiller le Sang humain, & ont 
fait cette operation fort laborieufe; ce 
qui a dégoufté beaucoup de perfonnes, 
& les a empefehe de l’entreprendre,. 



La Chymie 

Voicy une méthode tres-facile,laqucli. 
le eft expérimentée. Prenez le fang 
d’un jeune homme , âgé depuis dix- 
huit jufqu’à vingt-quatre ans,qui foit 
bien temperé, le teint frais &, vermeil) 
ny trop gras, ny trop maigre. Laiflez 
fcfroidir le fang , & repofer douzé 
heures ; puis vous ofterez toute l’eau 
qui ferâ defflis, & ne prendrez que li 
tnalTe, que vous coiipperez par petiti 
tUorfceaux, & mettrez dans une Cueuf^ 
bite de verre , &Iés diftillerez aU Baifl 
àfeii doüx jüfqu’à lîccité. Faites fécheé 
i petit feu ce qui fera au fond dé voftrà 
vâiflTeau., en forté qu’il devienne eft 
poudre, & confervez cette poudre dans 
une phiole de verre bien bouchée, pour 
vous en fervir comme il fera dit cy- 
apres. Mettez demouveau fang comme 
le premier dans voftrc Cucurbite; ver- 
fez l’eau que vsus avez diftillée delTus» 
&diftillez comme au precedent: reïte- 
fez cette opér.ation cinq fois,&âcha¬ 
que fois o&et voftté poudre ; mettei 
feftreëàu diftilléeéirculérau Bain ,ou 
au fumier quinze jouis j puis diftilbi 
pour la dernieré fois au Bain à fe» 




Chmuhle é‘ facile. 137 
doux, & ne tirez que les deux parts de 
l’eau que vous aurez mife circuler; la 
jrattie reliante n’eft que phlcgme, qiii 
n’eft propre à-rien. Cette eau fe doit 
appcüerefpricdesEfpritSjàcaufede fa 
.grande fubtilité, & du fujet d’où ejle 
. eft extiraicle. Ses vertus furpaflent cel¬ 
les que l’on attribue à l’or potable. Elle 
■ combat nos infirmitez ; elle rafraichit, 
& modère les bilieux & coleres ; elle 
échauffe les froids, & ranime la cha¬ 
leur naturelle ; elle remet la comple- 

I xion ruinée à Ton tempérament ; elle 
corrige le vice des parties qui fervent à 

I la refpiration : elle fortifie le cœur, de- 

II fopilele foye &laracte relie diffipe le 

I phlegme craffe & époix; elle affermit 
le cerveau , & purifie les organes d’ice- 
luy, de telle forte que les facultez de 
I l’efprit font librement &c fans peine 
!' leurs fondions : elle augmente le fang, 
i. & le purifie : bref, elle purge toutes 
I ' fortes de mauvaifes humeurs,ôclcspouf- 
fc au dehors par les voyes naturelles. La 
. dofe cil d’une cuillerée infques à deux, 
dans quelque eau cordiale, ou appto- 
’ priée au mal. 




ijS La chymîe 

— La poudre que vous avézcy-devant 
gardée alesmefraes vertus. Elle purge 
par les Telles , urines & Tueurs , priT* 
dans un bouillon, ou dans un verre de 
vin blanc, le poids d’une demie drach^ 
me juTques aune drachme. 


Chapitre II. 

I>u magijlere du Crâne humain. 

D I E V par une providence admira¬ 
ble avouluque Thomme trouvait 
dans Ton eTpece dequoy le guérir, & le 
foulager dans Tes maladies. Nous avons 
veu dans les vertus du Sang humain 
préparé , combien il y contribué 5 les 
elFcéls du Crâne humain ne Tont pas 
moins-confiderables. Prenez le Crâne 
d’une telle Techc,s’il ne’l’eft pas vous 
le ferez Techcr au Toleil»ou au feu, ou 
en le portant longtemps Tur vous ; ra- 
pez-Ic, & lcreduifezen poudre, & le 
mettez dans un vafe de verre : VcrTcz 
delTus du Tue de citron, ou du fort vi¬ 
naigre diftillc, qa’ilfurnagc de trois ou 




chàrkahle é" facile. 
quatre doigts ; bouchez voftrc vaiflcau, 
& le mettez en digeftion au Bain cinq 
ou fix heures ; verfcz par inclination 
voftre fucjou vinaigre, & en mettez, 
d’autre, & faites digerer comme vous 
avez fait: continuez jufques à ce que 
tout voftre Crâne foit diftbut; prenez 
toutes vos diflblutions , & les filtrez 
par le papier gris, Sc les mettez dans 
une Cucurbite de verre : verfèz defTus 
goutte àgoutte de l’huile dè Tartre, ti¬ 
rée par défaillance toute la di Ablution 
fe précipitera au fond : verfez parincli- 
nation le fuc , ou vinaigre : lavez Sc 
dulcorez la poudre dans quelque eau 
cordiale, comme de Rofes, Caneüc, 
Buglofle, Bourrache, Chardon bénit, 
ou Melifte : puis vous deflechcrez ladi¬ 
te poudre dans un vaifleau de verre, & 
la mettrez dans une phiole bien bou¬ 
chée. , 

Cette poudre eft pour toutes les mar 
ladies du cerveau •, particulièrement 
pour les epilepciques, & pour ceux qui 
ont des vertiges. Elle fc prend dans 
quelque liqueur,comme eau de Sauge, 
ou Marjolaine, ou dansla conferve de 



140 La Chymie 

Rofes, le poids d’un Scrupule. Si'c’eft 
par précaution qUeTon la prend, il faut 
diminuer la dofc'de moitié, & conti¬ 
nuer neuf matins. 


Chapitre III. 

Le l'huile admirable des Os d'hommes, 

P renez les Os d’un homme, les plus 
gros que vous pourrez avoirjcaflez- 
les , & les faites rougir dans le feu ;& 
quand ils feront rouges, vous les met- .'j 
trez dans un pot de terre vernifle, dans \ 
lequel vous aurez mis une fuflSfantc j 
quantiréde fain.ou graiffe d’homme : | 
couvrez le pot, & leslaififez imbiber, 
puis les oftez de dedans, & les pillez 
& mettez dans une Cornue , avec la 
grailfe qui fera reftée dans le pot : diftil- 
lez au feu de fible , & continuez vo- 
ftre dtftillation jufques à ce qu’il ne 
monte plus rien , exnofez cette liqueur 
au foleil.C’eft un fpccifique pour routes 
douleurs de nerfs Sc de jointures , ôé 
pour les feiatiques. . ' 






Charitahlc & facile. 141 


Chapitre IV. 

I)ts eaux de chdir. 

De r-em de cha^en. 

S I:vous voulez diftillervnChapon, 
ou Poulet , vous lecorchercz tout 
vif, & luyoftcrez les pieds, la tcfte,& 
toutes les entrailles. Vous caflerez-fes 
o« dans-un nvortier de-pierre, avec un 
pilon de-bois,&lëmettrez par pièces 
dans une Cucurbitc de verre, avec une 
poignée d’orge mond^. Verfez dellus 
une pinte d’eau deBugloflcjOU Bour¬ 
rache, diftillcz au Bain bouillant, afin 
que Ics' crpnts, du Chapon montent 
avccrcauitircz une pinte de liqueur, 
puisceflez voftre operation. 

Cette eaueftreftaurative & pcélora- 
Ic. Elle renouvelle-les forces des per- 
fonnes débilitées par maladie, en pre¬ 
nant quatre ou cinq cuillerées,cinq ou 
fix fois le jour de cette façon. L’on peut 
diftiller toutes fortes de chairs , &: y 



142- La Chymte 

augmenter & diminuer , félon qu’il 
fera neceflaire. 


Autre maniéré de àifiiüerles Chairs. 

V O VS mettrez la chair que vous 
voudrez diftilletjfoit Bœuf, Veau, 
Mouton, ou Volaillcs, bouillir dans un 
pot neuf vernifle, & bien bouché: & 
lors que tout fera bien cuit, vous en 
exprimerez le lue fous la prelTc , que', 
vous ferez diftiller au Bain, comme il 
eft dit cy-delTus. Vous pourrez y ad- 
joufter des conferves, & telles chofés 
qu'il vous plaira. 

Apres les diftillations de Chair, il de¬ 
meure au fond une teinture, laquelle 
coulée & cuite en confiftcnce d’ex- 
traiétjmeflée avec partie égale dethe- 
rçbentine,& de cire, eft un cmplaftrc 
pour les douleurs des nerfs, &;gouttes 
froides. 


Rejtauratifde Chair excellent. 

P R E N E Z un vieil Coq , un jarct de 
Veau,& un bout-feigneujc de Mou- 
-lon jcouppezle tout par naorceaux,& 



Chartfabte & facile, 145 
les mettez dans un pot neuf, de gran¬ 
deur fuffifantc : bouchez bien le pot 
avec un couvercle, & le luttez avec des 
blancs d’œufs, &de la chaux vive: met- 
tez-Ie bouillir dans le Bain-Marie. Il ne 
faut pas oublier de mettre le petit cer¬ 
cle fous le cul du pot, que leBainfoie 
bouillant l’efpace de deux heures; puis 
exprimez fous lapreflc ce qui fera dans 
le pot , & le laiflez refroidir pour en 
ofter la graiire,que vous lèverez avec 
une cuillicre.il faut donner au malade 
une cuillerée ou deux de ce Reftauratif, 
cinq ou fix fois le jour.il eft fortnour- 
riflant. 


ChapitreV. 

Be laTeinture eu extraiB de foyt de 
Veau , de ratie de Bœtf. 

L e s Teintures ou extraits de foyc 
de Veau, & de rarte de Bœuf, fe 
font en cette forte. Pillez le foye &la 
ratte dans un mortier de marbre, puis 
le mettez dans un vaiCTeau de verre: 



144 La Chymte 

verfczdc bonefprit.de vindefTus, qu’il 
fumage de trois ou quatre doigts ; bou¬ 
chez voftrevaifTeau, & le mettez infu- 
fcrauBain tiede,jufques à ce que vo- 
flrcefprSt foitteint. Verfez* le par incli¬ 
nation, ôc remertez.dc nouvel efprit, 
continuez jufques à ce qu’il ne vien¬ 
ne plus de teinture. Prenez refprit 
teint, & le mettez- dans l'a Cucurbite , 

& le retirez par la diftillation du Bain, | 
jufques à ce qu’il ne monte plus rien ; la 
teinture demeurera au fond , à laquelle 
vous meflerez du fucre à diferetiqn.. ■ 
Vne cuillerée de teinture de foye de. 
Veau, jufques à deux, prife matin Sc 
foir,guérit la poulmonie; elle réjouit 
le cœur ; elle chaflTe la melancholic -, elle 
defopile le foye. L’on peut mettre cet¬ 
te teinture en confiftence d’extraid, 
pour en former pillules, qui auront le 
merme effed prifes le poids d’un Scru¬ 
pule jufques à deux,dans la conferve 
de Rofes. 

La teinture ou extraid de ratte de 
Bœuf defopile la ratte, & en fait fortir 
toutes les impuretez. Elle empefehe 
qu’elle ne gonfle.-, elle eft utile contre 




charitable & facile. 14 j 
toutes les maladies qui peuvent atta¬ 
quer cette partie. 

Chapitre VI. 

De l'huile £oeuf. 

P Renïz telle quantité d’Oeufs qu’il 
vous plaira, 5 c les faittis durcir. Pre¬ 
nez tous les jaunes, & les mettez dans 
une Cornue, & diftillez à feu de foüe. 
Çette huile eft bonnecentre l’apppk- 
sic, Cl ceux qui font menacez de ce mal 
s’en frottent la cimede la teftc une fois 
k femaine. Elle guérit les dartres , êc 
defleebe les ulcérés : elle guérit les brû¬ 
lures , & particulièrement celles de I4 
ç«fte, & leve les cicatrices qui en font 
;^oveiHJS. Elle fait rcvcnirle poil lîot» 
eu frotte le lieu : elle ode la maille des 
.yeux, y en mettant une goutte dedans 
•tous ics jours;elle delïèche la teigne, 
.il faut rafer les cheveux devant que de 
l’appliquer; èüe appaife la douleur de 
Ja goutte qui prend aux pieds. Vne 
goutté mife ^ns roxeille , diflipe k 
.bruit d’iccile. : 



14 ^ La chymie 


Chapitre VII. 

He Huile & Teinture 

de Miel. 

Es L EZ une livre de fable bien 



xVj.net avec deux livres de miel efeu- 
mé, & les mettez dans une Cornuë, SC 
diftillez au feu de fable : il fortira une 
eau blanche la première} & lors qu’il 
montera une liqueur rouge , changez 
de Récipient: c’eft l’cfprit du Miel, 
qu’il ne faut pas mefler. Qwnd vous 
verrez qu’il ne diftillera plus rien, 
augmentez voftre feu , il fortira une 
huile epoifle , qu’il ne faut pas mefler 
non plus, avec l’efprit. Reélifiez l’efprit 
au Bain, la teinture demeurera au fond, 
& l’cfprit diftillera comme de l’eau. 

Les vertus de l’cfprit de Miel font 
tres-grandes : fi elles cftoient connues, 
fon ufage feroit plus frequent qu’il n’eft 
pas. Il defend le corps de toute pourri¬ 
ture, &confcrve lafanté un trcs-long- 
temps. Pline eferit qu’un foldat âge 






ChdritMe dr facile. 147 
d’un grand nombre d’années, fort ôc 
en bonne fantc, fut interrogé par OÆa- 
vc Augufte de ce qu’il faübis-pout fc 
confcrver la fancé, & vivre fi long¬ 
temps i il fit réponfe qu’il mettoit de 
l’huik par dehors, & qu’il prenoit du 
miel au dedans. Ce tefmoignage cft 
confidesable, & fans doute le Miel a 
des qualitezexcellentes; fi l’on confi- 
dere de quelle manière il eft produit , 
& de quelleschofcsileft compofc,on 
auoüera, fans doute, qu’eftant préparé 
il ne peut produire que de bons cffeébs. 
Cinq ou fix gouttes d’efprit pris dans 
une cuillerée d’eau de CancUç, appaife 
les douleurs de la colique. Il tue les 
vers, & les fait fortir, & empefehe qu’il 
ne s’en forme dans le corps, pris en eau 
de Rofmarin: il guérit la paralyfie en 
eau de Sauge j il faut continuer quaran¬ 
te jours. La dofeeftdc dix gounrsjuf- 
ques à quinze. L’huile & la teinture 
font bonnes pour faire revenir les che¬ 
veux, s’en frottant la teftefept ouhu't 
fois. ,La teinture meflée avec de la fari¬ 
ne d’orge en forme de cataplafme , 
refont les duretez , & fait meurir 
G ij 


148 La Chymie 

les bubons apofthemcs. 


Chapitre VIII. 

De l' huile de Cire. 

P renez de la Cire jaune, &.dc bon- 
ne_ odeur , à diferetion ; faitcs-la 
fondre, & meflezavec unçquatriefpie 
partie de brique pillée, ou de fable bitn j 
net, & en faites de petites pelottes qui • 
puiflent entrer dans la Cornue , que 
vous remplirez pour le plus qu’à moi* ; 
tic. Donnez-vous de garde de faire 
gonfler voftre Cire : vous diftillcrcz au ; 
feu de cendres, & garderez lesdegrez 
du feu. Lors qu’il ne fortira plus de fu¬ 
mée voftre operation fera faite. Sépa¬ 
rez l’eau d’avec l’huile par le vaifl'eau 
feparatoirc, & remettez l’huile fur les ' 
feccs, & cohobez deux fois, & vous • 
aurez une huile claire & nette. Ses ver¬ 
tus font de refoudre les durerez; elle • 
pénétre 8 c diffipe les cicatrices, fi l’on 
coHtinuë^ d’en mettre long-temps : elle 
guérit les places qui font faites par 






charitable & facile. 1451 
coups de feuj elle appaifc les douleurs 
de la goutte, & guérit les ulcérés ; ra¬ 
llonge les nerfs, & confolide les fiffiires 
des maminellcs ,& des lèvres. 


Chapitre IX. 

De l'huile de Berne- 

^Renbz duBeurc frais qui foitnou- 
1 vcllemcnt fait, vous en ferez depe- 
titespelottescomme vous avez fait de 
la cire, avec des cendres , ou du fable, 
& les mettez dans la Comité, & diftil- 
lerez à feu de cendres. Séparez l’eau 
d’avec l’huile , & cohobez comme cy- 
dclTus. 

Cette huile eft excellente pour tour¬ 
tes fortes deitoux, & rheumes. Lado^ 
eft de cinq ou fix gouttes dans de J’caà 
fucrée, ou d’Hyfope, büc foir & matin. 
Elle appaife les douleurs de cofte , fi 
l’on cnfaitcataplafme avec de la farine 
de Cumin. Il en faut mettre trois fois 



La Chymiè 


lyo 


Chapitre X. 

De (huile de cheveux. 

R E N E Z des Cheveux, & en faites 



Ji des petites peloctes, & les mettez 
dans une Cornue, que vous emplirez 
pour le plus des trois parts, & adapte- 
lez un Récipient à la Corniie , que 
vous lutterez : puis diftillez au feu de 
roücjufquesà ce qu’il ne forte plus de 
fumée. 

Cette huile a rodeiirfortpcncrran- 
te. Elle eû bonne contre les fuffoca- 
tions de la matrice : il en faut frot t cr les 
tempes , & les narines. Elle fait auiïï 
venir les cheveux, fi l’on en met huit 
ou dix jours de fuite fur le lieu où l’on 
les veut faire venir. Devant que de l’ap¬ 
pliquer,il faut bien frotter la tefte avec 
tin linge un peu chaud. 




ChmtabU à' facile. 151 


Chapitre XI. 

De l'écrit de Lai£î'. 


F aites bouillir du laid un bouillon; 

vcrfcz dedans une cuillerée de vi¬ 
naigre, puis filtrez ledit laid, & le met¬ 
tez dans une Cucurbite de verre , & 
diftillez au Bain bouillant , & conti- 
'Huez jufqucsà ce qu’il ne monte rien. 
Oftez les feces qui font dans la Cucur¬ 
bite , & redifiez voftre cfprit. Dimi¬ 
nuez voftre feu d’un degré, & de quatre 
pintes que vous aurez vous n’en retirez 
que trois pintes & choppine ; oftez les 
feces, & redifiez encore une fois, & 
diftillez à feu tiedle, & ne diftillez que 
trois pintes. L’ufage de cet efprit eft 
plus fain 2c plus rafraichiftant que le 
petit-laid commun ; fa froideui «fl: 
corrigée par le feu , & les mauvaifes 
qualitezfeparces.il n’eft point nuifible 
à'I’cftomac : l’on y peut adjeufter du 
fucrc lofat, ou violât, félon le fujet 



Iji La Chymie 

pour lequel on le prendra. L’on peut 
üiftiller toutes fortes de laiftsde cette 
maniéré. Le laiâ: d’afnefle préparé de 
cette forte, eft facile à digérer, & n’eft 
point nuiûble à l’eftomac. 





Chmtahle & facile. 155 



gTATKIESME PARTIE. 

Dés Minéraux Sc Métaux. 


A V A N T-P R O P O s. 

æ l E N que les Métaux j & 
Minéraux fcmblcnt eftre 
cfloignez de l’homme , Sc 
que l’Efcriture Sainte ne 
fkflTe aucune mention de leur création, 
neantmoins ils rie laüTent pas de nous 
fournir des remedes tres-falutaires. Aut 
jourd’huy la Medecine s’en fert avec 
d’heureux fuccés. Il eft neceflaire que 
leurs préparations foient exailement 
•faites , dautant que ce font remedes 
violens ; bien que l’on ne les prenne 
qu’én petite quantité ,& dans des ma¬ 
ladies rebelles , &C inveterées. Quand 
j’ay commencé ce Livre , je me fuis 



iy 4 Chymie 

propofée de ne point pafler raesexpe- 
riences. C’eft pourquoy je fiippnme 
en cette Partie les operations fur l’or, 
& fur l’argent, ne connoiflant point 
leurs préparations, ny leurs utilitez en 
la Me^ecine. l’ay veu plufieurs opera¬ 
tions aufquelles on a donné le nom 
d’Orpotable, de teinture d’or,d’hui¬ 
le d’argent, que je n’ay pu compren¬ 
dre i ne me pouvant perfuaderque des 
corps fi parfaits & condenfez , fuflent 
liquéfiables. Ce n’eft pas que je con¬ 
damne ces operations pour ne les pou¬ 
voir pas concevoir ; je ferois aulïï témé¬ 
raire que les aveugles, qui afleurc- 
roiènt qu’il ne feroit point de Soleil, 
parce qu’ils ne le vefroient pas. Pour 
les operations qui fuivent , j'alTeure 
quelles font véritables,&experimen^ 
tees. 



charitable fatile, lyj 


Chapitre premier. 
Des BJjrits . 

Du Vitriol , 

P renez cinq ou fix livres de Vi¬ 
triol Romain , autrement dit Cou- 
perofe , & les mettez dans un pot de 
terre qui ne foit point vernifle , & le 
pofczfurle feu, & Tentourez de char* 
bon,& le laiffez jufqu’àce que le Vi¬ 
triol devienne rouge : vous le remuerez 
de temps en temps a>vec une Efpatule 
de fer. Le Vitriol caleiné jufqu’à rou¬ 
geur eftappellc par les Chymiques Çol- 
eotar : prcnez-Ie , & le pillez , ,& le 
mettez dans une Cornue de terre de 
Beauvais : cette terre refifte au feu.. 
Qjf elle ne foit remplie pour le plus que 
de deux tiers; adaptez un grand Réci¬ 
pient appelléBalon ,& les, luttez avec 
blanc d’œufs , chaux vive , & blanc 
d’Efpagnc ; pofez voftre Cornue fut le 
foutneaU} ouaucoin d’une cheminée^ 



La Chymit ’ 

la faites porter fur un tuillor, ou maf- 
fe de terre,pourrélevcr à proportion' 
de vofire Récipient. Faites fcil parde- 
grez, & l’entretenez douze heures au 
feu du premier degré ;& lors que Vous 
verrez entrer des nuages dans voftre 
Récipient,augmentez voftre feu d’un 
degré,& I« continuez pendant autres^'; 
douze henres ; apres lefquellcs vouijr^ 
augmenterez, & couvrirez voftre vaif- *- 
feau de feu, & continuerezjufqu’à ce 
qué'VOusne voyez plus aucune fumeé 
entrer dans voftre Récipient. Alors 
îàiflez refroidir vos, vailTeaux un jour 
■ etirier , moüilîez le lut des vaifteaux 
pour les deffaire, & prenez refprït di- 
.ntflé, & le re.âifieè dans une OorûUiî 
■'^éiyérïe au ftit de fable. La première 
* liqueur qài viendra n’eft que phlegmé ; 

‘ lofs il ttiontfeta^e l’aigreur changez 

de Récipient, & àtigmentez le feu, dé 
continuez jorqn’à ce 'qu’jl ne diftillç 
plù's rien. L-difei;'refroidît vos vàif- 
; féaux» & pfên-ez felprir, &: le metîck 
; jdairs nhé ptrole ■pûiix vo-urs en fétvir à 
fesufages. VbûS'trouverez ail-fond de 
' vbftrc Corntfé une huile noire qufb 




Chàntahle ^ facile. 157 
{es facultez, comme ii fera dit cy-apres. 
Les feccs reftéesde voftre première di- 
ftillacion, feront bruilééspour en tirer 
lefel,avec le phlegme que vous avez 
cy-devant diftiîléjou avec del'eau com- 
' mune un peu chaude. Ce fcIs’extraitSb 
comme celuy des Végétaux. 

Les vertus de rcfpdt de Vitriol font 
grandes. Il eft à remarquer qu’Une fe 
prend jamais feul ,Sc que fa dofe n’cx-. 
cede point trois à quatre gouttes, prifes 
dans quelque véhiculé convenable au 
mal. Il tempere les ardeurs des fièvres 
malignes & violentes, & confotnme la 
pourriture des humeurs dont elles font 
caufées. Il purifie le fang, & ,pénétré 
jnfques dans les veines : Il eft diuréti¬ 
que ; il tue les vers j applique avec un 
plumaffeau il lève les chancres , & 
guérit les ulcérés de la bouche. Il faut 
prendre garde qu’il qe touche autre 
partie que le aîal,dautant qu’il corro- 
delachaiTî.jlblanchitles dentsfi onlcs 
en frot'tc.avûcjunpçfitdrapeautil aide 
àextraire Icsteihtuc-es d,e; toutes fortes . 
de fleurs. 

.. L’huile de Vitriol, reftéç cy-devaot 


ij8 La Chymie - 

au fond de la Cornue, entre en la cot#» 
poHcion des emplaftres pour, les ulce* 
res, chancres putrides & invétérez. Il 
eft cauftique, & levé les chairs mortes. 
L’on s’en fert pour faire les cautères 
potentiels. 

Le fel eft vomitif; fon effeift eft vio¬ 
lent ; on ne s’en doit fervir que dans 
l’extremité. Il y a d’autres vomitifs qui 
opèrent avec plus de douceur. La dofe 
eft depuis dix jufqu’à vingt grains,fc- 
lon les forces du malade. 


Chapitre II. 

J)u Nitrc» 

De tejpùt de Nitre. 

P R E M E Z du Nitre, ou Salpêtre dé¬ 
puré Sc blanc, deux livres , & les 
mettez dans une Cornue, 6c diftiilezau 
feu par degrez,comme vous avez fait 
</y-devant. De chaque livre vous tire¬ 
rez douze onces d’efpric ; ferrcz-le dans 
une phiole de verre double » que les 




charitable é" facile, 
deux tiers foicntvuidcs, &Ia bouchez 
d’un bouchon de verre. Cet cfprit cft 
difficile à garder. 

Les vertus de cet cfprit font d’incifciv 
difeuter & refoudre les vapeurs , & 
humeurs malignes criies & tartarées , , 
qui fc trouvent dans ié corps > il dégage 
les obftruétions des vifcercs, &dimü 
nue la chaleur contre nature i excite les 
Tueurs. Son ufage principal eft dans la 
colique, & les fièvres chaudes & mali¬ 
gnes. La dofe eft d’un demy fcrupulc 
jufqu’à un fcrupulc,-dansquelque eau 
convenable. * 

Criftaî minerai. 

ECiiftal minerai eft fort utile àla 



médecine, & la manière de Je faire 
fort facile, prenez un Creufet d’Alle¬ 
magne, mettez dedans une li vre de Sal¬ 
pêtre , & le mettez fondre defltis les 
charbons fous la cheminée, à chaleur 
médiocre. Lors que la fufion fera faite, 
jettez dedans , en trois ou quatre di- 
verfes fois deux onces de fleurs de 
Soufre , ou à leur defaut du Soufrepilé 
bien menu. Lailfez boUillir un quart 


jéo La Chymie 

d’heure, & oftez avec une Efpatule l’c- 
tume, oucrafleqtji feradeffus. Il faut 
avoir un poêlon, ou balfinebicn nette, 
& bien chaude,toute prefte,dans la¬ 
quelle vous verferez ce qui fera dan* 
voftre Creufet, & pancherez de code 
&d’autre voftrebaffine, pour étendre 
voftre'Criftal , & le rendre tranfpa- 
rant. Lors qu’il fera froid, rompez-le 
par morceaux , Zc le ferrez dans une 
boete. 

• Ses vertus font de lafeher le ventre 
doucement. Il cft diurétique ; il rafraî¬ 
chit ; ilfert aux inflammationsinternes; 
il eft propre aux fluxions chaudes. On 
le fait diflbudre dans les ptifannespur¬ 
gatives, & raftaichiflàntes. Ladofe eft 
d’une drachme fufqu’à deux. L’on Iç 
peut prendre en poudre, incorporé 
avecdelacoafervedc Rofe. 



charitable & facile. \6i 


Chapitre III. 

J>H Sel marin. 

De Pifrit de Sel marin. 

C E X cfprit fe tire de deux maniercsî 
l’une par diftillation , l’autre par 
dilTolution, & défaillance. Pour tou¬ 
tes les deux il faut decrepiter le fel, 
comme il a efté dit au Chapitre des 
Operations. Prenez voftre feldecrepi- 
té, & le pilez bien menu: lî vous le 
voulez diftiller meflez'dcux livres de fel 
avec une livre de poudre de brique, ou 
des-fragmens du pot dans lequel vous 
l’aurez decrepité : mettez le tout dans 
une 'Cornue , & y adaptez un Réci¬ 
pient , dans lequel vous mettrez Une 
Hvre d’eau. Luttez & diftillcz comme 
vous avez fait rcfprit de Vitriol. Voftre 
operation cftant faite , dcluttez vos 
vaifleaux, & mettez ce qui fera dans le 
Récipient dans uneCucurbite de verre^ 
& retirèz l’cauqucvous avezmifecy- 



fSz La Chymte 

devant par la diftiilation du Bain ; & 
lors qu’il n’en montera plus rien,ceflez, 
l’efprit demeureraaufonddelàCucur- 
bite,que vous mettrez dans une phio- 
le de verre. Si vous voulez avoir de 
l’cfprit de (el par refolution, vous met¬ 
trez voftre feldecrepité dans un fachet 
de toile, que vous fûfpendrez dans la , 
cave , & mettrez delTous un vaifleau * 
pour recevoir la liqueur qui tombera j 
par défaillance , que vous reftifierez ' 
dans la Cornue au feu de fable > & le , 
dephlegmerez. 

Les mcultcz de cet efprit font incom¬ 
parables j il furpalFe en -vertu tous les 
cfprits que l’on peut extraire du Mine¬ 
rai. Il diffipe toutes les impuretez qui 
font dans le corps > il preferve de cor¬ 
ruption ; il fortifie l’eftomac, & purifie 
lelangtil eft fort utile aux vieilles per- 
fonries ; il renouvelle la chaleur natu¬ 
relle. Il le faut prendre dans quelque 
eau cordiale. Sa dofe eft de trois à qua¬ 
tre gouttes : appliqué fur les ulcères,il 
les gueritiil blanchit les dents, & fortifie , 
les gencives. PlufieursPhilofophes af- 
feurent que fon ulàge eft capable de ré¬ 
générer l’homme. 




CharîtAhle ^ fuciîe. \€^ 


Chapitre IV. 

D» Soufre. 

De l'ejprit de Soufre. 

P Rekez une Campane de verre J 
defquellcs on fc fert pour couvrir 
les Melons jfufpendez-Ià par fon bou¬ 
ton fous une cheminée :mettez<{c(rous 
une petite terrine, dans laquelle vous 
mettrez des os de Bœuf fpongieux 
bruflez & emondezde leur couverturcj 
ils s’appellent Mechc perpétuelle -.ran¬ 
gez de/Tus une livre de Soufre en Ca¬ 
non , auquel vous mettrez le feu avec 
un fer rouge , ou une chandelle allu¬ 
mée. Panchez la Campane d’un codé 
pour donner cours à la liqueur qui fe 
formera dedans, afin qu’elle tombe fa¬ 
cilement dans un vafe que vous met¬ 
trez deflbus. Cette operation fe fait fans 
que r Artifte foit obligé d’y eftrc ; il faut 
lailTer brufler tout le Soufre auant 
que d’en reractirç d’autre. Le temps 




ié4 La chymie 

humide eftie plus propre à cefte opera¬ 
tion. D’une livre de Soufre, quand le 
temps cfl: favorable, l’on peut tirer deut 
onces d’efprir. 

Cet efprit a'un nombre infini de fa- 
cultcz : Pris-en eau de Cerfueil purifie 
lefàng. II fait fuer en caij deChardon-t; 
bénit:il mondifie le poulmon en eau 
d’Hyfope 5 il guérit la fièvre quôtidiêne 
en eau de Rofmarin ; la fièvre tierce en 
eau de Centaurée; la fièvre quarte en 
eau de BuglolTe.Il appaife la colique en ' 
eau de Camomille; il defopile la ràtre 
en eau de Câpres ; il fait vuider' les 
eaux des hydropiques , & /es urines 
fupprimèçs en eau de Perfil, ou de Ra¬ 
ve; incorporé avec Mithridat il diffîpe 
la pefte. Sadofe cft de cinq gouttes juf- 
ques àfix. Il efl: propre aux ulcérés de 
la bouche ; il blanchit les dents; il fert 
à extraire les teintures des Rofes & 
Violettes, comme l’efprit da Vitriol. 

Fkurs de Soufre. 

P renez une livre de Soufre, & le 
rompez par morceaux, & le mettez 
dans un pot de terre, que vous pofcrc? 



charitable é‘ facile, réf 
couché fur le cofté, fur ùn fourneau, de 
forte qu'il puifle entrer dansrembou- 
.cheured’un pot à heure; auquel vous 
ferez un petit trou au cul. Luttez vos 
deux pots cnfemble avec des blancs 
d’œufs, & du blanc d’Efpagnc : faites 
feu fous voftre pot du premier degré, 
& continuez jufques à cequ’il ne forte 
plus de fumée par le petit trou que vous 
avez fait au pot de heure : laiflez re¬ 
froidir, & deluttez, vous trouverez vos 
0 curs fublimécs au haut du pot , que 
vous abattrez avec une plurne , & les 
ferrerez dans un vafe de verre. 

Ces fleurs font amies du poulmon, 
&lcgarantiffcnt de toutes les maladies 
qui proviennent de froid, 3c d’humidi¬ 
té. Elles font bonnes contre la courtc- 
haleine-La dofe eft d’un demy Scrupule 
jufqu’à un Scrupule , avec fucrc cuit. 
L’on en peut faire tablettes, qui auront 
le mefmc effeét. 


Syrof de fleurs de Soifre. 

P R E N E z’demy- feptier d’eau de vie 
rcAifiéeunefoiSjdu fucrc en pou¬ 
dre une demie livre , de fleurs deSou- 





1^6 La Chymte 

frc une once rmctte* le tout dans une 
terrine, & y mettez le feu avec une al- 
lumette, & remuez l’eau , le fucre Sc¬ 
ies fleurs avec une cuillère d’argent, 
que vous ferez tenir au bout d’un ba¬ 
con de peur de vous brufler, jufqu’i 
ce que l’eau de vie ne flambe plus. Fil¬ 
trez ce fyrop , & le mettez dans uns 
phiole. Il en faut prendre foir & matin 
une cuillerée : il cft excellent pour le 
poulmon, pour les maux de gorge, Sc 
toux inveterée. Son ufage n’eft point 
nnifible à quelque maladie que ca 
foie. 


Chapitre V. 

lie l’huile des Philofiyhes. 

L e s Philofophes s'attribuent, Com¬ 
me un avantage, la compofition de 
cette huile. Elle fe fait en cette forte. 
Prenez des tuillcs , ou briques fraichc- 
ment faites , comme elles fortent du 
fourneau 5 reduifez-lcs en petits mor¬ 
ceaux , gros comme des poix , 2c les 




charitable é" facile, tSj 
faites rougit dans un Crcufct: 5 cIor» 
qu’ils feront cmbrafez, jcttez-Ics dans 
Yun pot à deroy plein d’huile d’olive 
vierge, lequel vous couvrirez auflî-toft; 
Vous continuerez défaire commedef- 
(ùs,jufqucsàcequevous enayezfulfi- 
fantc quantité, & que l’huile les fuma¬ 
ge. LaiîTcz le tout imbiber huit jours, 
puis broyez & mettez dans une Cor- 
huè', Sc diftilicz à feu de degrez, jufqu’a 
ce qu’il ne forte plus de fumée. Si voftrc 
huile n’eft aflez claire, vous la rcélifie- 
tez dans la Cornue au feu de fable. 

L’on attribue à cette huile quarante- 
quatre vertus fort conhderables ; §C 
par vénération elle cft appelléc des 
Philofophes Huilebenite. Elle confor¬ 
te les nerfs, arrefte le tremblement de 
tefte,& des mains ; appaife la douleur 
des gouttes, & des jointures. Elle cft 
fouveraine aux affeébions des oreilles, 
provenantes de caufe froide , comme 
lurditc , oreilles coulantes , & bruit 
d’icelles. Ehe guérit les playes,crevât- 
fes , & fiflures. Elle échauffe les mem¬ 
bres refroidis par accident j elle appaife 
les douleurs de la matrice , éc de la 






i68 La Chymie 

goutte feiatique; cHe échauffe 8c con¬ 
forte la tefte, & le cerveau froid,- clic 
eft fouveraine contre la morfure des 
beftes vcncncufcs -, elle fortifie i’efto- 
mac ; elle arrefte les larmes des yeux 
plcurans,& ofte la rougeur d’iceux,!! 
Ton en applique fur toutes lefdites par¬ 
ties: Si i’oHen prend cinq ou fix gout¬ 
tes par la bouche dans de l’eau d’Hyfo- 
pc, elle fait revenir les mois retardez. 
Enfin il femble que cette huile foit 
univcrfclle contre routesfortes de ma¬ 
ladies. 


Chapitre VI. 

BerEjJtHce de Carahé, ou â'Amhre. 

I ’A Y efté en peine en quel régné je 
devois mettre cette operation, quoy 
que l’Ambre foitaflez connu, dautant 
que les Auteurs en parlent diverfement. 
Les uns le mettent au rang des Gom- 
.mes, les autres au nombre des Miné¬ 
raux , dautant qu’il fe trouve méfié avec 
l’or. Pour moy je fuis de l’opinion de 
ceux 





charitable é‘ facile. i6y 
ceux qui le tiennent pour un Bitume, 
à- caufe -de l’odeur forte qu’il rend' 
quand on lc?bruflc. C’eftec qui m’o¬ 
blige de le mettre au rang des Miné¬ 
raux. Prenez de l’Ambre blanc, ou jau¬ 
ne, & le mettez dans uije Cornue,rem¬ 
plie pour le plus à moitié : diftilfez à 
feu de fable; & lorsqu’il ne fortiraplus 
de fumée de la Cornue,cclTez voftre 
operation. S’il fe trouve quelque eau 
avec l’efience, vous la feparerez parle 
vailTeau feparatoire. 

.. Cette hu.ilo, ou cflenec, eft fort utile. 
Elle guérit l’apoplexie , trois gouttes 
prifes dans une euilleréc^de vin , ou 
d’cauifucrée. Elle provoquel’arine, & 
faitvuider le fable en eau de Pcrfil,6u 
de Fenouil. Elle cft bonne pour le mal 
caduc, &pour les fuffocations de ma¬ 
trice , & cotnvulfions, en eau de Sauge: 
appliquée au dehors,elle guérit les pa¬ 
ralytiques, les playes&ulcérés, &faic 
fortÿilçscfqitilles. Elle conforte l’efto- 
mac.j&arrefte le dévoyemcat,fi l’on 
eu frotte lefditCS parties. 


H 


ta, Chymie 


16 Î 


Chapitre VIL 
Du Corail. 

De U Teinture de Corail. 

P R E N ï Z du Corail du plus rouge, 
&lereduifez en petites parties,& 
les mettez en un Matras : verfez deflus 
du jus de Citron filtré, qu’il fumage 
de quatre doigts : bouchez voftre vaif- 
feau, & le mettez en digeftion au Bain, 
& l’y laiffez jufques à ce que vous voyez 
voftre liqueur devenir rouge. Alors 
vous la feparerez par inclination , & 
remettrez d’autre fuc de Citron deflus 
voftre Corail refté,& mettrez en di¬ 
geftion comme vous avez fait, & con¬ 
tinuerez jufqu’à ce que voftre fuc ne 
tire plus de teinture. Prenez toutes les 
teintures ; fur chaque livre d’icelle 
vous mettrez deux livres de fucre, & 
ferez cuire jufques à confiftence de 
fyrop. 

Cette teinture eft excellente pour 






Charitahle é" facile, 
arrcfler toutes fortes, d’hemorrhogie, 
tant par haut que par bas. Elle fortifie 
l’cftomac, purifie le fang, arreftelady- 
fenreric,& le vomiflement. Elle em- 
pefehe la profufion des mois. Elle efl: 
falutaire , & ne peut faire que bien a 
quelque maladie que ce foit. Elle exci¬ 
te doucement le dormir. Elle doit eftre 
gardée curieufement dans une phiole 
bien bouchée. La dofceft d’une demie 
once iufqu’à une once. L’on y peut 
donner un véhiculé convenable au mal 
pour lequel on la prend. 

Magijlere de.Càràil. 

R Edvisez du Corail en poudre 
fubtile , & le mettez dans une 
phiole de verre, verfez dclTus du vi¬ 
naigre diftillé, qui fiirnage la poudre 
de trois doigts: mettez en digeftionau 
Bain cinq ou fix heures à petite cha¬ 
leur. La digeftion eftant faite , verfez 
par inclination voftrc vinaigre, & en 
remettez d’autre, & faitesdigerer, 
continuez cette operation jufquesàcc 
que leCorailfoit tout diflbut. Prenez 
toutes ces diflblutigns, & les filtrez, & 
H 1) 


170 La Chymie 

en rcfervczune part pour vous en fer- 
vir comme il fera dit cy-apres : dans 
l’autre vous verferez goutte à goutte 
fuffifante quantité d’huilc de Tartre 
faite par défaillance, le Corail fc pré¬ 
cipitera au fond, à maniéré de chaux 
blanche. Laiiïcz repofer le tout demie 
heure , puis verfez par inclination le 
vinaigre, & l’huilc de Tartre qui fera 
defliis , lavez & dulcorer cette chaux 
avec quelque eau cordiale, & la faites 
fecher doucement. De cette mefme ma¬ 
nière fe fait le raagiftere de Perles. 

Les vertus de ce raagiftere font de 
conforter, & provoquer Iesfacurs;& 
il aies mefmcs facultez que la teinture. 
La dofe cft depuis dix grains jufques i 
vii>gt,dans quelque liqueu^ ou dans 
déjà conferve de Rofe. 

Sel de Corail, 

F aites cvaporerlaliqueur que vous 
avez cy-devant gardée jufques à fic- 
cité,& le fel fe trouvera au fond; le¬ 
quel vous ferez diflbudre & deflecher 
pluficurs fois dans quelque eau cordia¬ 
le,, pour ofter l’acrimonie du vinaigre. 





charitable facile. iji 
Ce fel a les mefmes facultez que la 
teinture & magi-ftere. La dofe eft de 
quinze à vingt grains dans un boiiillon, 
ou autre véhiculé. 


Chapitre VIII. 

De rAntimoine. , 

Du Crocus d'Antimoine. 

L Es Philofophcs ont tourné l’Anti. 

moine en tant de façons, que l’on 
pourrroit eferire plufieurs volumes de 
leurs operations: je me retrancheray I 
trois ou quatre , dont les efFefts font 
afleurez, & expérimentez. Prenez de 
l’Antimoine , & du Salpêtre , partie 
égale ;pulverifcz-lcs chacun àpartjpuis 
les meflez enfemble,&en mettez une 
ouillcrée dans un mortier de fonte fur 
les charbons ardans. Vous y mettrez le 
feu avec un charbon , puis vous cou¬ 
vrirez le mortier avec la pelle du feu: 
Et lors que le bruit fera pafle , re- 



jyz La Chymie 

tcz une autre cuillerée , recouvrez 
comme delTus, & continuez jufqu’àcc' 
qu^ vous ayez mis toutes vos poudres. 
Et lors que la matière fera roiigeaftre 
vous ofterez le mortier de defliis le feu, 
&la laverez & dulcorerez cinq ou fix 
fois avec de l’eau commune : à la der¬ 
nière fois vous y mettrez deux cuille¬ 
rées d’eau de Canelle. Vous filtrerez 
par le papier gris , & ferez fecher la 
poudre dans un vaifleau de verre à cha¬ 
leur douce. 

Cette poudre cft appelléc Saffranâ 
caufede la couleur. Elle a la vertu de 
faire vomir doucement : elle guérit les 
fièvres longues, & rebelles ; elle purge 
par les urines, & fueurs; quelquefois 
par les felles. La dofe eft de huit à 
quinze grains, infufez du foir au matin 
dans un verre de vin blanc. Il faut 
prendre feulement le vin, & lailTcr la 
poudre.C’eft ce qui s’appelle Vin Emé¬ 
tique. Il fe fait une poudre Emétique 
avec l’Antimoine, le Mercure fublimé, 
& le Vitriol i laquelle cft plus violente 
que celle-cy. 


CharitAhk ér facile. 173 
Antimoine Diafhoreti^He. 

P renez Antimoine & Salpêtre, 
partie égale ; reduifez-Ies en pou¬ 
dre , & les mettez dans un Creufet, 
que vous couvrirez d’un autre Creufet 
percé par le cul. Luttez-les enfemble, & 
quand le lutferafec mettez-les au mi¬ 
lieu des charbons ardans ; il fefera un 
combat qui fera bruit comme à l’opera- 
tion-precedente. Au bout de trois heu¬ 
res tirez vos Creufets, & prenez voftre 
matière, & la reduifez en poudre, &la 
meflezi avec autant de Salpêtre comme 
vousy en avez mis au precedent j met¬ 
tez le tout dans les Creufets luttez, Sc 
mettez au feu ardant dix-huit ou vingt 
heures, & jufqucs à ce iqixe la matière 
foittrcs-blanche. Alors vous la pilerez, 
laverez,filtrerez trois ou quatre fois , 
pour ofter l’acrimonie du Salpêtre. Il 
faut qué la derniere eau dans laquelle 
vous la laverez foit quelque eau cor¬ 
diale, comme Rofe, Caneile, Anis, ou 
Fenoüil. 

Cette' poudre eft fudorifique ; elle 
purge par les urines ,&par lesfueurs. 

H iiij 



174 chymîe 

La dofe eft de dix à quinze grains 
dans delà coiifervedeRofcjOUmoéle 
de pommes cuites. 

Huile , 0» Syroy d'Antimcine. 

P R E N E Z de rAncimoine pulvctifé 
à difcrction > mcttez-le dans un 
Creufet fur le feu , & l’y laiiTez cinq ou 
lîx heures ,& le remuez touliours avec 
une verge de fer, jufqu’à ce que l’Anti¬ 
moine ait acquis une couleur grifaftre, 
Oftez le Creufet, 5c le laiiTez refroidir; 
prenez la mafTe que vous réduirez en 
poudre, & meilcrez avec partie égale 
de fucre fin. Mettez le tout dans une 
Cornue, & diftillez au feu de roue juf¬ 
qu’à ce qu’il ne monte plus rien. Cet¬ 
te huile purge doucement par les Tel¬ 
les , & ians violence : douze gouttes 
jufqucs à vingt mifes dans l’infufion 
d’un gros de Senné, guérit les fièvres 
quartes & tierces. Il en faut prendre 
trois fois quand les fièvres font rebel¬ 
les, & laiiTcr un jour ou deux d’inter¬ 
valle , félon la force du malade, & l’ef- 
fcèt qu’aura fait le remède precedent. 


charitable (^facile. 17^ 
l'émute èlAntimoine. 

P I L L E Z de l’Antimoine en poudre 
impalpable , & la mettez dans un 
grand vaifleau de terre , qui ne foir 
pointvernifle, &• qui puilTe feufFrir le 
feu: mettez-lefur un fourneau, ou re¬ 
chaut , & faites un feu modéré. Re¬ 
muez fans cefle la poudre avec unever- 
gette de fer , jufqu’à ce que le foufre 
d’Antimoine foit entièrement confom- 
raé:ce que vous connoiftrczlors qu’il 
ne rendra plus de fumée, & de flamme 
bleue. Il faut pour faire cette operation 
pour le moins deux fois vingt-quatre 
heures, & fe donner de garde de la 
fumée, parce qu’elle cft fort nuifiblc. 
Lorsque la poudre fera dciTechée de la 
forte , mettez-là dans un Matras , & 
verfez de l’efprit de vin deflus , qu’il 
fumage de quatre doigts; bouchez bien 
le vaifleau, & le mettez en digeftion au 
Bain-Marie,jufques à ce qii’ddevien¬ 
ne rouge : Verfez l’efprit teint par in¬ 
clination , & en remettez d’autre , & 
faites digerer comme au precedent, & 
continuez jufqu’à ce que l’efprit ne fe 



\’}5 Là Chymie 

colore plus. Prenez toutes les teintures, 
& les mettez dans une Cucurbitc, & 
retirez voftrc cfprit par la diftillation 
du Bain , & la teinture demeurera au 
fond j fur laquelle vous mettrez de l’eau 
de Canellc , que vous meflerez avec 
ladite teinture : puis retirez ladite eatt 
par la diftillation du Bain , jufqu’à ce 
que ladite teinture demeure en-conli. 
ftencc de miel. Vous la mettrez dans 
une phiole bien bouchée : elle mérité 
d’eftreconfervée. 

Cette teinture eft un remede univer- 
fel.Elleeft pour toutes fortes de mala¬ 
dies. Elle purifie le fang, renouyelleles 
forces, reftaure la nature , entretient 
l’humidité radicale, conferve la fanté, 
guérit toutes fortes de fièvres , appaife 
les douleurs de la goutte , & purge 
doucement par les Telles , fucurs , &C 
urines. La dofe eft depuis fîx gouttes 
jufqu’à douze, dans un véhiculé appro- 
priéau mal. Il eft bon d’en prendre par 
précaution deux fois l’année, au Prin¬ 
temps , & à l’Automne. 



charitable & facile. 177 


Chapitre IX. 

Du Fer , ou Mars. 

Du Çrocm de Mars. 

I L cft un nombre infini de manières 
d’extraire le fel, ou fafïran de Mats, 
dont la plufpart font longues & péni¬ 
bles. En voicy une fort facile. Prenez 
de la limaille d’acier bien nette, & la 
mettez dans un grand plat de fayance : 
fi vous le voulez faire aftringent, ver- 
fez du vinaigre diftillé dcCfus : fi c’eft de 
l’apcritif, vous ne mettrez que de l’eau 
commune. Expofez voftrc vaiffeau au 
foleil, &.le remuez cinq ou fix fois le 
jour. Et lors que voftre liqueur fera 
rouge, verfez-la par inclination dans un 
vaifleau toute trouble , & remettez 
d’autre vinaigre, ou eau, deflus la li¬ 
maille , & remettez au foleil comme 
deflus, & continuez jufques à ce qug 
vous ayez ce que vous fouhaitez de 
teinture. Prenez touje? vos teintures, 



17? T.â chyme 

& les mettez clans un vaifleau, & les 
laiflezrepofcr une nuidjIefafFran de¬ 
meurera au fond. Verfez par inclina¬ 
tion ce qui fera delTus: fi c’eft de l’a- 
ftringentque vous voulez faite, faites- 
le reverberer au fourneau entre deux 
Creufetscinq ou fix heures. Pour l’a- 
peritif, il fufiît de le fechcr douce¬ 
ment. 

Les vettus du Crocus aftringent font 
de reffcrrcr, & de fçchet ; c’eft pour- 
quoy l’on s’en fcrt à la dyfenteric, & 
lienterie, & autres maladiesfemblables. 
Les vertus de l’aperitiffont d’aTtenuer, 
& d’ouvrir les obftruâions. L’on en 
fait prendre pour les partes couleurs , & 
pourfaire venir lespurgations. 

^Htre Crocm de (J^îars apéritif. 

P R F NE Z de fa limaille d’-acier , 
Soufre pilé, partie égale, mettez-le 
dans un Creufct fur les charbons ar- 
dans , & remuez fans ceflc avec une 
Efpatule de fer jufqu’à ce que tout le 
Soufte foit bruflé , & qu’il ne rende 
plus deSamme. Alors mettez de nou¬ 
veau Soufre, 5 c remuez comme vous 


charitable ^ facile. 
avez fait; & reïtcrez deux, trois, ou 
quatre fois cette operation, jufqu’à ce 
que voftre limaille devienne en pou¬ 
dre , & fe froide fous les doigts. Ce qui 
cftant fait, vous la pilerez, & ferrerez 
dans une phiole de verre. 

Ce Crocus eft apéritif: il eft bon pour 
les maladiesepatiques, & eft du nona- 
bre des remedes diurétiques. 

Vitriol de Mars. 

Ettez de la limaille d’acier dans 



> JLY.A un Matras, verfez delTus de l’eau 
aîguifée d’cfprit de Soufre, ou de Vi¬ 
triol , tant qu’elle foit aigrette : mettez 
voftre Matras en digeftion fur les cen¬ 
dres chaudes vingt-quatre heures; fe- 
parez par inclination l’eau , & en re¬ 
mettez d’autre, & faites comme deflus, 
& continuez jufqu’à ce que l’eau que 
vous mettrez foit aufli aigre comme 
quand vous l’y avez mife. Prenez toutes 
vos eaux imprégnées. Se en faites éva¬ 
porer les crois parts fur le feu dans une 
terrine, & mettez la partie reftanteàla 
cave : il fe formera des criftaux decou- 
ieur de Vitriol, que vous lèverez avec 




l8o La chyme 

une cuillicre d’argent, &: les ferrerez 
dans une phiole de verre. Faites évapo¬ 
rer les trois parts de l’eau reftantc, 
mettez à la cave, 5c continuez jufqu’à 
ce qu’il ne fc forme plus de criftaux. 

Ce Vitriol eftun fpecifique pour tou¬ 
tes obftru<9:ions , tant cpatiques que 
pleniques. Il guérit la jaûnilTe. Sadofe 
efl: d’une drachme jufqu’à deux dans 
unboiiillon,ou dansdelaconfcrve de 
Rofes. 


Chapitre X. 

Du Cuivre ou Venui. 

Du Vitriol de Venue. 

P renez du cuivre calciné ; il s’en 
trouve chez les Efpiciers -, il s’appel¬ 
le éts nfinm : reduifez- le en poudre, 6c 
le mettez dans unMatras: verfezdeC- 
fus de l’eau, qu’elle fumage de trois 
doigts : mettez levaifleau en digeftion 
■au feu de cendre, & l’y lailTez jufqucs 
à ce que l’eau devienne bleiie, 5c 




ChmtabU & fac ' rle , i8i 

qu’elle ait acquis un petit gouft acide 
& vitriolé. Verfez la liqueur par incli¬ 
nation, & remettez de l’eau fur les fè¬ 
ces , & continuez jufques à ce que vo- 
ftre matière ne teigne plus. Prenez 
toutes vos eaux teintes,& les filtrez, 
& les mettez dans une terrine fur le 
feu, & faites evaporer l'eau /ufqu’à ce 
qu’il fe forme une petite pcliculc au 
delfus. Alors mettez le vailTcau à la ca¬ 
ve , les criftaux tomberont au fond, 
que vousfeparerezd’avec l’eau, & les 
mettrez dans un verre un peu large, & 
les lailTerez fecher à l’ambre ; puis vous 
les garderez dans une phiole de verre 
bien bouchée. 

Ce Vitriol cftfingulier pour le mal 
desyeux où il n’y a point d’inflamma¬ 
tion. Il le faut diflbudre dans de l’eau 
de Rofe, ou de Plantain, 


La chymie 


i8i 


Chapitre XI. 

Dh Plomb ^ ou Saturne. 

Du Sel, ou Sucre de Saturne. 

S ans fe donner la peine decalcinet 
le Plomb, qui eft une operation lon¬ 
gue & pénible, l’on en trouve facile- 
hient chez les Efpiciers, & s’appellé 
Minium. Vous en prendrez à difcre- 
tion , & le mettrez dans un Matras. 
Verfez pat-deflus du vinaigre diftillé, 
qu’il fumage de trois ou quatre doigts : 
mettez le vaiiTeau en digeftion au Bain 
à douce chaleur, & l’y lailTez jufqu’à 
te que le vinaigre ait acquis une dou¬ 
ceur. Alors verfez-Ie par inclination, 
& remettez d’autre vinaigre, & faites 
dig.erer,&continuez jufqucsà ce que 
le vinaigre ne tire aucune douceur; 
prenez tout voftrevinaigre adouQy,&: 
le filtrez. Si vous voulez faire le magi- 
ftere de Saturne, vous referverez une 
part dudit vinaigre, & ferez évaporer 




chantable é‘ facile, i 
l’autre jüfques à ficcité, à,chaleur dou¬ 
ce; , ou ferez dilToudre ce qui reftera 
dans le vaiffeau dans de 1 eau commu¬ 
ne ; puis filtrerez ScdelTecherez com¬ 
me au precedent , & réitérerez cette 
operation cinq ou fix fois, & vous au¬ 
rez un fel, ou fucre fort doux. 

lia la vertu de rafraîchir *, il eftbon 
pour les inflammations, tant intérieu¬ 
res qu’extericures, pris le poids de cinq 
eu ux grains dans de l’eau Rofe , ou 
de l’eau de Plantain, il eft bon appliqué 
fur les braflures?, pour les rafraîchir, 
mefle avec huile de Tarrre, fait par dé¬ 
faillance; il guérit les ulcérés, & ofte 
les taches rouges qui viennent auvifa- 
ge dilTout dans de l’eau de fraife ; il 
ofte les inflammations & rougeurs des 
yeux, fi on les en lave foir & matin j il 
guérit les dartres diflbutdans du vinai¬ 
gre ,& appliqué deflus. 

Magiflere de Saturne. 

P O V R faire le magifterede Saturne 
vous prendrez l’autre part de la li¬ 
queur que vous avez cy-devant refer- 
vée ; verfez deflus goutte à goutte de 


1^4 La chymîe 

l’huilc de Tartre faite par défaillance, 
autant qu’il en fuffira; la matière blan¬ 
che fe précipitera au fond , que vous 
laiflerez repofer une heure ou deux: 
Vous verferez par inclination le vinai- 
cre, &■ l’huile de Tartre qui feront def- 
uis lavez,filtrez 5 dulcorez,& deflechez 
la malTe à chaleur temperée, & ferrez 
ce magiftere dans un vafe de verre. 

Ce magiftere a les mefmes vertus que 
le fel de Saturne : il eft convenable aux 
inflammations internes & externes j il 
entre en la compolîtion de quelques 
cmpIaftres.La dofe eft d’un deray ferur 
pule à un fcrupule, diflbut dansquel- 
quecau convenable. 

Huile de Saturne. 

S I vous voulez avoir de l’huile de Sa¬ 
turne , eftendez du fucre préparé 
comme deffus fur une afliete de fayen- 
ce, & la mettez à la cave un peu pan- 
chante, un vaifleau deffbus. Ce fucre fc 
diflbudra en forme d’huile , & rombera 
par défaillance. Son ufageeft lîngulicr 
aux cryfipeIes,inflammations& ulcérés; 
ilmondiflelcsplayes, & les adoucit. 




charitable é" facile. , iSy 

CINQIESMÉ PARTIE. 

A V A N T-PR O P O S. 


a E ne prétends point tirer 
avantage des remedes que 
je mets en lumière, comme 
cftant de ma compofition: 
j’avoue que la plus grande partie eft 
des ordonnances de Médecins tres- 
confîderables de la Faculté de Paris, 
qui les ont ordonnées charitablement 
à des pauvres malades, que j’ay mifes 
en pratique -, lefquelles ont tres-heu- 
reufemcntreulfi. Vneautre partie m’a 
cfté donnée par mes amis. le ne puis 
njer auffi qu’il n’y en ait quelques-uns 
de ma compofition , dont l’cxpericnce 
cfttres-certaine. le lepujsaflcurerjlcs 
ayant tous expérimentez. Dan» les 
Traitez prcccdens j’ay enfeigné la ma- 


î8é "La chymie 
niere d’opercr , & de quelle façon il 
falloir préparer les remedes ; & j’ay 
donné les vertus & les facultez de plu- 
fieurs Mixtes. Il nousrefte maintenant 
de les mettre en pratique. C’eft ce que] 
je prétends enfeigner dans cette Partie, 
le prie toutes les perfonnes qui feront ■ 
foulagces parccs petits remedes,de fe 
fouvenir demoy dans les prières qu’el- . 
les feront à Dieu. C’eft la feule grace'‘ 
que je leur demande. i 


Ch AP I TR E P R E MI EK., i 

Des Eaux composées. 

Eau contre les douleurs de U tefie. 

P renez fleurs & fueillesde Saugd, 
deBetoine,de Rofes pafles, & de 
Muguet , de chacutie deux poignées; 
pilez les dans un mortier de pierre, & 
les mettez dans une Courge deverre. 
Verfez deflus trois livres defiic de lai- 
^luë, & de pourpier: puis diftülez au 
Bain-Marie à l’eau bouillante , jufques 




Chafitahle & f 4 cile. 1S7 
ques.àcequelesfeces foierit feiches.ll 
I faut boire par neuf matins de cçtte eaii 
■ à jeun le poids de deux onces : Il faut 
auffi enétuvcriestempes, les narines, 
& la partie douloureufe de la tefte. Elle 
appaife aufli les douleurs de la mi- 
• graine. 

Eau four Us yeux troubles 
chargez,. 

P R E N E Z Plantain, Rue , Fenouil,' 
Chelidoinc, Marjolaine,parties ega,- 
ks,quc vous pilerez, & en exprime¬ 
rez lesfucs. Sur deux livres defdits fucs 
mettez une livre de miel blanc. Anti¬ 
moine CBud , réduit en poudre , une 
once : puis diftillez au Bain, à feu doux 
de peur que le miel ne gonfle, jufqu’à 
ce qu’il ne monte plus rien. Il faut fe 
laver les yeux de cette eau foir & ma¬ 
tin, & mettre une comprefle trempée 
dedans fur les yeux durant la nuit. 

Eau centre Vinflammation des yeux. 

P renez Morelle, Plantain , & Ro- 
fes ,de chacune deux poignées ; pi- 
lez-les dans un mortier de pierre, Sc 



i8S La Chymiè 
les mettez dans un vaiüTeau pour diftil- 
Icr, avec une pinte de vità blanc. Fai- 
tes-les digerer une nuit au bain , puis 
diftillez à feu doux: dans une livre de 
cette eau mettez diflbudre fur cendres 
chaudes deux drachmes de fel de Sa¬ 
turne. On mettra trois ou quatre fois 
de cette eau furrinflammation. 


Autre eau contre l'inflammation des 
yeux qui les fortifie. 

P renez Euphraife,FenoiiiI,Plaii- 
tain, & Cerfueil, de chacune deux 
poignées; pilez-les, & les mettez avec 
deux livres d’Eau-rofe dans une Cu- 
curbite : plus deux drachmes d’AIocs, 
demie once de Couperofe blanche, une 
drachme de C^fmphre ; puis diftillez la 
tout au Bain boiiillant, & en mettez 
le plus fouvent que vous pourrez dans 
les yeux avec une plume. 

Eau qui guérit les fijîules 
' lacrymales. 


P renez therebentine deVenife, 
Tartre blanc, de chacun quatre on¬ 
ces ; Maftic, & gomme Arabie de cha- 



charitable dr facile.' 189 
ciine deux onces, Couperofe blanche 
une once: pilez ce qui fe peut piler, & 
mettez le tout dans une Gornu'é , & 
diftillez au feu de fable, gardant les de- 
grcz du feu jufquesà ce qu’il ne forte 
plus de fumée. Avant que de fe fervir 
de cette eau il eft à propos de fe purger 
deux ou trois fois, par des remedesqui 
tirent du cerveau j comme il fera dit au 
Chapitre des purgations, il faut auflî 
fous les matins faire friétion fur les 
épaules, & la nucque du col, avec un 
Knge neuf un peu chauffé , pour dé¬ 
tourner les humeurs.. On mettra cinq 
ou fix fois de'cctte eau fur le mal , avec 
unplumaceau. llfaut auffi eftuver foie 
& matin le tour de la fiftuleavec l’cf- 
prit de vin. 

Eau facile à faire peur le mal 
des yeux. 

P renez des œufs frais, & les faites 
durcir dans labraife .-vous en ofte- 
rez les jaunes, & mettrez en leur place 
de la Couperofe blanche, & du fucre 
Candi réduits en poudre, parties éga¬ 
les. Expofez-les devant le feu fur une 


lÿo La Chymie 

afScte : il en fortira une liqueur laquel¬ 
le on appliquera fur les yeux, pourveu 
qu’il n’y ait point d’inflammation. 

Eau four la furdité. 

P renez efprit devin,&dufuc de 
Betoinc, de chacun demie livre ;urt 

f ros oignon blanc coupé par tranches, 
eursde Rofmarin une poignée, aman-, 
des ameres quatre onces, une grofle 
anguille dépouillée de fa peau >&cou¬ 
pée par morceaux: faites diftiller le tout 
par la Cornue au feu de fable. Il faut 
•mettre toiis les.foirs de cette eau dans, 
l’oreille , crois ou quatre gouttes un 
peu tiedes, puis tremper du coton de¬ 
dans , & le raetere dans l’oreille. Il faut 
continuer quarante jours. 


Autre eau four la firdité. 

P renez douze oignons blancs, fix 
oignons d’ail, Betoine & Morclle, , 
de chacune quatre poignées : pilez le 
tout enfemble, puis l’exprimez,& di- ^ 
ftillcz au Bain. Meflez avec l’eau qui = 
diftillera de l’huile d’amandes ameres, 
& de l’huile rofat , de chacune une 
once. 




charitable é‘ facile. ipl 
once. Prenez un peu de ladite compo- 
fition , & la faites chauffer dans une" 
cuilliere d’argent , & en mextre dans 
les oreilles, comme cy-deflus. 

Eau contre la douleur des oreilles, ' 

P renez trois livres de therebentine 
deVenife bien lavée, Maftic, En¬ 
cens , Myrrhe, Ladanun , de chacun 
une once :difl:illez par la Cornue à feu 
de fable. Mettez de cette liqueur un , 
.peu chaude fur la partie douloureüfc: 
Si l’on en met dans l’oreille , elle a la’ 
vertu d’apaifer les bruits, &fiffleraens 
[ qui s’y forment. 

Eau contre les palpitations de coeur ^ 
é' contre les affectons de 
U ratte, 

P renez fleurs de Bourrache , Bu- 
glofe, Sauge, & Rofmarin, de cha¬ 
cune quatre onces; Cloud de Girofle, 
Ganelle , & Safran , de chacun une 
• drachme : mettez le tout dans une Cu-* 
curbite ; verfez deflus quatre livres 
d’excellent vin blanc ; faites digerer 
I 



i$i' La Chymie 

trois jours j 'ptiisdiftilïezauBainboüilr 
lant. On prendra tous lestnatins de cet¬ 
te eau pendant huit jours, depuis une 
onccjufquesàdeux. 

Bm contre la melanchoîie. 
pRENEz Chard'on-benit, Hyfope, 
Mclifle, Bourrache, Buglofê , par¬ 
tie égale; pilez le tout, & en exprimez 
le fuc: prenez quatre livres dudit fuc, 
deux pintes devin blanc, & les mettez 
dans une Cucurbitc , avec hx onces 
de fleurs de Rofmarin feiches , une 
drachme de Gamelle coupée par dior- 
ceauxjun fcrupule de Safran; pui^ di- 
ftillez le tout au Bain. Il faut prendre 
deux fois la femaine de cette eau le 
poids d’unconce.Il eft à propos deuant 
que de s’en fervfr, de fe purger avec lîx 
grains de teintu'rc d’Elcborc noir,dé¬ 
layée dansun verre d’eau de Meliffc. 

Eau qui fotùjie l'efiemac. 


P renez des écorces de Citron, & 
d’Oranges feiches, de chacune deux 
onces ; fueillcs de Marjolaine une once, 
Ganelle & Girofle, de chacun deux 




chantable & facile. 155 
gïos :fai.tcsinfiifer letput-vingt-qtTatre 
heiijcs'au Bain;danstEois.livrcs d’efpric 
de yin jpûisdiftjllezà ]!eau.boiiil!ante.^ 
Il faut prendre deux fois la fcmaine une 
cuillerée decettc eau dans un boiiillon, 
ou dans quelque eau cordiale, comme 
Chardon-benir,Bourrache,ou Buglofe. 

Eau qui frovoque Purhe Jupprimée y 
& fàit vuider le fable 
des reins. 

P R IN B s douze Citrons , & douze' 
Grenades , 3c:lcs coupez par tran¬ 
ches , & lesmcttçz dans un Alembic de 
euivre , avec les herbes qui foivent ; 
fçavoir, Perlll ,Mcli(rc, Hyfope, Saxi¬ 
frage, Pimpinaelle , Philanthropos, ou 
GrratreroB , de' chacune deux livres: . 
yerfez deffus douze pintes d’eau corn- 
«Siiina; diftiUez par le Refrigeratoire à 
feu de flamme au commencement, le¬ 
quel vous diminuerez lors que Peau 
commencera à diftiller. Quand vous 
aurez quatre pintes d’eau ceffez. Il faut 
avant que d’iMcr de cette eau, fe puiger 
des htïmeurs choletiques & phlegma- 


194 Chymie 

tiques. Il eftaullîneceffairc d’obferver 
un régime de vivre: pour cec efFedt on 
prendra l’advis d’un prudent Médecin; 
apres lequel,on boira tous les matins 
un grand verre de cette eau dans le de- 
clin de la lune : s’il fe peut on fera exer¬ 
cice apres , linon on fe tiendra au liâ 
chaudement. 

Baa qui dijjàut la pierre , & la fait 
vuiderpar les urines. • 

P renez therebcntinc de Venife 
une livre,frui(St d’Alchechangede¬ 
mie livre,fuc de Perlîl une livre. Vi¬ 
triol Romain demie livre : pilez les 
fruits & le Vitriol, mettez le tout dans 
une Cucurbite, avec quatre livres de 
vin blanc ; puis diftillez au Bain bouil¬ 
lant jufques à ce que les feces demeu¬ 
rent fcches. Il faut prendre foir & ma¬ 
tin deux onces de cette eau dans un ver¬ 
re devin blanc, & continuer quarante 
jours. / 

Eau qui guérit la gravede. 


P renez des amandes de noyaux de 
pefehes une livre ; poix chiches 



charitable facile. ipj 
deux livres , fueilles de meniie Sauge 
une livre ; pilez tout, & mettez dans 
une Cucurbitc , avec fix livres de vin 
blanc rfaites digerer une nuit au Bain, 
puis diftillez à fcû fort. Il faut boire 
tous les marins une once de cette eau: 
une heure apres on prendra un boüil- 
lon fait de volaille, & de veau ; dans 
lequel on fera diflbudre vingt grains de 
crefrae de Tartre. Il eft neceflaire de 
continuer un mois entier, ou environ. 

£au contre U fejle, 

Rènez fàcde Scabieufe unelivrc,dè 



i Rofes de Provins une once, écorces 
de Citrons & d’Orâges feiches rappées, 
de chacune deux onces , 'Thériaque 
de Venife une once, Canelle, & Cloud 
de Girofle , de chacun deux drachmes : 
faites infufer le tout vingt-quatre heu¬ 
res dans une pinte d’eau de noix ;puis- 
diïlillezàfeu doux. L’on en peut pren¬ 
dre depuis une once jufques à deux, le 
matin àjeun en temps de pefte. De plus 
elle Tonifie les eftomacs froids &.dé¬ 
biles. ' 



jÿé La chymie 

Lau^ecifique centré ta pefle. , ' 
■pR E N E Z écorces de noix, quand eUcs 
* fe dépouillent facilement de defluS 
la noix; fueillcs & cimes de Riiê , par¬ 
ties égales : pilez les dans un mortier 
de pierre, & les mettez fermenter trois 
Jours.à la cave J puis diftillez au 13ai«.^ 
L’on en prendra toiiS les lùatins deux 
cuillerées en temps de pefte; C’eft ua 
fouverain prefervatif. 

Eau qui guérit les pajles couleurs, 

P R E s )E Z Sauge, Hyfppc, Rofmartir, 
& Sabine , de chacune;,une livré; 

{ liiez-les,dans un mortier de pierre^^ 
es mettez fe.rmenter huit , purs à la 
cave-dans une Cucurbite de verre ,aveç 
quatre livres de vin blanc; puis vous 
diftillcrez au Sain bouiliant jufqucs i 
ce que Je marc foit, fcc. Preotiz unedir 
yre decetteeauj&.metfca dédîwlSüne 
demie once de CrociwMarti&dahs-.uiu 
petitfachet de toile. L’ou prendratoup^ 
les matins une once de-cetjjéjcaj}.-, jh'fr 
quesà deux. iLfaut continuer quaç%ùt+ 
joui s; le Crocus Martis fcjrvira toujours t 






ch aritahle & facile. 1^7 

on a’aufa qu’à retnetîre de nouvelle 
eau deflîis. Apres avoir beii ladite eau 
on fera le plus d’exercice que faire fe 
pourra. 

BauquifAUvenirtes purgations. 

P renez Artnoife &'HyrDpc,de cha¬ 
cune deux poignées; Safran, Canelle 
&Girqfle,de chacun une drachme; met¬ 
tez le tout dans une Courge , avec qua¬ 
tre livres de vin d’Efpagne : au defaut 
vous- prendrez d’excellent : vin blanc. 
Laiflez infufer une nuit au Bain', puis 
diftillez. Il faut prendre tous les matins 
undemy verre de cette eau huit jours 
devant le temps qu’on a aecouftumé 
d’avoir fes purgations , &: huit jours 
apres. 

Bau qui mejle Us f ufgâtions mmo~ 
derêes, les pertes de f&ng. 

•pRENEZ -Plantain, Morelle, Endive, 
A laiduë, parties égales, & les pilez, 
& en exprimez les fucsjpuis les diftil- 
Icz auBain. Il faut boire de cette eau 
•trois-jours de lùite, foir Sc matin, deux 
.dinses à chaque fois. 

I iiij 


La Çhymie 

\K^titre eau qui anejle les pertes 
. de fing. 

■pRENEz le dedans de douze Citrons, 
& de douze Grenades, quatre on¬ 
ces de Rofes de Provins, deux livres de 
bon vin rouge de trois ou quatre fueii- 
Ics jpuis diftillez le roue au Bain. Pre¬ 
nez deux onces de cette eau , faites 
dÜToudre dedans dix grains de fcl de 
Corail. Il la faut prendre le matin à 
jeun, & 1« foîr deux heures apres le re¬ 
pas ,& continuer quatre jours. 

iau quifscilite tes accouchements. 

P renez Sauge,Tanailîe, Hyf 0 pc, 
de chacune deux poignées : pilez- les 
dans un mortier , Sc les mettez dans 
uneCucurbite, avec une livre'de miel 
de Narbonne , Canelle & Girofle de 
chacun une drachme, Rheubarbe cou¬ 
pée parmotceaux une once,thereben- 
tinc de Venife deux onces , d’Epithy- 
me une drachme , vin blanc deux li¬ 
vres. Faitesinfufer le tout au Bain dou¬ 
ze heures,puis diftillez. Il faut pren¬ 
dre tous les matins deux cuillerées de 



charitable & facile. 19 p 

cette eau l’efpace de quinze, ou feizc 
jours devant le temps de l’accouchc- 
ment, & fe promener une bonne heure 
apres l’avoir prife. Cette eau eft auflî 
excellente contre la colique venteufej 
fi l’on y adjoufte huit ou dix gouttes 
d’eflence de Sauge , ou de Tanafie i 
dans une cuillerée de ladite eau , la 
donnant à boire à une femme de qui 
l’enfant feroit mort dedans le ventre , 
ou de qui l’arricre-faix feroit demeuré, 
elle fera fortirl’un & l’autre: fi la pre¬ 
mière fois ne fuffit, il faut réitérer une 
demie heure apres. 

Eau quipurifela matrice, dr quiar- 
refie Us fuffocations. 

R E N E Z racines & fucilles de Vio- 



X Icttcbien nettes, quatre poignées f 
fueilles de Perfil, deuxi poignées 5 fei- 
gle, avoine & orge, de chacun une poi¬ 
gnée : mettez toutes ces choCes dans 
une Cucurbitc ; verfez deflus quatre 
livres de vin blanc ; faites-lesfermcnteç 
huit jours à la cave, puis les diftillez au 
Bam bouillant. Il faut prendre trois qu 
quatre fois la. fenuine de cette eau,.!« 


l V 


2.0-0 La Chymie 

matin .à jeun. La dofe cft d’une onee 

jufquesàdcux. 

Eau contre l'hydroyi^e, 

P renez racines d’iris , Sc d’Hy®. 

ble, de chacune deux oncesPer* 
fil, Fenoiiil, Ache, Bcrle ,de chacune 
deux poignées ; Cubebcs une once. 
Safran demie once , therebentine de 
Venife quatre onces , Canellc Sc Gi¬ 
rofle de chacun demie once. Faitesin- 
fufer le tout vingt-quatre heures au 
Bain boüillanc' ; çohobez deux fois, 
l’eau diftillée fur les feces. L’oû boira 
demy verre de cette eau le matin, & le 
foir. Il faut que le malade fepromene 
le plus long-temps qu’il pourra, finoir 
il demeurera auli(!i chaudeuaent. 

Eau contre les tremblements de la tèjdey 
edr des mains. 

■pR E N E Z fueilles de Perfi^l une poi- 
gncc, fueilles & fetoences d’Ache, 
de chacune deux poignées ; graine de 
Pavot blanc une ente t pikz le tout 
dans un mortier de pierre ; raettez-Ics- 
infufer dans fix livres d’eau de Sauge 





charitable & facile, loi 
dedans une Cucurbitc', adjouftez de¬ 
mie once de Girofle, une once de Ca- 
nelle , quatre onces de ûicre ; diftillez 
au Bain bouillant : vous ferez diflbudre 
dans une livre de l’eau diftillée une 
once de Caftoreum. il en faut boire une 
once tous les matins,durantunmois. 
Il faut auflî s’en laver la telle , le col, les 
bras, & les mains, fi elles tremblent. 

Eaa qui fait venir le laill aux 
Nourrices. 

P renez racines, fueilles, &femences 
de Fenouil, fix.poiguées 5 orge mon¬ 
dé une livre, poisj chiches deux livres: 
mettez le rout dans l’Alembic de cui¬ 
vre ; verfez deflus vingt livres d’eau, 
mettez en digeftion fur cendres chau¬ 
des vingt-quatre heures , puis diftillez 
par le Refrigeratoire : lors que vou« 
aurez dix livres d’eau, ceflez. La nourri- 
ee boira de cette eau à fes repas ; elle 
pourra mettre dans chaque verre deux 
ou trois cuillère îsde vin. 


2,01 


• La Chymie 


Chapitre IK 

Des Syrops, 

Syrof de Mercuriale. 

F aV T prendre fuc de Mercuriarr 
huit livres. Aies de Buglofe & Bour¬ 
rache, de chacun deux livres: mettez- 
les dans une bafîînc de cuivre rouge,, 
avec douze livres de miel de Narbon¬ 
ne : faites bouillir une demie heure à 
feu doux , & écumez le miej jpuis fil¬ 
trez par la chauffe d’hypocras. Prenez 
quatre onces de racines de Gentiane, 
une demie livre déracines de Flambe; 
coupez-Ies par tranches, & les mettez 
infufer vingt'quatre heures fur les cen¬ 
dres chaudes dans, trois livres de vin 
blanc ;filtrez ladite infufion fans l’ex¬ 
primer, & la mettez.avec les chofes cy- 
dcfltis; puislesfaire.cuireen confift.cn-, 
ce def^op,lequelfepuilTc garder un 
an,dautantqu’ilen faut prendre toute 
l’année tous les matins une cuillerée â 





ChmtühU facile. zo^ 
jeun. Toute la compofîtion cy delTu» 
n’eft que pour une perfonne.Cc fyrop 
fortifie, purge, purifie le fang^ ôc rafrai- 
chit : il conferve la jcunerfc : il n’y a 
prefque point de maladies contre lef- 
quellesiinefervede remede. Il eftne- 
ceflaire avant que d’en ufer d’eftre pur¬ 
gé. Il peut eftre nuifible aux rattelcux, d 
caufe de la quantité de miel dont il çfl 
compofé. 

Sjrûp four faire dormir. 


P R E N E Z fuc de pourpier, & delai- 
éluë, de chacun deux livresjfleurs de 
I Nenuphar,&fleurs de Pavotchâpeftrej. 
autrement dit Rheas, ou Coquelicos» 
de chacune demie livre : faires bouillir 
1 les fucs & les fleurs enfemblc environ 
I un quart d’heure ; puis filtrerez par la 
' chaufîè, & mettrez du fûcre livre pour 

livre,& ferez cuire en confiftenee de 
fyrop. Il faut ecumer tous les fyropsfur 
lafin dcleurcuilTon. Ou enprendralc 
foir en fe mettàntau lié! une once dans 
un verre d’eau d’orge ; il rafraichit, il 
fait dormir, & eft trcs-cxcellentcontre 
lesinflaiMations du poulmon. 



Î04 


La Chjrmie 
Syrep four le foulmon. 

Î L faut prendre fuc d’Hyfope deux 
livresques de Bourrache, de Buglofe, 
deMelide ,& choux rouge , de chacu¬ 
ne une livre 5 fleurs de Soufre deux on- , 
CCS :.faites boüillk le tout enferable un 
quart d’heure, ptiis paflez le fans ex¬ 
primer ,& mettez du Cucre à diferetion, 
& en faites fyrop. Il en faut prendre le 
inatin,àmidy,& le foir avant le repas 
deux cuillerées dans un verre d’eau 
d'Hyfopc. il empefehe & corrige les 
indifpofirions du poulmon, 

Syrof contre Hhydropifie, 

I L faut prendre fuc de Raves, de Per- 
lîi, de Mercuriale , de Cerfucil, de 
Chardon-benit, de chacun demie livre; 
graine d’Hyeble, & de Genievre , de 
chacune une livre; le dedans de douze 
Citrons; faites bouillir le tout enfem- 
ble jufqucs à ce que les graines foient 
coites; puis filtrez , & mettez defdits 
fucs & fucre,livre pour livre, & faites 
fyrop. Le malade prendra une once de 
ce fyrop dans deux o-nces d’eau de 




chafitdhle S‘ facile, ioj 

Chardon-bcnit quand il fe mettra de¬ 
dans le Iiâ:« & il fc couchera chaude¬ 
ment ) ce retnede le purgera par les iiri- 
«cs, ou par lesfueurs. Ce fyrop eft auflï 
tres-bon pour les grareleux , & pour 
ceux qui ont peine ànriner. 

Sjtrof contre la douleur de la tefle ^ 
dr purgatif. 

I L faüt prendre fac de Sauge,& de 
Betoine, de chacun une livre; Rofe» 
pafles deux livres , Agaric coupé par 
tranches une once;Canelle& Girofle 
de chacun une drachme:faites infufer 
le tout une nuift fur cendres chaudes, 
puis faites boiiillir un quart d’heure , 
apres, padez & mettez livre pour livre 
de fucre pour en faire fyrop ; duquel 
on pect prendre depuis une once juf- 
ques à deux dans un verre d’eau de Be¬ 
toine ; & deux heures apres un bouil¬ 
lon. Il purge doucement la pituite du 
cerveau. 


^o 6 La Chjmie 

Syrop violât purgatif . 

P renez fleurs de Violette entières, 
fans en rien ofter que les queues,une 
livre ; faites-Ies infufer douze heures 
dans deux livres d’eau,puis les paflèz 
& exprimez, &remettez de nouvelles 
fleurs une livre dans ladite expreffion, 
& faites infufer comme au prccedent,^ 
avec une once de Rheubarbe coupée 
par tranches; puis exprimez, & faites 
ifyrop, mettant livre pour livre de fu- 
crc. Quand oh voudra fc purger, on en 
prendra depuis une once jufques à deux 
dans un veuc de-ptifancîaxativc, tom- 
poféc de Chiendent, Cichorée, Pim- 
pinnellc,& Senne; comme il fera die 
au Chapitre des ptifanes laxatives. Il 
purge labile, tempere & rafraichit la- 
crimonie des humeurs j'mais il ne fe 
garde pas plus de quatre moiSi 

Syrop de Rojês mujeades, 

P renez une livre de Rofesmulcades, 
faitcs-les infufer une nuid dâs deux 
livres de decodion faite de racines & 
fucilles de Bourrache & Cichorée; puis 




charitable ér facile. loj 
coulez & mettez dufucreàdifcretion, 
&faites {yrop. Vue once de ce Tyi-op* 
prife le matin , purge doucement ÔC 
benignement les ferofiteZ", 5c u’oblige 
point de garder la chambre, 

SJtrûj> qui arrefie la diarrhée , la dj/fn- 
terie, çér flux defan g. 

I L faut prendre fuc de Limon, &de 
Grenade, de chacun une livre-, fruits 
de Coing deux livres : faites infufer le 
tout douze heures avec une drachme 
de Canelle ; puis paflez 5c mettez trois 
quarterons de fucre pour chaque li¬ 
vre de fuc. L’on prendra deux ou trois 
fois par jour de cefyrop, une once à 
chaque fois dans on verre d’eau ferrée. 
• Il faut continuer trois ou quatre jours 
de fuite. 

Sjre/’ geur fortifier fefiomac, 

F A VT prendre Ahlînthe, Mente 5c 
Bayes, ou graines de Genièvre, de 
chacune deux poignées, ôc en faire de- 
coétion: mettez infufer une nuiâ: de¬ 
dans Canelle, Girofle, ZinzembreSc 
Mufeade, de chacune un fcrupulej 


puis coulez êC: mectcz fucre à difcre- j 
,tion pour enfairefyrop. Vue caificrée ! 
■de ce Tyrop, prife devant le repas, for- | 
tifie, aide à la digeftion, Sc réjoiiic le J 
cœur. 

Sjrû/ four faire venir les purgations ^ 

é" guérir les pajl'cs couleurs. 
■pRENEz Abfinthe, Lavande,& Hy- 
^ fope 5 de chacune deux poignées ; 
faites-Ies bouillir dans lix livres d’eau 
jufqucsàreduéliondcmoitié: puis ex¬ 
primez, & mettez infufer vingt-quarte 
heures dedans du Safran, Canelle, & ' ■ 
-Girofle , de -chacun une drachme : 
paflez & faites fy rop avec partie égale 
de fucre. Il faut prendre matin & foie 
de ce fyrop le poids d^inc once. Il faut 
mefler fon vin av<rç de l’eau dans la¬ 
quelle on aura mis tremper du Crocus 
Marris, & continuer un mois. 

Syrop dfpommes purguti. 
pRiNEZ douze pommes de Reinette, 
^8c les coupez par tranches, une de¬ 
mie livre de pruneaux de Damas noirç 
faites les bQiiiüir dans fix-livres d’eau.. 



charitable & facile, zop 
jufques à ce que lespommes & les pru¬ 
neaux foient bièn cuits : puis vous Iss 
f exprimerez& mertrez infufer dans 
l’expreflioa deux onces de Senne l’ef- 
pace de douze heures fur les cendres 
chaudes, a vécu ne drachme de Canelle 
Sc de Zinzembre ; puis vous coulerez 
■comme au precedent, & mettrez livre 
'.pour livre de fucrc ,, pour en faire fyrop. 

; Pour fe purger il en faut prendre der' 
puis une once & demie jalques à deux. 
Ce fyrop n’eft point dégouftant, & 
purge doucement l’humeur büieufe » & 
('pituiteufe. 

Jfj/re Syrej> furgatif 

V Ovs prendrez racinesfucilles 
de Cichorée, Bourrache, Buglo- 
fe Sc MelüTe, de chacune demie livre: 
coupez les racines, & pilez les fucilles, 
&Ics mettez dans fix livres d’eau com- 
mune , ay^ qpatjre fiinocsci^gcmoè- 
dé : ia'itesiboüillH: Ie'C0:Ut cnfcmlîlejuf¬ 
ques à diminution de la moitié ; purs 
coulez fans exprimer -, & mettez dans 
Jadite . côulaturc ,infdfer fur cendres 
chaudes ryiog^-quatee heures > deux 




^^xo La Chymie 

onces de Rheubarbe coupée par tran¬ 
ches, avec une once de Senne, & de¬ 
mie drachme deZinzcmbre : puis cou¬ 
lez & exprimez, & mcrte:^ trois quar-- 
terons de fucre pour livre de coulature, 
faites cuire en conlïftence de fyrop. Ce 
fyrôp purge la pituite tartareufc du] 
ventricule , & des parties voifines : il | 
guérit la jaunifle. On en peut prendre^ 
depuis deux onces jufqucs à trois. Lors 
que l’on voudra fe purger le cerveau, H 
faut prendre une once & demie de ce 
fyrop, & le mettre avec une once de 
fyrop de Rdfes pafles. , 


Chapithe III. 

Des Ttifanes. 

Ptifane fürgat'we. 

P Reniz racines de Chiendenti 
d’Ofeille, Piflc-cn-liéfc, Cichorée, 
Endive , & Scorfonaire , de chacune 
demie poignée : herbes de Buglofe, 
Bourrache, Endive, Cichorée,Pour¬ 
pier, & des quatre Capillaires, de cha- 




charitable S" facile, iii 

cun une poignée : faites cuire le tout 
.dans quatre livres d'eau, à diminution 
d’une livre : adjouftez fur la fin un pen 
d’Anis, & de Coriandre, une .once de 
Senne, deux drachmes de Criftal mi¬ 
nerai j faites infufer douze heures fur 
lescendreschaudes.il en faut boire le 
matin àjeunj ôf apresmidy, troisheu- 
resaprcsle repas-, Sclefoirli l’on veut 
! enfe couchant un verre à chaque fois. 
.Cette ptifanc pqrge doucement l’hu- 
jmeur mclancholique,& la pituite, & 
f defopilela ratte. 

^ Autre ptfine purgative. 

I T70vs prendrez racines d’EnuIc 
. V Campane, de Guimauve , de Ci- 
j chorée fauvage, de chacune une poi-^ 
' gnée : faites les cuire dans dèux pintes 
S d’eau, à diminution du tiers : vous ad- 
: joufterezfur la fin un peu de Scolopan- 
^ dre, avec une poignée de Rofes,une 
j pincée d’Anis ; puis coulez & faites in- 
k fufer dans la coulature une once de 
I Rheubarbe coupée par petites tran¬ 
ches, une drachme d’Agaric crochifqué, 
demie once de Senné , le temps de 



îLîi La chymie 

douze heures. Il faut bqire de cette 
ptifane deux ou trois fois la femaine 
cfftant à jeun ungiand verre-, principa- 
îement au Printctups , & à fAutomne 
dans lcdecoursdc la lune. Elle purge 
la bile noire & brullce , avec les ha- 
meurs pimîteufes, tant des parties hàu- 
rcSj<juedesbaflcs. 

Ftifine rafrmhijfante , & 
ayeritive, 

P Rï NE.z racines de Mauve '■> de 
Guimauve , Nénuphar •, & d’iris, , 
chacune une poignée: Violette, Mo- 
relie , Reine des prés , pimpinncllc, . 
laiétuc , dechacuneunc poignée ; San- r 
talCitrin deux drachmes :faitesboüil- l 
ër le tout dans fix livres d’eau , à dimi- ' 
nution du tiers î puis coulez & faites ; 
infiifcr douze heures dans la coulaturc '= 
une once de Criftal minerai , t' afle 
rrtondéedeux onces;Manne de Calabre 
U ne-once, le fuc detrois Citrons.;Cct- j 
téptifane, outre qu’elle rafraichit, elle 1 
purge les humeurs btullées, & donne 
dé rappetir. ' 


I 



Chmtahle & facile. iij 
Ptifine qui furifie. le fitjg. 

V s prendrez racines & fueilles 



V ne Cichorée , Chardon-bénit, 
Gerfueil , Peiiîl, de chacune une poi¬ 
gnée : oftez les cordes des racines-; une- 
poignée de graines de Genièvre con- 
cafl’ce : faites bouillir le tout dans qua-; 
tre livres d’eau, à diminution de moi¬ 
tié :filtrcr Remettez dans ce quipafle- 
ra une once dcCriftal minerai. Il faut 
boire tous lire matins à jeun durant 
huit jours, un grand verre de cette pti- 
fanc au decours de la lune. 

Ttifineqni dijiipeles^eisfuresduvea- 
tre&desiamhes, qui refient 
a^res la fièvre. 

P renez Aigremoinc, PimpinncIIcj 
Betoine, Chiendent,Cichorée ra¬ 
cines & fueilles, à la referve de la Be- 
coine ; de laquelle les racines font vo¬ 
mitives, de chacune une poignée : fai¬ 
tes-les boiiillir dans quano -livres 
d’eau,à diminution du tiers;purs fil¬ 
trez, & mettez infufer dans ladite dé- 



114 Chjmie 

coftion une once de Senne, avec une 
drachme de Canelle coupée par mor¬ 
ceaux. II faut boire à jeun un grand 
verre de cette ptifane, & autant apres 
dïfner,trois ou quatre heuresaprcslc 
repas. 

FtifunefifraichiJJame. , 

V O V s prendrez racines de Nénu¬ 
phar , fueillcs fie racines de Ci- 
chorée , & de Cerfucil, de chacune une 
poignée ; quatre pommes de Reinet¬ 
te coupées par morceaux , une poi¬ 
gnée d’orge: faites le tout boiiillir en¬ 
viron une demie heure dans quatre 
livres d’eau ; puis oftez le vaifleau de 
deflusle feu ,v& mettez un petit bafton 
de Regliflc raticé , & coupé par pe¬ 
tits morceaux, & couvrez le vaifleau, 
& laiflez refroidir. Cette ptifane eft 
raffaichiffànte & humeâante. Ceux 
qui font échauffez au dedans en peu¬ 
vent boire à leurs repas: comme auflî 
ceux qui font travaillez de la fièvre. 


Ptifane 



'Cldntdîe é" fadle. 'iif 
rtijàiie pour le palmou. 

P renez Hyfopc , Chou-rouge 
Chiendent , pifle-en-Iict, de cha¬ 
cune une poignée; fixfigues,raifinsde 
de Damas, & Iujubcs,de chacun une 
once;oftcz les pépins des raifins :une 
once de fleur de Soufre , que vous 
mettrez dans un fachec de toîlc , une 
poignée d’orge : adjouftez avec tout ce 
que deflus demie li vre de miel de Nar¬ 
bonne : faites bouillir le tout dans fix 
livres d’eau , à -diminution du tiers; 
L’ufage de cette ptifane eft excellente 
pour ceux qui font malades du poul- 
mon ; & tnefmc elle foulage ceux- qui 
ont la plcurefie. Il cri faut boire trois 
©U quatre verres par jour Elle aide aulfi 
à faire fottir le phlegme crafle, & gué¬ 
rit les inflammations de la gorge. 

. TnfmeejuidefipikU rme. , .■ 

V O vs prendrez fucillcs de Meliflc, 
Buglofc ,-Bourrache , de chacurié 
une poignée;Captes demie livrtï» Po-. 
lipodede chefnc fendu par la moitié, 
deux onces ; faitcs boiiillirle tout dans 
K 




tiê La chymîe 

fix livres d’eau , à redudlion des trois 
quarts ; puis coulez, & adjouftez à la 
coulaturc une drachme de Canelle par 
morceaux. Il faut prendre de cette pti- 
fanc trois ou quatre verres par jour: 
elle dçfopile la ratte , fait uriner , & 
purge dotreement. 

Ftifane qui fortifie , & qui arrefie U 
diarrhée é" lu dyfenterie, 

P renez de la Sauge une poignée, 
rapines de Nénuphar deux onces, 
rapures de corne de Cerf & d’y voire, 
de chacune demie once, Crocus Mar¬ 
ris afttingcnt, une once : faites bouillir 
le tout dans quatre livres d’eau , à di¬ 
minution du quart ; puis coulez , & 
mettez infufer une once de Rheubarbe 
coupée par morceaux, une drachme de 
fel de Corail : lors que la ptifane fera 
froide il en faudra donner au malade 
le matin, à niidy & au foir,à chaque 
fois un grand verre. Il faut continuer 
cinq ou lix jours de fuite. 




charitable é" facile,, xvf 
Ptijàne ^ui guérit les galles, 

V O V s prendrez Pimpinnellc , 
Chiendent, Cerfueil,des quatre 
Capillaires , de chacun une poignée i 
une once d’orge, deux onces de Senne, 
CalTe mondée une once, Tamarins 
deux onces,un bàfton de ReglilFc ra- 
ticé , & coupé par morceaux. Il faut 
faire bouillir le tout dans fix livres 
d’eau à reduétion de moitié, puis paf- 
fer par l’étamine. On boira le matin un 
verre de cette ptifane,& autant apres 
difncr. Il faut continuer huid jours. 


Chapitre IV. 
Des piUules. 


y 


PiUules four purger le cerveau, 

P renez extraidts de S.auge , Be- 
toine , de chacun une drachme. 
Agaric trochifqué, teinture d’Eleborc 
noir, de chacun un demy fcrupulej 
teinture de Rheubarbe deux,drachmes : 

Kij 




2 . 1 Î . La Chymie 

malaxez le tout dans une petite terrine 
fur des cendres chaudes avec une Efpa- 
tule, julques à ce que le tout foit en 
confiftencc de pouvoir former piltules. 
Ce que vous connoiftrez. en mettant 
une goutte refroidir fur une aflîcte: fi 
elle ne prend point à l’allietc, ny aux 
doigts, clics font comme il faut. Vous 
formerez neuf pillules de cette malTe, 
pour en prendre neuf matins defuitte, 
une à chaque prife. Deux heuresapres 
il faut prendre un boiiillen; Elles pur¬ 
gent le cerveau, la colere jaune & noi¬ 
re,la pituite,&fait mourirlcsvers; - 

i^utres ftlluks qui f urgent le 
eernjeau. 

V O V s prepdrez teintures d’AIocs, 
& de Rheubatbe, de chacune une 
once ; Agaric trochifqué trois drach¬ 
mes , fuc de Rofes une once , Maftic 
deux drachmes : pilez l’Agaric & Ma¬ 
ftic , & incorporez les poudres avec 
l'es, teintures & fuc cy-delTus, & faites 
malTe, que vous garderez dans un mor- 
ceau de cuir frotté d’huile. Elles pur- 



charitable ch fitcik. ii 5 > 
gent le cerveau,lesyeax, les oreilles, 
le ventricule, & la matrice., de leurs 
hurrietirs |)utrides<; ôc tes; corroborent. 
Là dofe eft d’une drachme jufqiics à 
drachme .&! demie, li les faut éprendre 
le matin à jeun. 

TiUtiles qmpurgent U melanchdie.. 

P R EU EZ- extrait, de MclilTe une 
enc®, tejnture dc'Seniié une demie 
once j teinthre d’Aloçs deux drachmes, 
fixtraid d’Elebore noir une dtachme', 
teinture de Safran un fcrupule., Epi- 
thyme , & Maftic en poudre deux 
drachmes : incorporez le tout enfem- 
ble , & faites mafle , & la ferrez comme 
deflus. Elles purgent l’eftomac .béni¬ 
gnement -, elles empefehent la putrefa- 
ftion des humeurs, SègarantilTenf des" 
douleurs de la telle, de l’cffiomac , du 
ventre, & de la ihatrice. Elles chaflTent 
la melancholie, 8f la triftelïè. La dolc 
eft d’une demie drachme jufqucs à Une 
drachme. 




lio 


La Cbymie 
Tillules Aperiîives. 

O V s preodrcz extrait d’Abfin- 



V the une once, Mirabolans citrins 
deux onces , teinture d’AIocs , & de 
Rheubarbe , de chacune une once; 
Crocus Martis, & Tiirbit, de chacun 
deux drachmes ; teinture de Safran de¬ 
mie drachme , & ^ilez ce qui fe peut 
piler, & malaxez le tout, 8c en faites 
maiTe. Elles purgent les humeurs bi- 
lieufcs & pituiteufes , & principale¬ 
ment celles qui attaquent la tefte , le 
foye,& le ventricule : clics fortifient 
l’cftomac, facilitent la codtion des vian¬ 
des , excitent l’appetit. La dofe eft 
d'une drachme. 

Pillules centre U pefie. 

R E N E Z extrait de Rue, & teintu- 



i re d’Alocs, de chacune une once; 
Thériaque deVenife une once, MyC'l- 
rhe demie once, écorces de Citrons, & 
d’Oranges en poudre , de chacune 
deux drachmes : incorporez le tout en- 
femble , & y adjouftez fur la fin une 
drachme, d’efprit de Vitriol. Elles pc^;; 




Charitahle & facile. zii 
fervent de tout air infccîiic, & de cor¬ 
ruption : elles purgent l’eftomac des 
humeurs corrompues ; c’eft pourquoy 
elles font excellentes contre la pefte. Il 
en faut prendre le matin quand l’ait 
eft infedé , avant que de fortir, une 
demie drachme. 

Ffllules centre l'afihme , d* toux 
invétérée. 

V O V s prendrez extrait de Sauge 
&:d’Hyfopc de chacune une on¬ 
ce j Agaric trochifqiic trois drachmes, 
extrait de Coloquinte deux drachmes, 
Turbit quatre drachmes , Myrrhe & 
racines d’iris, de chacune une drachme; 
fleurs de Soufre demie once Pilez ce 
qui fe pourra piler, & malaxez le tout : 
adjouftez fur la fin une cuillerée d’ef- 
prit de vin, & en formez pillulcs. Elles 
purgent la poitrine , le thorax de la 
pituite, craiTc, & putride ; faclite le 
cracher, & appaife la toux. La dofe eft 
d’un fcrupule. 


^%2. La Chymte 

■ TiJlnks qui f urgent les eaux des 
' hydregiques. 

P renez extraid d'iïyebîeS, 

Sureau, & de Fenoiiil, de chacun 
une once j lalap en poudre demieonec , 
teinture de Gomme-gutte deuxdrachr 
mes. Baye, on graine de Genievre une 
once ; cfprit de Vitriol une drachme: 
incorporez le tout commeilaefté dit, 

& faites pillules. Elles purgent les eaux 
des hydropiques , & font fortir les 
vents. Il en faiitprendre tous les marins 
un mois de temps, d^unc drachme luf*- j 
ques à drachme & demie.. j 


LiUttks centre ks Jûffocaîicns 
de matrice. 

V O VS, prendrezextraid de Matri- 
caire , de Sauge,&: de Rue, de 
chacune une once; de fecule de Brione 
une once, Epithyrae deux drachmes^. 
Rhepbarbe en poudre demie-,, oncei. 
Caftoreum deux drachmes ,. Ctocus 
Jdartis une drachme : incorporez tou¬ 
tes ceschofes enfemble, & mettez fur 
la fin douze gouttes d’eflènee d’Hyfo- 



Châïitahle ^facile. azj 
pe , quatre de Canelle , & deux de 
cloud,de Girofle; puis formez pillules. 
Elles arreftent les vapeurs de la matrice, 
& les fait fortir par les voycs ordinai¬ 
res ^elIes font venir les purgations,& 
dégagent les obftruétious. Il en faut 
prendre deux pu trois fois la femaine 
le poid» d’une drachme j Iq ipatin à 
Jeun, contre les vapeurs dé la matrice: 
& pour faire vetiir'lcs purgations j il 
çij'faut prendre un mois entier fnatin 
ôf.foir, une demie drachme à la fois, 

f ÙiuUs\ 4iui.arreflem les dyjenîmes ^ 
. Ô‘-.fonifent. 

P Rekez extraid de Boiiillon-blanc,^ 
Morclle & Sauge , de chacun une 
once,teinture de Rheubarbe une on- 
çc jfel de Corail, & de Perles, de cha¬ 
cun deux drachmes ; Crocus Marris, 
raclure d’y voire, & de corne de Cerf, 
de chacune uîie drachme : faites malFc 
de tout a & mettez fur la fin deuxgouta 
" tes d’eflence deCanelle, & autant de 
cloud de Girofle. Elleÿarrcftent toutes 
fortes de dyfehtcrie, purgent Seforti- 



£enr. Il en fauc 
une draclvnc, 

P Ulules contre la gravelle. 

V Ovs prendrez deux onces de 
thcreb^ntinc de Venifc, que Vous 
ferez boiiillir dans fuffifante quantité 
d'eau , jufqucs à ce qu’elle n’adhere 
point aux doigts : incorporez avec fel 
dcPerficairc, & de Perfil, de chacun 
iinedrachnae, & Criftal minerai demie 
once, puis faites pillules. Elles font for- 
tir le labié des reins , & de la veffie, & 
provoque l’urinefuppriméc. lien faut 
prendre quinze jours de fuite le matin, 
le poids d’une drachme. 

Pillules purgatives, 

P renez teinture , de Bourrache^ 
Buglofe, & Alocs.de chacun une 
once ; lue de Rofes demie bhcc rincor-^ 
porez le tout enfemble dans une petite 
rerrine fur les cendres chaudes, jufques 
à ce que le tout fort en confifïcnce de 
pillules. Elles purgent doucement le 
cerveau, l’eftoraac, & les inceftins. Il 


prendre marin & fofr 




charitable & facile. iiy 
en faut prendre le poids d’un fcrupule 
le foir , demie heure devant que de 
fouper. Elles n’opereront que le jour 
fuivant. 

jiutres fiüules furgatives. 

O VS prendrez extrait de Fenouil 



y uneoncCjSenné&Criftal minerai 
en poudres une once : incorporez les 
poudres avec ledit extrait, & en faites 

f )illules. Elles purent la première 3c 
econdc région du corps, le foye, l’e- 
ftomac , la ratte, & déchargent les 
feins. La prife cft d’une drachnac. 

Pillules univerfelles. 
DKenez teinture d’Aloës, de s en- 


J. né, & de Rheubarbe, de chacune 
une once •, Agaric trochifqué demie on¬ 
ce , Spica nardy, & Maftic, de chacun 
une drachme; graines de Violette en 
poudre une once ; incorporez le tout 
enfcmble, & faites malTe. Elles purgent 
univerfellcment & doucement toutes 
les humeurs. La dofe eft depuis quinze 
jufques à vingt grains. 


Kvj 


TiUutes four fùre dormir.. 

P renez extraid de Laidnë & Moi- 
relle , de chacun deux drachmes i 
Opion tornfié un fcrupule , graine de 
’luCquiame, & Pavot blanc, de chacune 
une drachme) : reduifez l’Opion • & 
;graines en, poudres,,& les incorporez 
avec les cxtraids , faites pillules. 
Elle proYoqae;nt doucement le- fom- 
mcil : elles appaifent toutes fortes de 
dpulcurs. La dofç 

à dix ^raiuf II f^ur prendre le CfM 

enfe mettant au lid. 





Charitahle & facile. xtj 


Chapitre V. 

Des Baumes. 

Çomfoftfon du,précieux Baume du-- 
, quel fainSte Magdekiue fi. fitvit 
pour oindre ta tefie & les pieds dé 
nojlre Seigneur i lequel fut apporté 
de Hierufalerrt i tome \ du régné 
I detËmpereurTiteViJ^afen.^ 

P Re :^'ez cinq, opçes de' Savîgnj 
vefd,‘cinq onces de noix de Çy-. 
f prés , quinze livres de grand Cocq 
Sauge-, Lierre, Mille-fucille, Armoifé,' 
Campanellcj Fenugrce, graine,de lîh , 
4«. chacune cinq-onces. Il faut que les' 
EerBcsi foicnt vertes, & les coupez 
pifez ies graines; puis mettez le tout' 
infu(ep dans vingt-deux livres de vin 
odoriférant trois jours fur cendres 
chaudes ; puis vous y adjoufterez cinq ‘ 
Çvrês d'huile d'olives vieille, bien pur¬ 
gée : faites bouilUr le tout dans 







ii8 La chymie 

yaiflcau de terre vcrnilTé, jufques i h 
confommation du vin : puis exprimez 
fous la prefle, & mettez dans ladite ex- 
preffion de la gomme de lierre, de la 
poix d’Efpagne , Raifinc , Oliban, 
Maftic, Colophone deTherebentine, 
Galbanum, Cire neufve , de chacune 
cinq onces jSrorax Calamite, Macis, 
Spienard , de chacun quatre-onces; 
mine d’or, & Baume noir, de chacun 
trois onces : reinettez fur le feu, & fai¬ 
tes bouillir doucement , en remuant 
touiîoùrs avec uneEipatule,jufques d 
ce que les gommes foient tout-à-fait 
dilfoutes: puis vous paflerez par l’éta¬ 
mine , & mettrez le Baume dans des 
bo'étes. 

L’on ne doit attendre de ce Baume 
preckux que des effeds admirables, 
puis qu’il a fervy au facré Myftcre de 
nbftre redempeiori. Il eft univerfel 
contre toutes fortes djc maladies, & de 
douleurs; particulièrement il guérit les 
fièvres réglées où le froid précédé le 
chaud: il en faut prendre durant le 
ffoidundemyfcrupule das deux onces 
d’eau de Chatdon-bertit.Si la premictc 




chantable dr facile. 419 
fois ne fuffit, l’on en prendra ane fé¬ 
condé fois le jour de l’accès , & l’on 
continuera jufqiies à trois fois. La mcf- 
me dofe , prife en eau de Matricairc, 
appaife & guérit les fuffocations de 
matrice. En eau de Mille-pertuis, il 
guérit les abcès, & ulcères intérieures; 
& extérieures, fi l’on en applique def- 
ips. Pris en eau dePerfil, il;fait fortir 
le fable des reins , & de la veifie ; il 
rompt la pierre , & fait uriner facile¬ 
ment, fi f on continue d’en prendre 
huid jours le niatinà jeun. Pris en eaa 
de Melifie, il chaiTe ta mekncholie, Sc 
defopile laratte: en eau d'Anis, ott de 
Fenoüiljil appaife toutes fortes de co¬ 
liques :ileft auflî à propos d’en frotter 
le petit ventre. Il arrefte le vomille- 
ment appliqué fur l’cflomac, &le for¬ 
tifie : il conlôlidc toutes fortes de 
plàyes f il appaife lers douleurs de fa 
tefte; il en faut frotter les tempes, le 
haut de la tefte ,& la nuque du col. Il 
guérit toutes, fortes de rheumatifincs. 
Enfin c’eft un antidote umyerfel* 



La chymk 

l^aum contre tes, doüteuÿiie t^ téjte^ 

, provenantes de htejptre. . , 

V Ov s prendrez fueîlles & ffeursdé 
■Sangc, & de Becoihe'i de chacune 
ane livre ^huile des Philofophes deüi 
livrési fticttczlcfdites fueilks & fleujfJ 
diâïï's ti'nre’^Hiéïd dé vérrc double avèe 
b^itd -tjuarihft joiirfe au foleil} 

j^is'vdu^eÉpïittièrez feus là- prette i fl£ 
renîéttrè^ rdxpïcffiort au foléii r il s’éft 
lé^â%n Ibâii-riie fèrâ'bon'poiir tdûtïi 
IfeS'dëul^ts ^■'•cîcatfHcëÿ de ÎM 
^àppiibué féal j'^èàlfàr de» ^éotippei ï ôfc 
■;> 

Smm if ni arrefi^ leltremhkment' di 
ta ieBé ^ des brees , & ‘ 

’ ;\y};'-'^dds'fmns^ '■''y.r y 

1|yS( s N * 2 fdcilks Sc fleurs; de Ru^ j 
JL de Sauge ; &:-Câmoâiilie de chacu-» 
ac d'etta onces ; Bayes, ou graines noi- 
lesdc kuriér quatre onces, Rofes pafles 
feches tiôi^ Oneési pilez le; roue-, & Id 
mettez dans une phiolc de verre avec 
deux livres d’eau de vie, èc l’cxpofcz 



charitable é" facile. 2:31 
aufoleil un mois, puis vous exprime¬ 
rez. U faut frotter dece baume un peu 
tiede , la tcfte, la gorge, les bras , & 
ies mains, deux ou trois fois la femainc:. 
Avantqiie de l’appliquer il fautfrottcr 
les parties un quart d’heure, avec ua 
linge neuf un peu chauffé. 

• Baume (ôntre la faralyjie. 

y O-vs prendrez fleurs.de Rolmarinj. 

Sauge , Betoine , Canjomilie ^ 
Mille-pertuis, & Lavande, deçha'cujre 
deux onces i Therebentine de Venife^ 
bien lavée quatre onces, huile de lau¬ 
rier, & de lin, de chacune une oncei 
Girofle entier une once,Canelle cou¬ 
pée par morceaux demie once : mettez 
le tout dans Une Cornue avec deux 
livres d’efpric de vin ; bouchez la Cor¬ 
nue, dclaiflèz infufer les drogues neuf 
jours, & les remuez tous les jours deux 
pu trois fois : puis vous diflillerez au 
feu de roiie ;.il fortira premièrement 
une eau blanche, avec un baume blanc. 
Lors qu’il commencera de monter une 
eau roufle , vous changerez de Rcci- 
pient, & augmenterez le fcu,& con» 



1.^1 Là Chymie 

tinucrcz jufques à cc qu’il ne diftille 
plus rien ; il paiTcra un baume rouge 
avccquc l’eau. L’eau & le baume blanc 
fe prennent par la bouche : l’on peutfe- 
parer le baume par l’entonnoir : une 
cuillerée de l’eau fortifie l’eftomac, aide 
à la digeftion, lafche l’urine fupprimée, 
arrefie le vomifiement, garantit de la 
pefte, facilite les accouchements,gué¬ 
rit la colique. Le baume blanc a les 
mcfmes vertus. La dofe eft de cinq à 
fix gouttes danj deux cuillerées de vin 
blanc , ou quelque autre véhiculé ap¬ 
proprié au mal. Pour l’eau & baume 
rouge,c’eft pour les douleurs qui pro¬ 
viennent de caufe froide. Il guérit les 
paralyfiesril le faut faire un peu chauf¬ 
fer avant que de l’appliquer , & bien 
frotter les parties avec la main un quart 
d’heure de temps, & tremper un pa¬ 
pier dedans, & l’appliquer fur le mal, 
& le faire tenir avec une bande. Il en 
faut mettre matin&foir,& continuer 
jufques à guerifon. 



cl âfiuhle & facile. 3 

Baume centre les deuleurs de U 
Jcyatique. 

jR E N E 2 une groflc Oyebicn graffe, 
de laquelle vous ofterez les cncrail- 
les , & mettrez dedans une poignée 
de menue Sauge coupée , une livre 
de poix de Bourgogne , quatre onces 
de thercbentinc , deux petits chiens, 
& deux petits chats: puis coufez les 
ouvertures,& l’embrochez,& fai¬ 
tes roftir doucement jûfques à ce qu’il 
ne tombe plus rien. Serrez le baume 
dans un pot. Il faut frotter la partie ma¬ 
lade avec la main avant que de l’appli¬ 
quer. Il en faut mettre deux fois le 
jour , & continuer jufques à gue- 
rifon. 

Antre baume four la fcyatiejue. 

P renez gros vin rouge deux livres, 
huile de noix une livre, gomini^ de 
Cyprès demie livre : faites boiiillir le 
tout dans un pot neufjufques à lacon- 
fommation du vin, puis exprimez. Ce 
baume s’applique le plus chaud que 
l’on le peut IpufFrirjIe foir en fe met- 



254 Chymtè 

tant au lid. Il faut mettre un Irnge 
• chaud par dciTiis. 


Baume cii Pommade contre tes hrujhf» 
r'e s contre les marques 

de la petite ijerc/ic^ 


Y O VS prendrez une douzaine de 
jaune d’céufs durs , une livre de 
fain-doux , la fia'nte d’un Ghev-àl-frai»- 
chement faite : ftîcalTez - le' tout dan» 
«ne poille environ une demie heutei 
■puis exprimez par la prefTè. L’on met¬ 
tra de ee baume fur les blelfures iTans 
charpie , une fucilîc de noyer cuitte 
dans de- feâu par deflhs. ' il fivffit d’en 
mettre une fpis Ife jour; & a chaque fets- 
Pon mettra une nouvelle fueille. Pour 
les marques de laperite verolle, il en 
faut mettre quatre ou cinq fois le jour 
delTus, comme deld pomrtiade \ & con¬ 
tinuer un ihois. ' ' ' ’ ‘ 


Baume qui fait reprendre les, 

■ pUyes, 

P renez thefebèntine une livrei 

h 


huile de Mille-pestuis qdatt^ onces> 






Charitalle é' facile. 23 y. 

|;raiflÈ de porc demie liyrc, ie jaune .de-, 
oriente œufs durs , efprit de^fcl deux 
drachmes , cire neufvc deux onces : 
faites fondre le tout dans un pot neuf 
vtrniffe, & le faites boüillir un quart 
d’heure.à petit feu, puis exprimez, 
i’dn, mettra de ce baume dedans le? 
playes;, & deiTus, apres les avoir lavéesç 
de vin., dçlTechées avec un linge, 
blanc. Il faut mettre une compfefle fur 
ladite playe trempée dedan^', Sc l’y la'if» 
fer douze heures •ayant qu e de la le ver. 
Il 4’ÿ,a;:pbiur'dç' playes qu’il ne gncr 
r;i0çenhbiét;jours. llcll auflî excellent 
eonfrçles ulçefics. 

Baume emtre Us 4 ouleiirs de lagoutt^-^^ 
, - fdt de caufi chaude , 

” ou froide .. . , 

P renez ccorcc de Sureau demie 
livre , vers de terre , & limaffdns 
rouges,de chacun quatre onces:vous 
I,cs ^verez premièrement avec du vi¬ 
naigre & du fel, & apres avec de reau: 
& lors qu’ils feront bien nets', voujies 
couperez , & mettrez par morceaux, 



25* I'* Chymie 

Sc les mettrez dans un pot neuf avec 
deux livrés d’huile d’olives. Vous ferez 
bouillir le tout à petit feu , jufques i 
confiftenccde fyrop , puispaflerez par 
l’étamine. Mettez diflbudrc dans la 
coulature une once de felarmoniac en 
poudre. Il faut mettre de ce baume foir 
& matin fur les parties affligées, le plus 
chaud que l’on le pourra foufïrir. 

BAume contre les douleurs de U goutte 
froide. 

P renez racines & fueilles d’Hjr- 
fope, & de Perfil, de chacune deux 
livres ;oftez les cordes des racines, ôc ' 
les coupez par morceaux ,&les mettez 
dans un pot de terre verniffé , avec une' , 
livre de grains de Genievre concafle, 
deux livres de vin blanc,& une livre 
de graifle deporc. Vousferez bouillir 
le tout jufques à ce que le vin foitcon- 
fommé, puis exprimerez. Ce baume 
s’applique comme il a efté dit cy-defflis. 

H efi bon contre routes les douleurs 
qui proviennent du froid. 




Chmtahle & fteile. ly/ 
Sdume qui anefie U dUrrhée^é' 
flux de fkng. 

V Ovs prendrez Rofes de Provins 
feches demie livre , theriaque de 
Venife une once, gros vin rouge deux 
livres : faites bouillir le tout jufqucs à 
diminution de moitié,puis exprimez. 
Il faut tremper un linge dans ledit bau¬ 
me , & l'appliquer tout chaud fur le 
ventre , & renouveller deux ou trois 
fois le jour. Il arrefte auili levomilTe- 
ment applique fur l’cftomac. 

Bdunse m fommude qui guérit les 
hentmhoïàes externes. 

P renez cinq ou fix gros porreaux, 
deux poignées de Cicuc ; hachez- 
lesbien menues, & les faites cuire dans 
quatre livres de bon vinaigre ,ju{quc‘s 
à diminution de moitié , puis expri- 
mcz,'& mettez dans l’expreflion fufdite 
deux livres de heure frais : remettez 
furlefeu,& faites boiiillir jufquesàce 
que l’humidité du vinaigre foit toute 
confomméc. Vousécumerez furlafin, 
& le mettrez dans un pot. Il le faut 


La ch^miè 


faire chauffer dans une cuilliere, & en 
mettre avec une plume fur leshemot- 
rhoïdes cinq ou lîxfoîs le jour. 

Batme contre ‘U furdité. 
Renez cimes & fleurs deLavandei 



■ JL Thim,RuejMarjolaine,Menthe, 
Camomille , Pacquettés , Melilot, 
graine de Laurier meure, de chacune 
une once : contufez-les dans un mor¬ 
tier, & mettez-ies dans une Cornue de 
grandeur convenable ; verfez deifus 
deux livres d’efpfit de vin ; bouchez la 
Cornue, & laiflez le toutinfufer quin¬ 
ze jours, puis diftillez à feu de roue, 
j‘ufqucsà ce qu’il ne montepIusricn.il 
palTera une eau & un baume enfembic, 
que , vous feparerez par l’entonnoir. 
Vous mettrez de: ce baume trois ou 
quatre gouttes dans l’oreille le foir en 
vouscouchant,&un petit morceau d,« 
■cotton deffus. L’eau fert pour frotter 
leS^oreilies , la nucque du ccxl, & 
long du dos, pour ifaciliDer'jIa ddicbntc 
.des humeurs , & continuez quarante 
.jours. Il eft à propos que.la purgation 
-précédé-ce. rcmede. L’on iê pourra 


fervir 



Char 'tîahk facile. 2.39 
, fcrvir des ptifancs purgatives cy-de- 
vant écrites. 

Baume founjerain four guérir toutes 
fortes de play es. 

pRENEZ fuc dèBetoinc,& de Millc- 
1 pertuis , de chacun demie livre ; hui¬ 
le de Petrolle une once, therebentinc 
lavée deux onces , huile d’olives fix 
onces, Maftic & Miel,de chacun une 
drachme: faites bouillir le tout à petit 
feu dans un pot vernilTé, jufques à la 
confomption des fucs; puis exprimez, 
& mettez l’exprelEon dans une phiole 
quinze jours au folcil. Pour appliquer 
ce baume il le faut faire un peu chauf¬ 
fer , & le mettre dans fa-playe, & un 
petit linge par deflus , trempé dudit 
baume, en vingt-quatre heures il Eiit 
reprendre lesplayes. Ilfaitauflî partir 
les noirceurs & meurtrilTures. 

Baume contre U douleur des dents. 

V Ovs prendrez racines deHannc- 
banne, & Pyretre, de chacune une 
once; Rué> Marjolaine, Lavande,& 
menue Sauge, de chacune une poignée: 



i^o La chymie 

coupez le tout bien menu,& les tuet- 
tçz dans une Cornue ; verfez deflus 
deux livres d’eau de vie, deux drach- 
mesde cloud deGirofle,une drachme 
de Poivre long; laifTezle tout infufet 
une nuiâ:, puisdnFilIezaufeii de fable; 
i’eati & le baume diftillcront enfembic, 
que vous fcparerez par l’entonnoir. 
Vnc goutte du baume appliqucedans 
la dent creufe avec un petit de cotton, 
appaife la douleur: une demie cuille¬ 
rée de l’eau dans la bouche faitlemef- 
mc cffcdt.ll faut en frotter les tempes, 
bc le derrière des oreilles. 


Chapitre VI. 

nés Bmflajlret» 

Bm^lajîre de Savon. 

P renez huile d’olives deux livres. 
Minium une livre, Cerufe en pou¬ 
dre impalpable demie livre : faites 
chauffer l’huile dans une poille , ou 
baflinc. Lors que l’huile commencera 




charitable é" facile. 24 r 

a feoüÜHr, mettez peu à peu le Minium 
& Cerufe , & remuez touilours avec 
l’Efpatule de bois, jufques à ce qu’ils 
foient bien incorporez avec l’huile: 
puis vous adjoufterez peu-à-peu dix 
onces de Savon de Gennes coupé par 
tranches bien memies , & remuerez 
roiifiours jufques à ce qu’il ait acquis 
une couleur grifaftre. Alors vous en 
mettrez une goutte furuneadiette d’e- 
tainî s’il n’adhere point à l’alïîetre, c’eft 
un tcfmoignagc qu’il eft cuit. Alors 
vous y meflerez deux onces d’huile de 
therebentine,& remuerez jufques à ce 
qu’il foit froid , & en ferez des rou¬ 
leaux , oti magdaleons fut une table, 
ou marbre, pour vous en fervir à ce qui 
s’enfuit. Il s’applique fur un cuir fans 
charpie : vn empiâftre fert trois jours. 
Il guérit les ulcérés, & les eryfipeles, 
les playes & bruflures : il dilTout & re¬ 
fout les enflures : il diflîpc les durerez 
&Iouppes, fiil’on continue d’en met¬ 
tre deflus.De plus, il eft propreàtou- 
tesfortes de playes. 


Lé Chymîe 


Ewplajîre de cMinium. 

R E N E Z huile d’olives livre 8 c de- 



JL mie. Minium une livre: incorpo¬ 
rez le Minium & l’huile comme vous 
avez fait cy-deflus , & opcrez en la 
mefmc maniéré, jufques à ce qu’il de¬ 
vienne d’un rouge brun, puis en faites 
magdaleons. Bien que cet emplaftre 
ne foitcompofé que de deux drogues, 
ilnelaiflc pas d’avoir des faculteztres- 
grandes. Il rafraichit & delTciche : il 
cft bon contre les inflammations. Scies 
enflures des membres ; il diflîpe les 
humeurs ; il appaife les douleurs de la 
goutte provenante de caufes chau¬ 
des : il dcfleche les playes, & les con- 
iolide. 

EmfUJîre contre les dartres vives. 

V Ovs prendrez huile de noix 
quatre onces, gomme deCctifiec 
en poudre deux onces , fel Armoniac 
une once. Savon de Gennesrafpc deux 
onces : Faites premièrement chauffer 
l’huile dans une terrine plombée j 8c 
lors qu’elle commencera à boiiillir. 



charitable de facile. 2,43 
mettez pcu-à-peu les drogues fufdires 
dedans, & remuez toufiours avec une 
V Erpatule de bois ; vous laiflerez boiiil- 
lir le tout environ une demie heure: 
vous en mettrez fur une affiette pour 
voir s’il eft cuit, comme il a efte dit, 
puis en faites rouleaux. Pour fe fervir 
de cet emplaftrc il faut l’étendre fur du 
cuir, de la grandeur de la dartre, puis 
le chauffer un peu, & l’appliquer furie 
mal , & le laifTer douze heures , puis 
l’arracher tout d’un coup avecque for¬ 
ce ; il emporte avecque luy la racine des 
dartres. L’on mettra apres deffus un 
I emplaftrc de Minium pour dcfleichcr, 
& rafraichir, ou quelque ponamade. Il 
guérit les dartres dés la première fois. 

EmfUJlre cjui fait fortir le fer , le boisy 
df les efquilles des os de 
dedans les play es. 

P renez Betoine , Foligcre , Fe¬ 
nouil , Plantain, racines & fucilles, 
dè chacune une poignée ; faites les cui¬ 
te dans de l’eau commune jtifqucsàcc 
qu’elles foient molles, & qu’il ne refte 



Z44 Chymie 

que fort peu d’eau puis vous les expri¬ 
merez fous la preflc, &: mettrez l’cx- 
prelîîon fur le feu dans une terrine, avec 
égale partie de miel rouge , le quart 
d’huile d'olives: laiflez boüillir dou. e- 
ment une heure,& mettez danicha¬ 
que livre de ladite compolîtion une 
once de cire jaune ntufve. Lorsqu’elle 
fera fondue, vous adjoufterez une once 
d’huile de thercbentine, & y ferez jet- 
ter un bouillon ou deux : puis vous 
ofterez de dcflus le feu , & remuerez 
toufiours jufquesà ce qu’il foitfait,& 
en ferez magdaleons, ou rouleaux. Il 
s’applique fur du cuir: il le faut lailTet 
vingt-quatre heures furies playes avant 
que de le lever:s’ilnc faitpointd’efFs( 3 : 
la première fois j il faut en remettre une 
fécondé fois, il fera fortir alTeurément 
ce qui fera dans la playe. 

Em^lajlre qui fait meurir toutes fines 
de bubons , charbons y & 
ayofiemes. 

P renez Ozeille, Aigremoine, Ex¬ 
purge, Herbe-Robert , de chacune 




charitable & facile. 2,4^ 
une poignée: pilcz-lcsdans un mortier 
depierre, & les faites boiiillir dans un 
pot neuf de terre vernifTé , avec une 
livre de faiiï-doux l'cfpace d’une demie 
heure ; puis exprimez, & remettez l’ex- 
prelllon fur le feu ,, avec cire vierge , 
luif de ' mouton , poix-raifine , miel 
rouge,de chacun quatre onces; farine 
d’orge ;tres-finc deux onces : incorpo¬ 
rez le tout enfemble , & remuez tou¬ 
jours jufques à ce qu’il foir cuit. Ce que 
vous connoiftrez en mettant une gout¬ 
te refroidir , comme il a efté dit cy- 
devant. Cet ’emplaftre fait fon eflfeét en 
vingt-quatre heures : il faut le changer 
de douze heures en douze heutesj deu* 
foisfuffifent. Il s’applique fur du cuir. 

Emplajîre contre la douleur 
des dents ^ 

pREN Ez extraiél: dé Sauge une on- 
•*“ ce, Pyretre,poivre long. Mouches 
jçantarides^ le tout en poudre, de cha- 
.çun vingt grains ; Euphorbe douze 
grains , Therebentine de Venife deux 
drachmes, Poix navale une drachme, 
L iiij 


14^ La chyme 

Cire neiifve deux drachmes. Prenez 
premièrement rcxtraidl de Sauge , & 
le mettez dans un petit vafe de terre fur 
des cendres chaudes, puis y adjouftez 
peu-à-peu la therebentine, poix, cire 
de poudre , & remuez toufiours juf- 
cjuesàcc quelc toutfoit bien fondu 6c 
incorporé. Apres vous l’ofterezdedef- 
fus !e feu, & en ferez rouleaux. Il faut 
en faire emplaftrcs fur du cuir, 6c les 
appliquer fur les tempes’, derrière les 
oreilles , & fur la nucque du col. ils 
feront eflever de petites cloches , ou 
cmpoullcsiremplies d’eaux acres ôc pic- 
quantes ,lefqucllesil faudra percer, & 
faire fuppurer le plus long-temps que 
l’on pourra. Pour cet effeél,' apres les 
avoir percées, l’on fe fervira de l’em- 
plaftrc de Savon , lequel Attirera , & 
dclTeichera. 

Emylajlre qui guérit les fUyes de 
latep. 

V O y s prendrez extraiét de Plan¬ 
tain,Sauge, & Betoinc , de cha¬ 
cun une once; Poix navale , Raifine, 
Therebentine de Venife , de chacun 



charitable & facile. 247 
deux onces: faites fondre le tout fur 
des cendres chaudes , & l’incorporez 
avec une Efpatule, & remuez toujours 
jufques à ce qu’ilfoit froid. Si les playes 
font profondes, vous en (ferez fondre 
dans une cuilliere, & y tremperez de la 
charpie , que vous mettrez dans les 
playes, & mettrez par delTus une cm- 
plaftre du mefme. Il faut diminuer tous 
les jours la char^ : neuf jours fuffifent 
pour cet efFcd. 

Emplajire contre les duretez> 
de la ratte. 

P renez Cire jaune. Poix navale 
Therebentine , de chacune deux 
onces; gomme Armoniac, Aloës Hé¬ 
patique, Myrrhe, Opoponax, Galba- 
num,de chacun une oncc;Maftic de¬ 
mie once,Safran une drachme, huile 
de Laurier une once: faites fondre la 
cire & poix enfemble dans une badi¬ 
ne; reduifez lesgommesenpoudre,& 
les mettez dilToudre dans 'du gros vin 
rouge l’efpace de douze heures , puis 
les raeflez^avec la cire Ôc poix fondtaë. 


Z48 Là Chymie 
& les faites boiiiWir à petit feu jufqaes 
à ce que le vin foit confommé, & re¬ 
muez toufiours avec l’EfpatuIe. Alors 
vous oilerezla baffine de dcflusie feu, 
& y mettrez la Thcrebentine, l’huile 
de Laurier, fa Myrrhe , le Maftic, l’A- 
locs, & le Safran pulverifcz : incorpo¬ 
rez bien le tout , & le remuez jufques^ 
ce qu’il foit froid, & en faites magdai» 
Icons, ou rouleaux. Il faut frotter les 
mains & la table d huile de laurier, de 
peur que l’emplaflrc ne s’y attache. Il 
dillîpe les duretez de la ratte i il fait 
vuider les eaux des hydropiques, & ap- 
paife les douleurs de la matrice. II faut 
retendre fur un grand morceau de cuir, 
& l’appliquer fur le mal. Il appaife auffi 
les douleurs de la poitrine, & des épau¬ 
les , mis comme deflus. 

BmyUJire leve les châirs mortes „ 
rjr me fie U gangrené > 

P renez huile d’olives deux livres,' 
extraia de Mille-pertuis ,&Thcre¬ 
bentine de Venife, de chacune quatre 
onces,Minium, Ceiare,& Chaux vive? 


charitable é- facile, 145 

le tout en poudre , de chacun demie 
livre : faites chauffer l’huile dans un pot 
de terre vernifle ; quand ellecommen- 
cera à boiiillir mettez la Therebentine, 
remuez avec une Ëfpatule jjufques d 
ce qu’elle foie bien fondue ; puis incor¬ 
porez peu-à-pen les poudres, ôtlaiflez 
boiiillir jufques à ce que le tout foit en 
confiftenocd’emplaftre. Il faut rémuet 
toufiours jufques à ce qu’il foit froid, 
& puis ferez rouleaux. Pour lever k 
chair morte , fi laplàye cft profonde, 
il faut tremper un plumaccau dans 
l’emplaftre fondu , & le mettre dans 
la playc,& mettre un autre emplaftre 
par deflus. Pour arrefter la gangrené, 
il faut fearifier, ou déchiqueter la playe 
jufques au vif , & mettre des pluma- 
ceaux comme il a efte dit, avec un grand 
emplaftre. il faut continuer jufques à 
ce que toute la chair morte foit levée, 
& que la chair vive revienne. 




ijo La Chjmîe 

BmfhBre centre les coupures , ^erfa- 
/ res ,& fjfares. 

•pRENEz huile rofat deux livres, 
Cerufe en poudre impalpable livre 
&:demie,Cire blanche quatre onces: 
incorporez le tout enfemble dans un 
vailTeau d’eftain fur un petit feu, juf- 
quesàce qu’il foit en confidence,d’em- 
plaftre.Il faut remuer toufioursjufques 
à ce qu’il foit/ait : il guérit les écor¬ 
chures , & fiflurcs qui viennent aux 
mammelles,aux mains,& aux talons: 
il guérit toutes fortes de couppures &: 
écorchures. 




chantable & facile. zj i 


SIXIESME PARTIE. 


A V A N T-P R. O P O S. 


’A Y adjouftc cette Partie i 
mon Livre en faveur des 
Dames , pour les garantir 
d’un nombre infini d’acci- 
dens qui arrivent en fe mettant des 
chofes au vifage, dont elles ne fçavenc 
point les compofîtions. le facilite les 
operations, & m’explique le plus intel¬ 
ligiblement qu’il fe peut , pour leur 
apprendre à faire elles-raefmes les cho¬ 
fes dont clics auront befoin : Elles 
choifiront les Eaux & les Pommades 
lefquclles leurs feront propres ; car ce 
qui eft bon pour un teint ne i’eft pas 
pour l’autre. Il faut nourrir les teins 
délicats, & les maigres, .& les humeder: 
c’eft poiirquoy il leur faut des Eaux de 



ijî La, Chymie 

chair, & de laid, ou des pommades. 
Pour lesperfonncsgrafles,qui ontua 
teint huileux, il les faut deflecher ; pour 
cccefFed les eaux où il entre quelques 
acides, comme vinaigre diftillé, fuc de 
Citron, eau de la Reine de Hongrie, 
leurs font bonnes j& mefme pour les J 
teins groflîers , qu’il faut deterger & 
corroder, pour rendre la peau plus déli¬ 
cate , elles en appliqueront fouvent 
fur leurs yilàges dans le commence^ 
ment pour fe faire le teint; puis clics 
l’entreciendront, & le nourriront par 
quelque eau , ou pommade , fclon • 
qu’elles jugeront à propos. Sut tout 
je donne advis aux Dames de mettre 
dans les compofitions pour le vifage, 
le moins de Camphre que l’on pourra; 
car il gafle & fait perdre les dents, & 
caufe quantité de fluxions. Pour le 
Mercure , le Sublimé , & l’Eftain de 
gface, je conlêille de nes’en ferviren 
aucune façon; outre qu’ils cflacent la 
beauté du vifage par le long urage,ils 
produifent des maladies tres-fafeheu- 
quelquefois incurables: C’efl; d 
quo-jr les Dames doivent prendre < 


charitahU ^ facile. ij'jr 

I de. le donne encore quantité de fecrcts 
I & d’operations pour rembellifTcment 
I tant pour les cheveux, les dents & les 
mains , que pour accommoder des 
I gands, des mouchoirs,& descornet- 
I tes de jour & de nuiâ:, & faire tes dou^ 
blutes de^mafque. le donne mefme 
la méthode de faire des ptifancs pour 
engraiffer,dormir, &confetvcr Tcm- 
honpoinr. Dans ma Préfacé je me fuis 
offerte à montrer à faire les operations 
que j’enfeigne ; je le reïtere encore , 
& feray moy-mefme les chofes dont 
on aura befoin, le me fuis refervée 
quelques fccrets ■, que je promets de 
de mettre au jour, h les Dames reçoi¬ 
vent d’auflî bon cœur mou petit tra¬ 
vail , que je leur communique. 



154 


Lâ chpnie 


Chapitre i^RE MI ER. ^ 

Des EauxJimples diftiUées pour Cm- 
htltjjèmem du vifage. 

L e s Simples defqucis on tiM des 
eaux pour le vifage font Plantain, 
Argentine, Nénuphar, grande Ortie, 
Couleuvréei les fueilles defqucis doi¬ 
vent eftrc pilées, fermentées , expri-' 
mées, & diftillces au Bain-Marie. Il 
faut expofer lefdites eaux au foleilpour 
les garder. 

Pour les fleurs , il les faut mettre 
toutes fraîches cueillies dans une Cu- 
curbite, puis les ^iftiHer au Bain-Ma' 
rie, fans leur donner de menftruë : il 
fuffit de lespreflerun peu. L’on prend 
pour l’ordinaire des fleurs de Rofma- 
rin, d’Amandier, de Pefcher.de Fcbvcs, 
de Sureau,de Muguet, de Tillet, de 
Lis,& Guimauvès. 

Les eaux que l’on di Aille des fruits 
pour le vifage, font Noix vertes, Frai- 
fes, CitronsMelons , Concombres, 





ChAfitahle & facile. ij-y 
Citrouilles , & Courges. Il faut piler 
les Fraifes , & couper les autres par 
tranches , puis les diftiller au Bain, 
Chacune de ces eaux a fes proprietez: 
L’on s’en fervira comme l’on jugera à 
propos. 


Chapitre IL 

Eau de U Reine de Hongrie. 

C E tte eau porte le nom d’vne vé¬ 
nérable Princeffè, laquelle s’en eft 
fervie heureufement, comme elle le 
tefmoigne par fes eferits, qui ont efté 
^ trouvez apres fa mort, dont voicy la 
• véritable copie. 

En la Cité de Budes au Royaume de 
Hongrie , du douziefme d’Ôétobrc 
mil fix cens cinquante deux, fe trouva 
«ferite la prefente recepte dans le Bré¬ 
viaire de laSereniffime Ifabellc Reine 
dudit Royaume. ; 

■ NousDona Ifabelle Reine de Hon- , 
grie,eftant âgée de foixantc & douze 
ans, fort infirme &gouteufe, ayant ufé 




1^6 La chymîe 

un an entier de la fuivante recepte ,1a. 
quelle j'obtins d’un Hermite que je 
n’avois jamais veu, & n’ay pu voir on- 
qucs depuis } qui fit tant d’effcâ: en 
mon endroit , qu’en mefmc temps je 
guéris, & recouvré mes forces -, en for¬ 
te que paroiflânt belle à un chacun,le 
Roy de Pologne-voulut m’cfpouferi 
ce que je rçfufay pour l’amour de mon 
Seigneur Iesvs-Christ , & de l’Ange 
duquel je croy que j’obtins eette recc-' 
ptc, qui eft de l’eau de vie diftilice qua¬ 
rte fois, deux livres ’, des cimes & fleurs 
de Rofmarîn vingt-deux onces , que 
•J’on mettra dans un vafe bien bouché 
refpace de cinquante heures ; & puis 
mettre le tout dans un Alcmbic pour 
diftillcr au Bain-Marie..On en prendra 
rie matin une fois la fcmainc le poids 
rd’unc drachme, daiis un boiiillon fait 
.;deviande: on s’en lavera la face tous 
des matins; & on s’en frottera le mal, 
ou les membres infirmes. 

Ce remede rc nouvelle les forces ,& 
-faitibonefprir, net toye toutes les macu¬ 
les du cuir, fortifie les cfprits vitaux en 
leur naturel , reftituc la veuë, & la çon- 




charitable & facile. 157 

fcrvc , alongc la vie : il eft excellent 
pour l’eftomac, & pour la poitrine, en 
s’en frottant par deflîis. T ont ce que 
delTus je l’ay tiré d’un livre tout eferit 
de la main de fa Maieftc l’Imperatrice 
Dona Maria , fille de l’Empereur Char¬ 
les Quint ; lequel apres fa mort me fut 
reprefenté par une de fes Demoifcllès 
quil’avoiten fonpouvoir ,&ray copié- 
de ma main dautant qu’il y avoir d’au¬ 
tres fecrets. L’Original porte ce que- 
defius. Quand onfe fervira du prefent 
remede il ne le faut pas faire chauffer ,, 
parccque les efprits les plus fubtils s’e- 
vaporeroient. 


Chapitre III. 

tes Eaux contpefées pour conferver 
embellir le vifage. 

Eau de Chair. 

P R E N:B Z quarre pieds de veau , deC- 
quels vous ofterez les os, & les met- 
tteitremper neuf;ours dans de l’eau de 




2,^8 La. chyme 

fontaine,que vous changerez deux fois 
le jour ; puis vous les mettrez dans une 
Cucurbite de verre, avec le blanc & les 
cocques de deux douzaines d’œufs 
frais, la mie d’un petit pain de chapi¬ 
tre mis en poudre J une rouelle de veau 
bien lavée , degraiflee , defoflee , & 
coupée par morceaux, un poulet écor¬ 
ché tout vif, duquel vous ofterez la 
tefte, les pieds , & les entrailles : un ’ 
Citron coupé par tranches, trois cho- 
ptnes de laid de chevre, quatre petits 
chiens nais d’un jour ou deux : dillillez 
le tout au Bain boiiillant, jufques à ce 
qu’il ne monte plus rien. Il faut pour le 
moins trois jours & trois nuids fans 
difeontinuer le feu pour faire cette ope¬ 
ration. Vous mettrez i’eau diftillée au 
foleil, autrement elle ne fe garderoit 
pas. 

Cette eau cft parfaitement bonne 
pour nourrir & conferver les teins déli¬ 
cats: il en faut mettre trois ou quatre 
foislafemaine,lefoir en fe mettant an 
lid, & s’eifuyer le matin avec un linge 
blanc de leffive. 




ch mtable é‘ facile. 

Eau four conferver le teint. 

P renez deux livres de fleur de fcb- 
vcs 5 une livre de fleur de lafmin, 
deux onces de Borax : mettez le tout 
dans uncCuGurbite; yerfez deflusune 
chopinc d’cfprit de vin ; laiflez-le infu- 
fer une nui£t, puis diftillez jufques à ce 
qu’il ne refte plus d’humidité au fond 
du vailTcau : expofez l’eau diftillée qua¬ 
rante jours aufoleil. Elle empefehe les 
roufleurs de venir : elle tient le teint 
frais J le nourrit, & le conferve. 

Autre eaupourconfrver le teint. 

P renez quatre livres d’orge mon¬ 
dé , & bien lavé; faites-les cuire dans 
fuffifante quantité de laiél de chevre, 
jufques à ce qu’il foit comme de la 
bouillie : alors mettez encore une pinte 
dudit laiét de chevre , deux onces de 
fucre blanc, deux onces de fucrc rougcj 
puis diftillez le tout au Bain-Marie â 
feu bouillant. Cette diftillacion eft un 
peu longue pour le peu que l’on tire 
d’eau. Il faut toufiours continuer fon 
feu , & remettre de l’eaa chaude au 




i€o La Chymie 

Bairt. Il faoHe laver fouvcnt le vifage 
de cette eau: elle cft excellente pour les 
teins fins, délicats, & pour Icsperfon- 
«cs maigres. 

Eau four conferier é' hUnchir 
le teint. 

P RENEZunChaptjn bien gras,du¬ 
quel vous ofterez la peau,la telle, 
les pieds, & tout ce qui fera dans fon 
corps : coupez-le par morceaux, & le 
mettez dans une Cucurbite , avec ut» 
fromage de crefine douce,le blanc & 
cocques de fix œufs frais, deuxdrach- 
mes deCerufe , une once de Borax, & 
un demy feptier d’cfprit de vin ; puis 
diilillez au Bain-Marie. Il faut mettre 
Ibuvent de cette eau pour embellir, & 1 
nourrir la peau, & fe donner de garde 
du grand air. ; 

Eau four embellir le teint. | 

V O VS prendrez un Melon àdemy j 
meur, & le couperez par roiielles, 

& en ferez un liâ dans une Cucurbite, 
icmettrczdelTusunliâ: dcfucre ,&ua 




charitable & facile, i6î 

taume noir, & ferez lidt fur lift de 
ces trois chofes^apres vous diftillerez au 
Bain ^loüiIlanr. Cette eau eft admira¬ 
ble pour blanchir, & nourrir le teint, 
ll^et en mettte fouyent dans le com¬ 
mencement : apres une fois ou deux la 
femaine fuffifent. 

Eau de lard, 

I L faut prendre du lard de la gorge 
d’un porc malle, qui fôit bien grasj 
deux livres; coupcz-Ic par morceaux-, 
iSc le mettez dans la Cucurbite, avee 
deux poignées d’avoine blanche bien 
, nette, deux onces de fcmencc de Ba¬ 
leine; apres diftillez au Bain boüillanr. 
Cette eau eft excellente pour nourrir 
le^cint desperfonnes maigres, & peur 
effter lesmarqucs &rougeurs de lape- 
titcverolle, & autres. Il en faut met¬ 
tre foir gc matin, 5c ne point s’eftuyer 
que deux ou trois heures apres l’avoir 
mife, 5c continuer un mois. 



tèi La chymïe 
Eau pour rafraîchir j^blamhir 
le vifage. 

•pR H N E Z trois chopines de laidl de 
vache, trois chopines de vin blanc, 
le blanc & les cocques de deux douzai¬ 
nes d’œufsfraisjla mied’un petit pain 
de Chapitre, une poignée d’orge mon- 
dé , une rouelle de veau coupée par 
morceaux, trois ou quatre oignons de 
Jystdiftillezle tout au Bain bouillant, 
& vous en mettrez tous Icsfoirs furie 
vifage ,fansrefluyer que le matin, aucc 
un linge de chanvre. 

Eau contre les rougeurs du vijàge,& 
quinetteye kcuir. 

V Ovs prendrez deux onces de fleurs 
de Soufre, & les ferez infufer trois 
jours dans une chopine de vinaigre 
blanc : apres diftillercz pat la Cornue 
au feu de cendres , & tremperez un 
linge dans cette eau, & le mettrez fnr 
le vifage. Il l’y faut laifler toute la nuiét, 
& continuer jufquesàce que toutesles 
rougeurs foient parties. 



Chmiahleé" facile. x6^ 
JEau four les teins grofiefs. 

P renez une douzaine de Citrons 
qui ayent les écorces fines,les blancs 
d’une douzaine d’œufs frais durcis), 
defqoelsl’on oftera les jaunes: coupez 
les Citrons 5c blancs d’œufs par rouel¬ 
les, & les mettez dans une Cucurbite 
de verre, au fond de laquelle vous au¬ 
rez mis une livre de Thetebentii-ic de 
Venife bien,lavée jpuis diftillezau Bain 
bouillant ,& mettez l’eau qui viendra 
au foleil. Cette eau deterge & adoucir 
le cuir, & le blanchit. Il faut s’en laver 
foir & matin. 

Autre eau f ourles teinsgrofiers. 

I L faut prendre une livre de fleurs 
d’Amandiersfeichéesà l’ombre,de¬ 
mie livre defleuxs de Courge,aine livre 
de fleurs de Lys , fîx Citrons coupez 
par tranches , les blancs & les cocques 
Âe deux douzaines d’œufs frais , une 
chopine de vin blanc ; laiflez infufer le 
tout une nuiét , puis diftillez au Bain 
bouillant jufques à ce que lesfccesdc. 
meurent feiches. Cette eau unit le teint, 

M 




zé/f. La Chymîe , 

& rend la peaq blanche, & délicate. Il 
la faut mettre le foir , & s’elTuyer le 
vifage doucement le matin. 

Autre eau four les teins gropers, 

P renez vinaigre blanc une livre, 
les blancs & les cocques de lîx 
œufs frais'. Borax, Maftic, Alo’és, de 
chacun un once j un fiel de bœuf : puis 
diftillez au Bain, & vous lavez un mois 
entier le vifage & la gorge de cette eau : 
apres' n’en mettez plus que deux fois la 
femaine. 

Bau qui leve le haie , é' ojie les rou' 
geurs du vifage. 

P renez Plantain, Nénuphar, Pour¬ 
pier, Laidu'é & Violiers, de chacun 
deux poignées ; douze pommes de 
Chefne, fleurs de Boüillon-blanc deux 
onces,plein un petit pannier deFrai- 
fes, une poignée de Rofes pafles, fc- 
mencede Pavot fiix onces : pilez letouc 
cnfemble,& le mettez dans une Cu- 
curbite ,avec les blancs & les cocques 
de douze œufs frais , & une livre de' 
verjus jdillillez le tout au Bain. Ilfauc 





Chmtahle é' facile, aé’j 
tremper' un linge dans cette eau, & le 
mettre le foir fur le vifagc, & l’y laifler 
toute la nuid; puis s’efluyer le matin 
doucement, & continuer. Elle ofte le 
liâle,& diflipe les rougeurs. 

Ea» contre les dartres farineafis, ^ 
inégalité ou âpreté de la peau, é" 
qui unit le teint. 

pRENEz fleurs de Rofes & de Febves, 
de chacune deux poignées ; vinaigre 
blancune livre, urine d’unejeuneper- 
fonne.qui ne boive que du vin une li¬ 
vre ,fuc de Plantain demie livre, Ma- 
ftic, Borax, gomme Adragant, de cha- 
, cun demie once : faites infufer le tout 
troisjours,puisdiftillezau Bain bouil¬ 
lant. Il faut mettre de cette eau foir & 
matin fur les dartres, & s’en laver le 
vifage une fois la femaine. 

Eau contre les tannes du yifige. 

P ren ez Tartre blanc. Alun déro¬ 
ché réduis eu poudre , de chacun 
, demie livre ; farines d’orge & de feb¬ 
ves demie livre j vinaigre blanc une 
M ij 



La Chymte 

livre : diftilîez par la Cornue au feu de 
fable i trempez un linge-dans cette eau, 
& le mettez fut le lieu où font les tan¬ 
nes , & Ty lailTcz toute la nuid, & con¬ 
tinuez jufques à ce qu’il ne paroilTe plus 
de tannes. 

B au cûnîre les roujfeurs lentilles 
du vifage. 

P renez fueillcs & fruids de Fi¬ 
guier, lors qu’ils font encore verds, 
vne livre , Amandes amercs demie li- , 
vrc, graine de Choux fix onces : pilez 
le tout, & l’incorporez avec dix onces 
d’huile de Tartre faite par défaillance,* 
puis diftilîez par la Cornue au feu de 
iâble. Cette eau ofte les lentilles & 
ronfleurs du vifàge. Il faut continuer 
quinze jours de fuite tous les foirs. 

Bau contre les rides du ^ifige. 

P R E N E Z fuc de Prunelle une livre, 
racines de Coulevrée bien pilées* 
demie livre , Myrrhe fix onces , fucrc 
Candi quatre onces : diftilîez par la; 
Cornue au feu de cendres , & vous,’ 



charitable & facile. 

Javez de cetrc eaa. Elle tend la peau, 
nettoyele cuir,&ofte les rides. L’eau 
de pommes de Pin, diftilléesau Bain, 
faitlc mefme cfFe£l'. 

' Eau poui^les teins jaunes çjr 
bilieux. * 

•pR E N E Z deux livres de fleurs de Su- 
reau, & les mettez infufer dansdeut 
livres d’efprit de vin vingt- quatre heu¬ 
res, puis diflillez au Bain chaud: réi¬ 
térez deux fois la diftillation fur les 
feccs , & vous lavez foir & naatin de 
Feau qui diflillera. 

Eau four cBer les rougeurs à» 
viÇage, 

P renez deux douzaines d’œnfs frais,' 
& les faites durcir dans les cendres 
chaudes , defqucls vous prendrez les 
jaunes , que vous meflerez avec une 
demie livre de Cerufe réduite en pou¬ 
dre fubtilc, & les imbiberez d’une cho- 
pine de vin blanc -, puis vous les expri¬ 
merez fous la prefle , & diftillerez la 
liquemr qui îbrtira au Bain-Marie., De 



i6g 


La Chymie 


l’c^u quidiftillera vous vous en laverez 
les rougeurs tous lesfoirs. 

Eau pour faire pajlir le vifage, 

O V s prendrez deux poignées 



^ d’Efpargoutc, une^opinedevin 
d’Orléans,deux douzaines de Citrons 
coupez par tranches , le blanc & les 
eocques de douze œufs frais , quatre 
onces de fiicrc Candi, la mie d’un petit 
pain de Chapitre , trois poignées, de 
fueilles de Plantain : diftillez le tout 
au Bain bouillant jufques à ce que le 
tout foit diftjllé: & de cette eau vous 
vous laverez foir & matin le vifage. 

Autre eau pour le mefme. 

■pR E N E z plantain, & fleurs de Mu- 
guet, de chacune deux poignées; 
verfez deflus une chopine de vin 
blanc J de faites digérer vingt-quatre 
heures au Bain japresdiftillez. De cet¬ 
te eau lavez-vous tous les foirs. Elle 
pâlit, Sc unit la peau. 



ChAritable & facile. 169 
Eau contre les cicatrices , & marques ' 
de la petite nierolle. 

P renez racines de Concombres 
fauvages, & de Flambe, de chacune 
demie livre jtracines de Guimauves, & 
oignons de Lys blancs, de chacun une 
livre-, Raifîns murs demie livre, fueil- 
les de Febves, & de Pariétaire, de cha¬ 
cune une poignée; fleurs de Nénuphar 
de Mauves , de chacune deux poi¬ 
gnées ; mie de pain d’orge une livre: 
faites infufer le tout dans une pinte de 
vin blanc, & une pinte de laiél de Chè¬ 
vre : vous adjoufterez à l’infulion une 
Rave coupée par roiielles, des quatre 
femences froides, de chacune une de¬ 
mie once -, urine d’une jeune fille de 
neuf à dix ans, demie livre : diftillez le 
tout au Bain bouillant. Cette eau eft 
excellente contre toutes fortes de ta¬ 
ches qui viennent au vifage ; elle leve 
les cicatrices, & efface les marques de 
la petite verolle,& debruflures. ' 


M iii)^ 



tjo La Chjmie 

Eau qui blanchit le vifage. 

V Ovs prendrez les cocques de 
douze œufs frais , eau de pleurs 
de vigne une livre , fel commun une 
once J eau de fontaine demie livre : di- 
ftülez le tout par la Cornue au feu de 
fable. Cette eau corrode la peau,& rend 
leteirit blanc délicat, il en faut met¬ 
tre pendant huit iours foir & matin; 
puis l’on n’en mettra plus qu’une fois la 
jfcmaine. 

Eau contre les roujfeurs , d* rongems 
du vifige. 

P renez vinaigre blanc, eau-rofe , 
& ftic de limon, de chacun une li¬ 
mon , Soufre vif en poudre quatre on¬ 
ces : diftillez le tout parla Cprnuëà feu 
de roue. Il faut laver fouvent Ifts rpuf- 
feurs & rougeurs de certe eau , Si met¬ 
tre un linge trempé dedans (ur Içvifa- 
ge p endant la nuiét. 


charitable & facile. lyi 

Bail contre les dartres du vijàge. 

O VS prendrez eaux de Rofes, de 



V Morellc, de Plantain, & vinai¬ 
gre blanc, de chacun demie livre : fai¬ 
tes diffbudre dedans fel commun pré¬ 
paré, & felArmoniac, de chacun de¬ 
mie once ; puis diftillez pat la Cornu’é 
au feu de fable , & cohobez deux' fois: 
fur. la fin faites un feu fort, pour faire 
monter les efprits des fels, & du vinai¬ 
gre. Il faut appliquer cette eau avec une 
plume fur les dartres, & en mettre trois 
ou quatre fois le jour. 

Eau contre les roujfeurs du vifage. 

P R E N E Z fnc de Limon trois onces,' 
vinaigre blanc>quatre onces , Alun 
en poudre une livre, fiel de beuf de¬ 
mie livre: diftillez le tout au Bain 
bouillant , & appliquez l’eau qui di- 
ftillera avec une plume fur les touf¬ 
feurs. 



i7i' La chymie 


F au jui leve toutes fines de 
cicatrices. 



tR E N E Z flics de Morclle, & Cou- 


J. Ievrée,de chacun demie livre; di- 
ftillez-les au Bain bouillant: faites dif- 
foudrc dans l’eau diftilléc une drachme 
de Camphre, puis en mettez fur Icsci- 
carricesavec une plume trois ou quatre 
fois le jour. 

Fau fout fortifier , ^ embellir 
tout le corps. 

*|)Re NEZ fleurs de Sureau, & d’£f- 


X pine blanche, de chacune deux li¬ 
vres , fleurs de Febves de haricot une 
livre, moüelle de Citrouille livre & de¬ 
mie , Borax trois onces,Therebentine 
de Venife une livre , quatre Pigeon¬ 
neaux écorchez , & coupez par mor¬ 
ceaux, Miel de Narbonne livre ^de¬ 
mie , laîét de Chevre trois; livres , les 
blancs & les cocques de vingt œufs 
frais, quatre Citrons coupez par roiiel- 
Jes, fucreCandi demie livre, Canelle 
& cloud de Girofle , de chacun demie 
once: pilez ce qui fe pourra piler,& 




Charitahle é" facile. 175 
mettez le tout dans une Ciicurbite de 
verre,&: diftillezauBainà l’eau chau¬ 
de du commeucement, puis fur la fin 
de la diftillation faites boiiillir le Bain, 
Cette eau fortifie & embellit le corps, 
& le preferve deplufieurs maladies: Il 
eftbon de s’en laver tout le corps dans 
le commencement du Printemps , & 
fur la fin de l’Automne. Pour levrfage 
il faut s’en frottet une fois la femaine le • 
foie en fe couchant, & le matin en fe 
levant s’efluyer avec un linge blanc de 
Icflîve. 

Eau ^our les teins grofters, é" centre 
les tannes. 

V O VS prendrez eau de vie vnc 
livre, fleurs de Soufre deux onces, 
frui6ls de Meurierfauvage , autrement 
appelle fruids de Ronce, une livre : fai¬ 
tes infufer le tout vingt-quatre heures 
fur des cendres chaudes dans uneCor- 
, nue de verre ; puis diftillez au feu de 
limailledefer jufques àce qu’il ne forte 
plus de fumée. Il faut mettre foir & 
matin de cette eau fur levifagc,& fur 
les tannes , & continuer jufques à cç 


2-74 La chymte 

que le teint foit blanc Sc uni, & que les 

tannes foiéric toutes di'îîpécî. 

Eau pour laver nourrir lis teins qui 
' auront ejlé corodez. par l’eau 

precedente. 

P renez oignons de Lys , racines 
de Nénuphar, Concombres & Me¬ 
lons , le tout coupé par tranches, de 
chacun demie livre i fix Pigeonneaux 
. tuez fans les feigncEjdefquels vous ©lie¬ 
rez la peau , & les entrailles , leç 
couperez par morceaux ; fucre fin qua¬ 
tre onces. Borax & Camphre, de çha- , 
cun une' drachme ; la mie d’vn petit 
pain de Chapitre : faites infufer le tout 
vingt-quatre heures au Bain dans deux 
livres de vin blanc , puis diftillez aU 
Bain bouillant jufques à ce qu’il ne 
monte plus rien. Quand on veut rendre 
Jes eaux de bonne odeur, il faut met¬ 
tre dans le canal de l’AIembic quelques 
grains de mute,ou d’ambre gris,dans 
un petit fachet de toile ,-avec un peu 
de fucre; autrement l’ambre & le mufe 
ne Xe diflbudroient pas. Il faut mettre 



charitable (jr facile. iyy 
de cette eau fur levifagcdeuxoïl trois 
fois Iafemaine,Ie foiren fe mettant au 
lid, fans s’eflTuyer que le lendemain au 
matin. 


Chapitre IV. 

Bel'huile , & eau de Talc. 

Huile de Talc. 

P Lvsievrs afleurent qu’ils fça- 
vent extraire l’huile du Talc fans 
addition ; cette operation n’cft pas fî 
commune, ny fi facile comme ils le di- 
fent : le croy que peu de perfonnes 
fçavent ce fecret, & qu’il cft fort rare, 
Voicy quelques méthodes de préparer" 
le Talc, qui font bonnes pour le teint, 
& font faciles à faire, & je puis alTeurer 
quelcur cffeiûefttres-bon. 

Prenez trois ou quatre douzaines 
d’œufs.frais,que vous ferez dorcir,& en 
oflercz les cocques, & les couperez par 
la moitié, tirerez les jaunes, & mettr'ea 
en leur pkee _du T aie de V cnife pulve- 




17 ^ Chymte 

rifé, & tamiré ipuis vous rejoindrez les 
deux moitiez enfemble-, éc les lierez 
avec du fil blanc,& mettrez quelque 
peu de cired’Efpagne delFuslcfil, vis- 
à-vis des jointures pour les faire tenir: 
vous rangerez tous les œufs, ainfi ac¬ 
commodez,dans une Cucurbite de ver¬ 
re , & la couvrirent d’une autre petite 
Cucurbite :vo.us les lutterez enfemblc 
avec de la chaux vive , & du blanc 
d’œuf; puis les mettrez dans du fumier 
de cheval, de façon qu’elles foient en¬ 
tourées de toutes parts de l’époilTeur 
d’un pied dudit fumier. Lorsque le fu¬ 
mier commencera à fe refroidit, il fau¬ 
dra lerenouvcller: & pour l’exciter il 
faut l’arroufer quelquefois avec un peu 
d’eau chaude. Vous laiflerczvos vaif- 
feaux quarante jours dans le fumier, au ' 
bout defqucls l’on jtrouvera dans le 
fond une liqueur onélueufe comme de 
de l’huile ; de laquelle on mettra le foir 
fur levifage fans l’efluyer que le matin 
avec un linge jaune qui auraefté à la 
leffive. le n’ofe afleurcrque ce foit vé¬ 
ritablement huile de Talc, mais je puis 
dir« certainement quelle cft tres-bon- 





charitable é‘ facile. vyy 
liCy Bc trcs-excellente pour le teint, & 
que l’on s’en peut fervir avec afleuran-- 
ce. Si l’on la veut rendre claire, il fau¬ 
dra la filtrer par le papier gris. 

.Adiré huile de Taie, 

y Ov s prendrez duTalcde Venife 
pulvcrifc quatre onces , une livre 
de pafte de farine de froment, de la¬ 
quelle vous ferez trente-deux mor¬ 
ceaux, & mettrez au milieu de chaque 
morceau un gros dudit Talc en poudre, 
& l’entourerez de ladite pafte en for¬ 
me d’un petit pain. Vous mettrez tous 
les petits pains au four à cuire avec du 
grand pain. Qi^nd ils feront cuits vous 
les ouvrirez, & prendrez le Talc qui 
fera au milieu, que vous pulveriferez i 
puis vous prendrez des racines de Cou- 
îevrées, aufquelles vous ferezdescreux 
de laprofondeur de quatre doigts ,que 
vous remplirez d’un tiers dit Talc que 
vous avez pulvcrifé. Apres vous met¬ 
trez toutes vos racines ainfi remplies à 
la cave, & les y lailTerez vingt-quatre 
heures ; au bout defquelles vous les' 
trouverez remplies d’une liqueur que 


17 8 La chymie 

vous ofterez par inclination, & laiflTe- 
rez autres vingt-quatre heures, & con¬ 
tinuerez jufques à ce qu’elles ne ren¬ 
dent plus d’humidité. Il faut que les ra¬ 
cines foientfraichement cueillies. Cet¬ 
te huile a les raefmes vertus que la pre¬ 
cedente. 

Autre huile de Talc. 

P renez quatre onces de Talcpul- 
vcrifc,& les mettez avec partie égale 
de falpetce dans un Creufet au milieu 
des charbons ardans. Lors que le falpe- 
tre fera confommé, vous en remettrez 
d’autre, & reïtererez cinq ou fix fois, 
puis lailTez refroidir. Prenez la mafle 
qui fera dans le Creufet, & la reduifez 
en poudre, & la mettez dans un petit 
fftchet de toile , que vous fufpendrez 
à la Gave, & mettrez un vaiiTeau deflbus 
pour recevoir la liqueur qui tombera 
par défaillance, il faut en mettre tou¬ 
tes les femaincs une fois eh fe mettant 
au liét. Elle blanchit & nettoye le cuû: 
de toutes fortes de taches. 



charitable, d” facile. rjp 
Eau de Talc. 

pRENEz dans le mois de May-telle 
quantité de limaflbns avec leurs coc- 
ques qu’il vous plaira , & les mettez 
-dans un pot de terre avec une poignée 
de fel, & du vinaigre tant, qu’il fur- 
pafle les limaflbns d’vn doigt : agitez, 
le tout enfemble pour les faire dégor¬ 
ger, & jetter leurs moufles: puisoftez- 
les ,& les lavez trois ou quatre fois de 
fuite dans du vin blanc; puis les efluyez 
avec un linge blanc , & les mettez 
dans un pot de terre vernifle. Donnez- 
leur tous lesjours, durant trois mois, 
une cuillerée de poudre de Talc tami- 
fée, & les remuer quelquefois, & fai¬ 
tes defeendre ceux qui monteront, 
couvrez le pot. S’il fe fait quelque pe- 
titepcliculc à l’ouverture deleurscoc- 
ques, il n’imporre. Apres trois mois 
prenez les limaflbns, & tour ce qui fera 
dans le pot; pilez le tout, & auflîles 
cocques , 5c les mettez dans une Cu- 
curbite de verre , & diftillez au Bain 
boiiillant jufquesà ce que toutes les fè¬ 
ces foienc cout-à-fait fciches : ofte? les 




i8o La Chymie 

feees , & redtificz l’cau deux fois au 
Bain : à la derniere fois, mettez dans 
le canal du Chapiteau du mufc, oude 
l’ambre gris dans un petit fachet,avec 
dufucre, comme il a efté dit cy-devanr, 
pour corriger la mauvaife odeur de cet¬ 
te eau. Elle eft admirable pour blan¬ 
chir, unir, 5c tendre la peau. Il faut la ' 
mettre apres s’eftre decrafTée avec quel¬ 
que bonne eau,5c un petit linge fin, 
& la laifler feieher, puis s’elTuyer dou¬ 
cement. 


Chapitre V. 

Des Pommades. ^ 

Pommî^de de Chevreau. 

P renez cocfFes de Chevreau une 
livre, les lavez dans de l’eau de 
fontaine vingt ou trente fois de fuite, 
& les y laiffez tremper cinq ou fix j ours, 
5c changez d’eau deux fois le jour, juf- 
ques à ce quelles rendent l’eau claire, 
& qu’elles foient bien nettes ; égoutez^ 




charitable é- faeile, 281 
I les dans un linge blanc, & les coupez^ 
par petits morceaux , & les mettez 
j dans une terrine neufve verniflec, avec 
I une chopine d’Eau-rofe , un Citron 
coupé par tranches , deux cuillerées- 
I d’eau de clond de Girofle ; Storax , & 
Benjoiiin ,de chacun Une once : faites 
bouillir le tout enfemble à pftit feu, 
jufques à ce que la grailTeibir toute 
fondue. Alors paflez par un linge bien 
net, un peu epois, ce qui fera dansla 
terrine dans une autre terrine , dans 
laquelle il y aura une chopine d’Eau- 
rofe. Il ne faut point exprimer : quand 
lacoulature fera froide vous lèverez la 
graifle avec uiie cuilliere d’argent, ôc 
là mettrez dans un mortier de marbre, 
&la laverez encore une fois ou deux, 
avec de l’Eau-rofe , ou eau de fleurs 
d’Oranges J puis vous la pilerez jufques 
à ce qu’elle foie parfaitement blanche: 
apres quoy vous la ferrerez dans un 
pot de fayence bien net, & mettrez par 
dcfliis l’cpoifleur d’un demy doigt de 
fuctelin en poudre, pour laconferver. 
Toutes les pommades où il n’entre 
point d’huile fe peuvent confetvei de 




i 8 i La Chyntît 

la forte. Elle nourrit le teint ; elle ofte 
les rides du vifagc; elle guérit les éle- 
vurcs , & les lèvres fendues 8c ger- 
fées. - 

Pommade four tenir le teint frais 
& urty. 

V O V s prendrez heure de May, & 
fuif de Taureau i de chacun demie 
livre:faites les fondre enfcmble dans un 
pot neuf, avec un demy fepticr d’Eau- 
rofc,puis les paflez dans un linge dans 
un autre pot ou il y aura demyfeptier 
d’Eau-rofe. Qijand le tout fera froid, 
vous le lèverez avec une cuillierc , & 
le mèttrez dans un mortier de marbre, 
& incorporerez avecque fix onces de 
Cerufebien lavée plulîeurs fois dans de 
l’Eau-rofe, & fcichce au foleil , & ré¬ 
duite en poudre impalpable 5 puis la 
ferrez dans un pot» bien net , & met¬ 
tez du fucre par-deflus , comme il a 
cfté dit. Vous mettrez foir & matin de 
cette pommade, & vous elTuyerez une 
heure apres l’avoir tnife. 


ch mit Me (jr ficile. 2S3 

■pommade four nourrir le teint , & 
contre les marques de la 
petite 'verelle. 

P renez deux livres- de lard bien 
gras de la gorge d^’un porc mafle, 
ratürez-Ie avec un couteau de bois,& 
en oftez tous les petites fibres & mem¬ 
branes : prenez demie livre de graifle 
de porc, de laquelle vous ofterez tou¬ 
tes les petites peaux, & Ja couperez par 
morceaux. Mettcz-les tremper neuf 
jours dans de Teau de riviete , qu’il 
faut changer deux fois le jour , & les 
bien manier avec les mains quand l’on 
changera l’eau ; puis faites les fondre 
dans une tertinc avec Eau-rofe, Sceau 
de Plantain, de chacune demie livre, 
deux cuillerées'd’eâu de Girofle , un 
Citron , & une Orange coupée par 
tranches 5 fix pommes de Capendu 
pelées & pilées dans un mortier de mar¬ 
bre, de fqu elles on aura ofté le cœur; 
Iris de Florence coupée par tranches 
deux onces: couvrez le pot-, & le met¬ 
tez infufer vingt quatre heures au Bain 



2.84 Chymte 

tiede; puis faites boüdlir l’eau au Bain^ 
de forte que ce qui fera dans Je pot 
bouille auffi. Il faut remuer de temps 
en temps les drogues a/ec une Efpatulc 
de bois -, & lors que vous jugerez que 
i’Eau-roife , & eau de Plantain feront 
confommées, oftèz le vaifleau du feito, 
& palTez par un linge blanc- un 
épois dans une terrine ou il y aura demy 
feptier d’Eau-rofe ; laiffez' refroidir, 
puis levez avec une cuillierecequi fera 
fur l’eau, & le mettez dans une terrine 
fur petit feu , avec fix onces d’huile 
d’Amandes douces tirée fans feu : mê¬ 
lez bien le tout cnfemble jufques à ce 
que la pommade foie fouduë, oftez-la 
de dcffusle fsu, & remuez jufques à ce 
que le tout foit froid : puis vous la pile¬ 
rez dans un mortier de marbre, jufques 
à ce qu’elle foit bien blanche ; puis vous 
la mettrez dans un pot en lieu temperc, 
& vetferez de l’eau de riviere pardef- 
fus, que vous changerez pour le plus 
tard de deux jours en deux jours. Ileft 
à remarquer que routes les pommades 
fe veulent faire tres-prpprement & net- , 
tement quand on les veut garder , ôc 


Chmtahle & facile. 185' 

qu’il n’y a point d’huile dans la compo- 
ficion. Il faut mettre du fucrc comme 
j’ay dit ; & dans celle où il entre de 
rhuile , il faut la faire tremper dans 
quelque bonne eau,comme deRofe, 
Plantain, Argentine,ou Fraife. Cette 
pommade nourrit le teint, &le blan- 
chipelle eft bonne pour les perfonnes 
maigres 5 elle efface les rougeurs de la 
petite verolle,& diffipe les éleveures 
qui viennent au vifage.Il en faut mettre 
foir & matin. 

Pommade excellente ^ui fe fait dans 
le mois de May. 

T)R e n e z une livre de heure frais du 
1 mois de May, du plus gras que.vous 
pourrez trouver ; mettez-le dans un 
vaifleau de fayence, un peu large , &: 
l’expofez au foleil en lieu où il donne 
prefque tout le jour, S^d’ouilnepuiffe 
point tomber d’ordures : quand le heu¬ 
re fera fondu, verfez deffus del’caude 
plantain , & la meflez bien avec une 
Efpatule de bois :Et lors que le foleil 
anra diffipe l’eau , vous en remettrez 




La Chymîe I 

d’autre,&:remuerez cinqoufix fois [è | 
jour, & continuerez à faire ce que def- 
fus, jufques à ce que le heure foit deve- ! 
nublanccommc delà neige. Silefoleil 
n’eftoit pas affez chaud dans le mois de 
May, il faut continuer dans le mois de 
luin jufques à perfeâ:ion. Sur les der¬ 
niers jours vous mettrez de l’eau de 
fleurs d’Orange , ou de Rofe , pour 
donner bonne odeur à là pommade. 
Elle fc conferve pluficurs années fans 
fe gafter r elie eft excellente pour blan¬ 
chir, nourrir,& conferver le teint. Il 
la faufmettre le foir , & s'efluyer le 
matin avec un linge de chanvre neuf. 

Pommade de pieds de mouton. 

Y O VS prendrez cintj ou fix dou“ 
zaines de pieds de mouton, deux 
ou trois jours devant la pleine lune; 
vous en ofterez toute lachair ,& cafle- 
rez les os , que vous mettrez bouillir 
dans de l’Eau-rofe, ou du vin blanc j au 
defaut de l’eau de riviere , environ un 
quart d’heure dans un pot neuf ver- 
nifle : puis vous paflerez par un linge 
dans un pot ou il y aura une demie livre 
d’Eau- rofei 


Charitahle é" facile] i$f 
d’Eaii-rofe :laiffcz refroidir la coulatu- 
re, ôc lorsqu’elle fera froide vous lève¬ 
rez la graifle de deflus l’eau avec une 
cuilliere j puis vous la laverez cinq oit 
fix fois avec de l’Eau-rofe,& la pilerez 
dans un mortier de marbre jufques à 
ce qu’elle foit parfaitement blanche : 
alors vous l’incorporerez avec une troi- 
fiefme partie de fon poids d’huile des 
quatre femences froides tirée fans feu ; 
le tout eftant bien meflccnfcmble vous 
mettrez cette pommade dans un vafe 
bien propre & net,& verferez deifus 
quelque eau odoriférante, ou au defaut 
de l’eau commune: il faut ia changer 
fouvent comme il a eflé dit. Il faut met¬ 
tre de cette pommade deux ou trois 
foislafemaine. Son ufage& fes vertus 
font affez connues, c’eft pourquoy je 
n’en diray pas dauantage. Pour la chair 
que vous avez oftée des os, vous la fe¬ 
rez bouillir comme vous avez fait les 
OS} il s’y trouvera peu de grailTe, elle 
ne laiffc pas d’eftrè auffi bonne que la 
première. 


N 


î,88 L4 Chymie 

Autre pommadé excellente. 

P renez une once de perles fines 
bien blanches, & concalTez les dans 
Il n mortier, & les mettez dans un vaif- 
feau de verre ; verfez deflus du vinaigre 
blanc diftillé , qu’il fumage de deux 
doigts : mettez levailTeau fur des cen¬ 
dres chaudes pour aider la diflTolution 
defdites perles. Lors qu’elles feront 
difibutes vous verferez le vinaigre par 
inclination , & laverez là dïffolution 
deux ou trois fois avec de l’eau de fleurs 
d’Orange, ou de Rofe •, puis vous l’in¬ 
corporerez avec deux parts de la pom¬ 
made de pieds de mouton cy-deflus. 
Au defaut de la diflTolution de perles, 
l’on pourra meflcravec ladite pomma¬ 
de du Talc de Venife réduit en poudre 
impalpable. Cette pommade s’appli¬ 
que foir &: matin , & efl: fort excel¬ 
lente. 


Autre pommade excellente. 


"T 7 O V s prendrez une douzaine de 
V pommes de Reinette , & les pele- 
tez, & en ofterez toutes les pépinières, 


charitable & facile. 289 
& lesfcrez boiiillir avec de TEau-rofc 
dans un pot de terre neuf verniffé: 
vous y adjoufterez dei’eaudecloudde 
Girofle,& de Canelle,dc chacun de¬ 
mie once , une poignée de cimes &: 
üeurs de Lavande , quatre livres de 
-panne de, porc .bien blanche , coupée 
par morceaux, defquelles vous ofterez 
les peaux & fibres : faites bouillir le 
tout à petit feurcfpace de quatre heu¬ 
res; mettez fur la fin une demie livre 
de cire blanche grenéc, remuez le tout 
fur le feu un quart d’heure, jettez-en 
une petite goutte fur le feu, fi elle ne 
fait point de bruit la pommade eft cuit- 
te ; finon il faut continuer le feu juf- 
qucsàcequc l’eau foit tout-à'faitcon- 
fommée : puis vous paflerez par l’éta¬ 
mine dans une terrine dans laquelle il 
y aura deux livres d’Eau-rofe : quand 
elle fera fioide,vous lèverez la pom¬ 
made avec une cuilliere , & la pilerez 
& laverez comme il a cfté dit des au¬ 
tres pommades. Elle cftexcellente pour 
toutes fortes de teins, & s’applique (oit 
& matin. 



ipa La chyme 

Autre pommade. 

T)®. E N Ez une douzaine de pommes 
* d’Api que vous pelerez , oftercz 
le cœur,& couperez par tranches,& 
les mettrez infuCer un jour entier dans 
de l’Eau-rofe avec une once d’eau de 
Canelle, de telle forte que l’eau cou¬ 
vre les pommes de la hauteur d’un 
doigt : prenez fir onces de pannes de 
porc, oftez-en les fibres & peaux, com¬ 
me il a efté dit, & les coupez par mor¬ 
ceaux, & mettez le tout dans un pot 
vernifie , & faites fondrefà petit feu, 
puis bouillir à feu doux jufques à ce 
que les pommes foient bien cuittes} 
puis paflez par la chauffe, une terrine 
deffous où il y aura une chopine d’Eau- 
tofe , laillèz refroidir , puis levez la 
pommade avec une cuilliere,& la la- 
vez,dulcorez,& pilez jufques à cequ’el- 
le foit bien blanche ; incorporez avec 
quelques grains de mufe, d’ambre, ou 
de cfvette, & la ferrez dans un pot bien 
net & couvert. Cette pommade efi: 
bonne pour le vifage,pour les mains, 
Sc les cheveux : Elle s’applique le foir. 



charitable & facile. i 

Pommade contre les dartres vives. 

P renez une once de mouches 
Canrarides, &Ies pulvcrifez, & les 
mette:^ diïToudre dans un peu devin: 
prenez quatre onces de fuif de mou-i 
ton bien lavé & purifie dans de l’Eau-i 
rofe : faites-le fondre, & incorporez 1:^' 
poudre des Cantarides avec , & oftez 
de deffus le feu , & remuez toufiouts 
jufques à ce que la pommade foit froi¬ 
de. Il en faut mettre foir& matin fur 
les dartres j trois jours de fuite fuffifent; 
puis il fe faut frotter apres, huit jours 
de temps de la pommade de Chevreau. 
Pommade centre les dartres 
farineufes. 

P R E N E Z fix oignons de Lys, & les 
faitescuire dans del’eau commune 
jufques à ce qu’ils foient comme de la 
bouillie : faites-les égouterdans un lin¬ 
ge, puis les pilez dans un mortier aveè 
deux cuillerées de miel de Narbonne, 
& une cuillerée de vinaigre blanc di- 
ftillé; puis vous yadjoufterez deux on- 
ees des quatre fcmcnccsfroides, mon- 
N iij 


La Chymie 

dées&bicn pilées : incorporez le tout 
enfcirible , & en faites pommades. Il 
faut s’en metrre un mois de fuite tous 
les foirs en fe couchant. 

Pommade pour embellir le vifige, é" 
qui ojte les ajpreu z, de U peau 
provenantes du foleil. 

V O V s prendrez-quatre onces de 
graifle de Chapon, & la mettrez 
tremper dans de l’eau de fontaine trois 
jours: changez-Ia deux ou trois fois le 
jourd’eau y & la maniez aueclesmains 
pourlarendre plusblanche: mettez-la 
dans une terrine vernilTéc,avec deux 
onces de pommade de pieds de mou¬ 
ron , une once de cire blanche, eau de 
lys quatre onces; remuez bieaie tout 
avec une Efpatule en fondant , & fai¬ 
tes boüillirenviron un qüaft d’heure a 
petitfeu tapres palTezpar un linge dans 
une terrine oii ilyaura de l’Eau-rofé; 
lailTcz refroidir, puis lavez la pomma¬ 
de avec la cuilliere , & la pilez dans un 
mortier jufques à ce qu’elle fort bien 
blanehc , & la ferrez dans uO pot en 





Charitahle'é‘ ficile. 2,93 
lieu. fcc. Il en faut mettre le foir enfe 
couchant , & le matin au fortir du 
lid, & s’efluycr le plus tard que l’on 
pourra. 

Autre pomrtMde pour le mef/ne, 

P renez heure de May , graifle de 
Chevreau, fuif de Bouc, pommade 
de pieds de mouton, de chacune trois 
onces : faites fondre le tout dans une 
terrine verniiTée , avec de l’eau de 
Courge & de Morellc, de chacune de¬ 
mie livre; faitesboiiillirune heure, & 
adjouftez fur la fin deux cfiillerées, d’eaa 
de Girofle , &'une cuillerée d’eau de 
Canelle ; puis paflez & pilez comme 
vous avez fait cy-defTus. Il en faut met¬ 
tre le matin fur le vifage devant le feu, 
& eftre demie heure fans s’efluyer. 

Pommade contre le haie. 

P renez deux onces d’huile de noix,' 
lavez-la deux fois dans de l’Eau-ro- 
fe; oftez l’eau, & mettçz l’huilé dans 
une terrine furie feu avec une oncé de 
cire blanche coupée par morceaux: 
quand elle fera fondue reraucy jufques 
N iiii 



154 Chym'ie 


à ce qu’elle foit froide ; mectez-Ia dans 
de l’eau: il faut changer l’eau tous les 
jours. L’on mettra de cette pommade 
quand on ira au folcil. 

Pommade centre les rides d» 
'vifage. 

"T 7 O V s prendrez fuc d’oignons de 


V Lys blancs,& miel de Narbon¬ 
ne, de chacun deux onces; cire blan¬ 
che fondue une once : incorporez le 
tout cnfcmble, & faites pommades II 
en faut mettre tous Iesfoirs,& ncs’ef- 
fuyer que le matin avecun linge. 

Autre pommade contre les rides 
du vifage. 

R E N E Z fix œufs frais, & les faites 



X durcir ;oftez-en les jaunes, & met¬ 
tez en leur place de la Myrrhe , & du 
fuçrc candy en poudre » partie égale : 
rejoignez les œufs , & les expofez fur 
uqe aflîcte devant le feu : il en fortira 
nnf liqueur que vous incorporerez 
aveb.une once de graifle de porc. U faut 
s’en mettre le matin, & la laiffer fei- 
çher,&puiss’6iruycr.' 




chawahle é" facile. zp^ 
Jutrepommade contre les rides. 
pR fiNEZ huile de cire , efprit de 
A Therebentincjfemencede baleine, 
de chacun une once r faites fondre une 
livre de fuif de Cerf dans un pot neuf 
vernifleavcc quatre onces d’Eau-rofe; 
puis incorporez les drogues fufdites, Sc 
lespaflezpar un linge dans une terrine 
où il y aurade l’Eau-rofe , ou quelque 
autre bonne eau j laiflez refroidir, puis 
levez, & pilez la pommade comme il 
cftdit. Elle s’applique foir & matin. 

Pommade centre tes lentilles d* 



P Rekez fiel de beuf, efprit de 
Soufre , éponge brufiée , fuif de 
mouton,partie égale, de chacun une 
drachme i incorporez le tout enfem- 
ble ,& en faites pommade. Il en faut 
mettre le foir en fe couchant fur les len¬ 
tilles & roulTcurs, & fe laver le matin 
avçc de l’eau de Fraifc. 


1^6 ' La Chymie 

Autre pmmaâe contre lesUmiSef 
& roujfi urs. 

V O V s prendrez deux pommes dff 
Capendu , Celeri, Fenouil , de 
chacune trnè poignée v farine d’orge 
deux drachmes : faites bouillir le tout 
cnfemble un quart d’heure dans quatre 
onces d’Eau-rofe ; puis adjouftez une 
onLC de fine farine d’orge ,te blânedç 
quatre œufs frais, &unconCe de graille 
de Cerf; palTez le tout par l’écamine 
dans une terrine où il y aura un peu 
d’Eau-rofe, lavez, dulcorez, & pilez 
comme aux autres pommades. Il faut 
mettre le plus fouvent que l’on pour¬ 
ra de cette pommadë pour olfet les 
lentilles derouffeurs, 5 c fcontinuér /uf- 
ques à ce qu’elles foient- touT-d-fa/t 
eSTacées. Il faudra apres fe garder dU 
folcil, du grand air, & du hâle. 




charitable facile. 2^7 

Pommade contre les fentes ou crevaf^ 
fes qui viennent aux lèvres y 
' & aux mains. 

V O vs prendrez graiffe de Cerf, 
ou de C hevreau fix onces, graiflTt; 
de porc frais quatre onces : coupez lef- 
dites graiffes par petits morceaux, S>t 
les lavez cinq ou fix fois de fuite dans 
du vin blanc ; puis exprimez fi long¬ 
temps & fi fort, que tout le vin foit 
écoulé : mettez-ies fondre dans un 
vaifîeau de terre neuf, & plombé, & 
y adjouftez des racines d^lris coupées 
par tranches demie once , une noix 
Mufeade , deux ou trois pommes de 
Reinettes pelées & coupées par tran¬ 
ches, une livre d’Eau-rofe, une once 
de Cire, une demie once d’eap de Gi¬ 
rofle: faites fondre le tout à petit feu , 
puis bouillir environ une demie heure : 
apres paflez dans un linge, une terrine 
deflbus, dans laquelle il y aura quel¬ 
que bonne eau : laiflez refroidir , & le 
yezia pommade comme il a efté dit cy 
deflusj&'^la pilez dansyn mortier d'à- 



198 La chymie 

marbre J & l’incorporez avec deux on¬ 
ces d’buile de cire. Il en faut mettre 
tous Icsfoirsunpcu fur les lèvres en fc 
mettant au rliâ. Pour les mains, onlê 
les en frottera foir & matin. Il faut 
s’abftenir de mettre Tes mains dans 
l’eau, jufques à ce que Ton foit parfai- 
tcmentgucri. 

Tommade contre le haie du fikil, 
contre le hâle du froid. 

P renez racine de Couleyrce J 
oftez-Iuy l’écorce , pilez-la, & la 
faites cuire aveede l’huile d’Amandes 
diouces : quand elle fera bien cuite in- 
corporczavcc , fur lefeu, partie égale 
de Cire neufve blanche , vn peu de 
fucre candy -, & fur chaque once de 
ladite compofîtion il faut y mefler 
vingt grains de Camphre : coulez-la &c 
l’enfermez dans un vaifleau de verre 
pour la garder. Q^nd on voudra fc 
fervir de cette pommade, il la faudra 
délayer dans la paume de la main avec 
wnpeu de falive , & l’appliquer fur le 




Chmtahle é" facile. 

<|u'il ne vienne fi on s’en met par pre- 
eaütion. 

Pommade contre les taches noires , 
blanches , nujps dr verdaftres 
^ui viennent au vifage. 

P renez fiic de Limons, & blanc 
d’œufs , égale partie } battez-les 
bien fort enferable , mcttez-Ics dans 
unetcrtinc fur le feu,avec un peu de 
graifle de pouirc, & remuez toufiours 
jufques à ce que le tout foit en conft- 
ftence de pommade. Il s’en faut mettre 
tous les foirs, & continuer jufques à ce 
que lefdites taches foient parties. 


Chapitre VI. 

£>es Rouges pour te vifige. 

Pour faire le Carmin, 

P renez demy gros de Choiian en 
poudre, & le mettez dans une ter¬ 
rine vernilTée avec une livre d’eau de 



jOQ '• La. Chymie 
fpntaine: faites le bouillir fur le feu â 
gros bouillons, puis coulez par unlin- 
gc dans une terrine , & le remettez fur * 
le.feu , & y adjouftez deux gros de 
Cochenille en poudre,& faites bouillir 
à petits bouillons autat comme deflus; j 
puis mettez un demy gros d’Autour 
çn ppudre, &lclaiirez boiiillir undc-' 
my quart d’heure , puis paflez dans un' 
linge comme deflus , & mettez dans 
lacoulaturc une pincée d’Alun enpou- 
dre,pendant quelle eft chaude; vous 
la laiflerez repofer dans une terrine 
quinze jours; fi elle moifit il n’iraportc: 
oftcz l’eau par inclination , & laiflez 
feichcr au folcil la poudre qui reftera 
au fond : prenez de la gomme Âdra- * 
gant à diferetion, & la faites diflbudre 
dans de, fEau-rofe : prenez un peu de 
cette diflblution, & delayez de la pou¬ 
dre fufdite avec, & la ferrez dans une 
bo'ête.Pour s’en fervir il faut prendre 
un pinceau, & le tremper dedans, & 
l’appliquer fur les joues, & lèvres, 
apres l’ccendrè avec le doigta 




charitable é" facile. 301 

• Xyintre rouge pbur le vifage. 

V O V s prendrez bois d,c Brefil en 
poudre une once, & le mettrez 
infufer vingt-quatre heures fur des 
cendres chaudes dans de fort vii^aigrc 
cfiilillé, dëTortç que le vinaigre furpaf- 
fc ladite PP U dire de deux doigts : apres 
quoji vous y adjoufterez deux livres 
d’eau, & ferez bouillir le toutjufqu’i 
diranutiô dès trois parties; ce qu’eftant 
fhît vousyadjpufterezdemy quarteroa 
d’Alpri en'poudre , & demie once de 
colle de poiflbn coupée par morceaux: 
quand elle fera diffoute, paffez & met¬ 
tez dans des boctes. Il s’applique com¬ 
me delTus. 

Jiatre rouge. 

P R( E i ^àndal. rouge'bka pild un® 

oncc jVerfez dedus unejivre de vi¬ 
naigre diftUlé : faites, bo.iiiliir jufqucs d 
diminutip^.de^tro'ispartsi ipjiis y ad- 
joufteiz-übe pincéed'Alon en poudre,, 
iS:deu*-icujlle!ïées d’E.purrofe, dans la-, 
^cHc aupadiflfoilitdcla gomrne Adra»; 
gatic rp.adèz,£c moteez .dans une boete» 



joi La Chymie 

& vous eufcrvcz commcil aeftc dit. 

Autre rouge. 

P R s N E Z Orcanettc, & gomme Lac- 
que,de chacune un grosj vcrfez def- 
fusfuffifarite qüantité de jusde Citron 
dans un petit pot de terre vcrniffc: 
faites infufcr une nuidt fur des cendres 
chaudes, puis y adjouftez une demie 
livre d’Éau-rofe, faites bouillir jufques 
â diminution des trois parts, & paflez^ 
& vous en fervez comme il cft dit. 


Chapitre ^IL 

OHûttchoirs four le vifige, 

P renez deux livres d’Àluh , Une 
livre de Borax , gommes Adragant 
ic Arabique, de chacun une,livre : fai¬ 
tes infüfer le tout dans une pinte de 
vin d’ EfpagTic, ou d’excellent vin blanc 
dans un vaiflèau de verre bien bouche 
au Bain-Marie , & Ty lailTez trois 
jours entiers; prenez une livre de Ce- 



) charitable & facile. 305 
rufe , & la mettez dans un fachct de 
linge, & la faites bouillir dans uO pot 
neuf avec cinq livres d’eau de fontaine, 
jufques à diminution de moitié : Pre¬ 
nez cette eau, & une pinte de laiét de 
Chèvre, & les mettez avec l’infufion, 
cy-dcffiis : prenez deux livres de Miel 
blanc, trois livres deTherebencinc de 
Venifè bien lavée , trois ehopincs de 
vinaigre blanc diftillc , & les faites 
bouillir enfemble à reduétion de moi¬ 
tié ;puis les mettez avec des ebofes fuf- 
dites. Prenez un gros Chapon plumé, 
&lccoupezpar morceaux, & caliez les 
os, le blanc & les cocques de douze 
œufs frais, quatre Citronscoupeg par 
tranches, demie once de cloud de Gi¬ 
rofle : mettez tout ce que deflus enfem- 
blc, & diftillcz au Bain bouillant juf¬ 
ques à ce qu’il ne monte plus rien. Pour 
fc (èrvir de cette eau il faut prendre 
des mouchoirs de toile qui ne foit ny 
groffe.ny déliée-, vous les ferez trem¬ 
per une nuiét dans cette eau , & les 
laiflerez fecher doucement, à l’ombrc, 
puis vous les rcïtercrez jufques à trois 
fo^. Lots que l'on voudra fe fcryir de 



304 Chymie 

ces mouchoirs , il faut fe decraffer le 
foir avec quelque bonne eau, &leina- 
tinfe frotceravec un de ces mouchoirs, 
qu’il faudra enveloper de papier blanc, 
& le mettre en la poche pour s’en fer- 
vir lors que l’on ira en compagnie. 
Pour les autres mouchoirs on Icscnve- 
loperaavec du papier, & on les met¬ 
tra dans une boëte bien bouchée. S’il 
refte de l’eau elle fp garde long- temps ; 
il la faut'mettre au fbleil dans une phio- 
le de verre bien bouchée , pour s’en 
fervir quand on reblanchira les mou¬ 
choirs. Vn mouchoir peut fervir trois 
mois : quand on voudra le racommo- 
der il faudra le mettre à laleffive , & 
faire comme delTus. Ces mouchoirs 
blanchiffent, nourrüTent ,& tendent 
la peau. L’on peut s’en frotter tant & fi 
peu que l’on voudra. Celles qui s’en 
ferviront doivent éviter le foleil, & le 
grand air. 



charitable dr facile. , 305 ; 


Chapitre VIII. 

Fiel de bœuf. 

Comme on le préparé k Montpedierl 

P renez quatre ou cinq fiels de 
bœufs, & les vuidez dans une gran¬ 
de terrine ; mettez avec alun & fel de 
verre réduits en poudre , de chacun une 
, çnce : fouettez le toùt avec une poi- 
gpée de verge refpace de deux ou trois 
heures, que ,Ie tout fera cbmme de la 
moufle ; puis vous le filtrerez par un 
morceau de drâp , &lc laiflerez pafler 
àloifir : vous prendrez cequiferapafle, 
& le mettrez dans une phiole de verre 
double , avec deux onces de Borax, 
deux gros de Camphre, & un gros de 
Sublimé, ; expofez la phiole au foleil 
quinze jours, & l’agitez trois ou quatre 
fois par jour j puis vous mettrez ladite 
phiole dansuncfofle enla cave, de fa¬ 
çon qu’elle foie toute couverte de tetre, 
lajffcitdz, quarante jôiirs i puis 




^o6 La chymie 

vous l’oftercz, & filtrerez. Quelques- 
unes fe fervent de ce fiel pteparé com¬ 
me je viens de dire, les autres le font 
diftiller au Bain : pour moy je le trouve 
meilleur fans diftiller que diftillé. Il 
corrode la peau j il eft bon pour les 
teins groffiers ; il levé le haie, & garan¬ 
tit! du haie : on le met le foir en fe cou¬ 
chant : il faut le lever le matin avec 
quelque bonne eau, cômeeaudeFraife, 
ou eau de la Reine de Hongrie. Pour 
la moufle qui eftreftéefar le filtre n’eft 
propre à rien. l’ay donné advis de ne 
point mettre de Sublimé dans les com- 
pofitiGns,&il en entre dans cellc-cy : 
j’ay efté obligée de l’efcrire pour faire 
un fidelle rapport de la compofition 
& préparation du fiel de bœuf de 
Montpellier. 


Chapitre IX. 

Préparation de Ver'ym. 

prendrez de petits grains de 
V Verjus blanc, quand eft pas plus 




Charitâhle dr facile. 307 

g^s que de petits poiîs j fleurs'de Lys 
blancs, & fleurs de Sureau, de chacune 
une livre ; deux fiels de bœuf, une once 
de Camphre , demie once de Borax : 
diftillez le tout au Bain boiiiliant juf- 
ques à ce qu’il ne monte plus rien : puis 
expofez ce qui fera diftillé dans une 
bouteille quarante jours au foleil , & 
ferain. il faut l’appliquer le foir : il de- 
terge & corrode : il eft bon contre les 
tannes, & roufleurs. L’on peut faire 
encore de cette façon quand les grains 
font prefque meurs,quicorrodeenco- 
re plus que le precedent. 


Chapitre X. 

Des donhleures de Mafque , ek des 
Cornettes de \our, & 
de nuiCt, 

Bouhleures de Ma/que. 

P Ren Ez de la toile de chanvre jau¬ 
ne, & la lavez cinq ou fix fois dans 




de l’Eau-rofe, lalaifTant fccher douce¬ 
ment à chaque fois: puis vous Jatretu- 
perez dans des jaunes d’œufs .,que vous 
delayrcz premièrement avec un peu 
d’Eau-rofe,dans laquelle vous aurez fait 
diflbudre de la gomme Adragant ce 
queladiteeau aura pudilToudre; faites 
fechcr la toile fur un carré de bois bien 
tendue, puis en taillez vos donbleures 
deMafquc. 

jiutre deuhhure. 

L Avez la toile, comme deflùs,puis 
l’imbibez avec des jaunes d’œufs, 
& de l’huile des quatre femences froi¬ 
des tirée fans feu , de forte que les œufs 
& l’huile pénétrentIaditetoile,&fai¬ 
tes fecher comme delTus. L’on peut 
auflî faire des doubleures deMafqucs 
avec de'la cire -blanche , & de l’huile 
d’Amandes douces, apres avoir efté 
abreuvée de jaunes d’œufs. 


I charitable é* facile. 309 
Cornettes iaums de iour. , ' 
pREKEz un jaune d’œuf, & quatre 
cuillerées d’efprit de vin -, battcz-Ies 
bien enfemble avec une cuilliere , & 
trempez voftre Cornette dedans, que 
vous aurez premièrement purgée trois 
ou quatre fois avec dé l’Eâu-rofe j & 
puislaiffez-les fecher à l’ombre. 

^uire fafon de iaunir les Cornettes. 
pRENEz la fécondé écorce du bois 
* de Berberis , ou E(piiie-vin'ettë -, 
mettez-la tremper dans de l’eau de ri¬ 
vière vingt-quatre heures : quand vous 
verrez l’eau jaune trempez vos Cor¬ 
nettes dedans, & les mettez fecher fans 
les prelTcr. 

Jutre. 

7 O V s prendrez dix grains de Sa- 
fran , & verferezune once d’efprifc 
devindeifus ; &forsquercfpritdevin; 
fera bien coloré, vous le verfercz par 
inclination], & en remettrez d’autre, 
& conrinurez jufques à ce que voftre 
Safran ne rende plus de teinture: mêlez 



510 Lâ Chytnte j 

avec refprit teint fufHfante quantitede 
vin blanc, de forte que la liqueurfoit 
d’une couleur jaune un peu enfoncée j 
puis trempez vos Cornettes dedans, 
que vous laiflerez feicher comme 
deflus. 

Four faire CoYmttes de mi B. 

P renez de la toile jaune de Chan¬ 
vre , qui ne foit ny trop fine, ny trop 
grofle , & en faites Cornettes , que 
vous laverez deux ou trois foisdans.de 
l’Eau-rofe , puis vous les lailTerez fc- 
cher; puis vous les frotterez avec des 
jaunes d’oeufs frais , de forte que les 
jaunes d’œufs lespenetrent de parc en 
part: apres faites fondre de la cire,& 
meflez avec de l’huile d’Amandesdou- ' 
ces , on des quatre femences froides; 
puis trempez les Cornettes dedans, & 
les étendez fur un morceau de papier, 
&paflez un rouleau deiTuSjSt les fer¬ 
rez entre deux papiers, & les mettez 
en lieu temperé , de peur qu’elles ne fe ■ 
gaftent. Ileftàobferver de faire fondre 
la cire tres-douccment ; & lors que 
l’on trempera les Cornettes dedans, 


, chmtahle d* facile. Jii 
qic la compofition ne foir'queticde, 
de peuir de cuire les œufs defquels l’on 
a frotté l.ésTCorQcWçs au preceHfenc. 

Autre maniéré d'accommoder les Cor^ 

, nettes de nuiÛ. 

I ■\7Ovs prendrez pommade de pieds 
! ' de mouton une once , graifle de 

I Ghéyreau., Sc.dciporc frais ^de chacune 
«me demie once;Cire grenéc un&on- 
ce faites, fondre le tout cnfcmble d 
petit feu dans une terrine verniflee, 
puis J adj-ouftcz une once d’huile de 
, Courge : yous tremperez vos Cornet- 
tqs'dedans, que vous aurez au prece- 
detit purifiées avec de l’Eau-role , & 
frottées dans des jaunes d’œufsj vous 
les étendrez fur du papier , & ferez 
«ommcideffus. 



512, 


La chymie 


Chapitre XL 

Des pajies , eau^f, (jr pommades peur 
les mains. 

Pafle pur les mains. 

P renez des quatre femences froi¬ 
des mondées, de chacune quatre 
onces,Pignon deux onces. Amandes 
douces pelées demie livre; pilez pre¬ 
mièrement les quatre femcncesfroides: 
quand elles feront en parte, mettez le 
pignon,que vous incorporerez avec; 
puis vous mettrez peu-à-peu les Aman¬ 
des. Il faut pour le moins quatre heu¬ 
res pour bien piler le tout: vous met¬ 
trez deux jaunes d’œufs frais; incorpo.,. 
rez bien le tout enfembîc, puis la parte 
fera faite , que vous mettrez dans un 
pot,& un peu dc'fucre par deflus: elle fe 
garde long-temps. lien faut frotter les 
mains tous les matins, puis les elTuyer 
avec un linge blanc. 





charitable & facile. 315 

^ Autre pajle pour les mains. 

P Reniz Amandes douces pelées 
une livre, poudre d’iris une once, 
Pignon quatre onces, femence de Ba¬ 
leine vne once ; pilez bien le tout en- 
fernble jufques à ce qu’il foit en conli- 
ftence He pafte : incorporez avec deux 
onces d’huile des quatre femences froi¬ 
des, & les jaunes de deux œufs frais; 
faites boiiillir dans un poilon avec un 
demy fepticr d’Eau-rofe , en remuant 
toufioursavec vne Efpatule, jufques à 
ce que la pafte n’adhere plus au poilon. 
II en faut frotter les mains foir & 
matin. 

Autre pajle pour les mains, 

V O V 8 prendrez Amandes ameres 
pelées une livre, que vous pilerez, 
puisyadjoufterez une once de Cerufe, 
une demie once d’amidon, les jaunes 
de quatre œufs frais: faites boiiillir le 
tout dans un poilon avec fix onces d’ef- 
prit de vin , & faites comme delTus. 
Pour s’en fervir il en faut prendre gros 
comme une noix , & en frotter les 
O i; 



5^4 Là Chymîe 

mains, & emplir fa bouche d’eau, |)u 
de vifiqiie l’on verfera fur les mains j 
puis il les faut effuyer avec un linge 
blanc. : ' 

Autre fajte. 

P Rï NEZ Amandes pelécsuncliure, 
& les pilez, puis y adjouftez blanc 
A’Efpagne , & poudre d’iris, de cha¬ 
cun une once;laid de Chevre quatre 
onces , mie de pain.de Chapitre une 
once , huile d’Amandes douces deux 
jonces , les jaunes de deux oeufs fraisr 
incorporez le tout enfemble, & faites 
«uirc comme il a elle dit, & vous en 
frottez les mains foir & matin. 


Pommade qui Uanchit les mains. 

P R;E:N Ç,S:i4cs pornmes deCapendu 
à'diferetipn, dcfquelles vous ofte- 
rez,les pélijres pépinières, & les 
coupezr.par ; tranches , puis les pilez 
dans un mortier de marbre jufqucs à ce 
quelles foient comme, de la pafte:in¬ 
corporez avec larmie d’un petit pain de 
Chapitreçedujf en poudre bien déliée î 
,imbibez le coût .avec Eau-rofe, & vin 


■ charitable é‘ facile. 51^ 

blanc, partie égale ; puis pilez une de¬ 
mie livre d’Amandes ameres, que vous 
nieflerez avec, & y ftdjouftcrez quatre 
onces de Savon dcGennes rappé: in¬ 
corporez bien le rout, & mettez dans 
I un poilon fur le feu,en remnant tou¬ 
jours avec une Efparule, jufqiies à ce 
que i’Eau-rofe , & le vin foient évapo¬ 
rez , & que la pommade n’adhere point 
au poilon. Il en faut frotter les mains 
foir & matin : clic Ce garde long¬ 
temps, &mçfme Ton en peut faire fa- 
vonnettes. 

Pommade pour le vifage ^ ifr pur 
les mains. 

P R E NEZ beure frais du mois de May," 
Therebentinede Venife bien lavée, 
de chacune une livre ;le fuc de fix Ci¬ 
trons : mettez le tbut fur le feu dans un 
pot neuf verniiTé , avec quatre onces 
d’Eau-rofe ; faites boiiillir à petit feu 
■ jufques à ce que la Therebentine foie 
cuite, & que î'Eau-rofe foit évaporée: 
ce que vous connoiftrez en mettant 
une goutte refroidir : fi elle ne s’attache 
O iij 



)i6 La Chymie i 

point aux doigts elle eft cuite. Il nefalit 
oublier de remuer avec i’EfpatuIc juf- 
quesà ce qu’elle foie froide. Pour luy 
donner de l’odeur on pourra y àdjoù- 
ter de l’eau de fleurs d’Orange, &de 
Girofle. Il s’en faut frotter le vifage ,6c 
les mains foir & matin. 

Autre pommade pour les mains. 
pR E N E Z Borax, fcl commun prepa» 
-*■ ré. Alun de roche de chacun une 
drachme ; vous les pulveriferez & ren¬ 
drez impalpables : prenez les blancs de 
fix œufs frais, & trempez un morceau 
d’éponge dedans, puis la preflez, & l’y 
faites rendre ce qu’elle aur^ pris. Fai¬ 
tes cela tant de fois que les blancs 
d’œufs ne rendent plus aucune écume: 
mettez Icspoudr^s cy-deflus avec dans 
une petite terrine , & y adjouftez le 
fuc de deux Citrons, puis mettez la ter¬ 
rine fur des cendres chaudes, & remuez 
toiifiours avec uneEfpatule, jufques à 
ce que tout foitem confiftence de pom¬ 
made. Elle eft bonne pour les mains, & 
pour le vilÂg^itelle ofte les tannes,&: 
adoucit Iccuin 





ChArit Abu & facile. 317 

'Autre fomwAde four les mains, 

I L faut prendre les blancs de fix œufs, 
& les purifier comme deflus,puis in¬ 
corporer avec Amidon, & Cerufe en 
poudre, de chacun une once j huile des 
quatre femences froides deux onces : 
mettez le tout dans une petite terrine 
furlefcuj&remuezavec une Efpatule 
jufquesàce qu’il foit en confiftcncedc 
pommade. Il faut en frotter les mains 
tousles matins. Elle eft auifiexcellente 
contre le haie quand on va au foleil. Il 
en faut mettre fur le vifage fans l’ef- 
fuyer, puis on l’oftera le foir avec de 
l’eau dcFraifes. 

Pommade contre Us fentes , & crevaf 
fis qui •viennent aux 
mains. 

P renez du froment, & le mettez 
fur une aflîete : faites rougir au feu 
une pelle de fer, puis la mettez fur le 
froment, fans quelle le touche; il en^ 
fortira de l’huile ; prenez deux onces de 
cette huile, fix onces de graifle de pou- 
O iii; 


34 8 La Chymie i 

le, une once d’huile de noix jmettezfe 
tout dans une petite terrine fur le.fcui 
incorporez le tout enfemble , puis pàf- 
fez par l’étamine dansûri vailTeau où il 
y aura un peud’Eau-rofe > laiflez refroi¬ 
dir , puis levez la pommade, & la pi¬ 
lez, & y adjoaftez deux ou trois gout¬ 
tes d’cflencc de Cloud. Il faut mettre 
de cette pommade fbir& matin,-apres 
mettre des gans frottez de ladite pom¬ 
made. 


1 


Savon four blanchir les mains. 

P renez deux livres de Savon de 
Gennes , rapez-le bien délié, & le. 
mettez fecher au foleil jufqtres à ce 
qu’il fe puifle réduire en poudre tres- 
fine: prenez écorces d’Oranges, & de 
Citrons réduits en poudre, de chacune 
une once; Iris de Florence en poudre 
demie once : incorporez le toüt avec 
cfprit de vin,& huile deTartfe,par¬ 
tie égale, autant qu’il en faudra pour 
faire parte. Pour donner de l’odeur 
vous mettrez deux ou trois gouttes 
d’huilc de fleurs d’Orange de, lafmin , 
Sc de Girofle , avec un peu de Mufci 


charitable dr facile. 519 
ou d’Ambre gris , puis en formez des 
favonnettes. Pour s’en fervir il faut ar-| 
roufer les mains d’un peu d’eau tiede,' 
puis les frotter d’une favonnette, & les 
efluyer d’un linge blanc : lî elles ne font 
pas nettes de la première fois , il faur 
dra recommencer , & continuer tous 
les matins. 

Eaapour blanchir les mains. 

■pRENEz une livre de la graine de 
lufquiame, & la concaffèz ; mettez- 
la dans une Cuciirbite ; verfez deffiisle 
fuc de douze Citrons, & une livre 
d’efprit de vin ; puis diftillcz au Bain 
bouillant. Il faut laver les mains de cet¬ 
te eau tous les matins, puis mettre des 
gans cirez. 



P £ 



La chymie 




% 

3 A0 


Ch A PITRE XIL 

Des Ptijànes. 

Ptifine pur engmiffer. 

P renez raclure d’y voire , & de 
corne de Cerf,de chacune une once^ 
Ambre jaune demie once,quatre on¬ 
ces deraifinsdeDamaSjdefquels vous 
ofterez les pépins i une poignée de 
grains de froment : faites boiiiHir le 
tout dans quatre pintes d’eau, à dimi¬ 
nution d’une pinte ; apres filtrez. Il faut 
boire de cette ptifane trois ou quatre 
verres tousles jours, & continuer qua¬ 
rante jours. Avant que de s’en fervir il 
cft-ncccfTaire d’eftre purge. 

^afre pifane qui engraijfe yé‘fàit 
dormir^ 

P renez gruau d’avoine, & farine 
d’orge , de chacune une livre ; fix 
pommes de Reinettes coupées par tran¬ 
ches } n^tuz le tout dans un vailfeau 





ChuntAhle & facile. 311 
neuf de terre vernifle, avec dix pintes 
d’eau 5 faites bouillir jufqu es à diminu¬ 
tion de moitié : apres paflez par un lin- 
ge^, & mettez du fucrc à difcrction. Il 
enfant boire le matin, & trois heures 
apresdifner,&le foir enfc couchant, 
un grand verre à chaque fois. Cette 
ptifanc , outre quelle fait dormir, & 
engraiffe , elle humede & rafraîchit. 
Elle eft bonne pour les vieilles perfon- 
ncs ,& pour les jeunes. 

Antre pijine four le mejme. 

I L faut prendre froment, avoine & 
orge, de chacun une poignée ; raci¬ 
nes de Nénuphar, & de Cichorée bien 
nettes, de chacune deux onces; miel de 
Narbonne demie livre: faites bouillir 
le tout dans fix pintes d’eau à redudion 
de moitié ; écumez & paffezpar un lin¬ 
ge, & en prenez comme il eft dit cy-» 
deflus. 


Lu chymie 


312. 


Chapitre XIII. 

. Manière de purifier & cirer 
des gans. , 

P renez des gans de cuir mince s & 
pâteux ;Iave2-les dans de l’eau de 
fontaine quinze ou vingt fois de fuite, 
jufqucs à ce qu’ils rendent l’eau bien 
claire: à la derniere fois vous les lave¬ 
rez dans de l’Eau-rofc, & les laiflerez 
fecher doucement à l’ombre; puis pre¬ 
nez des jaunes d’enufs frais, & trempez 
les gans dedans » & les frottez de telle 
forte que les jaunes d’œufs penetrenc 
les gans de parc en part , apres trem- 
pez-les dans de l’huile de fleurs d’O- 
range, ou de lafmin, au defaut de l’hui¬ 
le d’Amandes douces, ou de l’huile 
des quatre femenccs froides: étendez 
les gans fur un papier , & les laiflez 
fecher doucement entre deux papiers, 
& les mettçz une ou deux fois à l’air, 
de peur qu’ils ne fe gaftent, & les fer¬ 
rez dans un lieu fcc» ' 




charitMe '& facile. jij 
jiutre maniéré pour lesgans. 

P Vrifiez vos gans comme il a efté 
dit cy-dcillis, & les frottez dans des 
jaunes d’œufs frais: apres prenez delà 
I pommade,de Chevreau deux onces, 

1 cire jaune, oubIanche,uneonce,hai- 
! le d’Amandes douces une once : fkiteà 
I fondre le tout enfemble , & trempez 
les gans dedans,& les frottez, & in¬ 
corporez lî bien lefdites drogues qu’el¬ 
les pénétrent les gans: apres les cten- 
' dez fur du papier blanc,&Ies tirez de 
la façon que vous voulez qu’ils demeu¬ 
rent : palTez un rouleau de bois par 
delTus pour les unir , & les ferrez en 
lieu fec. Si vous les voulez parfumer 
vous adjoufterez à la compofition quel¬ 
que huile odoriférante , comrne de 
fleurs d’Orange, ou de lafmin. 

.^uire pour les gans. 

A P R E s avoir lavéles gans, & pot^ 
rifle comrne delTus, il fuHit de les 
laver dans de l’huile d’Atoandes dou¬ 
ces, ou de Courge, ou bien des quatre 
fcraences froides 3 cela dépend de la 



J2.4 La Chjmie 
volonté. Il eft necefifaire que le jaune 
d’œnf foit employé aux gans avant que 
defe fervirdefdiccs huiles, dautant que 
c’eft la bafe, & que luy feul fuffit: je 
donne advis de ne fe point fervir d’hui¬ 
le feule pour laver les gans , dautant 
qu’elle a befoih de quelque chbfe qui 
l’arrefte ; c’eft pourquoy il y faut mefler 
delà cire. Les gans qui ne feront feule¬ 
ment lavez que d’huile,il faut mettre 
d’autres gans par dclTus pour empef- 
cher qu’ils ne gaftent les habits. 


Chapitre XIV. 

]Peur les dents i 

Eau four blanchir les dents , d 'four 
fortifier les gencives. 

P renez Sel gemmes, Alun déro¬ 
che , Soufre en canon , de chacun 
deux onces i Borax une once, perles & 
Corail coiicaflez, de chacun une de¬ 
mie opce i vinaigre blanc diftillc quatre 
onces: mettez le tout dans une Cornuh» 




Chifitahle é' facile. jzy 
ic faites digérer une nuit fur cendres 
chaudes, puis diftillcz au feu de fable 
pouffez le feu fur la fin. Il faut laver les 
dentfrde cette eau avec un petit linge : 
elle blanchit & fortifie les gencives» 
& guérit les ulcérés qui viennent à la 
bouche. 

Eau pouf les dents gajltes. 

P renez du fuc de Courge fauvage 
deux livres, écorce deMeurier de¬ 
mie livre, Piretre & lufquiame, de cha¬ 
cune fix onces j Alun de roche , Sel 
gemme. Borax, de chacun une once; 
mettez dans la Cornue, & diftillez au 
feu de fable jufques à ce qu’il ne monte 
plus rien. Il faut prendre une part de 
cette eau, & autant devin , & les faire 
chauffer, &s’cn laver la bouche. Elle 
ofte toutes fortes de pourritures., & 
mange les chairs mortes. 

Baftom pour blanchir les dents. 
T^iRenez gomme Adragant unconce^ 
J. pierre de Ponce deux gros, gommé 
Arabie demie once, & Criftal en pou¬ 
dre très-fubtile une once rfaites diffou- 


La Chymie 

dre les gommes dans de rEau-rore,& 
incorporez les poudres avec, &en for¬ 
mez baftons, que vous laifferez fecher 
doucement à l’ombre : quand il feront 
fecs vous vous en frotterez les d’encs* 


Ofut four blanchir & canjèrver 
les dents. 


P renez Sang de dragon. Alun de 
roche calciné , Encens mafle , Sel 
préparé & Sel de rofes, de chacun deux 
gros, bourre d’écarlate dix grains : in¬ 
corporez le tout dans de l’huile rofat, 
& en frottez les dents. 


Autre Opiat. 

V Ovs prendrez fueilics d’Hyfopc,' 
d’Origan , &: de Mente feches, 
de chacune demie once; Alun de ro¬ 
che, corne de Cerf, fel commun, de 
chacun une drachme ; mettez toutes ces 
ebofes bruller dans un pot fur les char¬ 
bons ardans : quand elles feront brû¬ 
lées vous Y adjoufterez Poivre & Ma- 
ftic, de chacun demie drachme, Myr¬ 
rhe un fcrupule : redu fez toutes ces 
chofes en poudre fubtiles, & les incor- 



Chmtablc ^facile, 

* porez avec Storax liquéfié enEau-rofe 
' en cdnfi-ftcace â’Opiat. Il faut en frot¬ 
ter les dents le tnâtih, & apres laver la 
bôucJie\avéc,dù'vih'tiede. ; 

Poudres pour les dents. 

L ’Oïr peutfaircpottdrcde'toutesles 
chqfesquifuiventjLefquelles blan- 
chilTeDt & fortifient les dents j fçavoir 
Mandai rouge, fang de Dragon, noix 
de Galle, Carabé blanc & jaune, Ma- 
ftic , Perles , farine d’orge , tanellc , 
raclure d’y voire, & de corne de Cerf ^ 
Corail, bois d'Aloes , les fueilles de 
Tamaric, racines d’Ozeille , & Tartre 
devin blanc: toutes ces ebofes rédui¬ 
tes en poudre, chacun en particulier, 
blancliifient les dents : comme auffi la 
croûte de pain bruflée , là pierre de 
Ponce, & Alun calciné, la poudre faite’ 
de poK de grais , dé cuilles, &’de bri¬ 
ques. Il faut fe laver la b'ouchê'apres 
s’eftre fervy de ces poudres, d’eau de 
Sauge, ou de Mente, laquelle cft ex¬ 
cellente pour cctefFed. 




jtS La Chymie 

LJpfits OH Ejjènces froyres pour 


les dents. 

'Esprit de Soufre, de Vitriol, 



JL de Sel-marin,.de Salpêtre & d’A- 
lun,blanchiflent les dents èc les cor¬ 
rodent, & lèvent les chancres, & les 
tendent claires & blanches. Il faut les 
frotter légèrement avec un petit bafton, 
ou racines, comme il fera dit cy-apres, 
dautant qu’ils corroderoient & brufle- 
roient la chair : il faut fc laver la bouche 
apres avec du vin tiede. 
tour préparer les racines & bois pour 
f rotter les dents. 

■pRE N EZ petitsbaftons de Lierre, & 
racines de Guimauves , & les faites 
bouillir dans du vinaigre avec un peu 
de Sel & d’Alun : & lors que les racines 
commenceront à s’atendrir, & que le 
bois fc pelleta , oftez-lcs de dedus le 
feu , & les faites fecher doucement j 
puis vous en fervez à frotter les dents 
apres les repas. 




charitable & facile. 


Chapitre XV. 

I>es teintures pour les cheveux. 

■ Teinture four faire le peil blond. 

P renez limaille de Cuivre, Sel 
gemme , de chacun demie livre; 
racines de Coulevrce une livre ; coupez 
les racines, & les pilez, & les mettez 
dans une Cornue, & le fel & limaille r 
faites les infufer une nuiit,puis diftil- 
Icz au feu de rouejufques à ce qu’il ne 
forte plus de fumée. Pour Ce fervir de 
Cette eau il faut faire dilfoudre de la 
gomme Adragant dans de l’Eau-rofc 
ce qu’elle en pourra dilfoudre : prenez 
une part de cette eau, & une part de 
l’eau diftillée, & lesfaites un peu chauf¬ 
fer, & moiiilicz les cheveux avec des 
brolfesjou un petit pinceau ,& lailfez 
fccher avant que de fc peigner. 

jiutre rr.aniere de teindre les cheveux 
en blond. 

P renez Eftain de glace , Alun de 
roche, Vitriol Romain, Soufre jau- 



350 La Chymte 

ne, de cPucununelivrej Aloe's epatique 
quatre onces , Safran une once , Cu- 
curraa deux onces: reduifezic tout en 
poudre, &Iemettezdans uncCornue, 
& diftillez au feu de roue. Prenez une 
livre de ladite eau, deux livres de vin 
blanc,miel blanc une livre; mettez le 
tout dans une phiole de verre, & l’ex- 
pofez au foleil par quarante jours , & 
l’agitez deux ou trois fois par jour. Pour 
fe fervir de cette eau il faut l’appliquer 
nn peu chaude avec un pinceau* • 
Teinture four faire le poil noir. 

P renez noix,de Galle une livre J 
coupez les par morceaux, Scies fai¬ 
tes bouillir dans de l'huile d’olives juf- 
ques à ce qu’elles foient tendres : faites- 
les fcchcr, Scies pilez ttes-bien,& en 
faites poudre ; mellez avec partie égale; 
depoudre de charbon deSaultune poi- 
gnécjdefel commun préparé 6c pilé une 
poignée 5 un peu d’écorces de Citrons 
& d’Orangesfeichées & en poudre : Il 
faut faire boiiillir le tout dans douze 
livres d’eau, jufques à ce que les dro¬ 
gues demeurent en conliftence d’on- 


Charîtahle ^facile. ' '331 
gacnt; duquel onguent on frotterk Iç-s 
cheveux, puis oh les mettra fous le 
bonnet pour les faire féçher : quand ils 
feront fecs il faut fe peigner. Cette reiih- 
ture eft excellente , & fortifie le cef- 
veau ; les cheveux ne rougiflent ja¬ 
mais : il faut en mettre une fois le 
mois. 

Fajle pour teindre le poil e» noir. i 

P R E N E Z de la Chaux vive deux on¬ 
ces , cteignez-là dans de Teau ce 
ce qu’il en faudra pour la réduire en 
poudre : incorporez avec ladite pou¬ 
dre de Chaux une once de Litarge d’ar¬ 
gent bien lavée deux ou trois fois darls 
de i’Eau-rofe, & fechée : incorporez le 
tout, & en faites pafte. il faut s’en frot¬ 
ter lesçheveux le foir, & fe peigner le 
matin. 

.Lefive pour faire croifire '& revenir 
Us cheveux. 

V O v s prendrez racines de vigne 
blanche , racines de chanvre, & 
trognons de choux tendres »‘de chacun 
deux poignées ; faiteS-lcs fécher j'puis 



f 


331 La Chyntk 

bruiler, & des cendres faites-en Icflîve, 
Avant que de Ce laver latcftc de cette 
lelEvc, il faut la frotter avec du miel, 
âc continuer Tun & l’autre trois jours 
de fuite. 

Fommade pour faire venir les 
cheveux. 

■pRENEZ gtailTe de poule, huile de 
■^chennevic , & miel , de chacune 
quatre onces : faites fondre le tout dans 
une terrine, & les incorporez enfemble 
jufques à ce qu’ilsfoient en confiften- 
ee de pommade. Il fe faut frotter la 
cefte huit Jours de fuite de cette pom¬ 
made. 

Eau peur faire tomber le poil. 

V Ovs prendrez; du polipode de 
Chefne, que vous fendrez & cou¬ 
perez par morceaux, Scie mettrez dans 
une CucurBite : verfez deffus du vin 
blanc qu’il furpaffe d’un doigt 5 faites 
digerer vingt-quatre heures au Bain, 
puisdiftillez, à l’eau boiiillante jufques 
d ce qu’il ne monte plus rien. Il faut 
tremper un linge dans çette eau Sc 



charîuhle é" ftcile. 3^5 
l’appliquer fur le lieu d’où l’on voudra 
faire tomber Icpoilj&I’y lailTer toute 
la nuit. Il faudra continuer jufques à 
ce qu’il foit tombé. L’eau de fucilles & 
racines de Celidoine diftillée , & ap¬ 
pliquée comme delTus , fait le mefme 


cffei^:. 


Eau de chaux four le mefme 



’E A V de Chaux vive diftillce ope- 



A i fft plus promptement que les pre¬ 
cedentes ; une feule fois fufEt, mais 
aufll elle eft plus violente. Prenez de la 
Ghaux vive comme elle fort du four¬ 
neau , reduifez-la en poudre, & la met¬ 
tez dans une Corniic, que vous rem¬ 
plirez dés trois parts , puis diftille- 
rez au feu de roué. On tire peu d’eau 
de cette operation. Il la faut appliquer 
avec une plume fur le lieu d’bà l’on 
veutfaire tùtriber le poil i & ft’dohner 
de garde d’en mettre ailleurs. Apres 
l'avoir mife il faut frotter le lied avec 
delà pommade , ou avec de l’huile des 
efemencesfroidesjunefèulc fois 



334 Chymie charitable éfacile. 

immade , fiW. .èJler Ja: .farine qui 

i: . 'ukm ' 

' - ' cheijeuxl v ' ' 

P R E>iE z.gfajfiCe de.pore demie li-^ ; . 

vrc, faites-la fondre dans une.petite' 
terrine: incorporez avecdetirs de Sou¬ 
fre , & Alufi càrçinç , àé cfiacun une 
once : faites jettét ûü bouillon , puis < 
pafTez '& exprimez-. H faut fe frotter là 
telle de cette pommade deux ou trois i; 
fois,^'laiflerdeuxiou.troisjoutscntre- - 
deux. ; : j;- ' iî ■ i?' ; 

-• . : ii I . ^ - v ' --- ' 

£au pur fAm fkfirieïchen)eiiX-i^ 


•pR E N E Z de la gomme Elemy une 
;*■ once, & la rpe^ez tremper.dânsune 
livre d’Eau-rçfe laquelle vous ferez 
bouilliru n d.emyiqnàre d’Hèure.'. quand 
clleifefafroitjédlrc^^ fautrJuïraedïenjIes 
cheveux , puis les mettre dans despa- 
fous le bonnet..